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Pesticides et Parkinson: l’INSERM confirme le lien

Une équipe de chercheurs de l’unité Inserm « Neuroépidémiologie » et de l’UPMC (Université Pierre et Marie Curie) montre que l’exposition aux pesticides double quasiment le risque de survenue de la maladie de Parkinson parmi les agriculteurs. Ce risque augmente avec le nombre d’années d’exposition et, chez les hommes, est principalement lié à l’usage d’insecticides, notamment de type organochloré.

Ces résultats, qui posent également la question du rôle d’une contamination résiduelle de la population générale par ces pesticides, sont publiés en ligne dans Annals of Neurology.
La maladie de Parkinson est la deuxième maladie neuro-dégénérative la plus fréquente, après la maladie d’Alzheimer. On admet que, dans la plupart des cas, elle trouve son origine dans une combinaison de facteurs de risque génétiques et environnementaux.
Parmi les facteurs d’environnement suspectés, des études épidémiologiques ont montré une association entre la survenue de la maladie de Parkinson et une exposition professionnelle aux pesticides. Toutefois, aucune famille de pesticides n’a pu être spécifiquement mise en cause et le rôle du niveau d’exposition n’a pas été étudié (relation dose-effet).

En collaboration avec la Mutualité sociale agricole (MSA), une équipe de chercheurs de l’Inserm et de l’UPMC (Université Pierre et Marie Curie) a étudié un groupe de 224 patients atteints de maladie de Parkinson, qu’ils ont comparé à un groupe de 557 personnes non malades, toutes affiliées à la MSA, de même âge et sexe et habitant dans le même département.

L’exposition aux pesticides durant toute la vie professionnelle des participants a été reconstituée de manière très détaillée à l’occasion d’entretiens avec des médecins du travail de la MSA permettant de recueillir un grand nombre d’informations telles que la surface des exploitations, le type de cultures et les pesticides utilisés, le nombre d’années et la fréquence annuelle d’exposition, ou encore la méthode d’épandage.
Les résultats montrent que les patients atteints de maladie de Parkinson avaient utilisé plus souvent des pesticides et durant un plus grand nombre d’années que les témoins ; les chercheurs ont alors estimé que les agriculteurs exposés aux pesticides avaient un risque presque deux fois plus élevé de développer la maladie de Parkinson que ceux qui n’en utilisaient pas.
Parmi les principales familles de pesticides, les chercheurs ont mis en évidence chez les hommes atteints un risque jusqu’à 2,4 fois plus élevé que chez les témoins pour les insecticides de type organochloré. Cette famille de pesticides qui regroupe par exemple le lindane et le DDT a été largement utilisée en France entre les années 1950 et 1990 et se caractérise par une persistance dans l’environnement de nombreuses années après
l’utilisation. Les chercheurs précisent toutefois qu’on ne peut pas, à partir de ces résultats, exclure l’implication d’autres types de pesticides moins fréquemment utilisés.
Les auteurs soulignent alors l’importance de l’éducation des utilisateurs professionnels de pesticides à un meilleur usage et la mise en place de mesures de protection des travailleurs
agricoles.
Enfin, au-delà du rôle de l’exposition aux pesticides à des niveaux élevés en milieu professionnel, ces résultats soulèvent la question des conséquences d’une exposition à plus faibles doses. Des études complémentaires seront nécessaires pour répondre à cette question.

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Lutte biologique: les micro-guêpes arrivent

Comme nous en informe L’Echo Drôme Ardèche-Le Valentinois, la société Biotop SAS, une PME d’une quarantaine de personnes, va investir 3M€ dans la construction, à Livron (Drôme), d’une unité de production et de conditionnement d’insectes –trichogrammes et coccinelles entre autres- utilisés comme auxiliaires dans la protection des cultures.

Les trichogrammes sont des insectes hyménoptères.Ils sont de la même famille que les abeilles ou les guêpes mais complètement inoffensifs et surtout de très petite taille (environ ½ mm). C’est pourquoi on parle souvent de micro-guêpe ou micro-hyménoptère.

Cette filiale du groupe InVivo, premier groupe coopératif agricole européen, créée en 1991 à la suite d’une coopération avec l’INRA visant à élaborer une méthode de lutte biologique contre la pyrale du maïs, a donc choisi la Drôme pour développer son activité. Une activité en plein boom –les alternatives aux produits phytosanitaires d’origine chimique sont très demandées- et un marché porteur.
L’unité de production de Biotop SAS , actuellement en travaux sur le site de l’ancienne station fruitière Lorifruit, sera en mesure de produire des quantités industrielles de ces précieux et minuscules insectes, gros mangeurs de larves, pucerons et autres parasites. Produit leader de Biotop, les trichogrammes sont utilisés chaque année sur plusieurs dizaines de milliers d’hectares de cultures en Europe et leur emploi est en augmentation constante (plus de 86 000 hectares en 2005).

Le produit fini, pour l’agriculteur, a la forme d’un petit sachet qu’il placera au pied des plants de maïs. Les insectes sont en effet conditionnés dans des diffuseurs plats, sécables ou de petites capsules, en carton biodégradable, qui les protègent contre les intempéries et les prédateurs et simplifient les manipulations.
A terme, le site Biotop de Livron est appelé à commercialiser toute une gamme de produits connexes en direction des agriculteurs mais également des jardiniers amateurs.

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La vache de A à Z: son génome a été décrypté

La vache est le troisième animal domestique dont le génome est entièrement séquencé, après celui du poulet et du chien. Conduit par un consortium international, le séquençage du génome bovin a nécessité 6 années de travail et a impliqué plus de 300 scientifiques issus de 25 pays, pour le séquençage proprement dit mais surtout pour l’assemblage, l’annotation et l’analyse des résultats.

Ces travaux sont publiés dans  la revue « Science » de ce 24 avril. Il s’agit de la première analyse détaillée de la séquence du génome bovin, à laquelle a contribué l’INRA de Jouy-en-Josas. Des informations considérables sur la biologie de cette espèce et sur l’évolution et l’analyse comparée des mammifères. Un consortium international conduit par le Centre de séquençage du Baylor College of Medicine à Houston (USA) publie dans la revue « SCIENCE » la première analyse détaillée de la séquence du génome bovin, à laquelle a contribué l’INRA de Jouy-en-Josas. Ce travail apporte des informations considérables sur la biologie de cette espèce et sur l’évolution et l’analyse comparée des mammifères. Il aura des applications nombreuses pour les filières bovines, en élargissant les outils et les critères pour la sélection des animaux. Le détail de ces résultats est publié dans Science du 24 avril 2009.

Outre la séquence d’une vache femelle de race Hereford parue dans un premier article, un second portant sur la structure des populations bovines décrit plus spécifiquement le projet HapMap bovin, visant à produire une cartographie de la diversité génétique dans les différentes populations, entre grands rameaux taurins et zébus, et ce jusque dans les différentes races bovines.

Des résultats déterminants pour comprendre l’évolution des espèces

Conclusion importante issue de ce séquençage, le génome bovin est beaucoup plus proche de celui de l’homme que peut l’être celui de la souris ou du rat. Il comprend au moins 22 000 gènes, dont la plupart se retrouvent chez l’homme. La majorité des chromosomes bovins correspondent à de grands fragments de chromosomes humains, parfois des chromosomes entiers. La grande conservation du génome entre ces deux espèces est expliquée par l’existence d’un ancêtre commun à l’homme et au bovin remontant à environ 95 millions d’années. Les réarrangements survenus ultérieurement sont principalement localisés dans les gènes impliqués dans l’immunité, le métabolisme et la digestion. Ces changements pourraient expliquer l’efficacité des ruminants à convertir des fourrages pauvres énergétiquement en viande et lait.
En parallèle du séquençage, le projet HapMap bovin, a dessiné une cartographie de la diversité génétique dans les différentes populations bovines. L’analyse de près de 500 animaux de 17 populations, y compris la race française Limousine, montre que les bovins constituaient une population originelle très diverse qui s’est structurée sous l’effet de la domestication, la formation des races et la sélection. La diversité globale reste cependant aujourd’hui considérable sur l’ensemble de l’espèce bovine. Depuis la domestication il y a 8000 à 10 000 ans, la conduite des populations de bovins par l’homme a débouché aujourd’hui sur plus de 800 races d’aptitudes variées. Les zébus sont plus diversifiés que les taurins, ce qui est cohérent avec l’hypothèse de foyers de domestication distincts et d’une base initiale plus large pour les zébus.

Améliorer les processus de sélection des populations bovines

Les connaissances acquises par ce séquençage ont des implications considérables pour les filières bovines tant pour le lait que pour la viande mais aussi en matière de reproduction ou d’adaptation des espèces (robustesse, bien-être), de techniques d’élevage et d’impacts environnementaux. La sélection génomique des meilleures populations pratiquée par les éleveurs sera ainsi optimisée. Elle consiste à sélectionner des reproducteurs sur la base de leur valeur génétique prédite à partir de marqueurs génétiques répartis sur tout le génome. Cette approche est rendue possible par la disponibilité, pour un nombre croissant d’espèces, de puces à ADN constituées de 50 000 à 60 000 marqueurs.

Les données issues du séquençage permettent le développement d’un très grand nombre de marqueurs génétiques et d’outils de génotypage à haut débit, renouvelant complètement les méthodes de gestion des populations pour une sélection de nouveaux caractères. Ainsi les méthodes d’élevage pourront être plus justement adaptées à la physiologie des animaux et de fait plus durables.
La connaissance du génome va aussi faciliter l’identification des mutations responsables de pathologies chez les bovins.

L’ensemble de ces résultats est entièrement disponible pour les scientifiques de tous pays par l’intermédiaire de bases de données publiques. Le consortium international a permis l’accès à la séquence de la vache, depuis août 2006, par l’intermédiaire de plusieurs sites internet qui ont déjà été utilisés par les chercheurs, notamment pour la sélection génomique.
Les chercheurs vont désormais continuer à explorer en profondeur cette séquence.

Le Consortium international conduit par différentes institutions nord-américaines (Baylor College, USDA, Universités) a été financé principalement par des fonds nord-américains (NHGRI, USDA, Etat du Texas, Genome Canada) ainsi que par quelques autres Etats (Australie, Nouvelle Zélande, Norvège). Les associations de race, dont France Limousin Sélection, ont participé au financement du programme HapMap. L’INRA a contribué par ses réalisations préalables au séquençage, en particulier une carte physique complète du génome, par des cartes d’irradiation de haute densité, par la production de marqueurs génétiques et par son travail d’annotation. Ces données sont le fruit d’un long travail de cartographie débuté dans les années 80 et qui a mobilisé de nombreux chercheurs.

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Agrocarburant: l’huile de bois ou de paille à l’étude

Le Cirad héberge le premier pilote opérationnel en France de préconditionnement de la biomasse par pyrolyse flash. L’huile extraite servira de base à des agrocarburants de seconde génération. Les résultats des tests précisent également les spécifications attendues d’une huile de pyrolyse pour des applications à grande échelle.
Une installation pilote qui permet de transformer du bois ou de la paille en une huile de densité énergétique dix fois plus importante que le matériau brut de départ : c’est ce dont le Cirad dispose aujourd’hui dans le cadre du projet Précond, une étude sur le préconditionnement de la biomasse menée en partenariat et qui s’achèvera dans les mois à venir. Cette installation permet d’obtenir plusieurs litres d’huile par jour destinés à la synthèse d’agrocarburants de seconde génération.

La biomasse lignocellulosique – bois et résidus agricoles comme la paille, la bagasse, la balle de riz, etc. – constitue une ressource énergétique prometteuse pour l’avenir. Sa valorisation énergétique présente en effet un bilan carbone bien meilleur que les voies de biocarburants de première génération.

Néanmoins, la viabilité de cette voie n’est possible que si de très grandes quantités de ressources ligneuses sont mobilisables. Du fait de la dispersion géographique de ces ressources et pour limiter l’impact économique et environnemental du transport, les chercheurs développent des techniques de préconditionnement de la biomasse sur sites décentralisés, à proximité de la récolte.

La pyrolyse flash est une de ces techniques. Elle permet de transformer la biomasse en une huile intermédiaire. Celle-ci peut ensuite être amenée vers une installation centralisée pour la production de gaz et la synthèse de carburants. Avant d’en arriver là, les huiles obtenues doivent revêtir certaines caractéristiques, notamment en termes de viscosité, de stabilité, de teneur en eau mais aussi en particules solides et en cendres. L’installation pilote dont dispose aujourd’hui le Cirad a été sélectionnée et améliorée de façon à répondre au mieux à ces spécifications. Elle sert de point d’entrée à un travail de modélisation et d’extrapolation vers l’échelle industrielle.

Les chercheurs obtiennent ainsi à partir du bois – d’abord du hêtre puis des résineux – des huiles aux caractéristiques proches de l’idéal. La paille, au rendement énergétique moins élevé – 50 % au lieu de 70 % pour le bois –, passera également au crible de l’analyse dans un proche avenir. Les chercheurs testeront pour finir des biomasses tropicales. Cette voie n’a, en effet, été étudiée principalement que dans les pays du Nord où existent des installations à l’échelle de démonstration. Elle intéresse toutefois, de plus en plus, des pays émergents comme le Brésil.

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FCO: Michel Barnier en visite chez Merial

Le 15 décembre marquera le début de la campagne de vaccination massive contre le virus de la FCO (sérotypes 1 et 8), l’objectif étant de vacciner l’ensemble des animaux avant le 30 avril. A quelques jours de l’ouverture de cette campagne, Michel Barnier, ministre de l’Agriculture et de la Pêche,  se rendra mardi 9 décembre à Lyon où il visitera, notamment, le site industriel des laboratoires Mérial. Une discussion autour de la recherche appliquée dans le cadre de la FCO est au programme.

Merial est le premier laboratoire à fournir au gouvernement français les doses de vaccins contre le sérotype 8 de la Fièvre Catarrhale Ovine (FCO). 200 000 doses ont ainsi été mises à disposition des autorités, cette année, dès la première semaine de mars. Ces doses sont actuellement sur le terrain.

Face à l’épizootie de FCO  chez les ruminants en France et en Europe, Merial  met à la disposition des autorités nationales et internationales ses connaissances, son expertise et ses moyens, et met tout en œuvre pour améliorer encore ses capacités de développement et de production.

Dès l’automne 2006 -année où est apparu le sérotype 8 en Europe- Merial a débuté ses recherches afin de développer et produire un vaccin pour protéger les bovins et les ovins contre ce sérotype. L’expérience antérieure de Merial dans le développement de vaccins contre d’autres sérotypes de FCO a été un acquis important pour disposer rapidement d’un vaccin performant et sûr contre le sérotype 8. Aujourd’hui, cette expertise permet de mettre à disposition les premières doses de ce vaccin dans des délais record.

Ce vaccin s’utilise comme les autres vaccins inactivés contre la FCO commercialisés par Merial : une seule injection en sous cutanée chez les ovins et deux chez les bovins à 1 mois d’intervalle en primo vaccination, avec ensuite un rappel annuel. Merial produit déjà quatre vaccins pour les sérotypes 2, 4 et 9, utilisés avec succès pour le contrôle de la FCO en France et en Europe depuis 2004.

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Les ruralistes en colloque à Lyon

L’Association des ruralistes français (ARF) et le Laboratoire d’études rurales (LER) organisent du 12 au 14 novembre à l’Université Lumière Lyon 2 Lyon, un colloque international sur le thème « Ruralités européennes contemporaines : diversité et relations sociales ».
L’Association des ruralistes français, fondée en 1974 dans le contexte de la remise en cause des schémas d’analyse de la « modernité aux champs », a depuis lors jalonné le développement des études rurales par une série de colloques qui, tout en saisissant les
questions centrales du moment (les associations au village, la pluriactivité, la pauvreté rurale, le néo-agrarisme…), ont su faire vivre une recherche critique, centrée sur l’observation fine des dynamiques sociales, et capable, par le croisement des regards disciplinaires, de faire surgir les décalages et les tensions entre réalités, représentations et choix politiques.

C’est à un nouveau rendez-vous scientifique que l’association, appuyée pour l’occasion sur le Laboratoire d’études rurales de Lyon, convie tous les chercheurs et acteurs intéressés par les évolutions des sociétés et des espaces ruraux européens.

À l’heure, où en France et dans les pays voisins, on voit se réinventer, tantôt dans le conflit et tantôt dans le compromis, tantôt dans la coïncidence et tantôt dans le décalage des calendriers et des espaces, des modes d’habiter, des systèmes d’activités, des formes d’appartenance au lieu, des organisations ou des structures prétendant impulser le développement des espaces ruraux, nous entendons en effet poser la question des enjeux de la diversité sociale et de son articulation avec la pluralité fonctionnelle des mondes ruraux, en proposant d’en étudier les manifestations dans le temps et dans l’espace à travers le prisme de la vie de relations dans l’espace rural.

Contacts
LER /ISH, Colloque Ruralités européennes contemporaines, 14 avenue Berthelot, 69363 Lyon cedex 07
courriel : arf-ler@ish-lyon.cnrs.fr
L’entrée au colloque est libre, sous réserve d’une inscription préalable par courriel.

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Agriculture et biodiversité: l’INRA s’engage

A l’occasion de la conférence internationale «Biodiversité et agricultures» (1), Marion Guillou, présidente de l’INRA, a rappelé que «l’agriculture doit se réapproprier la biodiversité» et affirmé que l’INRA s’engagera pour favoriser cette dynamique de la recherche.

Pour répondre aux défis démographiques et environnementaux du XXIème siècle et pour s’inscrire dans un développement durable, l’agriculture devra être capable d’augmenter les rendements et les surfaces cultivées, tout en préservant et favorisant la biodiversité et en s’adaptant au changement climatique.

Pour cela l’agriculture doit se réapproprier la biodiversité, la favoriser et la valoriser sous toutes ses formes : diversité des plantes cultivées et animaux domestiqués, diversité des systèmes de production et des paysages, diversité du vivant dans les milieux et les espaces semi-naturels.

C’est un nouveau défi pour la recherche qui doit contribuer à une action en monde incertain : le fonctionnement des agro-écosystèmes reste pour une large part à découvrir mais l’utilité et la fragilité de la biodiversité appellent à agir.

La recherche doit se mobiliser de façon interactive et structurée. L’expertise scientifique collective conduite par l’INRA montre des voies possibles pour une nouvelle dynamique des relations entre agriculture et biodiversité naturelle. Elle souligne par exemple le rôle des espaces semi-naturels et de la mosaïque paysagère dans la préservation et le potentiel de restauration de la biodiversité. Elle appelle à développer une organisation spatiale de l’agriculture favorable à la biodiversité et apte à en valoriser les bénéfices, en concertation avec les acteurs à l’échelle territoriale pertinente.

Recherche, agriculture, biodiversité : trois thèmes sur lesquels l’Union européenne a défini des orientations politiques, et sur lesquels nos concitoyens ont des attentes fortes. Cette conférence a permis de confirmer une volonté collective pour stimuler la recherche sur agriculture et biodiversité au niveau européen. L’INRA pour sa part, s’engagera pour favoriser cette dynamique, notamment au niveau de la Fondation de coopération scientifique sur la biodiversité et au niveau de l’ERA-net Biodiversa.
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(1) Cette conférence, qui a eu lieu à Montpellier le 4 et 5 novembre, a été organisée dans le cadre de la Présidence Française du Conseil de l’Union Européenne, patronnée par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (MESR) et le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche (MAP), et coordonnée par l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA).
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Risques liés aux pesticides: l’EFSA veille

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) met en place un nouveau comité afin de renforcer son rôle en matière de contrôle de la sécurité des substances actives utilisées dans les pesticides, en collaboration avec la Commission européenne et les États membres de l’Union européenne.

Le forum consultatif de l’EFSA – qui rassemble les représentants des autorités chargées de la sécurité alimentaire de toute l’Union européenne – s’est réuni récemment à Paris et a approuvé une proposition relative à la création d’un comité de pilotage sur les pesticides qui entrera en vigueur à partir d’octobre, c’est à dire aujourd’hui.

«Le comité fournira une plateforme de coopération et de consultation entre les différents acteurs impliqués dans l’évaluation des risques liés aux pesticides dans l’Union européenne», a expliqué Hubert Deluyker, chef de l’unité « assistance et coopération scientifique » de l’EFSA. «Il sera responsable de la planification et de la supervision du processus d’examen de la sécurité dans son intégralité – de la demande initiale d’autorisation d’une substance active jusqu’à la publication d’un avis de l’EFSA concernant sa sécurité. »

«Notre objectif principal consiste à poursuivre la rationalisation du processus d’examen par les pairs et de définir des priorités claires face à une charge de travail sans cesse croissante, dans un environnement réglementaire en mutation. En 2007, par exemple, l’EFSA a publié des avis sur 20 substances actives différentes, mais ce chiffre devrait passer à 60 en 2008 – ce qui représente un triplement sur une période d’une année», a déclaré Hubert Deluyker. «Parallèlement, de nouvelles échéances ambitieuses sont en cours de discussion, lesquelles feraient peser une pression supplémentaire sur le système d’examen par les pairs.»

Le comité de pilotage sur les pesticides, qui sera pleinement opérationnel à partir du 1er janvier 2009, sera composé d’experts responsables du processus d’évaluation des risques liés aux pesticides au niveau national, ainsi que de représentants de l’EFSA et de la Commission européenne.

En facilitant la planification, en contribuant à la prévention des doublons et en favorisant l’échange d’informations entre l’EFSA, la Commission et les États membres à chaque stade du processus – par le biais, par exemple, du développement d’outils informatiques communs permettant le partage de fichiers et l’accès en ligne aux données dans toute l’Union européenne, le comité contribuera à une utilisation optimale des ressources, à un accroissement de l’efficacité et finalement, au renforcement de la protection du consommateur

L’EFSA joue un rôle sans cesse croissant dans le domaine de l’évaluation des risques liés aux pesticides. Des travaux conséquents menés en 2007 ont servi de base scientifique à la récente révision par la Commission européenne des limites maximales de résidus (LMR) d’un large éventail de pesticides. En outre, l’EFSA procède actuellement à la révision des LMR de 15 autres pesticides considérés comme suspects, et à la vérification d’évaluations de risques sur des pesticides existants effectuées par des États membres en vue de la définition de nouvelles LMR.

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Réduire la production de gaz chez les ruminants

Des chercheurs de l’INRA ont montré qu’il est possible de diminuer de 30% en moyenne la production de méthane (CH4) en incorporant des huiles végétales riches en acides gras polyinsaturés dans l’alimentation des vaches laitières. En Europe, les émissions d’origine agricole de ce gaz à effet de serre proviennent pour l’essentiel de l’activité d’élevage.

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La graine de lin pourrait s’ajouter, à l’avenir, au menu des ruminants

Le CH4 est un produit formé pendant la fermentation des aliments dans le rumen des ruminants et représente en moyenne une perte de 7% de l’énergie ingérée par l’animal. Le CH4 est aussi un puissant gaz à effet de serre. A l’échelle mondiale, l’élevage contribuerait à hauteur de 18% aux émissions totales de gaz à effet de serre (FAO, 2006).

En Europe, la quasi-totalité des émissions de CH4 liée à l’activité d’élevage provient des fermentations digestives des herbivores (70%) et des déjections animales (30%). Pour améliorer le bilan en gaz à effet de serre de l’agriculture, l’un des moyens recherchés est la réduction de la production de méthane par les ruminants. En effet, la durée de vie du méthane dans l’atmosphère étant de 12 ans, alors qu’elle est de 100 et 120 ans pour le gaz carbonique et le protoxyde d’azote, une réduction des émissions de méthane aura des effets plus rapides sur l’environnement.

Différentes approches sont étudiées dans de nombreux pays pour diminuer les émissions de méthane d’origine digestives. L’utilisation de biotechnologies pour modifier l’écosystème microbien (sélection de microorganismes du rumen par élimination des protozoaires ou par inoculation de souches bactériennes exogènes, vaccination contre les microorganismes méthanogènes…) ou d’additifs alimentaires nouveaux (extraits de plantes, acides organiques…) sont des voies théoriquement prometteuses. Malgré des annonces optimistes dans la presse, leur application est cependant prématurée car il s’agit d’essais menés dans des conditions éloignées de la pratique, le plus souvent in vitro. En France, l’Inra de Clermont-Theix s’implique très fortement sur les moyens de réduire la méthanogenèse en jouant sur la composition de la ration distribuée aux animaux. A l’heure actuelle, c’est le seul site français où des mesures quantitatives des émissions digestives de méthane par les ruminants sont réalisées.

L’emploi des huiles végétales

L’apport de lipides alimentaires riches en acides gras polyinsaturés dans la ration des ruminants semble être une piste prometteuse. En effet, il a été montré dans différents essais menés sur vaches laitières à la station expérimentale du centre INRA de Clermont-Ferrand-Theix qu’un apport de 6% de lipides issus de la graine de lin a diminué la production de CH4 des animaux de 27 à 37% (2, 3) ; le niveau de production des animaux étant maintenu ou diminué selon les cas.
Ces résultats prometteurs nécessitent confirmation sur un plus grand nombre d’animaux avec en parallèle un contrôle systématique des performances animales (ingestion, production laitière). La persistance de l’effet « graine de lin » sur la méthanogenèse devra être étudiée sur le long terme en travaillant sur une lactation entière. Enfin, l’évaluation du coût économique et du bilan environnemental de l’utilisation par l’éleveur devra être abordée.  Il est également à souligner que la graine de lin, du fait de sa richesse en acide linolénique, a un effet bénéfique sur la valeur nutritionnelle du lait.

En conclusion, les moyens de réduire de manière significative la production de méthane par les ruminants existent. L’efficacité de ces moyens doit être évaluée à l’échelle de la chaîne de production ou d’un territoire et pas uniquement à l’échelle de l’animal et en tenant compte d’un ensemble de critères environnementaux (entretien du territoire et de la biodiversité…), sociétaux (qualité des produits, restriction de l’emploi d’additifs alimentaires…) et économiques.

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Une animalerie pour l’étude des maladies à prions

Aujourd’hui, Michel Barnier, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Marion Guillou, présidente de l’INRA, ont inauguré sur le site INRA de Tours une animalerie unique en France pour l’étude des maladies à prions et des maladies émergentes, en présence de François Bonneau, président du Conseil régional du Centre et Dominique Lachaud, Conseiller général d’Indre-et-Loire.

Dans un contexte où les maladies infectieuses animales constituent une menace majeure pour la santé publique en Europe, ce projet d’envergure européenne permettra de développer les recherches pour contrôler les maladies infectieuses animales, les maladies émergentes, les zoonoses, maladies transmissibles à l’homme.

L’INPREST (Installation nationale protégée pour la recherche sur les encéphalopathies spongiformes transmissibles) est un bâtiment de 4120 m2 aux normes de confinement de niveau 3. Il est conçu  pour mettre en œuvre des recherches sur les infections sur petits et gros animaux, en conditions de production et suivis sur le long terme. L’INPREST permettra d’entretenir 128 ovins et 24 bovins dans des conditions de sécurité élevées.
Le bâtiment est polyvalent et permettra, au-delà des recherches sur les encéphalopathies, la mise en œuvre de recherches sur les infections des animaux d’élevage, dont les maladies émergentes telles que la grippe aviaire et la fièvre catarrhale ovine.
Cette installation confinée complète le dispositif expérimental national de l’INRA avec la capacité de réaliser des expérimentations pour l’étude de la physiopathologie des processus infectieux et de la réponse immune aux infections, la mise en place d’essais vaccinaux et thérapeutiques, et l’évaluation de méthodes de diagnostic.
La communauté scientifique disposera ainsi d’un dispositif complet permettant d’expérimenter du niveau de confinement A2 au niveau A3.

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