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Sécheresse: alerte renforcée pour la nappe de Bièvre-Liers-Valloire


L’hiver a été particulièrement sec, ce qui a affecté considérablement les eaux superficielles et
souterraines. Cet été a été chaud et relativement pluvieux : des périodes de canicules et
d’averses se sont succédées. L’alternance rapide de ces phénomènes météorologiques, cumulé à
un hiver sec, a abouti à une dégradation des niveaux des eaux superficielles et souterraines. La
première quinzaine de septembre a été très pluvieuse, en effet, il est tombé pendant les 18
premiers jours de septembre l’équivalent d’un mois de septembre moyen entier. Les températures
sont également en dessous des moyennes de saison.

Malgré les pluies et les températures fraîches, les cours d’eau présentent des niveaux très bas
pour la saison. Certains tronçons sont à sec ce qui met à mal la vie aquatique. De nombreux
cours d’eau présentent des débits en dessous des moyennes saisonnières. La chute des
températures ainsi que les pluies de septembre ont permis une stabilisation de l’indice d’humidité
des sols superficiels.
Les pluies estivales ainsi que celles de septembre n’ont pas permis la recharge des nappes
phréatiques. Ces dernières présentent des niveaux toujours très bas pour la saison voire
alarmants pour la nappe de Bièvre-Liers-Valloire. Pour les semaines à venir, aucune pluie
significative n’est prévue. Les températures devraient remonter.

Suite aux différents avis émis par le Comité Départemental de l’Eau (CDE) rassemblant les services de l’Etat, Météo-France, les
collectivités territoriales ainsi que les représentants des usagers de l’eau, comité, le Préfet a décidé de maintenir l’alerte sur
l’ensemble du département pour les eaux souterraines et les eaux superficielles. A
l’exception de la nappe de Bièvre-Liers-Valloire qui est placée en alerte renforcée.

La situation d’alerte et d’alerte renforcée implique les mesures de restrictions suivantes :
• pour tous, sont interdits :
- le lavage des voitures hors stations professionnelles en alerte et hors station
professionnelles équipées de lances « haute pression » ou système de recyclage de l’eau
en alerte renforcée sauf pour les véhicules ayant une obligation réglementaire (véhicule
sanitaire ou alimentaire) ou technique (bétonnière …) et pour les organes liés à la sécurité.
- l’arrosage des pelouses, des espaces verts publics et privés, des jardins d’agrément, des
golfs, et des stades et espaces sportifs de 6h à 20h en alerte. L’arrosage en alerte
renforcée est strictement interdit (hors « greens et départs ») sauf l’arrosage par « goutte à
goutte » ou « pied à pied » entre 20h et 6h.
- le remplissage des piscines de plus de 5 m³ à usage privé, le lavage des voiries sauf
impératif sanitaire et à l’exclusion des balayeuses laveuses automatiques, fonctionnement
des fontaines publiques en circuit ouvert en alerte et en alerte renforcée .
- l’alimentation en dérivation des étangs et des plans d’eau en alerte et en alerte renforcée .
• pour l’agriculture : baisse des prélèvements agricoles autorisés pour l’irrigation : 15 % en
alerte ; 30 % en alerte renforcée.
• pour l’industrie : mise en place du plan d’économie d’eau des industriels (installations
classées pour la protection de l’environnement) de niveau 1 pour l’alerte, de niveau 2 pour
l’alerte renforcée.
• pour les gestionnaires de réseau d’eau potable : renforcement du suivi des niveaux des
captages et des forages d’eau potable, transmission des données à l’administration. En
alerte renforcée, sont interdits les lavages de réservoirs AEP sauf dérogation sanitaire
délivrée par le Préfet, les contrôles techniques sur les points d’eau incendie.
Les usages non prioritaires de l’eau à partir du réseau d’eau potable peuvent être limités par
arrêté municipal.

Afin de soulager la ressource, chacun est appelé à une gestion économe de l’eau que ce soit à
partir des prélèvements dans les cours d’eau, les nappes ou les réseaux de distribution d’eau
publics, et cela sur l’ensemble du département. En outre, une attention particulière des
agriculteurs et des industriels est recommandée sur les prélèvements d’eau et les rejets dans le
milieu naturel.
Chaque citoyen et chaque usager se doit d’être vigilant et faire preuve de civisme dans sa
consommation quotidienne d’eau pour éviter de porter atteinte à la ressource en eau et aux
milieux aquatiques, biens précieux pour tous les usagers.

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Lancement du Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux sur la nappe d’eau souterraines Molasse-Miocène


Les préfets de la Drôme et de l’Isère ont réuni le lundi 26 septembre plus de 100 collectivités drômoises et iséroises en vue de leur présenter les enjeux et les objectifs relatifs à la mise en place d’un Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) sur la nappe d’eaux profondes de la Molasse-Miocène.

La réunion avait pour but de préparer les collectivités invitées à répondre à une consultation officielles qui va être lancée prochainement, en vue de recueillir leur avis sur le projet de périmètre du SAGE. La nappe de la Molasse Miocène s’étendant sur la quasi-totalité du Nord du département de la Drôme, une grande partie du nord de l’Isère, une partie du Rhône et de l’Ain.

C’est une formation géologique constituée d’un empilement de sables et d’argiles plus ou moins durcis déposés il y a 5 à 25 millions années. Ces sables ont une épaisseur moyenne de l’ordre de 200 mètres et peuvent atteindre 600 mètres. Les sables molassiques contiennent de l’eau qui circule : c’est ce que l’on nomme un aquifère. La nappe de la molasse est une ressource patrimoniale particulièrement importante pour les départements de la Drôme et de l’Isère de par sa qualité et sa quantité. Elle est déjà utilisée comme ressource principale pour l’alimentation en eau potable d’un grand nombre de communes, elle est également une ressource d’approvisionnement pour plusieurs industriels et agriculteurs.

Certaines collectivités ont pris conscience, voilà plus de 10 ans, de la nécessité de préserver cette ressource stratégique, constatant au fil des années une dégradation de la qualité de cette ressource du fait de transfert de polluants depuis les nappes alluviales vers les eaux profondes. Une première thèse a permis d’acquérir des premiers éléments de connaissance sur le fonctionnement de la nappe. Financée en grande partie par les collectivités drômoises en charge de l’adduction en eau potable, elle s’est achevée en 2007. Une seconde thèse a ensuite été lancée en 2008, avec implication des collectivités iséroises, peu présentes sur les premiers travaux. La maîtrise d’ouvrage de cette seconde thèse est porté par le SEDIVE (Syndicat mixte d’études sur la diversification de l’alimentation en eau potable de la région du Valentinois).

En Isère le Conseil Général a confié au BRGM une étude sur la nappe, au-delà du territoire étudié sous maîtrise d’ouvrage du Sedive. L’ensemble des études scientifiques menées conclut à la nécessité d’identifier très rapidement des mesures de gestion adaptées au fonctionnement de la Molasse Miocène sur le secteur comprenant le nord Drôme et une partie du territoire Bièvre-Liers-Valloire en Isère, du fait de la dégradation forte de sa qualité par endroit. Sur le volet quantité, si la disponibilité de la ressource ne paraît pas être mise en péril actuellement, il convient d’être dès à présent attentif à son utilisation.

Parallèlement, le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux du bassin Rhône Méditerranéen (SDAGE) a confirmé la dégradation de la qualité de l’eau en nitrates et pesticides, en particulier sur la partie sud de l’aquifère (Drôme et Isère). Le SDAGE a par ailleurs considéré que pour gérer la nappe de la Molasse Miocène à forte valeur patrimoniale, un Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGE) paraissait le plus adapté pour travailler avec l’ensemble des acteurs concernés en vue de définir des modalités de gestion partagées et trouver un équilibre entre protection de l’aquifère et satisfaction des usages. Le SAGE est un outil stratégique de planification et de gestion de la ressource en eau créé par le Loi sur l’Eau de 1992.

Il est élaboré au niveau d’une masse d’eau (bassin versant ou nappe d’eau souterraine) par une instance de gouvernance rassemblant les acteurs locaux concernés, appelée Commission Locale de l’Eau. Il fixe les objectifs généraux d’utilisation, de mise en valeur et de protection quantitative et qualitative de la ressource. La Commission Locale de l’Eau (CLE) organise et gère l’ensemble de la procédure d’élaboration puis de mise en œuvre du SAGE. Elle est le moteur du SAGE. Elle s’appuie généralement pour la réalisation des ces travaux sur une structure porteuse qui conduit les études et met en œuvre les actions du SAGE. Pour mettre en place le SAGE Molasse-Miocène, il convient en premier lieu de définir le périmètre du futur SAGE.

Un projet de périmètre a donc été établit par les services des MISE Drôme et Isère sur la base des connaissances existantes et en limitant son emprise au département de la Drôme et à une partie du Nord Isère. La procédure d’élaboration du SAGE prévoit ensuite le lancement d’une consultation officielle, d’une durée de 4 mois, avec notamment le recueil de l’avis de l’ensemble des communes concernées par le projet de périmètre, des conseils généraux et du conseil régional.

D’ici la fin du mois d’octobre, plus d’une centaine d’acteurs va donc être interrogée pour se prononcer sur ce projet de périmètre. Ils auront 4 mois pour se prononcer. Cette consultation doit également faire prendre conscience aux collectivités drômoises et iséroises les enjeux majeurs de gestion et de préservation de l’aquifère Molasse-Miocène. Une fois installée, la Commission Locale de l’Eau devra veiller à concilier l’ensemble des usages sur cet aquifère à forte valeur patrimoniale.

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