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Pollution de l’air:mesures spécifiques à l’agglomération grenobloise pour dimanche 11 et lundi 12 décembre 2016



En sus des mesures de droit commun prévues par l’arrêté inter préfectoral du 1er décembre 2014 qui s’applique pour les bassins d’air Lyonnais Nord Isère, et Grenoblois, des mesures spécifiques s’appliquent à l’agglomération grenobloise au titre de l’arrêté préfectoral du 9 décembre 2016 reprenant le protocole d’accord local.

Mesures du dimanche 11 décembre 2016

L’indicateur de qualité de l’air grenoblois restera à 9, comme c’est le cas depuis le mardi 6 décembre. Nous serons donc au sixième jour du pic de pollution.

Les mesures de limitation de vitesse et de restriction de la circulation applicables ce samedi 10 décembre, restent en vigueur.

Pour les limitations de vitesse :

  • Limitation à 70 km/h sur A41 entre le péage de Crolles et la Caronnerie, sur A48 et A480 entre les péages de Voreppe et du Crozet

  • Moins 20 km/h sur les autres voies où la limitation de vitesse est égale ou supérieure à 90 km/h.

Pour les restrictions de circulation, les véhicules suivants ne seront pas autorisés à circuler dans cette zone :

  • Les véhicules légers et utilitaires immatriculés avant le 1er janvier 1997

  • Les poids lourds, bus et autocars immatriculés avant le 1er octobre 2001

  • Les deux-roues immatriculés avant le 1er juin 2000

Mesures prévisibles pour le lundi 12 décembre 2016

Si le seuil de pollution devait se maintenir au même niveau, ce que les anticipations d’Air Rhône-Alpes laissent prévoir, nous serions alors au septième jour du pic de pollution et des mesures supplémentaires de restriction de la circulation seraient appliquées.

Ainsi, sur le périmètre des 49 communes de la Métropole grenobloise et sur les accès par autoroute à la métropole grenobloise à partir des péages A48 Voreppe et A41 Crolles, les véhicules non-classés (véhicules les plus anciens) et ceux dont les certificats de qualité de l’air (CQA) sont classés 4 et 5, ne seraient pas autorisés à circuler.

Les véhicules suivants seraient donc concernés par l’interdiction de circuler :

  • véhicules légers et utilitaires essence immatriculés avant le 1er janvier 1997 ;

  • véhicules légers et utilitaires diesel immatriculés avant le 1er janvier 2006 ;

  • poids lourds, bus et autocars essence immatriculés avant le 1er octobre 2001 ;

  • poids lourds, bus et autocars diesel immatriculés avant le 1er octobre 2009 ;

  • deux-roues immatriculés avant le 1er juillet 2004.

En tout, les mesures de restriction concerneraient 26 % du parc automobiles.

Des dérogations sont prévues en fonction de la mission du véhicule. Les cas suivants ne sont pas concernés par les mesures de restriction de circulation :

  • services de police, de gendarmerie et des forces armées, services d’incendie et de secours, SAMU, professionnels assurant un service médical, vétérinaire ou paramédical, ambulances, d’associations agréées de sécurité civile, de transports sanitaires et de livraisons pharmaceutiques,

  • livraison des repas organisés par la collectivité (cantines, repas à domicile),

  • intervention d’urgence assurant une mission de service public (voiries, réseaux de transports, réseaux secs et humides), viabilité hivernale (y compris patrouilleurs), évacuation des véhicules accidentés ou en panne,

  • transport des réseaux de transports en commun, transports collectifs scolaires ou de salariés,

  • affichant une carte de stationnement pour personnes handicapées GIG (Grand Invalide de Guerre) et des GIC (Grand Invalide Civil)prévue par l’article L. 241-3-2 du Code de l’action sociale et des familles,

  • assurant l’enlèvement et le ramassage des ordures, sauf bennes des déchetteries,

  • transport d’animaux,

  • transport frigorifique,

  • transport alimentaire,

  • transport d’hydrocarbure,

  • transport de fonds,

  • transport funéraire,

  • ainsi que les tracteurs et machines agricoles et les engins de chantier.

Pour accompagner ces mesures, la circulation en transports en commun ou en modes doux serait gratuite sur :

  • les réseaux TAG, TouGo (Pays du Grésivaudan) et Pays Voironnais

  • parc relais

  • Métrovélo

Afin de permettre une amélioration de la qualité de l’air, lensemble des habitants de la région grenobloise est d’ores et déjà invité à privilégier les déplacements en transports en commun, le vélo, la marche à pied ou avoir recours au covoiturage.

Il s’agit de la première application en France des mesures de restriction de circulation s’appuyant sur les certificats qualité de l’air, dont la ministre de l’environnement a annoncé la généralisation à l’ensemble des grandes agglomérations en Conseil des ministres ce matin.

Pour en savoir plus :


Catégorie environnement, pollution, questions d'actualitéCommentaires fermés

Impact sanitaire de la pollution atmosphérique à Lyon et Grenoble et lien avec la défaveur sociale


L’équipe d’Epidémiologie environnementale de l’IAB (l’IAB (Institut pour l’Avancée des Biosciences, Centre de recherche Inserm / CNRS /Université Grenoble Alpes) vient de publier une étude(1) quantifiant le risque associé à l’exposition aux particules fines en suspension dans l’atmosphère (PM2,5) à Grenoble et Lyon en s’appuyant sur une modélisation de la pollution de l’air à fine échelle ; l’étude a aussi caractérisé comment ce risque varie en fonction de la défaveur sociale.

L’étude montre que chaque année entre 3 à 7 % des décès survenant dans l’agglomération de Grenoble seraient dus aux effets de la pollution atmosphérique. Dans l’agglomération de Lyon, le risque serait entre 4 et 8 %. Cela correspondrait à environ 114 décès dans l’agglomération grenobloise (sur une population de 385 000 habitants) et de 491 habitants à Lyon sur une population de 1,2 million d’habitants.

A Grenoble, entre 3 et 10 % des nouveaux cas de cancer du poumon seraient dus à la pollution atmosphérique. Plusieurs dizaines de cas de petits poids de naissance chez les enfants nés à terme seraient aussi dus à la pollution chaque année. Le risque a tendance à être plus élevé dans les quartiers socialement défavorisés ou très défavorisés, par rapport aux quartiers socialement plus favorisés. Ainsi, c’est dans les quartiers les moins favorisés que les bénéfices d’une amélioration de la qualité de l’air se feraient le plus sentir.

L’étude s’est focalisée sur les particules fines (ou PM2,5), poussières en suspension dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres, qui constituent le polluant atmosphérique pour lequel le lien avec la santé est le plus précisément caractérisé. D’autres polluants, non pris en compte ici, ont un effet sur la santé, comme l’ozone.

L’étude, réalisée par Xavier Morelli, conjointement avec Air Rhône-Alpes, des équipes suédoises et allemandes et avec la participation du registre du Cancer de l’Isère, s’appuie sur la méthodologie des études d’impact sanitaire. L’approche consiste à combiner des données sur les niveaux de pollution à l’échelle de la population avec des relations dose-réponse connues, et à estimer le nombre de cas de pathologies susceptibles d’être attribuables à l’exposition aux particules fines, avec les niveaux de pollution observés en 2012, par rapport à une situation de référence.

Le niveau de référence choisi par les auteurs est la valeur annuelle limite recommandée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), de 10 microgrammes par mètre cube. En comparaison, les niveaux de pollution étaient environ de 18,1 µg/m3 à Grenoble et de 19,6 µg/m3 à Lyon. L’impact estimé serait plus élevé si on avait choisi un niveau de référence plus bas, car la relation entre pollution et santé est globalement linéaire, et s’observe probablement aussi en-dessous de la valeur recommandée par l’OMS, commentent les auteurs.

« Les niveaux de particules fines sont probablement le principal levier qui peut être actionné pour améliorer significativement la santé des populations de zones urbaines comme Grenoble ou Lyon, où la pollution est sensiblement supérieure aux valeurs recommandées par l’OMS, et ceci bien que nous sommes proches et souvent en-dessous des seuils réglementaires en vigueur en Europe », explique Rémy Slama, qui a coordonné l’étude.

D’autres facteurs ont un effet similaire ou plus important sur la santé, comme la consommation de tabac ou un régime alimentaire déséquilibré, mais en pratique il est très difficile de modifier ces comportements. L’exemple d’autres villes européennes ou du Japon montre qu’une action efficace sur les niveaux de particules fines est possible. Une diminution de 50% des concentrations de particules fines a par exemple été obtenue à Tokyo entre 2001 et 2010.

De telles mesures ont aussi un effet bénéfique sur l’économie, via une diminution des coûts sanitaires et des journées d’absentéisme, globalement nettement supérieur au coût des mesures prises pour améliorer la qualité de l’air.

La pollution atmosphérique par les particules fines a un effet connu sur la mortalité cardiovasculaire et respiratoire, le cancer du poumon, certaines pathologies respiratoires, et un effet probable sur la croissance du fœtus. Elle pourrait aussi avoir d’autres effets, pour lesquels le niveau de preuve est plus faible, par exemple sur les pathologies neurologiques, qui n’ont pas été prises en compte dans cette étude.

Pour approfondir ces questions, l’équipe d’épidémiologie environnementale de l’IAB est actuellement en train de conduire une vaste cohorte couples-enfants, la cohorte SEPAGES, pour essayer d’élucider les effets à court et long terme de l’exposition aux polluants atmosphériques durant la grossesse et les premières années de vie (http://sepages.inserm.fr).

(1) Morelli X, Rieux C, Cyrys J, Forsberg B, Slama R : Air pollution, health and social deprivation: A fine-scale risk assessment. Environmental Research, 2016, 147:59-70. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26852006

À propos de l’Institut for Advanced Biosciences

Regroupant 17 équipes, l’Institut for Advanced Biosciences (IAB, anciennement Institut Albert Bonniot) est un institut de renommée internationale dans la recherche biomédicale fondamentale et translationnelle, reconnu pour ses publications de très haut niveau (plus de 1 000 sur les 5 dernières années) et son impact sur le développement de start-ups dans le domaine des biotechnologies.

La stratégie scientifique repose sur trois axes : Ėpigénétique, Maladies chroniques et Cancer Le périmètre d’action de l’IAB couvre une gamme d’expertises scientifiques depuis le continuum biologique des molécules jusqu’aux populations.

En savoir plus : iab.univ-grenoble-alpes.fr

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