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Isère Amont: reprise des négociations foncières

Après la signature le 15 avril 2010 du protocole d’indemnisation agricole, le Symbhi (syndicat mixte des bassins hydrauliques de l’Isère) reprend les négociations foncières avec tous les propriétaires concernés par le projet d’aménagement Isère Amont (voir nos précédents articles).

D’ici la fin de l’été 2010, les deux opérateurs – Setis pour la rive gauche et Territoires 38/SED pour la rive droite – chargés de mener les négociations foncières amiables pour le compte du Symbhi vont rencontrer l’ensemble des propriétaires concernés par le projet d’aménagement de l’Isère Amont sur la première tranche entre Villard-Bonnot et Grenoble.

Au total, un peu plus de 200 propriétaires ont déjà été identifiés lors d’une enquête parcellaire menée à l’automne 2009 et vont recevoir une proposition chiffrée pour le rachat de leurs parcelles. Cette opération permettra au Symbhi d’acquérir rapidement les emprises nécessaires à la réalisation des ouvrages prévus (notamment le confortement des digues), les digues et les espaces compris entre les digues et la rivière. Au total, les surfaces privées concernées par ces négociations s’étendent sur environ 58 hectares pour cette première tranche du projet.

Le bouclage de ces négociations avant l’automne 2010 favorisera, le moment venu, un démarrage plus rapide des travaux.

Ces négociations seront menées par le Symbhi dans un esprit d’ouverture, dans le droit fil du protocole d’indemnisation agricole signé avec la Chambre d’agriculture et le Conseil général de l’Isère  le 15 avril 2010 qui a répondu pleinement à l’attente des exploitants agricoles

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Les Isles du Drac interdites au public

A l’arrivée des beaux jours, il convient de rappeler que pour des raisons de sécurité, l’accès à la Réserve Naturelle Régionale des Isles du Drac reste strictement interdit au public. Cette situation va évoluer dés l’automne 2010 grâce à la mise en place d’un nouveau plan de sécurisation du site. L’accès à certaines zones sera à nouveau autorisé, afin notamment de permettre aux visiteurs de découvrir et d’observer les milieux naturels exceptionnels de la Vallée du Drac aval. Parallèlement, un plan d’eau devrait être créé d’ici l’été 2011 à Saint-Georges-de-Commiers, à immédiate proximité de la Réserve, pour offrir au public la possibilité de s’adonner sans danger aux loisirs aquatiques.
En raison de la présence d’aménagements hydroélectriques en amont et des risques liés à leur fonctionnement, un arrêté préfectoral interdit l’accès au lit du Drac à l’aval du barrage de Notre-Dame de Commiers depuis 1997. Cette réglementation est toujours en vigueur cette année, mais va être modifiée dans le courant du 4ème trimestre.

A l’automne 2010, le débit du Drac va passer de 1,5 m3/s à 5,5 m3/s grâce à la construction d’une nouvelle centrale hydroélectrique par EDF. La remise en eau d’un bras de la rivière asséché depuis 40 ans contribuera notamment à préserver la biodiversité de la basse vallée du Drac.  A cette occasion, les gestionnaires de la Réserve Naturelle vont mettre en place une nouvelle réglementation qui restaurera partiellement l’accès au lit du Drac aval.
Une nouvelle réglementation en gestation
Le site  comportera alors trois types d’espaces strictement délimitées et repérables grâce à une signalétique dédiée. Leurs conditions d’accès seront liées au niveau de risque existant : ainsi, les zones vertes seront autorisées, sous réserve de respecter le règlement de la Réserve veillant à protéger les milieux naturels, les zones orange limiteront l’accès aux seuls chemins balisés et les zones rouges resteront strictement interdites à la fréquentation.

Lors des lâchers d’eau et des périodes de crue, les zones orange pourront ponctuellement devenir rouges. A proximité du principal point d’entrée de la Réserve, face au site de la Rivoire, des espaces seront dédiés à l’observation de la faune et de la flore  et consacrés à la pédagogie des risques liés à la rivière.
Un dispositif d’alerte par SMS sera par ailleurs déployé à destination de certaines catégories d’usagers réguliers de la Réserve, tels les pêcheurs, pour pouvoir les informer en amont des risques de montée des eaux du Drac.

Loisirs aquatiques: attendre l’été prochain

En raison des dangers qu’elle présente, la baignade restera interdite dans l’ensemble de la Réserve. C’est pourquoi la Communauté de Communes du Sud Grenoblois étudie actuellement la faisabilité de création d’un futur plan d’eau à Saint-Georges-de-Commiers en bordure du périmètre de la Réserve qui sera consacré aux loisirs aquatiques..
Ce bassin artificiel, dont la surface pourrait s’étendre jusqu’à 5000 m2, serait facilement accessible en voiture et en transports en commun et situé  à quelques centaine de mètres seulement du site de la Rivoire l’entrée principale de la Réserve Naturelle, au niveau de la gravière de la Rivoire. Ce plan d’eau pourrait être ouvert au public à partir de l’été 2011.

Ces futures évolutions sont significatives, moins d’un an après le classement du site, de l’engagement des collectivités et des équipes gestionnaires de la Réserve Naturelle Régionale des Isles du Drac et de leurs partenaires à aménager cet espace en vue de répondre aux mieux aux objectifs qu’ils se sont fixés pour préserver les milieux naturels, en les conciliant avec les attentes du public et l’exploitation
industrielle de la rivière (hydroélectricité et captage d’eau potable).

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Drac aval: remise en eau programmée

En raison de la présence d’aménagements hydroélectriques en amont et des risques liés à leur fonctionnement, le Préfet de l’Isère a interdit l’accès du public au lit du Drac à l’aval du barrage de Notre-Dame-de-Commiers depuis 1997 (arrêté préfectoral n° 97-6975 du 29 octobre 1997). Cette interdiction d’accès est toujours applicable.


Des évolutions importantes, à court terme, vont avoir lieu sur la zone du Drac Aval :

  • Dans les prochains mois, pour rétablir la continuité hydraulique dans le Drac aval, le débit délivré à l’aval du barrage de Notre-Dame de Commiers, va passer de 1,5 m3/s à 5,5 m3/s. Des essais auront lieu dès le 15 juin. Une évolution réglementaire accompagnera cette « remise en eau ».


  • Depuis le 9 juillet 2009, une Réserve Naturelle Régionale (RNR) a été créée sur le secteur du lit majeur du Drac, entre le Barrage de Notre-Dame de Commiers et le Pont Rouge à Pont-de-Claix. Cette création a pour ambition de préserver les espaces ainsi que les milieux naturels et d’organiser la fréquentation de la rivière. La réserve porte le nom de « Réserve naturelle régionale des îles du Drac ».


  • Un plan de sécurisation active du « Drac aval » est en cours d’élaboration par le Syndicat Intercommunal de la Gresse et du Drac Aval (SIGREDA) pour améliorer la sécurité du public vis à vis du risque hydraulique. Ce plan, établi en liaison avec les services de l’État, de la Région, d’EDF, des collectivités locales et de différents partenaires, est axé sur la gestion de la sécurité et la maîtrise de la fréquentation du public : seules les personnes autorisées auront accès aux secteurs du Drac.


  • En complément, la réalisation d’un plan d’eau sur la rive droite du Drac, à proximité mais en dehors du lit de la rivière et hors réserve naturelle régionale (à St Georges de Commiers, secteur des îles), est en cours d’étude avec pour objectif une réalisation en 2011. Le public de proximité bénéficiera alors d’une offre de loisirs en dehors des zones à risques du Drac aval (lieu d’agrément, de promenade, d’observation environnementale).


La préfecture souligne que le respect de la réglementation dans la zone du Drac Aval est indispensable pour la sécurité de tous.

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Isère amont : le protocole d’indemnisation agricole signé

Les différents acteurs du projet Isère amont se sont retrouvés afin d’officialiser le protocole d’accord mis en place le 15 avril dernier.

Il faut savoir que cet accord est intervenu après de nombreux mois de négociations, plusieurs manifestations organisées par les agriculteurs de la vallée du Grésivaudan (lire nos articles). Ceux-ci n’arrivant pas à trouver un accord avec le Conseil général de l’Isère sur le montant des indemnisations en cas d’inondations.

Gérard Seigle-Vatte, président de la Chambre d’agriculture: « Je souhaitais défendre l’agriculture, l’économie agricole dans ce projet. J’ai eu peur de l’échec et je suis satisfait de cet accord. »

André-Georges Mollard, président des maraîchers de la ceinture verte: « Nous n’avons pas obtenu la totalité de ce qu’on aurait souhaité mais on a fait ce qu’il fallait pour défendre la profession, notre avenir. A priori, si à l’avenir souci il y a, l’application du protocole nous permettra de remettre nos exploitations en l’état. »

Christian Nucci, vice président du Conseil général: « C’est grâce à un esprit de responsabilité que cet accord a été trouvé. Il n’ y a pas accord sans compromis… »

Le projet Isère amont qui prévoit de laisser les zones agricoles ou naturelles s’inonder pour des crues peu fréquentes (temps de retour de trente années) permettra de protéger les zones urbaines.
Les zones agricoles mobilisées (2350 ha en crue bicentennale de l’Isère) pour la mise en place de ces champs d’inondation contrôlée feront l’objet d’une indemnisation auprès des exploitations agricoles.

L’accord cadre signé ce jour porte sur les conditions d’indemnisation en cas de crue, et traite aussi des indemnités liées aux dommages pouvant être causés aux cultures et parcelles durant les travaux.

Il acte par ailleurs les accords obtenus concernant l’adaptation des mesures d’insertion paysagères et le développement des loisirs sur les berges, suite aux réunions de terrains menées avec les représentants agricoles à la fin 2008.

L’ensemble de l’accord cadre est téléchargeable en cliquant sur ce lien: Accord Cadre

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Dix concessions hydroélectriques à renouveler

Jean-Louis Borloo a arrêté il y a quelques jours  le périmètre précis de renouvellement des concessions hydroélectriques. Il est prévu que 10 concessions d’une puissance cumulée de 5.300 MW seront renouvelées d’ici 2015.

Le Sautet (photo Le pays de Corps)

Le barrage du Sautet (photo Le pays de Corps)

L’ouverture des appels à candidatures s’échelonnera, selon les concessions, entre 2010 et 2013. Les concessions hydroélectriques dans les Alpes (Vallée du Drac, chaîne du Beaufortain et station de pompage de Bissorte), les Pyrénées (Vallées d’Ossau, du Louron et de la Têt) et le Massif Central (vallée de la Dordogne et de la Truyère) seront attribuées entre 2013 et 2015.

L’attribution des concessions se fera dans le respect le plus absolu des exigences de sûreté. Seuls les candidats ayant démontré leurs capacités techniques et financières à exploiter un ouvrage hydroélectrique en toute sécurité seront admis à concourir.

Les offres les plus intéressantes seront retenues selon un triple critère :

- le critère énergétique sera fondé notamment sur l’engagement pris par les candidats de moderniser les installations existantes ou d’ajouter des équipements additionnels.
- le critère environnemental sera établi à partir des projets de protection des écosystèmes et d’intégration de l’ensemble des usages non énergétiques de l’eau, par exemple à des fins d’irrigation ou de loisir.
- le critère financier sera la traduction de la proposition de redevance faite par le candidat. En effet, une redevance hydroélectrique, proportionnelle au chiffre d’affaires de l’ouvrage mais plafonnée concession par concession, va être instaurée dans le cadre de la loi Grenelle 2. Le produit de cette redevance sera partagé à parts égales entre l’Etat et les collectivités territoriales.

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Le projet Isère amont au point mort

Lors de la session budgétaire consacrée au budget primitif 2010, voté aujourd’hui par l’assemblée départementale, le dossier Isère amont (prévention des crues, de Pontcharra à Grenoble) a été abordé. Ce projet porté par le syndicat mixte des bassins hydrauliques de l’Isère (SYMBHI) figurait en 2004 parmi les trois priorités du Conseil général. Il a été confirmé en 2008 lors du renouvellement de l’assemblée départementale.

Force est de constater que la situation a changé : le projet Isère amont est aujourd’hui au point mort. Les travaux sont différés.

Pourquoi ? Tout simplement parce que « le Département ne peut, à lui tout seul, compenser l’inertie de l’Etat ». André Vallini avait déjà eu l’occasion de le dire et le redire à l’occasion de la manifestation des agriculteurs le 29 janvier dernier (lire notre article).

L’Isère, comme toutes les grandes rivières, est un cours d’eau « domanial » dont la propriété  et la responsabilité incombent à l’Etat. Mais, comme cela fut rappelé, pendant des décennies, l’Etat n’a jamais rempli sa mission de protection contre les crues, laissant les collectivités locales et les  associations de riverains exposées au risque d’inondation.

Face à cette inertie, le Conseil général a décidé, en 2004, de créer le Syndicat mixte du bassin hydraulique de l’Isère pour élaborer un plan de lutte contre les inondations.

Le plan « Isère amont » est désormais au point, mais aujourd’hui au point mort par la force des choses. Le Conseil général de l’Isère, comme tous les Départements de France, est étranglé financièrement par la crise économique, qui provoque une augmentation considérable de ses dépenses sociales et un effondrement de ses recettes fiscales, et par la non-compensation par l’Etat des charges transférées dans le cadre de la décentralisation.

Le Conseil général déclare qu’il ne peut financer seul une charge qui ne relève pas de sa responsabilité, et il a sollicité le Préfet pour que des crédits d’Etat et européens soient mobilisés en faveur du projet « Isère amont ».

Les études continuent

Pour autant, le SYMBHI poursuivra en 2010 les études de maîtrise d’œuvre et les acquisitions foncières nécessaires à la réalisation des aménagements sur l’Isère amont  qui dispose désormais de l’arrêté de DUP pris par le Préfet le 23 juin 2009, ainsi que les études de protection hydraulique sur la Romanche et en particulier les parades aux risques des ruines de Séchilienne.

Les travaux quant à eux ne pourront démarrer qu’une fois adopté un nouveau plan de financement allégeant la participation du Département dans un domaine qui ne relève pas de ses compétences obligatoires.

Hier, Robert Veyret, président du SYMBHI, avait dit, à l’occasion d’un échange entre conseillers généraux, sur le sujet: « Le SYMBHI a la volonté de faire aboutir ces travaux. La première tranche de travaux pourrait commencer rapidement. Le risque est une réalité dans ce secteur du Grésivaudan. Nous devons avancer. Les problèmes rencontrés avec la profession agricole sont en passe d’être résolus. Les signatures sont en cours. Nous devons rencontrer le préfet dans les jours qui viennent. Nous attendons le premier coup de pioche pour bientôt ».

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Le dossier Isère Amont fait des vagues

Le projet d’aménagement de l’Isère Amont pour la protection contre les crues de l’Isère, de Pontcharra à Grenoble, est en chantier depuis quatre ans. Le maître d’ouvrage en est le  syndicat mixte du bassin hydraulique de l’Isère, le SYMBHI, créé en mars 2004 par le Conseil général de l’Isère.

Le projet Isère Amont (1) qui vise à assurer la protection des populations et de leurs biens contre les risques d’inondation (crue centenale) fait l’objet d’une concertation soutenue mais toujours très tendue avec la Chambre d’agriculture. Le nœud du problème et le point majeur d’achoppement est l’indemnisation des terres situées en zone inondable.

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C’est cette question de la réparation des préjudices subis par l’activité agricole en cas d’inondation qui n’est toujours pas résolue et reste dans l’impasse. D’où la mobilisation ce matin, devant la préfecture puis dans les locaux du Département, d’une centaine d’agriculteurs et de propriétaires fonciers du Haut-Grésivaudan, venus pour certains d’entre eux en tracteurs place de Verdun et avec quelques remorques chargées de bottes de foin et une citerne de purin (qui n’a pas servi).

André Mollaret, président de l’association des maraîchers de la ceinture verte de Grenoble et Elisabeth Perrot, agricultrice à Murianette, étaient aux avant-postes pour expliquer les revendications des manifestants.

Quelles sont-elles, ces revendications ?

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Occupation pacifique ce matin des locaux du Conseil général de l'Isère, avant de s'expliquer devant les conseillers généraux réunis pour débattre des orientations budgétaires 2010

Ce que réclament avant tout les agriculteurs et propriétaires fonciers, c’est la signature sans modifications du protocole prévoyant l’indemnisation des préjudices subis en cas d’inondation des « casiers » créés à cet effet tout le long de l’Isère.

Ils souhaitent également le report des travaux de réalisation d’espaces de loisirs et d’aménagement environnementaux, estimant que la priorité doit être la préservation de l’activité agricole.

La Chambre d’Agriculture de l’Isère collabore depuis 3 ans avec le SYMBHI que préside Robert Veyret, conseiller général, à la rédaction de ce protocole qui devait être signé il y a un an, en février 2009. Il ne l’a pas été.

Ce qui bloque, c’est l’une des dispositions prévues dans le protocole, à savoir l’indemnisation à hauteur de 40% des préjudices subis en cas d’inondation. Le CG38 s’y refuse. L’échange a été assez vif, au sein de l’hémicycle Aubert-Dubayet où les élus étaient en session DOB (débat d’orientations budgétaires). Les commentaires fusent :

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"Vous allez nous mettre sur la paille!"

« Vous allez mettre tous les agriculteurs sur la paille ».

« On nous dit qu’il n’y a plus d’argent pour indemniser les risques que nous courons. Pourtant, on en trouve pour créer des corridors écologiques ! ».

« Tous ces travaux sont censés nous protéger. Mais rien ne nous garantit contre le risque de rupture de la digue ».

« Nous tenons à ce que nos biens conservent leur valeur ».

Christian Nucci a souligné que « la protection des biens et des personnes est une compétence régalienne de l’Etat » (2) et que le CG38 ne peut du jour au lendemain endosser seul cette compétence. « Nous allons le 5 février, avec Robert Veyret, rencontrer la Métro et la Communauté de communes du Grésivaudan pour aborder ce sujet et tenter de mettre au point un dispositif capable de répondre à vos demandes ».

L’ambiance dans la salle est toujours houleuse.

André Mollaret interpelle le président du CG38, André Vallini. « Pourquoi n’avez-vous pas signé le protocole ? » Vallini reste muet. Puis, visiblement énervé, il répète plusieurs fois : « C’est une compétence de l’Etat, vous comprenez ? ». Il quitte l’hémicycle dans le tumulte.

Le problème est de taille et résulte en grande partie du contexte socio-économique actuel. Les recettes du Département, on le sait, ont été fortement diminuées par la crise. André Vallini le rappelait il y a quelques jours à la préfecture :

« En Isère les recettes du Département sur les droits de mutation ont chuté de 43 % depuis deux ans entraînant une perte de 60 millions d’euros pour le Conseil général. A quoi il faut ajouter la non-compensation par l’Etat des charges qu’il nous a transférées : 66 millions d’euros en 2008 et 75 millions d’euros en 2009 ». Il ajoutait :  « Les Départements sont en grande difficulté et c’est Gérard Larcher, lui- même, le président du Sénat, qui déclarait récemment qu’une quinzaine d’entre eux risquaient d’être placés sous tutelle financière. En fait ce sont tous mes collègues présidents de Conseils généraux, quelle que soit leur orientation politique qui dressent le même constat et qui sont contraints de diminuer leurs subventions et de geler, voire d’annuler certains de leurs investissements ».

Dans ces conditions, l’élaboration du budget primitif 2010 est une épreuve plus que difficile qui explique sans doute la réaction du président du CG38.

Certes, le Département, comme l’a rappelé Christian Nucci, vice-président du CG38 à l’Agriculture, n’a jamais laissé tomber l’agriculture. Avec la Savoie, l’Isère est le département qui investit le plus dans ce domaine. Ce conflit autour du projet Isère Amont est une épine d’autant plus douloureuse.

La ceinture verte et maraîchère de Grenoble est une richesse pour la région urbaine de Grenoble, une vitrine de l’agriculture périurbaine, prise en compte dans le cadre du SCOT. Les agriculteurs du Haut Grésivaudan en sont les premiers responsables et ils savent qu’en cas d’inondation, ils ne se relèveront pas. Cela,  ils ne peuvent l’admettre. C’est ce qui explique leur mobilisation aujourd’hui et leur insistance pour obtenir une signature rapide du protocole prévoyant l’indemnisation de leurs biens en cas de crue.

………………………………………………………………….

(1) Les travaux, estimés à 108 millions d’euros visent à contenir les petites crues par un dispositif de digues, et à étaler dans des zones naturelles et agricoles (2350 hectares) les crues supérieures à la crue trentenale, ne pouvant être contenues par les digues et risquant d’inonder les zones habitées.

(2) Le CG38, dans un communiqué, a tenu à le rappeler une fois de plus : « La protection des populations et des biens contre les crues est une responsabilité de l’Etat qui depuis des décennies n’a jamais été en mesure de faire aboutir les projets. Devant l’inertie de l’Etat et parce que les collectivités locales concernées ne parvenaient pas à se décider non plus, le Conseil général a décidé de créer le Symbhi pour porter le projet sur l’Isère amont qui vise à réduire un risque d’inondation, dont les conséquences sont évaluées à 500 millions d’euros de dommages sur l’agglomération grenobloise, et à préserver le développement des territoires impactés ».

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Prévention des crues: l’Etat veut décerner un label

Chantal Jouanno, Secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, a annoncé hier la mise en place d’un nouveau dispositif de labelisation des programmes contractuels d’action de prévention des inondations (PAPI), lors d’un séminaire réunissant l’ensemble des acteurs concernés : élus, associations, représentants de l’Etat et des collectivités territoriales.
Les programmes d’actions de prévention des inondations ont été déployés depuis 6 ans sur une cinquantaine de territoires. Ils constituent l’un des outils contractuels entre l’Etat et les collectivités locales de mise en œuvre de la politique de prévention des inondations.
Le nouveau dispositif, fondé sur l’évaluation des programmes conduits depuis 2003, prévoit la création en 2010 d’un comité de labellisation national, réunissant ONG, experts, représentants de l’Etat, élus, porteurs de projets. Il garantira la qualité des projets et le respect des critères de labelisation.
« L’objectif de l’Etat est de faire progresser la gestion des risques d’inondations en France dans une optique de développement durable, en intégrant l’ensemble des types d’inondation (submersions marines, ruissellement en milieu urbain ou rural…). Cela doit être une priorité. C’est dans cet esprit et avec cet objectif que nous menons également les travaux de transposition de la directive inondation »,  a déclaré Chantal Jouanno.
Pour répondre aux ambitions de progrès de la politique de prévention des risques d’inondation et soutenir les collectivités territoriales, l’Etat s’engage à financer chaque année 70 M€ jusqu’à l’horizon de 2015, pour une première tranche de mesures de réduction des risques.

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Isère amont: 600 propriétaires concernés

symbhi enqueteLe projet Isère Amont est entré dans une première phase concrète avec le lancement des négociations foncières amiables et l’enquête parcellaire menées auprès des propriétaires des parcelles concernées par la première tranche des travaux d’aménagement. Une partie d’entre eux ont fait part de leurs inquiétudes au préfet (lire par ailleurs), redoutant de faire l’objet d’expropriations.

Identifier chacun des propriétaires des parcelles concernées par les travaux d’aménagement de la première tranche du projet Isère Amont, tel est l’objectif de l’enquête administrative parcellaire lancée par le Symbhi pendant l’automne 2009. Quelque 550 parcelles appartenant à près de 600 propriétaires différents ont été recensées sur les deux rives de l’Isère entre La Tronche et Saint-Ismier.

Une lettre et un questionnaire ont été adressés aux propriétaires pour les informer des procédures mises en œuvre et des enjeux du projet d’aménagement.

Une commission d’enquête a également été mise en place par le Préfet pour cette opération afin de recueillir les observations des propriétaires : l’enquête a débuté le14 octobre et s’achèvera le 2 novembre 2009, période au cours de laquelle les commissaires enquêteurs assurent une permanence dans chaque commune concernée.

Négociations amiables

Ce dispositif, explique le Symbhi sur son site,  permettra d’entamer en parallèle avec chaque propriétaire des négociations  foncières à l’amiable afin que le Symbhi puisse se porter acquéreur des emprises nécessaires au lancement de travaux au printemps 2010 et à la réalisation des ouvrages prévus (confortement des digues notamment).

Au total, les surfaces concernées par ces négociations s’étendent sur environ 95 hectares dont 40 hectares sous propriété institutionnelle. Il est rappelé qu’hormis les emprises strictement nécessaires aux aménagements, le Symbhi souhaite devenir propriétaire de l’ensemble des digues de l’Isère et des espaces situés entre les digues et la rivière.

Les deux prestataires en charge de l’opération de négociations foncières – Setis pour la rive gauche et Territoires 38/SED pour la rive droite – rencontreront chacun des propriétaires une première fois au cours du mois d’octobre.

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Isère amont: les agriculteurs inquiets

Au volant de leur tracteur, près de cinquante agriculteurs venus de toute la vallée du Grésivaudan se sont donnés rendez-vous hier devant la préfecture de l’Isère à Grenoble.

A leur tête, une pancarte hissée sur un tracteur. On pouvait y lire: « l’argent doit d’abord aller aux victimes des inondations plutôt qu’à financer des loisirs ».

But de l’opération: exprimer leur inquiétude en ce qui concerne le projet Isère amont conduit par le Syndicat mixte des bassins hydrauliques de l’Isère (SYMBHI). Ils se plaignent également de ne pas être entendus sur ce dossier.

Le projet Isère Amont concerne l’aménagement des digues entre Pontcharra et Grenoble. Le préfet a déclaré ce projet d’utilité publique en juin. Il est, jusqu’au 2 novembre dans la phase des négociations foncières amiables et d’enquête parcellaire.

Le projet Isère Amont, outre la protection contre les inondations souhaite valoriser les milieux environnementaux liés à la rivière et le développement des loisirs récréatifs le long des berges.

Pour ce, le projet Isère amont prévoit une emprise foncière sur les terres agricoles. Pour les agriculteurs avec à leur tête André Georges Mollard, président du syndicat des maraîchers de la ceinture verte grenobloise, c’est le flou complet en ce qui concerne les parcelles visées par ce projet. Ils précisent également qu’ils ne veulent pas entendre parler d’expropriation et ils demandent une indemnisation à 100% dans la mise en place des champs d’inondation contrôlés.

Par contre ils sont tout à fait d’accord pour la mise en place de protections contre les inondations. Pour ce, ils proposent la mise en place d’une servitude. Celle-ci permettrait au Symbhi de faire les aménagements prévus sans récupérer des terrains.

Robert Veyret, président du Symbhi a reçu une délégation d’agriculteurs. Il a été décidé d’organiser sur le terrain des rencontres.

En fonction des résultats de ces dernières nous aviserons préviennent les agriculteurs. « On reviendra manifester si nécessaire », dira l’un d’eux.

Pour tout connaître du projet Isère amont cliquer sur: www.symbhi.fr

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