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Afrique:


En développant l’élevage, on pourrait réduire la pauvreté et améliorer la sécurité alimentaire de millions d’agriculteurs africains, puisque le bétail peut être un actif essentiel pour la subsistance ou offrir d’importants débouchés commerciaux.

Une approche ciblée pour les politiques et les investissements dans le secteur de l’élevage

Un rapport conjoint de la FAO, de la Banque mondiale, de l’Institut international de recherches sur l’élevage et de l’Union africaine recommande qu’il soit mis en place des interventions ciblées pour exploiter la croissance du secteur de l’élevage en Afrique afin de lutter contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire.

Les auteurs du rapport laissent entendre que, même s’il faut mener des interventions différentes pour répondre aux besoins variés des différents éleveurs africains, les politiques et les investissements peuvent s’articuler autour de deux grands axes: les ménages peuvent bénéficier des nombreux services que le bétail fournit pour leur subsistance (aliments produits grâce à la force de trait ou assurance, par exemple) ou exploiter le bétail dans le cadre d’une activité commerciale aux nombreux débouchés.

Élevage de subsistance et élevage commercial

De nombreux ménages ruraux en Afrique, majoritaires dans la plupart des pays, élèvent du bétail en raison des avantages variés que celui-ci leur apporte: revenu en espèces, aliments, fumier, force de trait, économies, assurance et capital social, par exemple.

Rares sont les activités qui ont un impact aussi important que l’élevage sur la vie et sur les moyens d’existence des pauvres: les investissements dans l’élevage non seulement génèrent de nombreux avantages financiers et non financiers, mais ils constituent aussi une base sur laquelle les pauvres pourront s’appuyer pour sortir de la pauvreté, par exemple en vendant des animaux pour payer les frais scolaires de leurs enfants.

Depuis la deuxième moitié des années 1990, les ménages ruraux ont de plus en plus de possibilités d’utiliser l’élevage pour sortir de la pauvreté. La croissance démographique, l’augmentation des revenus et l’urbanisation alimentent une forte croissance de la demande d’aliments de valeur élevée en Afrique, qu’il s’agisse de viande, de lait, d’œufs ou d’autres produits animaux.

Développer et améliorer la production issue de l’élevage et vendre l’excédent sur le marché est donc un moyen efficace, pour les éleveurs, de sortir de la pauvreté.

Cela étant, tous les ménages ruraux ne parviendront pas à s’extraire de la pauvreté grâce à l’élevage: si la majorité d’entre eux vendaient des produits animaux sur le marché, les prix de ces produits s’effondreraient, les prix des intrants grimperaient et l’activité perdrait toute rentabilité.

En fait, la majorité des éleveurs ne visent pas l’activité commerciale mais bien la subsistance: ils élèvent des animaux pour les nombreux services que ceux-ci leur fournissent pour leur subsistance et non pour vendre des produits animaux sur le marché.

La raison en est simple:

la plupart des ménages ont des troupeaux relativement petits, équivalant dans la plupart des cas à moins d’un bovin, qui ne leur coûtent rien ou pratiquement rien, et ils ne peuvent donc pas tirer des bénéfices importants de la vente régulière de l’excédent de la production.

D’un autre côté, entre 5 et 20 pour cent des éleveurs sont susceptibles de viser le marché, et pourraient être incités à développer et à améliorer significativement leur production. Ces éleveurs ont les compétences et les capacités voulues pour garder des troupeaux suffisamment grands (environ 4 bovins ou 50 poulets de chair, par exemple) pour générer un excédent de production significatif.

Ils peuvent ainsi renforcer leurs moyens d’existence et sortir de la pauvreté en vendant régulièrement sur le marché des animaux vivants, de la viande, du lait, des œufs et d’autres produits animaux.

Politiques et investissements dans le secteur de l’élevage pour réduire la pauvreté

Les politiques et les investissements visant à la réduction de la pauvreté au moyen de l’élevage doivent avoir des accents différents selon que le bétail est considéré comme un actif pour la subsistance ou comme un moyen de mener une activité commerciale. Dans le premier cas, il convient de s’attacher surtout à favoriser le bon fonctionnement des chaînes de valeur des intrants, puisque les éleveurs visant la subsistance ont besoin d’accéder à des intrants de base pour optimiser les avantages qu’ils tirent de leurs animaux.

L’accès au marché des produits n’est pas une question de première importance pour ces éleveurs, qui vendent des animaux et des produits animaux occasionnellement et pour saisir des occasions qui se présentent.

Par contre, améliorer le rendement des intrants consommés par le bétail est directement favorable à la subsistance de ces ménages.

Par exemple, le bétail est une source régulière de protéines animales, le fumier permet d’améliorer la productivité des cultures, et les éleveurs peuvent vendre des animaux pour faire face à des situations de crise imprévues, par exemple pour acheter des médicaments.

Les retours sur les investissements réalisés dans l’élevage constituent par un ailleurs un premier pas pour sortir de la pauvreté. Ils peuvent par exemple aider les ménages à franchir des barrières à l’entrée pour accéder à des activités plus lucratives, telles que de petites activités commerciales, ou à créer des exploitations commerciales si l’occasion se présente.

À l’inverse, les politiques et les investissements qui visent à promouvoir l’élevage comme activité commerciale pour les petits agriculteurs doivent créer un environnement favorable pour les chaînes de valeur des intrants et pour les chaînes de valeur des produits, puisque les éleveurs commerciaux ont besoin d’un accès correct non seulement aux intrants, mais aussi aux marchés des produits.

Les investissements soutenant l’élevage comme activité commerciale créeront par ailleurs des emplois au niveau des exploitations, le long de la chaîne de valeur des intrants ainsi que dans les activités liées à la transformation, à la vente en gros et à la vente au détail et dans d’autres activités connexes. Ces investissements pousseront en outre à la hausse l’offre d’aliments d’origine animale abordables, ce qui profitera aux consommateurs moins nantis.

Politiques et investissements dans le secteur de l’élevage fondés sur des éléments probants

Les éléments probants disponibles fournissent des éclairages pour la formulation de politiques et d’investissements ciblant le bétail comme un actif pour la subsistance, puisque les principales difficultés que rencontrent les éleveurs visant la subsistance sont bien connues.

Les éléments disponibles sont par contre insuffisants pour permettre aux pouvoirs publics de créer un environnement favorable à l’exploitation commerciale du bétail (on manque par exemple d’informations sur le fonctionnement des chaînes de valeur des intrants et des produits).

On dispose en fait de peu de données systématiques sur la façon dont les éleveurs commerciaux accèdent aux marchés des intrants et des produits et utilisent ces marchés, et sur la répartition des bénéfices le long de la chaîne de valeur. La collecte de ces informations doit être une priorité pour les responsables politiques et les investisseurs qui souhaitent utiliser l’élevage commercial comme un outil pour réduire la pauvreté grâce à la création de revenus et d’emplois.

Les interventions dans le secteur de l’élevage doivent être adaptées au contexte local. L’approche proposée, qui consiste à cibler le bétail comme un actif clé pour la subsistance ou comme un moyen de lancer une activité commerciale importante, offre un cadre utile pour adapter les politiques et les investissements dans le secteur qui permettent de réduire la pauvreté et de renforcer la sécurité alimentaire des éleveurs, des différents acteurs de la chaîne de valeur et des consommateurs.

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Quels défis faut-il relever pour nourrir le monde en 2050?




Dès 2006, l’Inra et le Cirad ont pris l’initiative d’une étude prospective, « Agrimonde », pour explorer les futurs possibles du système agricole et alimentaire mondial à l’horizon 2050. L’enjeu tient en une phrase : comment nourrir près de 9 milliards d’individus dans le cadre d’un développement durable ? Cette question se révèle complexe car il s’agit non seulement de couvrir les besoins nutritionnels quantitatifs de la population mondiale, mais aussi de permettre à chacun un accès à une nourriture saine et équilibrée, produite par des systèmes respectueux de l’environnement, tenant compte de la raréfaction des énergies fossiles, et intégrant les dimensions sociales. Produire mieux tout autant que produire plus constitue le véritable défi pour les agricultures du monde.

Des experts, d’origines et de disciplines multiples, se sont mobilisés dans cette démarche prospective. Ils ont défini deux scénarios, l’un tendanciel (Agrimonde GO), l’autre de rupture (Agrimonde 1).

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Un souk au Maroc…

Nourrir la planète dans le cadre d’un développement durable est possible

Dans les deux scénarios considérés, nourrir la planète en 2050 apparaît possible. Alors que le scénario tendanciel, Agrimonde GO, le permet au prix d’une dégradation environnementale, le scénario de rupture, Agrimonde 1, montre que cela peut se faire dans le cadre d’un développement durable, sous trois conditions principales :

* Ne pas généraliser le modèle alimentaire des pays industrialisés
Il s’agit par exemple de réduire des consommations alimentaires excessives, et les pertes et gaspillages aux stades de la distribution et de la consommation finale (environ 25% dans la zone OCDE).

* Faire le choix d’une agriculture productive et écologique
Il s’agit de développer une agriculture plus productive, et simultanément plus économe en énergies fossiles et plus respectueuse de l’environnement. Une telle agriculture valorise au mieux les processus écologiques. Elle stimule et exploite les synergies entre espèces végétales et animales. Elle tire profit des avancées scientifiques, mais aussi des savoirs et savoir-faire traditionnels.

* Mettre en place une sécurisation des échanges internationaux des produits agricoles et agroalimentaires
L’augmentation nécessaire et prévisible des échanges agricoles en provenance des pays de l’OCDE, de l’ex-URSS et de l’Amérique latine vers l’Afrique, l’Asie et le Proche et Moyen-Orient, nécessite stabilisation et régulations.

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… un hyper en France: une finalité: nourrir les hommes.

Agrimonde, un outil de réflexion partagé

Les évolutions évoquées appellent de nouvelles pistes de recherche. L’Inra et le Cirad ont d’ores et déjà mis en place des programmes répondant à certaines des questions soulevées par Agrimonde  : l’atelier « Dualine » pour des systèmes alimentaires sains et durables, des projets européens entrepris sur la durabilité des productions animales (Animal Change) et la régulation des marchés alimentaires (AgFood Trade), ou encore la participation à des consortiums internationaux pour développer de nouvelles stratégies de production des céréales, notamment riz et blé. Une réflexion jugée prioritaire dans le prolongement d’Agrimonde est désormais engagée sur la modélisation de l’usage des terres (Land use modelling).


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