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En avril 2017, les prix des produits agricoles continuent de croître nettement sur un an (+6,4 %)


En avril 2017, les prix des produits agricoles augmentent de 6,4 % sur un an, après +6,2 % en mars. Hors fruits et légumes, ils diminuent de 0,3 % sur un mois et croissent de 7,1 % sur un an.

Baisse des prix des céréales et des oléagineux

En avril 2017, les prix des céréales diminuent de nouveau (−2,7 %, après −2,6 % en mars). L’abondance de l’offre mondiale pèse sur les cours. De même, les prix des oléagineux continuent de baisser (−3,2 % après −2,9 %). Le prix du colza, principale graine oléagineuse cultivée en France, suit le recul des prix du soja et de l’huile de palme, dont le colza peut servir de substitut.

Les estimations font état d’une récolte record de soja cette année, tandis que la demande est atone pour l’huile de palme.

Prix de production des céréales

Baisse des prix des légumes frais, renchérissement des fruits frais et des pommes de terre

En avril 2017, les prix des légumes frais baissent sur un an (−3,8 %). La demande peine à absorber l’offre abondante de laitues et de choux-fleurs, stimulée par de bonnes conditions climatiques. À l’inverse, le prix de la tomate reste élevé en cette période de l’année : la production sous serre démarre en retrait par rapport à l’année dernière. Les prix des fruits frais restent dynamiques (+4,9 % sur un an).

Par suite des faibles rendements de la dernière campagne de production en Europe du Nord-Ouest, les prix des pommes de terre restent plus élevés qu’il y a un an (+26,7 %). Les prix des vins diminuent de 0,6 % sur un an du fait de la baisse marquée des prix des vins sans appellation (−9,0 %), concurrencés par les vins espagnols.

Prix de production des légumes frais

Hausse des prix des animaux et du lait

Sur un an, les prix des animaux accélèrent (+7,5 % en avril après +4,3 % en mars) surtout du fait de la hausse avivée du prix du porc (+32,6 % après +25,1 % en mars). La demande de porc reste soutenue, notamment de la part de la Chine.

Prix de production des porcins et des gros bovins

Le prix du lait de vache augmente encore (+2,6 % de janvier à mars) : la collecte au niveau mondial diminue depuis mi-2016 tandis que les exportations de beurre et de fromages sont dynamiques, notamment vers les États-Unis et l’Asie.

Quasi-stabilité des prix d’achat des moyens de production en avril

En avril 2017, les prix des consommations intermédiaires augmentent de 0,2 % sur un mois et de 1,6 % sur un an, surtout du fait du renchérissement de l’énergie (+0,9 % en avril, +15,5 % sur un an). En revanche, les prix des engrais continuent de baisser (−0,2 % en avril  ; −5,2 % sur un an). Les prix des biens d’investissement sont stables sur le mois et croissent de 1,8 % sur un an.

Révisions

L’évolution sur un an de l’IPPAP a été rehaussée de 0,3 point en mars et celle de l’IPAMPA de 0,1 point sur un mois comme sur un an.

Prix d’achat des moyens de production agricole

  • Sources : Insee et SSP (ministère chargé de l’agriculture)

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Les producteurs de céréales et leurs filières sont en difficulté


Sans titre

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Revenu des agriculteurs: un revenu moyen historiquement élevé, mais très contrasté


La Commission des comptes de l’agriculture de la Nation s’est réunie le 12 décembre 2012 pour examiner la situation prévisionnelle du revenu des exploitations agricoles en 2012.

Le résultat courant avant impôts des exploitations agricoles s’améliore (+4%) et atteindrait en moyenne 36 500 euros par actif en 2012, soit son plus haut niveau historique. Ce chiffre moyen est fortement à la hausse en raison des résultats exceptionnellement élevé des exploitations de grandes cultures qui sont en augmentation pour la troisième année consécutive.

La conjoncture des prix de nombreux produits agricoles a été bien orientée, c’est en particulier le cas pour :

  • les céréales et oléo-prétéagineux qui ont suivi la forte hausse des cours mondiaux ;
  • le maraichage ;
  • l’arboriculture, avec des situations diverses selon les productions et les régions en raison notamment des aléas climatiques ;
  • l’élevage hors-sol (avicole et porcin) ;

Néanmoins, d’autres secteurs sont confrontés à un repli, il s’agit là de :

  • l’élevage bovin laitier et à viande, ainsi que de l’élevage ovin confrontés à la hausse du prix des aliments ;
  • la viticulture, en raison d’une récolte faible en 2012.

Il est à noter que, globalement, l’évolution du revenu agricole en France est supérieure à la moyenne européenne.

Stéphane LE FOLL a pris acte de cette évolution et des disparités historiquement marquées entre filières : « Ces résultats me confortent dans l’idée que la répartition des crédits de la PAC doit être rééquilibrée en faveur des filières d’élevage. Ils soulignent la nécessité de mettre en place des dispositifs de lissage de la volatilité des cours des matières premières . »

Cliquer ici pour consulter  les indicateurs de revenu de l’agriculture prévisionnels pour 2012

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CEREALES:L’OBLIGATION D’ACCROITRE LA PRODUCTION


Le rendement prévisionnel 2012 pour le maïs grain français
est aujourd’hui estimé à 96 q/ha, soit une production de 15,5 millions de
tonnes. Une fois encore, la maïsiculture française démontre ses capacités
productrices une année où la production de maïs mondiale flanche.

La conjoncture économique et les facteurs de production étaient au coeur des
débats de l’édition 2012 des Journées Maïs qui se sont tenues les 12 et 13
septembre au Futuroscope de Poitiers.

ACCROITRE L’OFFRE
Les enjeux démographiques et alimentaires mondiaux, conjugués aux effets
dévastateurs d’une volatilité excessive du prix des grains, imposent d’accroître
la production de céréales dont celle de maïs grain. Il importe par conséquent de
poursuivre l’augmentation des surfaces constatée en 2012, notamment en
Europe et en particulier en France qui dispose de caractéristiques
pédoclimatiques assurant une production régulière en quantité et qualité.

LIBERER LES ENERGIES
Cet objectif nécessite de mettre un terme à certaines contraintes
environnementales injustifiées et à la multiplication des normes françaises et
européennes qui constituent autant d’entraves à la production. Il faut donc
libérer les énergies pouvant résulter :
· d’une gestion dynamique et proactive de la ressource en eau par une
politique de stockage,
· de la mise à disposition de nouvelles molécules pour la protection
phytosanitaire des plantes et aujourd’hui en attente d’homologation,
· d’une redéfinition avec l’Etat des objectifs en termes d’OGM, notamment
sur les plans règlementaire, expérimental et de la production

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Les prix agricoles à la production augmentent en janvier 2011


En janvier, les prix agricoles à la production s’accroissent de 3,1 % par rapport à décembre et de 21,8 % sur un an.

Le prix des céréales continue de croître fortement en janvier (+10,2 %). La production mondiale de blé de meunerie s’est raréfiée en raison des intempéries en Australie. La demande, de son côté, a été soutenue par d’importants achats des pays du Maghreb et du Proche-Orient destinés à prévenir tout risque de pénurie dans un contexte politique et social tendu. Le prix du maïs est également en hausse en réponse à des anticipations de stocks en baisse.

Prix de production des céréales

 : Prix de production des céréales

Le prix des oléagineux continue de croître sensiblement en janvier (+6,0 %). La demande industrielle ne faiblit pas. Le prix élevé du pétrole renforce l’attractivité du diester, carburant produit à partir du colza. Du côté de l’offre, les aléas climatiques en Russie cet été, puis en Australie cet hiver, ont limité la production mondiale.

Le prix du vin augmente (+2,0 %), notamment celui des vins de qualité.

En données brutes, le prix du lait de vache progresse en glissement annuel (+14,0 %). Des accords sont intervenus, au cours de l’année 2010, pour relever la rémunération des éleveurs.

Prix de production du lait de vache(1)

 : Prix de production du lait de vache(1)(1) Le prix CVS du lait de vache a été reconduit en janvier

Les prix des fruits frais augmentent nettement en glissement annuel (+21,4 %). La poire et la pomme se commercialisent à des prix plus élevés en raison de moindres productions européennes.

Le prix des légumes frais est en baisse par rapport à l’année dernière à la même période (-11,1 %). Le réchauffement des températures a permis une récolte anticipée de choux-fleurs, de carottes et de poireaux, provoquant un déséquilibre de l’offre par rapport à la demande.

En données corrigées des variations saisonnières, le prix des animaux augmente en janvier (+1,3 %). Le prix des volailles répercute en effet l’augmentation du prix de leur alimentation. Le prix du porc français augmente également, la consommation n’ayant pas pâti de la contamination à la dioxine d’élevages allemands. Le prix des ovins baisse sensiblement sous l’effet d’une consommation atone.

Le prix des œufs poursuit sa hausse, en raison d’une offre moindre.

Indice des prix des produits agricoles à la production (IPPAP)
100 = 2005
(1) Y compris légumes pour l’industrie de transformation
(2) Le prix CVS du lait de vache a été reconduit en janvier
Sources : Insee – SSP (ministère chargé de l’Agriculture)
Variation en % sur
poids Janv. 2011 un mois 3 mois un an
brut CVS CVS brut
Indice général 1000 134,3 +3,1 +8,2 +21,8
sauf fruits et légumes 878 136,2 +3,8 +8,3 +25,1
Produits végétaux (sauf fruits et légumes) 417 160,5 +6,1 +13,0 +44,1
Céréales 115 235,4 +10,2 +21,0 +113,3
dont blé tendre 63 254,1 +9,9 +21,1 +122,4
maïs 27 205,0 +7,9 +16,3 +78,2
Pommes de terre 19 176,1 /// /// +93,1
Vins 161 120,6 +2,0 +3,6 +5,0
de qualité 140 119,0 +2,2 +3,3 +4,3
autres vins 21 130,8 +1,2 +5,9 +9,3
Oléagineux 28 233,7 +6,0 +27,6 +80,2
Produits de l’horticulture 51 120,5 +1,1 –0,2 +1,9
Autres produits végétaux 43 102,1 +2,9 +5,4 +13,3
Légumes et fruits (1) 122 120,9 /// /// +0,9
dont légumes frais 61 123,8 /// /// –11,1
fruits frais 39 120,0 /// /// +21,4
Productions animales 461 114,1 +1,0 +2,8 +7,0
Animaux 286 109,3 +1,3 +4,1 +7,4
dont gros bovins 108 101,8 –1,3 +0,8 +3,9
veaux 29 115,3 +0,9 +2,3 +3,8
porcins 64 97,7 +1,6 +6,5 +12,6
ovins 14 112,6 –3,4 –4,8 –2,8
volailles 59 133,0 +2,0 +6,0 +12,6
dont poulets 26 131,6 +1,4 +4,4 +12,4
Lait 159 122,3 0,0 –0,6 +12,7
dont lait de vache(2) 148 123,0 0,0 –0,7 +14,0
Œufs 13 117,9 +4,3 +19,7 –37,2

Le prix d’achat des moyens de production agricole augmente en janvier de 0,6 % par rapport à décembre et de 7,6 % sur un an

Le prix des consommations intermédiaires est en hausse sur un mois, principalement sous l’effet d’une augmentation des coûts des engrais et des aliments pour animaux. Sur un an, les prix de l’énergie, des engrais et des aliments pour animaux se sont sensiblement accrus (plus de 17 %). Le prix des investissements varie peu.

Prix d’achat des moyens de production agricole

 : Prix d'achat des moyens de production agricole

Indice des prix d’achat des moyens de production agricole (IPAMPA)
100=2005
(1) En 2010 et 2011, l’indice intègre la taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) ; tandis que précédemment il s’entend avec le remboursement aux agriculteurs de 5 centimes par litre de fioul de la TIPP.
Source : Insee – SSP

poids Janv. variation en % sur


2011 un mois 3 mois un an
Indice général 1000 122,0 +0,6 +2,2 +7,6
Biens de consommation courante 758 123,8 +0,6 +2,8 +9,1
Énergie (1) 84 139,1 +0,4 +8,3 +17,2
Semences 51 112,7 +0,1 +0,1 +0,1
Engrais et amendements 92 143,4 +1,4 +4,5 +17,4
Produits de protection des cultures 77 105,4 –0,6 –1,3 +0,1
Aliments des animaux 189 132,2 +1,4 +4,5 +17,6
Produits et services vétérinaires 38 112,4 +0,3 +0,4 +2,2
Petit matériel et outillage 14 106,6 +0,3 –0,1 +0,7
Entretien et réparation de matériel 56 124,4 +0,9 +1,0 +2,4
Entretien et réparation des bâtiments 9 118,2 0,0 0,0 +2,2
Frais généraux 149 110,4 0,0 +0,1 +0,9
Biens d’investissement 242 116,4 +0,3 +0,4 +2,9
Matériel 170 114,7 +0,5 +0,6 +1,2
dont tracteurs 71 111,4 +0,8 +0,9 +1,6
matériel et machines de culture 36 118,0 +0,7 +1,0 +1,0
matériel et machines de récolte 37 114,9 +0,3 +0,2 +1,3
véhicules utilitaires 16 111,1 –0,2 +0,1 0,0
Ouvrages 72 120,5 0,0 0,0 +7,1

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Droits des agriculteurs sur leurs semences: réaction de la confédération paysanne


C’est avec stupéfaction que la Confédération Paysanne a découvert que le gouvernement a désigné le représentant du GNIS (Groupement National Interprofessionnel des Semences) pour défendre la position française sur les droits des agriculteurs lors de la prochaine réunion du Traité international sur les semences. Elle le fait savoir à travers un communiqué.

Un point important de l’ordre du jour de la quatrième session de l’Organe Directeur du Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture qui se tiendra en Indonésie du 14 au 18 Mars prochain est l’application des droits des agriculteurs sur leurs semences, définis aux articles 6 et 9 du Traité. Pour défendre la position française sur cette question précise des droits des agriculteurs, le gouvernement français a osé désigner… le directeur des relations extérieures du GNIS :

  • qui réclame à corps et à cris le paiement par les agriculteurs qui réutilisent leurs semences de ferme d’une Contribution Volontaire Obligatoire reversée directement, pour 85% de son montant, à l’industrie semencière,
  • qui poursuit en justice les agriculteurs qui reproduisent des semences de ferme des dernières variétés protégées par une loi française qui les interdisait, mais n’est presque plus utilisée depuis l’adoption en 1994 d’un règlement européen qui les autorise,
  • et qui envoie ses contrôleurs à la poursuite des agriculteurs qui conservent, utilisent, échangent ou vendent leurs semences de ferme.

Les industriels des semences ne supportent pas que les agriculteurs puissent bénéficier, tout comme eux et en toute légalité, du « privilège du sélectionneur » d’utiliser les variétés disponibles sur le marché pour sélectionner leurs propres variétés et d’échanger leurs semences dans le but de les sélectionner et de les conserver.

La reproduction, la sélection et la gestion dynamique des semences à la ferme sont pourtant aujourd’hui les compléments indispensables à la production de semences par la filière industrielle.

En effet, seule l’adaptation locale des variétés cultivées permet de diminuer significativement ou d’abandonner l’usage des engrais et pesticides chimiques qui empoisonnent la santé et l’environnement et de rendre aux plantes la plasticité indispensable à leur adaptation aux changements climatiques de plus en plus importants et imprévisibles.

La filière semencière industrielle ne peut pas et ne pourra jamais amortir la sélection et la multiplication de petits lots de semences adaptés à chaque terroir, seuls les paysans peuvent faire ce travail par multiplications successives dans leurs champs. Mais ils ne peuvent pas le faire si on leur interdit de ressemer et d’échanger leurs semences et si on les oblige de devenir totalement dépendant d’une poignée de multinationales productrices d’OGM.

Les droits des agriculteurs de conserver, d’utiliser, d’échanger et de vendre leurs semences de ferme sont l’indispensable pilier de toute politique agricole durable préservant la santé, l’environnement et la souveraineté alimentaire. C’est pourquoi la Confédération Paysanne demande au gouvernement français d’engager une concertation avec les agriculteurs qui renouvellent et conservent la biodiversité cultivée avant de désigner, pour défendre sa position sur les droits des agriculteurs, un représentant des intérêts de l’ensemble de la population et non le représentant d’un lobby industriel qui milite pour leur suppression.

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OPG: régulation mondiale des marchés, relance de l’agriculture


Le congrès de l’organisation des producteurs de grains vient de se tenir à Troyes.

Si le cours des céréales a doublé en 6 mois, ce n’est pas une « flambée » des prix mais une correction du marché car les prix d’aujourd’hui ont simplement retrouvé leur niveau de 1987 en euros courants en Europe. Après deux années sans revenu, les producteurs de grains retrouvent certes un niveau de prix indispensable pour une agriculture durable mais restent dans l’angoisse de voir à nouveau les prix s’effondrer d’ici quelques mois, face à l’absence totale de régulation aux niveaux européen et mondial.

Les intervenants, Françoise Girard du CIRAD et Alain Le Boulanger du CER France ont démontré que la libéralisation du commerce international a, contrairement à l’objectif de ses promoteurs, accru la volatilité des prix des grains depuis 20 ans et que les contrats, chers au ministre de l’agriculture Bruno Le Maire, ne permettront en rien de réguler les marchés.
Nicolas Jaquet, président de l’OPG, analysant le déficit global de la production européenne de grains (20 mio t d’exportations de blé et 50 mio t d’importations de soja), annonce un risque d’une pénurie mondiale de soja d’ici quelques années si les assolements évoluent sur le continent américain en fonction de l’attractivité des prix des différentes cultures. Les conséquences au niveau européen seraient catastrophiques. Comme mesure préventive, l’OPG demande un rééquilibrage des cultures au sein de l’UE : moins de blé et plus de protéines végétales (soja, pois, luzerne).

Les producteurs de grains sont stupéfaits de voir que face à l’augmentation du prix du blé de nombreuses voix s’élèvent pour demander encore « plus de libéralisation du commerce » pour lutter contre l’envolée des prix alimentaires. C’est un véritable aveuglement idéologique des artisans d’une forme ultralibérale de décroissance qui ne cesse de détruire les agricultures. C’est tout le contraire que propose l’OPG : au lieu de tirer sur la locomotive de l’agriculture qui redémarre, il faut y raccrocher les wagons des autres secteurs de l’économie.

Pour réguler la production mondiale, il faut en priorité augmenter la production agricole dans les pays déficitaires en mettant en place des politiques de prix élevés et différenciés en fonction des grands ensembles géographiques. Pour lutter contre la spéculation, il suffit de revenir à des prix plus stables ; elle n’aura plus d’intérêt et disparaîtra d’elle-même.

Enfin les producteurs de grains s’opposent à toute forme de charcutage en France des prix des céréales pour permettre d’approvisionner à un prix inférieur au marché les éleveurs ou les usines d’éthanol. Cette déconnexion au sein du marché européen serait digne de Cuba ou de la Corée du Nord ?
Seule une libéralisation définitive du commerce des céréales, hélas très administré en France, permettrait aux éleveurs d’acheter directement aux céréaliers, supprimant les intermédiaires et redonnant ainsi de la compétitivité.

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Céréales: bonne campagne 2010


FranceAgriMer / ARVALIS – Institut du végétal viennent de publier, le premier bilan de la récolte de céréales 2010. Celui ci est positif dans son ensemble. Voici ce bilan détaillé.

Blé tendre : rendements hétérogènes, mais qualité au rendez-vous

Les récoltes sont terminées dans la majeure partie de la France, elles sont toujours en cours dans l’Est, dans le Nord et sur la bordure maritime de la Manche.
Au 10 août, l’estimation de la production est légèrement supérieure à 35 Mt. Le rendement moyen national, évalué à 71 q/ha, serait proche de la moyenne quinquennale (71,2 q/ha).
La récolte 2010 est marquée par une grande hétérogénéité de rendements à l’intérieur des
régions, en raison principalement des conditions climatiques en cours de campagne. La
sécheresse survenue durant la montaison a ainsi impacté les cultures et n’a pas toujours permis une bonne valorisation des apports d’azote. L’effet type de sol est donc marqué : les parcelles en sols séchants ont été plus particulièrement pénalisées, tandis que les terres plus profondes obtiennent de meilleurs résultats.
Dans les 2/3 sud du pays, le rendement moyen se situe autour de 65 q/ha avec des extrêmes à 40 et à 90 q/ha. Ils déçoivent notamment en Poitou-Charentes et Pays de la Loire. En revanche, les résultats sont meilleurs qu’attendu en Bourgogne et en Franche-Comté. Quant au Sud-Ouest, après des résultats décevants en 2009, il retrouve cette année un très bon niveau de rendement.
Les rendements moyens sont compris entre 70 et 90 q/ha, de la Beauce au nord du pays, avec là encore des écarts importants.
En termes de qualité, 2010 s’annonce être un bon cru. Dans la plupart des régions, les teneurs en protéines sont ainsi supérieures à 11 % en moyenne, voire même 12 %. Elles sont toutefois un peu plus faibles qu’habituellement dans le Sud-Ouest, en raison d’apports d’azote parfois insuffisants. Sur l’ensemble du pays, les poids spécifiques sont très bons, dépassant généralement 78 kg/hl en moyenne. Quelques baisses sont constatées pour les blés récoltés après des passages pluvieux. Enfin, il n’y a pas à ce jour de problème signalé de germination sur pied.

Blé dur : une récolte globalement de très bonne qualité

Les récoltes sont terminées.
Avec un rendement moyen de 49 q/ha, la production estimée est proche des 2,5 Mt.
On observe, comme en blé tendre, une hétérogénéité de rendements dans la plupart des régions.
Dans le Centre et l’Ouest, le climat sec durant la montaison a fortement contribué à diminuer le nombre d’épis et les rendements sont généralement compris entre 50 et 60 q/ha. Dans le Sud-Est, les rendements dépassent 35 q/ha en moyenne, avec des extrêmes de 20 à 70 q/ha. Les moins bonnes parcelles ont été pénalisées par l’excès d’eau hivernal, le piétin échaudage en blé sur blé, mais aussi par une moindre utilisation de fongicides et d’azote par les agriculteurs. Enfin, comme en blé tendre, le Sud-Ouest obtient de très bons rendements en blé dur, compris entre 50 et 60 q/ha en moyenne.
La récolte est globalement de très bonne qualité. Les poids spécifiques dépassent ainsi 80 kg/hl en moyenne dans la plupart des régions. Les teneurs en protéines sont également d’un bon niveau dans les régions de l’Ouest et du Centre, de 14 % à plus de 15 % en moyenne. Elles sont en revanche plus faibles dans le sud de la France, avec des teneurs généralement comprises entre 13 et 14 %. Dans tous les cas, peu de mitadinage est signalé et la moucheture est très peu présente.

Orges : rendements variables, mais bonne qualité

Toutes orges confondues, la production est évaluée à 10,4 Mt.

Orges d’hiver : 7,7 Mt. Les récoltes sont terminées.
Comme les autres céréales, les orges ont été impactées par les conditions séchantes en cours de montaison et d’importants écarts de rendements sont constatés au sein des régions. Ces derniers sont donc en retrait par rapport à 2009 sur la majeure partie du territoire, même s’ils apparaissent plutôt bons en Midi-Pyrénées. Les meilleurs résultats sont observés en bordure maritime de la Manche, ainsi qu’au nord et à l’est de la France, avec des moyennes proches des 70 voire 80 q/ha.
Les orges brassicoles sont globalement de bonne qualité. Les teneurs en protéines sont
généralement contenues entre 9 et 11,5 %, mais quelques lots peuvent dépasser 11,5 %. Les poids spécifiques sont très bons, presque toujours supérieurs à 65 kg/hl en moyenne voire supérieurs à 68 kg/hl. Les calibrages dépassent 70 % et même souvent 80 %.

Orges de printemps : 2,7 Mt. Les récoltes sont en cours dans le nord de la France.
Là encore, les rendements apparaissent généralement inférieurs à ceux de 2009 et hétérogènes. Sur le plan qualitatif, les calibrages sont bons à très bons, souvent supérieurs à 90 %. Les teneurs en protéines moyennes sont souvent situées autour de 11 %, mais quelques valeurs supérieures à 11,5 % peuvent être observées dans le Centre et le Centre-Ouest. Les poids spécifiques sont toujours d’un bon niveau.

Pois : plus de 1 Mt de production

Les récoltes sont en cours dans le nord de la France et sur la bordure maritime de la Manche.
Du fait de la forte augmentation des surfaces, la production devrait dépasser 1 Mt.
Les rendements se situent entre 20 et près de 60 q/ha sur l’ensemble des régions de production avec une moyenne nationale à 45 q/ha. Les cultures ont été pénalisées en Poitou-Charentes qui affiche un rendement moyen de 35 q/ha. Les meilleurs résultats sont observés dans le nord du pays avec des moyennes dépassant toujours 45 q/ha. Dans tous les cas, des hétérogénéités sont constatées dans les régions.

Colza : une production estimée à 4,6 Mt

Les récoltes sont toujours en cours dans le nord de la France et sur la bordure maritime de la Manche.
Les rendements sont en retrait par rapport au record de 2009 et des écarts importants sont observés dans les régions. Ceci est particulièrement vrai en Poitou-Charentes, où le rendement moyen atteint à peine 25 q/ha du fait de problèmes d’implantations de parcelles et de parasitisme.
Dans le reste de la France, les rendements sont compris entre 30 et 40 q/ha, les maxima étant observés en Picardie et Nord-Pas-de-Calais.

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Main basse sur le riz


Aucune activité économique ne nourrit autant de personnes et ne se révèle aussi cruciale pour l’équilibre social de nombreux pays que la culture du riz. Le riz nourrit près de la moitié de la population de la planète, il conditionne la sécurité alimentaire mondiale. Cette céréale, qui occupe 15 % des surfaces cultivables de la planète, a le pouvoir de garantir la stabilité politique ou de renverser des gouvernements.

rizAu printemps 2008, le prix du riz est multiplié par six en quelques mois. Du jamais vu. Ce sont les plus pauvres qui souffrent de cette explosion des prix. Des manifestations éclatent dans une quarantaine de pays. On parle d’émeutes de la faim. « Pénurie » et « famine » sont martelés à l’infini par les radios et les télévisions du monde entier. Ces mots créent une véritable psychose. Tout le monde craint que l’approvisionnement en riz ne soit plus garanti.

En écho à la flambée des prix de 2008, ce documentaire aborde l’enjeu alimentaire mondial en enquêtant auprès des grands acteurs de la filière mondiale du riz. En reconstituant le puzzle du marché international – entre la Thaïlande premier exportateur de riz, Genève d’où opère le négoce et l’Afrique devenue le plus grand pôle d’importation de riz pour nourrir sa population – le film décrypte les rouages de ce marché et met en lumière ses dérives et ceux qui font main basse sur le riz – spéculateurs irresponsables et États corrompus. Enfin, il s’interroge sur l’efficacité des tentatives de politiques d’autosuffisance et l’accaparement des terres agricoles (dit « landgrabbing ») par les pays riches.

Alors, que s’est-il réellement passé au printemps 2008 ? Qui a provoqué cette panique ? Qui en a bénéficié ? Quelles leçons ont été tirées et quelles décisions ont été prises ? Ce documentaire d’investigation nous fait pénétrer dans la très discrète filière mondiale du riz. Et permet de mieux comprendre la complexité d’un marché dont les enjeux sont considérables pour la sécurité alimentaire mondiale de demain.

REPÈRES
Production mondiale de riz : 700 millions de tonnes
Exportations/Importations : 30 millions de tonnes
Premier exportateur mondial : la Thaïlande avec 10 millions de tonnes, soit le tiers du total
Première zone d’importation : l’Afrique avec 10 millions de tonnes
Principaux pays importateurs : les Philippines, le Nigéria et le Sénégal
Arte mardi 13 avril: 20h35

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Après le lait, les céréales?


La situation des grandes cultures est préoccupante. Les prix des céréales, des oléagineux et protéagineux, ne cessent de baisser et de nombreux producteurs vendent aujourd’hui leurs grains en dessous de leur coût de revient.

La coordination rurale et l’Organisation des producteurs de grains (OPG) n’excluent pas une grève européenne des semis…

Voici leur communiqué:

« Les céréaliers s’associent aux revendications des éleveurs laitiers et les soutiennent dans leur combat pour obtenir un prix décent de leur production.

La situation des grandes cultures est tout aussi préoccupante. Les prix des céréales, des oléagineux et protéagineux, ne cessent de baisser et de nombreux producteurs vendent aujourd’hui leurs grains en dessous de leur coût de revient.

Les systèmes de soutien des marchés, comme l’intervention et les restitutions, qui assuraient une protection – insuffisante certes – à nos marchés, ont été quasiment abandonnés au profit d’un libéralisme débridé. Par des autorisations d’OGM, interdits de culture sur nos territoires, Bruxelles a ouvert les portes à des maïs sud américains et des colzas canadiens qui, sous la pression des consommateurs, n’étaient pas autorisés en Europe.

En prévoyant au printemps une bien hypothétique hausse des marchés céréaliers qui ne s’est pas produite, Monsieur Barnier et ses experts économistes ont projeté de transférer 25 % des aides du secteur grandes cultures à l’élevage pour la campagne 2010. Une bien mauvaise décision qui va encore aggraver le déficit des producteurs de grains.

Dans toutes les régions de France, le mécontentement s’installe.

A l’image de leurs collègues laitiers, les céréaliers se posent la question d’engager une grève européenne des semis si la Commission ne revient pas sur ses mauvais choix de dérégulation généralisée. »

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