Archive | recherche scientifique

Coup de chaud: les plantes prennent de l’altitude

Des chercheurs d’Agroparistech, de l’INRA et du CNRS publient dans la revue « Science » du 27 juin dernier les résultats d’une étude sur la migration des plantes avec le réchauffement climatique. Cette étude a mis en évidence une remontée générale des espèces de l’ordre de 29 m en altitude par décennie et elle fournit la preuve que les plantes sont en train de migrer avec le changement climatique actuel pour conserver les températures nécessaires à leur survie.

fleurs-montagne.jpg

En comparant la distribution de 171 espèces forestières au sein des montagnes françaises entre 1905-1985 et 1986-2005, l’étude a mis en évidence une remontée générale des espèces de l’ordre de 29 m en altitude par décennie. Dans le contexte actuel de changement climatique, des phénomènes d’extinction et de colonisation avaient déjà été observés pour les plantes chez quelques espèces en marge de leur distribution en milieu boréal ou de haute montagne.

Les changements de distribution, peu étudiés chez les plantes de milieux tempérés, ont été analysés à partir des vastes bases de données du laboratoire d’accueil et du CNRS regroupant des milliers d’inventaires floristiques réalisés dans toutes les forêts des montagnes françaises depuis le début du 20ème siècle. Ces bases de données ont permis de comparer la répartition altitudinale de chacune des 171 espèces étudiées entre les périodes 1905-1985 et 1986-2005 pour une gamme d’altitude de 0 à 2600 m dans les milieux tempérés et méditerranéens représentatifs des montagnes ouest-Européennes. La limite de 1985 entre les deux périodes a été choisie car la température moyenne annuelle a augmenté de près de 1°C dans la zone étudiée autour de cette date pivot.

L’étude parue dans SCIENCE montre une montée significative des espèces en altitude qui affecte la majorité des plantes. Cette montée est effective quelle que soit l’altitude étudiée et les préférences thermiques des plantes. Elle met également en évidence que les espèces sont affectées par le réchauffement climatique dans toute leur aire géographique d’existence et non pas seulement aux limites de celle-ci comme cela avait été montré auparavant. Les chercheurs ont en effet montré que les espèces ont déplacé à plus haute altitude leurs habitats préférentiels pour conserver la température qui convient le mieux à leur développement, reproduction, et survie. Toutes les espèces ne migrent pas à la même vitesse : les espèces végétales à durée de vie courte, comme les herbacées, ont tendance à migrer plus vite en altitude que les espèces végétales dont la durée de vie est plus longue comme les arbres ou les arbustes. Les herbacées ont bénéficié au cours des dernières décennies d’un grand nombre de générations permettant à leurs graines de se disperser en altitude en réponse au réchauffement climatique. Les arbres au long cycle de vie n’ont bénéficié seulement que d’une ou deux générations pour coloniser de nouveaux milieux.

L’ensemble de ces résultats fournit la preuve que les plantes sont en train de migrer avec le changement climatique actuel pour conserver les températures nécessaires à leur survie. Les différentes vitesses de migration entre arbres et herbacées devraient conduire à un changement de la composition des communautés végétales et de leurs relations avec les espèces animales qui interagissent avec elles.

Catégorie recherche scientifiqueCommentaires fermés

Novel’Tree: un projet européen pour la forêt

Le projet européen NovelTree, coordonné par l’INRA d’Orléans, a été lancé aujourd’hui, en présence de Pierre Stengel, Directeur scientifique « Environnement, Ecosystèmes cultivés et Naturels » de l’INRA. Ce projet, qui fédère 14 laboratoires européens, a pour objectif de développer de nouveaux outils pour l’amélioration des arbres forestiers afin de satisfaire les évolutions de la demande en bois et assurer la durabilité des forêts dans le contexte du changement climatique.

La filière bois doit faire face à une demande en forte croissance dans un contexte mondial en évolution : diversification des usages des produits forestiers en lien avec la raréfaction des ressources fossiles, attente sociétale pour une gestion durable de la forêt et changement climatique.

Des stratégies d’amélioration génétique plus performantes sont nécessaires pour produire en quantité et en qualité une biomasse ligneuse adaptée répondant à ces enjeux. La création variétale d’aujourd’hui doit tenir compte d’une demande de produits forestiers de haute valeur ajoutée, en s’assurant d’une forte capacité d’adaptation des arbres aux nouvelles contraintes imposées par le changement climatique : maladies, insectes et sécheresse.

Dans ce contexte, NovelTree contribuera à une meilleure connaissance des gènes impliqués dans ces fonctions adaptatives majeures chez le pin sylvestre, le pin maritime, l’épicéa et le peuplier et s’intéressera à leurs variations au sein des populations naturelles.
A partir des connaissances acquises en génomique, NovelTree développera des outils de génotypage haut débit permettant d’optimiser le choix d’individus combinant plasticité, adaptation à des environnements changeants et production d’une ressource ligneuse de qualité. A l’aide d’outils de modélisation, les chercheurs  identifieront  les stratégies de sélection permettant, sur plusieurs générations, de concilier progrès génétiques et gestion raisonnée de la diversité génétique des espèces forestières.

En intégrant toutes les connaissances acquises au sein du projet, NovelTree s’attachera à mettre au point de nouveaux outils d’aide à la décision permettant de déployer le matériel amélioré dans les différents pays en associant gestion durable des écosystèmes forestiers et valorisation économique de leurs produits.
Enfin les chercheurs diffuseront ces nouveaux outils auprès des sélectionneurs, des propriétaires de plantations, des scientifiques et des consommateurs, au moyen de colloques, de publications dans les revues scientifiques et d’articles techniques dans des revues spécialisées.
Quatorze organismes de recherche participent à ce projet de 6,3 millions d’euros, dont 4,1 millions financés par l’Europe pour 4 ans dans le cadre du 7ème PCRD. Le projet NovelTree a été lancé en présence de Bernard Commère, représentant du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Patricia Bossard, représentant le Ministère de l’Agriculture et de la pêche et Yves Lesgourgues, Directeur du Centre Régional de la Propriété Forestière d’Aquitaine.

Catégorie recherche scientifiqueCommentaires (2)

VégA: un atelier de réflexion sur la biomasse

A la suite de l’appel à projets initié par l’ANR pour la création d’un Atelier de Réflexion Prospective « Quels végétaux pour la biomasse du futur », le projet coordonné par l’INRA avec l’IFP et le CIRAD : « VégA : Quels végétaux et quels systèmes de production durables pour la biomasse dans l’avenir ? » a été financé. Cet atelier, d’une durée de 2 ans, mis en place dans le cadre de l’ANR,
produira un état de l’art directement utilisable par les acteurs publics et privés et proposera des pistes de recherche.

L’atelier de réflexion prospective VégA a pour finalité d’identifier des espèces végétales, plantes annuelles ou pérennes ou micro-algues, et des systèmes de production qui répondent aux demandes des nouvelles filières énergétiques et de la chimie et qui soient compatibles avec des objectifs de durabilité, en tenant compte de tous les intrants et des bilans écologiques complets). Toutes formes de valorisation de la biomasse seront envisagées : biocarburants, chimie du végétal, combustion directe pour la production d’énergie, biomatériaux …

Cet atelier s’inscrit dans un contexte mondial dominé par 3 défis majeurs : la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, l’élaboration des produits de substitution aux hydrocarbures fossiles et la disponibilité limitée des ressources naturelles renouvelables. Il est également motivé par une volonté de développement d’une bio-agro-industrie et d’amélioration de l’indépendance énergétique.

Les objectifs de VégA seront, sur la base d’un état de l’art directement utilisable par les acteurs publics et privés, d’identifier des pistes de recherche, et d’établir une plateforme largement ouverte de réflexion et de partage des connaissances.
La valeur ajoutée de VégA, résidera dans:
– l’ampleur et la qualité du vivier d’experts mobilisé (plus de 150) qui rassemble des spécialistes en biologie, biotechnologies végétales et microbiennes, physico-chimie, génie des procédés, qualité et utilisation des produits, conception et évaluation des systèmes de production, écologie et analyse des cycles de vie, et sciences économiques et sociales.
– la diversité des 20 partenaires rassemblés : établissements publics de recherche et établissements d’enseignement supérieur, fédérations professionnelles, industriels et associations : R&D agricole et forestière, filières produisant de la biomasse, entreprises semencières, producteurs d’énergie et industries chimiques, protection de l’environnement.
- la prise en compte, d’une part, des productions métropolitaines et tropicales et, d’autre part, d’une vision mondiale des productions de biomasses végétales à utilisation énergétique ou pouvant alimenter la chimie industrielle.
– son ouverture, par la mise en place d’outils collaboratifs, d’un site WEB et d’un système de gestion des connaissances et par l’organisation de trois assemblées générales largement ouvertes.

Catégorie recherche scientifiqueCommentaires fermés

Clonage animal: évaluation des risques

La consommation de produits issus d’animaux clonés ou de leurs descendants apparaît désormais techniquement envisageable. Après avoir dressé un état des connaissances du clonage animal, l’Afssa a évalué les risques qu’il présente pour la santé humaine ainsi que son impact sur la diversité génétique des animaux d’élevage, sur leur santé et leur bien-être.

clonageanimal.jpg

Sécurité sanitaire : l’Agence recommande d’accumuler les données sur plusieurs générations.
Les données acquises suggèrent que les animaux descendants des clones, seuls susceptibles d’être proposés aux consommateurs, peuvent être traités comme ceux issus des méthodes de reproduction classiques. Les tests appliqués aux animaux conventionnels pour la mise en vente des carcasses devraient donc mettre les consommateurs à l’abri de tout risque. Il est toutefois nécessaire de procéder à des examens plus approfondis.

Etat sanitaire et physiologique des animaux clonés : le rapport préconise des évaluations sur au moins deux générations et des études comparatives avec des animaux conventionnels. Certains clones pâtissent ou meurent de maladies rares ou classiques avec une fréquence anormalement élevée. Ces faits, établis à partir d’un nombre très réduit d’animaux, invitent à procéder à des examens plus approfondis.

Diversité génétique : un choix rigoureux des géniteurs et une analyse approfondie du patrimoine génétique des troupeaux sont conseillés.
La réduction de la diversité génétique, résultant d’une utilisation mal contrôlée du clonage, peut avoir à long terme divers effets négatifs. En revanche, le choix raisonné des géniteurs obtenus par clonage peut contribuer à maîtriser les méfaits des méthodes de sélection classique.

Bien-être animal : il est nécessaire de rester vigilant sur l’impact du clonage au regard du bien-être animal et de prendre en compte des critères de bien-être dans les programmes de suivi des animaux issus du clonage.
Dans le but de mettre en œuvre ces recommandations, le rapport préconise la création de troupeaux spécifiquement dédiés à l’étude des clones et de leurs descendants, ainsi que la création d’un comité de surveillance qui aurait pour mission de suivre les travaux des différents laboratoires impliqués dans l’étude des effets secondaires du clonage des animaux d’élevage.

Catégorie recherche scientifiqueCommentaires fermés

Les pesticides et la santé de l’homme

L’OPECST (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques) a examiné, le 5 février, l’étude de faisabilité présentée par Claude Gatignol, député de la Manche, et Jean-Claude Etienne, sénateur de la Marne, sur « Les pesticides et la santé de l’homme ».
Approuvant les conclusions des rapporteurs, l’OPECST a décidé d’engager une étude qui aura pour intitulé : « Pesticides, environnement et santé de l’homme : état des lieux et perspectives ».

Le rapport aura pour vocation de réaliser une « balance bénéfices-risques » de l’usage des pesticides en se fondant sur les études scientifiques internationales et les expériences agronomiques étrangères.

L’usage croissant des pesticides depuis quarante ans a permis une augmentation des ressources alimentaires en améliorant les rendements agricoles. Mais, à ces bénéfices notoires sont de plus en plus opposés les risques des pesticides qui inquiètent toujours davantage l’opinion publique. M. Claude Gatignol a souligné la nécessité de distinguer les risques démontrés et les risques supposés. Les risques démontrés sont liés à la contamination par les résidus de pesticides de l’eau, des sols, de l’air et de la faune.
Les risques supposés sont les risques pour la santé humaine. Dans ce domaine, les rapporteurs de l’OPECST ont indiqué que la plus grande incertitude prévalait chez les experts. Ils ont rappelé que si les risques liés à une exposition aiguë aux pesticides sont avérés, ceux liés à une exposition chronique à faible dose sont très controversés.
M. Claude Gatignol et M. Jean-Claude Étienne ont précisé que le but du rapport sera également de recenser et d’évaluer avec objectivité toutes les pistes permettant de réduire l’utilisation des pesticides : agriculture biologique, agriculture raisonnée, biotechnologies.

Catégorie recherche scientifiqueCommentaire (1)

L’INRA recrute 75 chercheurs

L’INRA ouvre une campagne de recrutement (1) de 75 jeunes chercheurs dans toutes les disciplines étudiées à l’institut : agronomie, alimentation humaine, techniques agro-alimentaires, génétique, sciences de l’environnement, mathématiques appliquées, science des végétaux, santé animale, sciences humaines et sociales. La clôture des réceptions de candidatures aura lieu le 28 février. L’INRA assure cette année une diffusion internationale de ses offres d’emploi et simplifie la procédure de dépôt des dossiers.
Une campagne d’information destinée à favoriser les recrutements de scientifiques étrangers, est lancée cette année encore vers les pays européens. Cette opération avait permis de doubler le nombre de candidats étrangers aux postes de jeunes chercheurs en 2007.

Pour renforcer l’attractivité de l’institut, le dépôt des dossiers par les candidats a été simplifié puisqu’ils peuvent remettre leurs travaux sous forme de CD ROM. Cette dématérialisation des dossiers allège considérablement les coûts pour les candidats comme pour l’institut.

L’INRA procède annuellement à des campagnes de recrutement de jeunes chercheurs (décembre-février), chercheurs confirmés (janvier-mai), ingénieurs et techniciens (février-mars). En 2007, près de 350 personnes au total ont ainsi été recrutées par concours.

(1) Recrutement par voie de concours sur dossier puis audition des candidats admissibles.
Pour voir les profils et les informations pour concourir :
http://www.inra.fr/les_hommes_et_les_femmes/recrutement_chercheurs_2008

Catégorie recherche scientifiqueCommentaires fermés

La Drôme aura t-elle son pôle toxicologique?

Aujourd’hui, au Sénat, lors de la séance de questions orales, Jean Besson, sénateur de la Drôme, a rappellé à M.Bussereau, secrétaire d’Etat, que le précédent gouvernement, lors d’une réunion ministérielle du 27 février 2007, avait décidé d’étudier la faisabilité de la création d’un pôle toxicologique sur le site de Rovaltain, dans la Drôme.

Rovaltain, qui fédère 46 communes, est un « espace à enjeux » situé autour de la gare multimodale de Valence TGV. Le site dispose d’un potentiel de recherche de premier plan avec le CNRS, l’Institut polytechnique de Grenoble, les universités Lyon II et Grenoble I. Le groupement d’intérêt qui les fédère projette la création d’une animalerie et d’une plateforme expérimentale de toxicologie et d’écotoxicologie appelée Ecotoxicotron, dans le but de soumettre des systèmes vivants à des perturbations physiques et chimiques et de mesurer les effets sur eux de différents toxiques ; plus de deux cent cinquante chercheurs de haut niveau seraient mobilisés.
Question de Jean Besson:

« Le Grenelle de l’environnement a acté la création d’un pôle de compétences en toxicologie et écotoxicologie. Ce projet ambitieux fait suite à la décision du CIADT du 6 mars 2006 d’implanter hors de l’Île-de-France un nouveau pôle de recherche de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire.

Porté par le département de la Drôme et la région Rhône-Alpes, soutenu par l’ensemble des élus de la Drôme et de l’Ardèche, le projet d’implantation sur le site de Rovaltain créerait pour la première fois en France une plateforme pluridisciplinaire dont la vocation serait d’évaluer les risques pour la santé et l’environnement des agents potentiellement toxiques.

Le précédent gouvernement a décidé en février 2007 de lancer l’étude de faisabilité. Rovaltain présente un projet scientifique solide et peut s’appuyer sur l’expertise du syndicat local en matière de développement durable. M. Borloo a pu, en juillet dernier, constater sur place que de très nombreux projets innovants étaient en cours dans ce parc scientifique et technologique de 300 hectares dédié à la maîtrise des risques et la promotion des énergies renouvelables.
La Drôme compte de plus sur son territoire des sites nucléaire importants et est sensibilisée depuis longtemps à la question de la préservation de la santé et de la qualité de la vie.
La décision du gouvernement est d’autant plus attendue qu’elle conditionnera la reconversion d’un bassin de vie durement touché par la crise de l’industrie de la chaussure de luxe à Romans et la fermeture de l’usine Reynolds à Valence. L’enjeu est de faire entrer tout un territoire dans l’économie de la connaissance.

Toutes les énergies politiques, scientifiques et industrielles sont mobilisées. La balle est maintenant dans le camp du Gouvernement, qui va prochainement recevoir le rapport de la mission interministérielle. Pouvez-vous me confirmer que le site de Rovaltain accueillera bien le pôle de compétence ?

Réponse de Dominique Bussereau, secrétaire d’État:

 » Je vous prie d’excuser M. Borloo. Le précédent gouvernement a en effet chargé une mission interministérielle d’examiner les perspectives de création d’un pôle national de recherche et d’expertise en toxicologie et écotoxicologie sur un site proche de Romans, Valence et Tain-L’hermitage, dit de Rovaltain. Ce pôle doit traiter des questions toxicologiques liées au nucléaire et à la radioprotection, aux conséquences de la directive Reach, à l’utilisation des pesticides et à l’émergence des nanotechnologies. Le Grenelle de l’environnement a confirmé les besoins en ces matières.
Ce projet de grande ampleur suppose une étude de faisabilité. La mission interministérielle a pris contact avec les responsables des collectivités locales et des établissements publics de recherche concernés. Ses conclusions, de même qu’un état des lieux du sujet en France, sont attendues d’ici la fin de l’année. Le Gouvernement prendra alors position, après évaluation des synergies possibles et des contraintes techniques et financières. Les collectivités locales accompagneront-elles le projet ? Comment se déroulera son intégration dans le site ? Vous aurez plus d’informations sur le calendrier au début de l’an prochain ».

Catégorie recherche scientifiqueCommentaires fermés

Arbres fruitiers: vers la création de variétés résistant à la sharka

La sharka est une maladie virale qui atteint les arbres fruitiers à noyaux du genre Prunus : pêchers, abricotiers, pruniers, dans plusieurs régions du monde (Europe, Amérique du Nord et du Sud, Asie, Egypte). Il n’existe pas, à ce jour, de moyen de lutte chimique ou biologique.

Les chercheurs de l’INRA de Bordeaux s’orientent vers la recherche de gènes de résistance chez les arbres, en passant par la plante modèle Arabidopsis, plus facile à manipuler et dont le génome est connu. Les travaux récents de l’équipe valident l’utilisation d’Arabidopsis comme modèle et laissent entrevoir l’existence de plusieurs mécanismes possibles de résistance au virus de la sharka.

La sharka se transmet d’arbre en arbre, via les pucerons ou par la diffusion de plants et de porte-greffes1 déjà infectés. Outre les feuilles, les fruits infectés sont eux aussi source de virus pour les pucerons et c’est, avec la perte de qualité gustative, la principale raison pour laquelle leur commercialisation est interdite. Sans incidence sur la santé humaine, la sharka met en danger la qualité et la pérennité des productions fruitières et des pépinières, particulièrement dans le sud de la France.
En l’absence de moyen de traitement chimique ou biologique, les deux fers de lance de la lutte sont actuellement l’utilisation de plants certifiés indemnes de maladie et la surveillance régulière des vergers avec l’arrachage immédiat de tout arbre contaminé. L’application de ces consignes repose sur l’engagement volontaire de chacun.

Nouvelles alternatives : le développement de variétés résistantes

Les travaux conjoints de l’INRA de Bordeaux et d’Avignon visent à créer des variétés résistantes en utilisant des méthodes autres que la transgénèse. Il s’agit de rechercher des gènes de résistance existant naturellement chez les Prunus, en explorant la diversité génétique de l’espèce. Cependant il est difficile de conduire de telles recherches chez les arbres hôtes, car l’identification et l’isolement des gènes candidats requiert de larges populations couvrant plusieurs générations de croisements. De plus, les tests de sensibilité au virus chez un arbre fruitier demandent au moins 4 ans de suivi. C’est pourquoi les chercheurs ont choisi d’utiliser Arabidopsis thaliana, une plante modèle à cycle court (4 à 5 semaines), sur laquelle il est facile d’expérimenter et dont on connaît le génome. Après avoir identifié les gènes de résistance ou de sensibilité chez Arabidopsis, les chercheurs pourront rechercher leurs équivalents chez les Prunus, ce qui permettra d’accélérer l’ensemble du processus.

Source INRA

Catégorie recherche scientifiqueCommentaires fermés

Le génome de la vigne décrypté

L’INRA (Institut national de la recherche agronomique) nous informe qu’ une avancée majeure a été accomplie dans la compréhension de la biologie des plantes : la première analyse détaillée de la séquence du génome de la vigne vient d’être publiée. Les efforts communs de scientifiques du Genoscope et de l’INRA, en France, et de plusieurs Universités ainsi que de l’Istituto di Genomica Applicata (IGA), en Italie, ont permis d’obtenir une séquence de haute qualité de Vitis vinifera, la première pour une plante à fruits, cultivée à la fois pour ses fruits et leur transformation en vin. Des premiers résultats issus de l’analyse de ce génome permettent une meilleure compréhension de l’évolution des plantes ou encore des gènes impliqués dans les caractéristiques aromatiques des vins. Le détail de ces résultats est publié dans l’édition avancée en ligne de « Nature » du 26 août 2007.

La vigne est la quatrième plante dont le génome est entièrement décrypté, après l’arabette, le riz et le peuplier. Le projet de caractérisation du génome de la vigne a été engagé en 2005 grâce à un accord de coopération scientifique entre les ministères de l’Agriculture français et italien. Il est coordonné par l’INRA en lien avec le Génoscope et le CRA (conseil pour la recherche et l’expérimentation en agriculture) italien.

Viticulture durable

La publication de la séquence du génome de la vigne est à la fois un résultat important en lui-même, et le point de départ pour une caractérisation détaillée de la fonction des gènes de cette plante. Ceci est crucial pour une meilleure compréhension de la variabilité génétique naturelle et de ses liens avec la variation des phénotypes, mais aussi pour la réalisation de projets appliqués, concernant par exemple la sélection ou la création de variétés de vigne résistantes aux maladies. Ces applications devraient contribuer à la réduction, aujourd’hui nécessaire, de l’utilisation des pesticides et au développement d’une viticulture durable.

Une lignée de vigne obtenue à l’INRA de Colmar, il y a une dizaine d’années, par une série d’autofécondations successives à partir du Pinot Noir, a été sélectionnée pour le projet. Ce choix a permis l’obtention d’une séquence de très haute qualité d’environ 480 millions de paires de bases, qui a révélé quelques-uns des secrets de la constitution du génome de la vigne. Le séquençage a démarré en décembre 2005. Le Genoscope (Paris, France), l’IGA (Udine, Italie) et le CRIBI (Padoue, Italie) ont produit au total plus de 6 millions de fragments séquencés et les ressources et compétences de l’ensemble des partenaires (dont le Genoscope et l’INRA pour la France) ont été mobilisées pour analyser la séquence assemblée obtenue.

Pour plus de renseignements sur cette recherche, consulter le site inra.fr ou celui de la revue américaine Nature, nature.com

Catégorie recherche scientifiqueCommentaires fermés

edf.png

Catégories

Archives

Agenda

janvier 2021
L Ma Me J V S D
« déc    
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
25262728293031

A propos

Sillon38.com est un journal qui se veut interactif, agricole et rural. C’est le premier du genre. Sur le fond, il reprend à son compte le principe, déjà utilisé par des confrères parisiens, du journal à trois voix: des journalistes, des experts (ou, si l’on péfère des hommes et femmes de l’art), des internautes.
Nous contacter
PHVsPjwvdWw+