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Formation de bergers d’alpage

Depuis huit ans, la formation « Bergers d’alpage » s’est donnée pour objectif de professionnaliser des berger(e)s novices ou peu qualifié(e)s, répondant ainsi à la demande de la profession en Rhône-Alpes.

Dispensée sur trois sites de formation (CFPPA de La Motte Servolex en Savoie, de La Côte Saint-André en Isère, et de Die dans la Drôme), et en association avec les services pastoraux de ces trois départements, la formation Bergers d’alpage alterne les périodes en Centres (cours théoriques et pratiques, interventions de professionnels et de spécialistes, 600H) et en entreprises (stage pratique en alpage, en exploitation, transhumance, 210H).

Ce partenariat permet aux stagiaires de découvrir, tant en bovin qu’en ovin, les principaux types de pastoralismes rhônalpins.

La prochaine promotion de bergers (et de bergères !), débutera sa formation le 10 mai 2010 pour la terminer le 17 décembre 2010. Inscription : avant le 15 mars 2010.

Recrutement : entretien préalable et test de positionnement.

Contact :
Responsable de Formation :
Perrine LEBLANC (CFPPA des Savoies et du Bugey) perrine.leblanc@educagri.fr
Par téléphone : 04 79 25 42 02

A La Côte Saint André :
Yannick CROISIER, yannick.croisier@educagri.fr
Par téléphone : 04 74 20 44 66

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Ah, la vache !

L'AlpeLe n° 48 de l’Alpe, revue trimestrielle éditée par la maison Glénat, vient de paraître. A l’affiche une bête à cornes , qui prend la pose, et un titre explicatif : Ah, la vache ! C’est vrai qu’il y a de quoi s’exclamer devant ce ruminant. Et qu’il y a beaucoup à dire, en long et en large.

Sillon38 ne s’en prive pas. De la vache fistulée qui a fait couler beaucoup d’encre sur la toile à la vache en pots de yaourts et briques de lait d’Eizo Sakata, en passant par les reines des comices et des combats, c’est un sujet qui prend de la place dans un journal du monde rural.

D’autres s’y intéressent. Cette pièce maîtresse du bestiaire alpin, ce monument quadrupède, cette mamelle nourricière, est à l’honneur dans ce numéro de L’Alpe. C’est l’occasion pour les différents auteurs qui contribuent à  cette livraison de vadrouiller sur les  alpages mais aussi de s’interroger sur l’avenir de l’élevage bovin en montagne.

« La vache s’inscrit dans le paysage des Alpes et participe depuis des siècles à l’économie montagnarde. Se pourrait-il qu’un jour, le son des clarines qui anime les prairies d’altitude pour le plus grand bonheur des touristes ne soit plus qu’un souvenir ? Aujourd’hui en effet, le rude métier d’alpagiste n’attire guère les jeunes. En Suisse notamment, on doit ainsi embaucher Polonais ou Kosovars pour la saison et nombre d’exploitations ferment faute de repreneurs, comme en témoigne notre enquête », écrit dans son édito la rédactrice en chef adjointe Dominique Vulliamy..

« Avec l’abandon des prairies d’altitude et « l’enforestation », on semble s’acheminer vers la fin du paysage alpin alors que, paradoxalement, les éleveurs de montagne s’en sortent moins mal que d’autres à l’heure de la crise du lait. Sans doute parce qu’ils ont su inventer et valoriser des spécialités fromagères fort appréciées, à l’image des diverses variétés du vacherin ».

Autant de problématiques que connaissent bien les lecteurs de sillon38.

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Pour FNE, la cohabitation homme-loup est possible

Décembre 2009 : battue au sanglier sur la commune d’Esparron dans les Hautes-Alpes. Surpris par l’arrivée d’une jeune louve, un chasseur l’abat. Surpris en flagrant délit, il sera jugé le 18 février prochain à Gap pour avoir détruit un individu d’une espèce protégée.
Ces faits poussent les associations de protection de la nature à se constituer partie civile et à rappeler le caractère emblématique du loup, symbole d’une nature sauvage et libre:
« Sans nier ou minimiser les difficultés qui subsistent pour le monde de l’élevage, notamment liés aux systèmes d’élevage et surtout au contexte économique de la filière ovine, nous voulons rappeler que les pertes subies par les troupeaux ne sont de loin pas le seul fait du loup (maladies, chiens errants, dérochements…) », explique FNE.

FNE, URVN et les associations de terrain SAPN, le CRAVE, Arnica Montana, conscientes des contraintes apportées à l’élevage extensif par le retour naturel des loups, ne sont pas opposées à des tirs exceptionnels résultant d’attaques répétées sur des troupeaux efficacement protégés ; elles l’ont affirmé et assumé par le passé.

Elles condamnent par contre tout acte de braconnage de loups, car la destruction d’un individu d’une espèce protégée n’est jamais anodine.

« Il faut comprendre que les causes qui ont permis ce retour naturel ne vont pas changer : les évolutions des milieux et des espèces, depuis des décennies, ont créé chez nous comme partout dans l’arc alpin les conditions d’une présence permanente des prédateurs. La présence du loup est un fait durable, dans les Hautes-Alpes comme dans d’autres territoires alpins ; l’objectif numéro un doit être d’aider la filière ovine à faire face à cette difficulté et à s’adapter ».

« Car, affirme FNE,  le loup n’est pas qu’une contrainte : en reprenant sa place au somment de la pyramide écologique il est le garant du bon fonctionnement de l’écosystème entier :

- il empêche la concentration des grands ongulés sauvages qui compromet la régénération naturelle de la forêt et les jeunes plantations,
- il élimine les individus faibles ou malades empêchant la propagation des maladies (les troupeaux de chamois sont régulièrement décimés par la kérato – conjonctivite),
- il élimine les chiens errants,
- il constitue un vecteur d’image sur la qualité des milieux naturels, support d’un tourisme respectueux de la nature essentiel pour les territoires de montagne ».
« Aussi en cette année de la biodiversité, le loup devrait pousser tous les acteurs, professionnels de l’élevage, Etat, collectivités et associations de protection de la nature, à faire évoluer les pratiques vers des modes d’élevage adaptés au territoire, à ses capacités et contraintes, vers un tourisme plus respectueux des activités agricoles et d’élevage en montagne et plus respectueux de la nature », souligne FNE.

« Nous sommes pour notre part convaincus de la nécessité de la préservation de la biodiversité, ainsi que de la possibilité d’une cohabitation entre le loup et l’homme. Si les Etats européens, de toutes orientations, ont pris depuis des décennies des mesures pour protéger de nombreuses espèces animales dont le loup, c’est bien que la conception du rôle de l’homme dans la nature a changé. Ce dont le pastoralisme a besoin, c’est de mesures de soutien réellement courageuses, non de complaisance vis-à-vis de positions anti-prédateurs venues du 19e siècle ! »

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Alpages sentinelles: premières confrontations de données

Nous avons évoqué dans un précédent article le programme des « Alpages sentinelles » créé et mis en oeuvre par les partenaires de l’agriculture au sein du Parc national des Ecrins.  La gestion d’un alpage est un vrai métier,  qui doit aussi faire avec des contraintes qui lui sont totalement extérieures : évolutions du climat, des politiques agricoles, des mesures et des interlocuteurs…A partir de cette réflexion, le programme « Alpages sentinelles » vise à se faire une idée globale de ces interactions grâce à une observation soutenue et une concertation étroite entre praticiens et scientifiques.
Fin janvier, à Champoléon, des éleveurs, des bergers et les organismes concernés ont fait le point sur les premières avancées de cette initiative qui commence à intéresser d’autres massifs et organismes professionnels.

« Ce que nous voulons, c’est que nos alpages gardent leur potentiel et continuent de nourrir nos bêtes » : Charles Pelissier, président du groupement pastoral d’Ancelle (Champsaur), compte parmi les éleveurs qui suivent de près et contribuent aux travaux réalisés sur les « alpages sentinelles » du Parc national des Écrins.

Devant la maison du berger, à Chamopléon (photo PNE)

Devant la maison du berger, à Champoléon (photo PNE)

À Champoléon, dans les locaux de la maison du berger, une trentaine de personnes ont participé à une réunion de restitution des premiers « résultats » enregistrés sur les neuf alpages actuellement suivis dans ce programme expérimental. Voilà trois ans, le Parc et ses partenaires (1) ont mis en place cet observatoire partagé, afin de suivre l’évolution conjointe des espaces naturels et des activités pastorales sous l’effet des conditions climatiques, en tenant compte aussi des multiples événements que connaissent, dans le même temps, les exploitations d’élevage.

Si tout va bien, ils formeront à terme un réseau de 14 alpages « sentinelles », choisis dans les différents secteurs du Parc national des Écrins, dans les Hautes-Alpes et en Isère (2). Plusieurs paramètres y sont suivis : la ressource pastorale, les pratiques, la pluviométrie, les évènements marquants, la biodiversité, le déneigement…

Images satellites et parcours du troupeau

Éleveur dans la vallée de la Durance, Laurent Giraud partage les mêmes préoccupations que son homologue du Champsaur : « pour la profession, c’est important d’avoir des références pour faire évoluer les pratiques dans le bon sens ». Chaque été, pendant qu’il fait les foins en vallée, une partie de ses bêtes rejoint l’alpage de Crouzet, dans la vallée du Fournel (L’Argentière-la-Bessée). Voilà quelques années, constatant que la sécheresse avait eu un impact sur la végétation, il a réduit l’effectif du troupeau en estive. Une décision qui convient à son berger, Michel Bisson, lui aussi totalement engagé dans la gestion de cet alpage qui cumule à peu près toute la panoplie des mesures « agri-environnementales ».

Comme les autres bergers impliqués concrètement dans le programme des « Alpages sentinelles », Michel relève le pluviomètre installé près de sa cabane, il note et analyse les événements qui marquent sa saison d’estive, mentionne l’organisation des parcours du troupeau, le calendrier de pâturage…
Il est la mémoire concrète de l’alpage qu’il partage avec les techniciens pastoraux et les agents du Parc national des Écrins.

Toutes ces données vont être croisées avec les informations rassemblées par les autres partenaires du programme : les relevés des stations météorologiques, l’évolution du déneigement du territoire à partir d’images satellites, celle de la végétation, des milieux, des paysages… mais aussi les enquêtes réalisées auprès des éleveurs sur leur manière de s’organiser sur leur exploitation.

« L’alpage est la clef de voûte des systèmes d’élevage montagnards » souligne Jean-Pierre Legeard, directeur du CERPAM. Dans l’étude réalisée par les chambres d’agriculture et le CEMAGREF auprès des éleveurs retenus dans le programme, le pâturage d’estive représente jusqu’à 40% de l’alimentation des animaux. Et pendant que les bêtes se nourrissent de la bonne herbe des montagnes, les éleveurs ont le temps de faire les foins en vallée…

L’alpage, un lieu de dialogue

Quand la ressource en herbe manque, quelle est la marge de manœuvre du berger ou de l’éleveur ? S’ils expliquent leurs manières de s’adapter, les résultats observés sur les « alpages sentinelles » peuvent aussi leur donner d’autres perspectives.

Le travail des scientifiques et celui des praticiens sont au cœur de cet observatoire partagé. Et quand il s’agit de trouver un « moyen simple » d’estimer la ressource en herbe (phytomasse), les bergers et les éleveurs peuvent aussi avoir des idées. Car pour l’instant, les scientifiques n’ont pas encore résolu ce casse-tête…

D’ores et déjà, le programme « Alpages sentinelles » est une occasion supplémentaire d’échanger, de comprendre les préoccupations et contraintes des professionnels comme celles des gestionnaires d’espaces naturels… avec le souhait d’avancer ensemble.

Ainsi, dans les débats, les problèmes liés à la maîtrise du foncier et aux changements des politiques agricoles sont abordés avec ceux de l’évolution de la biodiversité et de la préservation des espèces… Des éléments fondamentaux à prendre en compte dans l’écriture de la charte du Parc national des Écrins.

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(1) Les partenaires du programme « alpages sentinelles »: Le Parc national des Écrins, le CERPAM (Centre d’études et de réalisations pastorales Alpes Méditerranée), la FAI (Fédération des alpages de l’Isère), les éleveurs et bergers des alpages retenus dans l’étude, les chambres d’agriculture des Hautes-Alpes et de l’Isère, la DDT (Direction départementale des Territoires – Service Agriculture), le CEMAGREF de Grenoble : Organisme public de recherche pour l’ingénierie de l’agriculture et de l’environnement, le LECA : Laboratoire d’écologie alpine, le LTHE : Laboratoire d’études des Transferts en Hydrologie et en Environnement,Olivier Senn, phytoécologue.

(2) En Isère, l’alpage du Sappey (Lavaldens, Valbonnais) et celui de Lanchâtra (Oisans) comptent d’ores et déjà dans ce réseau des alpages sentinelles.

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Chiens dangereux: permis de détention obligatoire

Depuis le 1er janvier 2010 les propriétaires ou détenteurs de chiens d’attaque (catégorie 1) et de chiens de garde et de défense (catégorie 2) doivent être titulaires d’un permis de détention.

Ce permis est délivré par les maires, sur présentation d’un certain nombre de pièces, notamment une évaluation comportementale du chien, réalisée par un vétérinaire, et une attestation d’aptitude du maître, délivrée par un formateur agréé.
De nombreux accidents dramatiques, survenant régulièrement et ayant fréquemment de jeunes enfants pour victimes, ont prouvé qu’un renforcement de la législation existante était devenu indispensable.

- Des chiens de catégorie 1 (chiens d’attaque, de type Pitbulls, Boerbulls ou Tosa) ou de catégorie 2 (chiens de garde et de défense, de race American Staffordshire Terrier ou Tosa, de race ou de type Rottweiler) sont le plus souvent impliqués dans ces graves incidents; c’est pourquoi les nouvelles dispositions concernent spécifiquement leurs propriétaires ou détenteurs.

Lle ministère de l’Intérieur à proposer une nouvelle loi renforçant les mesures de prévention et de protection des personnes contre les chiens dangereux. Adoptée par le Parlement, cette loi a été promulguée le 20 juin 2008 et certaines de ses dispositions sont entrées en vigueur au 1er janvier 2010.

- L’élément le plus novateur de ce texte est que les propriétaires ou détenteurs de chiens de 1ère ou 2ème catégorie devront désormais être titulaires d’un permis de détention au lieu, comme actuellement, de faire une simple déclaration en mairie. Ce permis, obligatoire, leur sera remis par le maire de leur commune.
Seule exception : l’obtention du permis n’est pas requise pour les personnes qui détiennent un chien de ces catégories à titre temporaire, à la demande du propriétaire ou du détenteur habituel du chien.

Des critères qui prennent en compte le comportement du chien…

- La détention de chiens de 1ère et 2ème catégories, en raison de leurs caractéristiques morphologiques et de leur puissance, est désormais soumise à des règles particulières. Depuis le 1er janvier 2010, tout propriétaire ou détenteur de chien dangereux doit être titulaire d’un permis de détention, délivré par le maire de sa commune.

- Pour l’obtenir, outre les pièces habituelles (certificats d’identification, de vaccination antirabique, d’assurance responsabilité civile, et de stérilisation pour la 1ère catégorie), il faut disposer d’une évaluation comportementale du chien faite par un vétérinaire.

- L’évaluation comportementale des chiens concernés âgés de plus d’un an a déjà dû être effectuée, puisque leurs maîtres avaient jusqu’à fin 2008 pour les chiens de 1ère catégorie et jusqu’à fin 2009 pour les chiens de 2ème catégorie pour la réaliser.

- Pour ce qui est des chiens âgés de 8 mois à 1 an, leurs maîtres doivent faire réaliser cette évaluation comportementale par un vétérinaire inscrit sur une liste départementale pour obtenir le permis de détention.

- En fonction des résultats de l’évaluation, le propriétaire devra la renouveler à intervalles réguliers (1, 2 ou 3 ans) en fonction du niveau de dangerosité (de 1 à 4) dans lequel le vétérinaire a classé le chien.

- Quand le chien est trop jeune pour subir une évaluation comportementale (moins de 8 mois), il est délivré un permis provisoire valable jusqu’à son premier anniversaire.

… mais aussi l’aptitude du maître, reconnue à l’issue d’une formation


- La possession d’une attestation d’aptitude du maître, à l’issue d’une formation portant sur l’éducation et le comportement canins et sur la prévention des accidents, est obligatoire pour l’obtention du permis de détention de chiens de catégories 1 et 2.

Des sanctions sévères

La loi prévoit que les propriétaires ou détenteurs de chiens de 1ère ou 2ème catégorie non titulaires du permis de détention risquent jusqu’à trois mois de prison et 3 750 euros d’amende, ainsi que la confiscation et/ou l’euthanasie de l’animal.
- De plus, l’acquisition, la cession et l’importation de chiens d’attaque (catégorie 1) sont illicites et punies de 6 mois d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Toute détention de chiens d’attaque non stérilisés est punie des mêmes peines.

Les patous pas concernés

Bien entendu se pose la question des chiens de protection des troupeaux en général et des patous en particulier. Les choses sont claires: ceux ci ne sont pas concernés par ces nouveaux dispositifs. Ils n’entrent pas dans les catégories un et/ou deux. Leurs propriétaires n’ont donc aucune démarche à faire.

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Des alpages sentinelles du changement climatique

Pâturer… assez, trop, pas assez ? La gestion d’un pâturage est un vrai métier… qui doit aussi faire avec des contraintes qui lui sont totalement extérieures : évolutions du climat, des politiques agricoles, des mesures et des interlocuteurs. Pour se faire une idée globale de ces interactions, le programme des «alpages sentinelles» a été créé par les partenaires de l’agriculture au sein du Parc national des Écrins.

À terme, ils formeront un réseau de 14 alpages, choisis dans les différents secteurs du Parc national des Écrins et sur lesquels plusieurs paramètres sont suivis : la ressource pastorale, les pratiques, la pluviométrie, les évènements marquants, la biodiversité, le déneigement…

Voilà trois ans, le Parc et ses partenaires (1) ont mis en place cet observatoire partagé, afin de suivre l’évolution conjointe des espaces naturels et des activités pastorales sous l’effet des conditions climatiques, en tenant compte aussi des multiples événements que connaissent, dans le même temps, les exploitations d’élevage.

L’alpage s’inscrit dans un contexte global.

Chaque partenaire du programme rassemble les informations qui relève de ses compétences. Les éleveurs et les bergers contribuent largement à ce travail. Très concrètement, par exemple, ce sont les bergers qui enregistrent les résultats des pluviomètres installés sur leur alpage. L’implication de chacun permet de construire, ensemble, une vision partagée. Avec des outils d’analyse communs, il devient plus facile de prendre des décisions mieux acceptées par tous.

Une journée de restitution des enjeux et des premiers résultats de ce programme conjuguant la recherche et la gestion des pratiques pastorales est organisée jeudi 21 janvier , de 10h30 à 16h30 à la Maison du Berger, à Champoléon.

Des outils d’analyse en commun, pour une vision partagée

C’est l’expérience du terrain, qui a permis de définir les paramètres d’un «diagnostic pastoral» en lien avec les différents protagonistes de l’alpage.

Cette méthode s’est construite voilà plus de vingt ans, sur l’alpage du Saut du Laire (haut-Champsaur), avec l’appui déterminant du berger, André Leroy. Toujours d’actualité, il s’agit d’une expertise de l’alpage pour sa gestion durable, qui intègre le fonctionnement des différents quartiers, les données géographiques (relief, végétations..), les équipements pastoraux, les parcours du troupeau… et les enjeux environnementaux.

«D’une façon générale, la réalisation d’un diagnostic pastoral favorise les échanges entre toutes les personnes concernées : la commune, l’éleveur, l’ONF, le berger, le Parc, le gardien du refuge…

C’est l’occasion pour tous de mieux comprendre et prendre en compte les préoccupations et contraintes de chacun», souligne Muriel Della-Vedova, chargée de mission « agriculture » au Parc national des Écrins.

Les tournées de fin d’estive sont nées de cette même approche partenariale.

En 2005, avec la succession d’au moins trois années de sécheresse, les agents du Parc avaient tiré la sonnette d’alarme : certains alpages semblaient surpâturés. Les mêmes partenaires ont abordé calmement le problème et  ont décidé de mettre en place un dispositif permettant d’intervenir rapidement en cas de problème soupçonné.

Depuis, les «tournées de fin d’estive» permettent une expertise concrète et contradictoire sur le terrain, avec le berger, l’éleveur, le propriétaire de la «montagne» (commune, ONF) et des agents du Parc et/ou des techniciens du CERPAM. L’analyse du couvert végétal et du niveau de «raclage» est réalisée selon une «grille d’évaluation de la consommation».

S’il y a un problème, encore faut-il savoir d’où il vient. Est-ce une question de gestion? De chargement (effectifs ou durée de pâturage) ? Une vision partagée doit permettre de repérer le problème… et d’y remédier. Ces «tournées» sont autant d’occasions de mieux se connaître… et de se parler.

Parallèlement, et selon des protocoles à 15-20 ans, le programme « Alpages sentinelles » permet de réaliser un suivi de l’évolution des estives et de l’impact des changements climatiques, notamment aux niveaux de la ressource disponible et des pratiques.

Des contrats de bonne conduite

Le Colombier

L'alpage du Colombier, dans le Valbonnais

Adapter le parcours d’un troupeau pour protéger des nichées de tétras-lyre ou la reine des Alpes, installer des parcs de nuits tournants ou pratiquer un gardiennage serré pour limiter l’extension des queyrelles (fétuque paniculée)… autant de mesures «contractualisées» qui conjuguent la gestion de l’alpage et des enjeux environnementaux. Initiées dans les années 1990, les pratiques agri-environnementales ne sont pas spécifiques à l’alpage mais elles sont un aspect reconnu de la politique de gestion des milieux, développées… et défendues par le Parc auprès des décideurs et des financeurs !

Car la fluctuation des politiques agricoles ne favorise pas la cohérence et la continuité pourtant nécessaires à l’efficacité de ces mesures. Désormais, comme les sites Natura 2000, le coeur du Parc est aussi un lieu où l’on peut prétendre aux aides mises en oeuvre dans le cadre de ces contrats.

L’impact des contrats sur la végétation est mesuré à travers des «lignes de lecture permanentes», suivies par des écologues. «Elles fournissent des résultats quantifiés très précis et permettent de dire si le résultat recherché a été atteint… et jusqu’où il ne faut pas aller trop loin !» explique Pierre Salomez, botaniste au Parc national des Écrins.

«En effet, on ne peut pas gagner sur tous les tableaux. On peut mettre une zone en défens pour protéger des nichées de tétras lyre mais si on veut lutter contre l’embroussaillement, le pâturage est nécessaire. Il faut donc alterner avec un pas de temps que la «ligne de lecture» permet de déterminer.»

Historiquement, beaucoup d’alpages ont été défrichés pour y mettre des bêtes. Et quand la pression humaine se relâche, ce qui est le cas aujourd’hui, la forêt revient. À lui seul, le pâturage n’empêche pas forcément le phénomène. L’efficacité du principe de gestion des milieux et des espèces a été mis en avant. Ce qui est bon pour la nature est souvent bon pour l’alpage… mais ce n’est pas général. Pour le vérifier, les gestionnaires des alpages et ceux des espaces naturels continuent d’avancer et d’innover ensemble.

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(1) Les partenaire du programme « alpages sentinelles »: le CERPAM (Centre d’études et de réalisations pastorales Alpes Méditerranée), les éleveurs et bergers des alpages retenus dans l’étude, les chambres d’agriculture de des Hautes-Alpes et de l’Isère. la FAI (Fédération des alpages de l’Isère), la DDAF (Direction départementale de l’agriculture et de la forêt), le CEMAGREF , organisme public de recherche pour l’ingénierie de l’agriculture et de l’environnement, le LECA (Laboratoire d’écologie alpine), l’ INRA ( Institut national de recherche agronomique).

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« Le pastoralisme doit être préservé »

Alors que la prochaine transhumance approche, le Plan Loup 2009 du Ministère de l’Ecologie et du Ministère de l’Agriculture, en cours de finalisation, est insuffisant et surtout inéquitable pour les éleveurs. Tel est l’avis des JA et de la FNSEA. Ils l’explicitent dans un communiqué:

« Tout d’abord, la suppression du « forfait éleveur-berger » va diminuer le niveau d’accompagnement des éleveurs qui ont des troupeaux trop petits pour l’embauche d’un berger salarié. Cette mesure met en péril la diversité des tailles de troupeaux transhumants, qui sont les garants de la vitalité de tous les espaces d’estive.

Ensuite, comme la population de prédateurs augmente et que le territoire du loup s’étend, il est plus que jamais nécessaire que la population de loup soit gérée, de façon raisonnée et effective, tout au long de l’année. Le pastoralisme doit être préservé !

Le pastoralisme est une activité agricole indispensable à nos montagnes. Au-delà du tissu économique et social qu’il maintient sur les territoires, il est aussi le gardien de la préservation de nos paysages ».

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La FAI en AG à Mens: instructions avant l’estive

Après l’Oisans l’an dernier (c’était aux Deux-Alpes) la Fédération des alpages de l’Isère avait choisi le Trièves pour tenir son assemblée générale. Une première pour le président Denis Rebreyend, élu le 29 mai dernier pour succéder à Fernand Sillon qui, aux Deux-Alpes, avait exprimé son souhait de passer la main.  C’est donc le nouveau président, éleveur de son état (en Matheysine), qui présidait cette assemblée, remerciant Annette Pellerin, maire de Mens et conseillère générale, de son accueil. Eliane Giraud, conseillère régionale à l’Agriculture, participait aux travaux et Christian Nucci vice-président du Conseil général à l’Agriculture, a tenu à faire le lever de rideau.

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La remise des sonnailles à Annette Pellerin, maire de Mens et conseillère générale, en présence de Denis Rebreyend et Yves Raffin

La FAI qui a profité de cette AG pour revoir la rédaction de trois articles de ses statuts est « une association qui contribue à la définition et à la mise en oeuvre des politiques de mise en valeur des espaces pastoraux de l’Isère ». Si l’année écoulée s’est caractérisée par la baisse importante des subventions et , en conséquence, un déficit inhabituel, comme l’a rapporté Roger Giraud, le trésorier de la FAI , les partenariats privilégiés avec le Département et la Région, comme le note le président Rebreyend, « connaissent une évolution positive ».

Parmi les éléments, nombreux, figurant dans la colonne Positif, la tenue d’une réunion à propos de la sortie des CTE (contrats territoriaux d’exploitation). Une réunion -préfecture/FAI/CG38- demandée depuis 7 mois par les Groupements pastoraux de l’Isère (voir notre papier à ce sujet), notamment celui du Sénépi, le plus gros alpage organisé du département, qui se trouvent pénalisés par ce changement de régime (passage à la PHAE), devrait se tenir prochainement.

Explication de Denis Rebreyend: « Michel Villevieille, DDAF adjoint, a en effet confirmé la tenue d’une rencontre courant avril. Cette demande remonte à la visite du sous-préfet, Michel Créchet, sur l’alpage du Sénépi le 28 août dernier. Charles Galvin avait récemment interpellé le sous-préfet sur ce dossier. Il a été réactivé. Mais le CG38 demande un diagnostic. Joseph Nier, président du Groupement pastoral du Sénépi a transmis à la DDAF les données nécessaires pour établir ce diagnostic qui sera à la base de la prochaine réunion ».

Une bonne partie de l’AG a été consacrée à la prophylaxie et plus particulièrement à la FCO dont plus de 300 cas on été confirmés l’an dernier en Isère. Michel Duprès, directeur du GDS Isère et Claude Colardelle, directeur des services vétérinaires, ont pu exposer tour à tour les recommandations sanitaires pour la saison d’alpage à venir et répondre aux questions des éleveurs présents dans la salle.

Michel Duprès a rappelé que la vaccination contre la FCO  -obligatoire pour les ovins et ovins, facultative pour les caprins- est à ce jour la méthode la plus valable pour la protection des cheptels (on sait que certains éleveurs la refusent), qu’il fallait éviter de monter en alpage des bêtes pleines (une cinquantaine de vélages on été enregistrés l’an dernier), que de nouvelles règles d’identification des ovins entraient en vigueur au 15 avril.

Claude Colardelle a signalé l’installation de deux pièges à Culicoïdes en Isère, un au nord, l’autre au sud. Un projet de pièges en alpages est en cours.

Comme dans toute AG, les commissions de l’association ont rendu compte de leurs travaux. A noter que sept des dix territoires pastoraux isérois auront réalisé leur diagnostic cet été, les trois autres au cours de l’automne. Les premières présentations à la Région sont prévues le 12 juin (4 projets) et le en juillet (date à confirmer pour 3 projets), les trois restants étant prévus fin 2009 ou début 2010.

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Yves Raffin, Eliane Giraud Denis Rebreyend, Jean Picchioni

Eliane Giraud (ci-dessus) a confirmé la bonne marche de la politique régionale de « Plans pastoraux territoriaux » dont l’objectif est, depuis fin 2006,  de renforcer l’activité pastorale dans ses trois massifs (Alpes, Massif Central et Jura): « Seize plans pastoraux sont engagés. Un seul est signé, celui des Bauges (octobre 2008). Il s’agit de programme d’actions pluri-annuels (5 ans). Pour moi, la priorité, c’est que des groupes se mettent en marche, que les acteurs de terrain fassent des propositions. Il faut voir le pastoralisme comme un élément qui construit nos montagnes. Les travaux engagés commencent à intéresser d’autres régions ».

Ces PPT , animés par des comités de suivi et de pilotage, traduisent bien la volonté régionale de développement concerté et maîtrisé des espaces pastoraux, clé du développement durable. Parallèlement, la mise en oeuvre d’un tourisme pastoral commence à prendre forme, notamment en Isère, où  la FAI, avec Gîtes de France, élabore un « Tour des alpages de Belledonne » qui pourrait faire école à l’échelle du département.

Un coup de gueule au cours de l’AG: celui du président du Groupement pastoral de Villard-Reculas, qui, à la suite d’un renouvellement de bail avec la commune, a été récusé pour la raison « qu’il ne répondait pas au cahier des charges ». Cet éleveur en colère se retrouve avec quatre troupeaux de brebis sans alpage. La FAI, par la voix de son président, s’est estimée incompétente pour intervenir dans un différend de cette nature, qui oppose un éleveur et une commune.

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Fin d’estive sur le Sénépi: le bétail au bercail

« Le CAC 40 peut bien faire ce qu’il veut, il faudra toujours en octobre descendre les génisses du Sénépi ». Voilà une sentence d’éleveur qui vaut son pesant de murçon.  Une chose est sûre: c’est qu’ici, on se trouve sur le plancher des vaches. C’est pas du virtuel. Et la démontagna n’a rien à voir avec la débandade. C’est organisé, c’est rituel, c’est convivial et l’on espère que ça va durer encore longtemps. On dit ça parce que les alpages collectifs comme celui du Sénépi se trouvent dans une situation délicate avec la sortie des CTE (voir notre précédent article sur ce sujet).

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Après avoir été acheminés dans cette bétaillère, les participants de cette opération s’apprêtent à remonter la montagne

Une descente d’alpage, comme celle du Sénépi, ça commence… par la montée. Rendez-vous à 8h du mat’ aux Signaraux, commune de La Motte-d’Aveillans. Temps frisquet et brouillardeux. Sylvain Turc, le berger, nous attend avec son tracteur tout terrain, équipé d’une pelle mécanique devant et d’une bétaillère derrière. On n’y mettrait pas plus de deux vaches, deux vaches et demi, dans cette bétaillère.  On y rentre à quarante, bien tassés. Plus cinq personnes dans le godet de la pelle. Total: pas loin de 50 individus avec le chauffeur, Sylvain, et ses passagers dans la cabine. Et c’est parti pour un voyage sportif d’une heure qui nous emmène de 1200m jusqu’à 1800m. Le terrain est gras et glissant. Mais Sylvain tient le cap. Il ferait la route les yeux fermés.

Une fois arrivés de l’autre côté de la montagne, près du chalet du berger, la mission consiste à rapatrier aux Signaraux les 822 génisses -pas une de plus, pas une de moins- qui ont passé quatre mois d’estive sur cette prairie d’altitude de 1200 ha. Une pension de rêve pour un ruminant. Elles ont pris du poids et du coffre.  Elles sont en pleine forme. Désolés, mais c’est l’heure de rentrer au bercail.

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Des génisses dans le paysage

Joseph Nier et Sylvain Turc, les stratèges de l’opération, suivis comme leur ombre par leurs chiens, communiquent en permanence par talkie-walkie.  On a repéré une vache qui boite. Il va falloir l’isoler et la redescendre par d’autres moyens. Ambiance far west et cow-boys. Mais là, tous ceux qui participent ne sont armés que de bâtons. La méthode: former une ligne , une sorte de filet, et avancer en veillant à ce qu’ aucune UGB ne passe entre les mailles. Le brouillard, au sommet de la montagne, ne facilite pas les choses. Il faut tendre l’oreille: on mesure l’utilité des les sonnailles dans ces circonstances.

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Joseph Nier, dans la pente, suivi de son chien

Une bonne expérience pour les jeunes en apprentissage. Ils sont une  trentaine, garçons et filles, venus de la Creuse pour participer à cette fin d’estive. C’est Jean-Marie Davoine, membre actif de la Fédération des alpages de l’Isère, qui joue les éducateurs et leur fait découvrir le plus grand alpage collectif du département de l’Isère et de l’Hexagone.

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La descente est terminée. Tout s’est bien passé. On a vu deux chevreuils et un lièvre, filer devant l’arrivée bruyante du bétail. Les chiens ont été d’une aide précieuse. Mais tout le monde a mouillé la chemise dans la pente.  Le terrain étant glissant, il fallait s’accrocher! Alors, une fois en bas, la pause casse-croûte est appréciée.

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Demain sera un autre jour. Les 822 génisses passeront dans le corral pour divers examens et les 42 éleveurs à qui elles appartiennent pourront ensuite les ramener au bercail. Ainsi va la vie sur le Sénépi.

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Revenus aux Signaraux, Joseph Nier et  Sylvain Turc font le bilan

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Sans aides publiques, pas d’alpages collectifs

Avec une centaine de groupements pastoraux, l’Isère figure dans le peloton de tête des départements montagnards pour l’organisation collective d’alpages. Le groupement pastoral du Sénépi veille depuis des lustres sur le bon fonctionnement de cette superbe montagne à vaches de 1200 ha, qui surplombe la Matheysine.

C’est le plus grand alpage organisé  du département et de l’Hexagone. Actuellement, 822 génisses appartenant à 42 éleveurs y sont pensionnaires. La descente est prévue le 9 octobre. C’est Sylvain Turc, le berger du Sénépi, qui  veille sur ce troupeau, parcourant chaque jour ce territoire d’altitude (entre 1200 et 1800m), à pied ou en 4X4.  Un métier qui le passionne. Une halte chez lui, à la bergerie, où il vit avec sa famille, nous en a convaincu. Pourtant, il y a un hic.

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L’alpage du Sénépi: 1200 ha qui surplombent la Matheysine

Le hic, c’est la sortie des CTE. Un problème qui avait déjà fait l’objet d’un débat en mars 2006, à Crolles, à l’occasion de l’AG de la fédération des alpages de l’Isère. François Brottes, député de l’Isère, y avait participé. La FAI qui, entre autres missions, agit comme force de proposition auprès des décideurs chargés de définir les politiques pastorales, a souhaité revenir sur cette question, estimant qu’il y a urgence. Pour cela, elle a réuni aujourd’hui sur le Sénépi, Michel Créchet, secrétaire général adjoint de la préfecture de l’Isère, Charles Galvin, vice-président du Conseil général de l’Isère chargé de la forêt, de la filière bois et de la montagne, Michel Villevieille, DDAF, René Jacquin, vice-président de la Chambre d’Agriculture de l’Isère, des maires des 7 communes concernées par l’alpage.

Le noyau dur du Groupement pastoral du Sénépi était bien sûr présent ainsi que des éleveurs d’autres groupements pastoraux. Une réunion au sommet, en quelque sorte, mais d’une grande convivialité. L’accueil, ça les connaît, ici au Sénépi. L’alpage accueille depuis 16 ans des scolaires et des touristes.

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Quel est le problème?

L’abandon en 2007 des contrats territoriaux d’exploitation (CTE) prenant en compte les systèmes pastoraux collectifs et répondant bien à la problématique des alpages, pénalise sévèrement les groupements pastoraux. Ces contrats, orientés sur le maintien des espaces à gestion extensive, ont créé des emplois saisonniers et permis la réalisation de travaux d’entretien et de débroussaillement. Le GP du Sénépi a obtenu le premier CTE collectif (2001-2006)

Aujourd’hui, on est passé -ou plutôt on est revenu- à la prime à l’herbe agri environnementale, la PHAE. Cette prime est attribuée à l’éleveur et non plus au groupement pastoral, lequel  enregistre une chute de recette annuelle importante. (ex: le GP Gresse-Bas-Dauphiné annonce une perte 2007 de 25 974€). Les conséquences: nécessité pour le GP d’augmenter les prix de pension, baisse du nombre des adhérents, suppression des postes d’aides-bergers, réduction de l’entretien de l’alpage, etc.

Le dialogue a montré, s’il en était besoin, l’attachement des éleveurs à leur alpage. Sur le Sénépi, l’investissement personnel de chacun et en particulier de Joseph Nier, qui préside la commission technique du GP, n’est plus à démontrer. « On a travaillé comme des forcenés », dit l’un d’eux.  Bref, ce retour au régime de vaches maigres les attriste. Yves Raffin, directeur de la FAI, enfonce le clou: »Nous avons sauvé 35 000ha de la friche, doublé le nombre de bovins en alpages depuis les années 70. Grâce à ce travail sur le terrain, nous avons mis en valeur l’espace montagnard. On est en train de gâcher l’argent public qui a été investi! »

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Denis Rebreyend, président de la FAI et Fernand Sillon à qui il a succédé récemment

Charles Galvin, qui a toujours attaché une attention particulière à l’agriculture de montagne, souhaite une réflexion en commun sur la question, estimant que l’Etat ne peut se désintéresser du sort des alpages. Michel Créchet est OK. Il donne son accord pour la constitution d’un groupe de travail « pour mettre à plat la situation ». Le préfet, Michel Morin, sera informé dans les plus brefs délais. Les éleveurs peuvent donc raisonnablement s’attendre à une table ronde sur la sortie des CTE à la rentrée. C’est un pas en avant.

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Joseph Nier, figure du Groupement pastoral du Sénépi, présente l’alpage à Michel Créchet, secrétaire général adjoint de la Préfecture de l’Isère

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