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Epidémie de sharka : l’INRA sur la sellette


orateurM. Bernard Piras (Drôme-SOC), dans sa question orale du 06/05/2010, attire l’attention de M. le ministre de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche sur la prise en charge des conséquences de la maladie de la sharka sur les plantations d’arbres fruitiers à noyaux tels que les pêchers, abricotiers ou pruniers.

Faute de traitement, cette maladie virale induit des épidémies rapides au sein des vergers, la seule solution étant l’arrachage et la destruction par le feu des arbres contaminés. Parmi les différentes régions touchées en France, Rhône-Alpes l’est particulièrement, et notamment au sein de celle-ci, la région valentinoise.

Des procédures ont été engagées contre l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), considéré comme étant à l’origine de ces épidémies, deux lieux de départ ayant été identifiés, l’INRA de Gotheron dans la Drôme, l’INRA de Manduel dans le Gard.

Une expertise judiciaire a été ordonnée par les tribunaux administratifs de Grenoble et Marseille, visant à déterminer officiellement l’origine de ces épidémies et donc les responsabilités engagées. Le collège d’experts désigné a rendu son rapport début février. Il ressort de cette longue enquête exhaustive, que les experts ont découvert plusieurs filières internes de contamination à l’INRA.

Il est donc aujourd’hui établi avec la plus grande certitude que l’INRA est à l’origine de la contamination de ses propres vergers, contamination qui constitue un foyer primaire de sharka souche M dans la Drôme mais également dans les trois autres départements concernés. Il convient de noter que le rapport d’expertise écarte toutes les autres sources possibles de contamination.

Sur la base de cette expertise, des centaines de recours vont être exercés devant les juridictions administratives par les exploitants contraints d’arracher leur verger sans espoir de replantation et donc condamnés à la ruine.  Cependant, devant l’urgence, il est désormais du devoir de l’État de prendre ses responsabilités et de proposer une indemnisation à l’amiable aux victimes de ces épidémies.

Il lui demande de lui indiquer si telles sont bien ses intentions.

Réponse du ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture le 30/06/2010 par la voix de Mme Fadela Amara, secrétaire d’État chargée de la politique de la ville.

Monsieur le sénateur, je vous prie tout d’abord d’excuser Bruno Le Maire, retenu par la préparation de l’examen du projet de loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche par l’Assemblée nationale.

Il ne peut être démontré, sur le fondement du rapport auquel vous faites référence, aucune faute de l’INRA ni de l’État, toutes les hypothèses sur les origines de la contamination n’ayant pu être écartées par les experts. Au demeurant, les juges administratifs n’ont pas rendu leur décision.

Par ailleurs, le ministère de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche n’est pas resté inactif.

L’engagement pris par le ministre le 17 février dernier, en présence des représentants des producteurs de fruits, de mettre en œuvre très rapidement un plan d’action contre cette maladie et d’octroyer des moyens pour accompagner la reconversion des producteurs en est une nouvelle preuve. Il doit ainsi conduire cet été à l’élaboration d’un plan national d’action contre la sharka.

Les mesures d’accompagnement des producteurs, aujourd’hui actives, reposent sur la nomination de médiateurs chargés d’étudier la situation des entreprises au cas par cas et d’intervenir, le cas échéant, auprès des créanciers de ces dernières, sur l’étude des conditions d’extension du plan de reconversion à tous les départements touchés par la maladie, ainsi que des conditions d’accès à la mesure de rénovation du verger.

Les médiateurs ont été nommés au début du mois de mars et ont aussitôt procédé aux nécessaires diagnostics des exploitations dans les quatre départements les plus touchés.

Cette mission de médiation, qui s’est déroulée dans de bonnes conditions, arrive à son terme. Le plan national d’action contre la sharka en intégrera les enseignements. Le cas du plateau de Manduel, où le verger est considéré comme étant dans une situation très critique sur les plans sanitaire et économique, doit être traité dans les prochaines semaines.

Catégorie arboriculture, assuranceCommentaires fermés

Vins: du bon usage de la « méthode ancestrale »


orateurM. Bernard Piras (Drôme-SOC), dans sa question écrite du  15/04/2010,  attire l’attention de M. le ministre de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche sur l’utilisation du terme « méthode ancestrale » pour certains vins.

Certaines organisations professionnelles ont exprimé le souhait que le terme « méthode ancestrale » puisse être utilisé par les vins avec indication géographique protégée (IGP) et les vins sans indication géographique.

Or, le terme « méthode ancestrale », historiquement lié à la filière viticole d’appellation, devrait être réservé aux vins d’appellations d’origine contrôlée (AOC). Les efforts fournis par ces vins AOC pour que cette méthode soit clairement définie et protégée au niveau national comme communautaire s’inscrivent dans une logique qualitative. Ces efforts doivent être reconnus.

Il lui demande de lui confirmer qu’il entend bien, dans le cadre du prochain décret à paraître, intervenir en vue de réserver le terme « méthode ancestrale » aux vins d’appellations d’origine contrôlée.

Réponse du ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture publiée dans le JO Sénat du 01/07/2010

Il existe deux méthodes d’élaboration des vins mousseux : la méthode traditionnelle, également appelée « champenoise », où le gaz dissous est issu de la fermentation de sucres exogènes ajoutés ; la méthode ancestrale, où le gaz dissous est issu de la fermentation des sucres du raisin.

Si la réglementation communautaire a défini la méthode traditionnelle et l’a réservée aux appellation d’origine contrôlée (AOC) Champagne, aucune disposition réglementaire ne régit les conditions d’utilisation de la mention « méthode ancestrale », si ce n’est à travers les cahiers de charges de quatre appellations (Limoux, Gaillac, Cerdon et Clairette de Die).

Il est donc apparu pertinent de prévoir une disposition réglementaire nationale pour définir les conditions d’emploi de cette mention et pour la réserver aux AOC, catégorie de vins qui a construit la notoriété de cette méthode.

C’est pourquoi cette disposition est introduite dans un projet de décret en Conseil d’État relatif à l’étiquetage, actuellement en cours d’élaboration. Un amendement au projet de loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche a été présenté pour réserver la mention aux seules AOC.

Le ministre de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche a émis un avis défavorable à cet amendement. En effet, cette disposition ne relève pas de la loi mais du règlement. Pour autant, l’intention du Gouvernement est bien de réserver cette mention à ces AOC.

Catégorie terroirs/gastronomie, viticultureCommentaires fermés

La prime à l’herbe est-elle menacée ?


orateurM. Bernard Piras (Drôme- SOC), dans sa question écrite du 12/11/2009, attire l’attention de M. le ministre de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche sur la suppression éventuelle de la prime herbagère agro-environnementale (PHAE). Les organisations agricoles sont particulièrement inquiètes quant à une éventuelle suppression de la PHAE, décision qui, si elle était confirmée, serait incomprise car illogique.

En effet, sa suppression mettrait en péril les élevages extensifs et le pastoralisme. Or, ces types d’élevage répondent à des enjeux de nature environnementale et d’aménagement du territoire.

Il lui demande de lui confirmer que ce dispositif ne sera pas remis en cause.

Réponse du ministère de l’Alimentation de l’Agriculture et de la Pêche publiée dans le JO Sénat 11/02/2010

Le maintien des systèmes d’exploitation fondés sur la mise en valeur des surfaces en herbe constitue un enjeu majeur pour les territoires français.

En effet, l’entretien et le maintien des prairies, des estives et des landes favorisent la biodiversité et préservent la qualité de l’eau, d’autant plus que ces systèmes d’exploitation sont particulièrement extensifs dans leur conduite. Ils sont par ailleurs nettement plus autonomes en matière d’alimentation du cheptel.

Enfin, les surfaces utilisées mobilisent moins d’intrants (engrais, produits phytosanitaires, énergie). Le Gouvernement partage pleinement votre souci de pouvoir accompagner les élevages fondés sur la valorisation de surfaces en herbe.

Aussi, les décisions prises dans le cadre du bilan de santé de la politique agricole commune (PAC) renforcent le soutien économique des élevages par la mise en place d’une dotation spécifique à l’herbe dès 2010.

Conscient que la prime herbagère agro-environnementale (PHAE) reste un élément essentiel pour l’équilibre économique de certaines exploitations et pour le maintien des surfaces en herbe dans certaines zones, le Gouvernement souhaite pouvoir répondre aux inquiétudes des éleveurs concernés par l’échéance de leur contrat l’année prochaine en leur permettant de bénéficier d’un renouvellement de leur engagement en 2010.

Aussi pour les contrats arrivant à échéance en 2010, une consultation a été lancée auprès de la Commission européenne afin d’obtenir son accord sur une formule permettant un basculement au même moment de tous les bénéficiaires actuels dans le dispositif qui lui succédera dans le cadre de la PAC post-2013.

Le financement des renouvellements n’a pas pu être prévu lors du dépôt du projet de loi de finances car ceux-ci dépendent du schéma juridique qui sera arrêté. En effet, selon le dispositif retenu, le taux de cofinancement communautaire n’est pas le même.

Le Gouvernement poursuit ses travaux afin de pouvoir apporter une réponse qui permette aux éleveurs, dans le cadre de l’actuelle programmation budgétaire européenne 2007-2013, de conserver le bénéfice de ce soutien.

Catégorie PAC, agricultureCommentaires fermés

Disparition des abeilles: piqûre de rappel


M. Bernard Piras (Drôme-SOC), dans sa question écrite publiée dans le JO Sénat du 02/04/2009,  attire à nouveau l’attention de M. le ministre d’État, ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire, sur la disparition des abeilles en raison de l’utilisation intensive des pesticides.

En effet, il est constaté une diminution rapide, importante et accélérée du nombre d’abeilles. Un lien direct a été établi, à travers des études publiées, avec l’utilisation des pesticides et insecticides. Or, les abeilles jouent un rôle essentiel de pollinisateur dans la nature et leur disparition serait une catastrophe. ll  lui demande de lui indiquer les mesures qu’il entend rapidement prendre pour lutter contre ce fléau.

Réponse du Ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire publiée dans le JO Sénat du 02/07/2009
La pollinisation joue un rôle essentiel dans la fécondation de la végétation sauvage et des cultures ; elle est indispensable à la survie des systèmes écologiques terrestres actuels, tels que nous les connaissons. L’essentiel de la pollinisation est effectué par des insectes, en particulier par des milliers d’espèces de mouches et d’abeilles. Ces dernières années, des phénomènes de surmortalité des populations d’abeilles ont été rapportés, sans que l’on puisse définir de façon univoque leur origine : utilisation de produits phytopharmaceutiques systémiques, bol alimentaire des abeilles, maladies…

Face à la gravité des ces phénomènes, le Premier ministre a confié à M. Martial Saddier, député de la Haute-Savoie, la mission de proposer un plan d’ensemble avec des mesures fondées sur les moyens d’action suivants : l’organisation de la surveillance de l’état des ruchers ; l’aménagement du territoire permettant d’assurer la suffisance des ressources nutritionnelles des abeilles et leur sécurité sanitaire, sans préjudice de la nécessaire prise en compte de la protection sanitaire des cultures ; l’accompagnement du développement économique durable de la filière apicole, intégrant notamment les aspects liés aux signes de qualité et à la structuration de la commercialisation ainsi que les aspects fiscaux et fonciers et des programmes de recherche et de développement ; la relance d’une production de qualité, la France étant aujourd’hui largement importatrice de miel.

Cette mission a été placée auprès de M. Michel Barnier, ministre de l’agriculture et de la pêche, et de M. Jean-Louis Borloo, ministre d’État, ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire. Conformément aux préconisations du rapport Saddier, le projet de loi de programmation relatif à la mise en oeuvre du Grenelle de l’environnement prévoit, dans ses articles 28 bis et 28 ter, la mise en place d’un plan d’urgence pour la préservation des abeilles dès 2009.

Ce plan s’appuiera notamment sur une évaluation toxicologique indépendante, relative aux effets sur les abeilles de l’ensemble des substances chimiques. Par ailleurs, une plate-forme de travail regroupera prochainement l’ensemble des acteurs de la filière afin de mieux structurer la profession apicole. Elle favorisera la création d’un institut scientifique et technique de l’abeille chargé d’élaborer et d’analyser les programmes de recherche de la filière et de proposer leur financement.

Afin de mieux recenser les populations d’abeilles sur le territoire, la déclaration annuelle de ruches par les apiculteurs est également rendue obligatoire dès la première ruche à compter du 1er janvier 2010. Ce projet de loi voté à la quasi-unanimité en première lecture à l’Assemblée nationale et à une très large majorité au Sénat, vient d’être voté en deuxième lecture par l’Assemblée nationale. Il devrait être examiné par le Sénat au début du mois de juillet.

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