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Une campagne laitière 2009/2010 très morose


pot au laitAgreste indique qu’en mars 2010, la collecte de lait de vache est en légère baisse de 0,3 % par rapport à mars 2009. La France termine ainsi la campagne laitière avec une nouvelle sous-réalisation record estimée à plus de 1,7 million de tonnes sous le niveau du quota (hors réévaluation de 1 % gelée par la France).

Selon les derniers sondages effectués par FranceAgriMer, la nouvelle campagne démarre mollement en avril 2010. Les livraisons de lait seraient en retrait de 1,7 % par rapport à avril 2009.

Niveau bas de la collecte de lait de vache

En mars 2010, dernier mois de la campagne laitière 2009/2010, la collecte de lait de vache est en légère baisse de 0,3 % par rapport au mois de mars 2009. Cette campagne a été difficile pour la plupart des éleveurs laitiers : la collecte laitière a été fortement perturbée par la faiblesse du prix du lait mais aussi par les mauvaises conditions climatiques hivernales qui ont ralenti les livraisons.

Fin mars 2010, le taux de matière grasse se situe à 41,80 g/l, en hausse de 0,34 g/l par rapport au niveau observé en mars 2009. En moyenne sur l’ensemble de la campagne 2009/2010 la teneur en matière grasse s’élève à 41,46 g/l, légèrement en retrait de 0,08 g/l par rapport à la moyenne réalisée lors de la période précédente.

En cumul sur l’ensemble de la campagne 2009/2010, le niveau de la collecte de lait corrigée de la matière grasse recule de 2,4 % par rapport à celui réalisé lors de la campagne précédente.

Largement en-dessous du quota

La sous-réalisation du quota national estimée fin mars 2010 dépasserait 1,7 million de tonnes (hors réévaluation du quota de 1 % gelée par la France pour la campagne en cours) et confirmerait ainsi la plus importante sous-réalisation jamais enregistrée depuis l’instauration des quotas laitiers en 1984.

Selon les derniers sondages hebdomadaires de FranceAgriMer, la nouvelle campagne laitière démarrerait mollement. La collecte laitière du mois d’avril 2010 serait en retrait de 1,7 % par rapport à avril 2009.

L’évolution de la campagne laitière 2009/2010 dans les principaux pays producteurs en Europe est contrastée. Les pays ont réagi différemment face à la crise du lait. Certains, comme en Allemagne, au Danemark ou encore aux Pays-Bas ont compensé le manque à gagner dû à la baisse du prix du lait par une augmentation de la production.

D’autres, comme en France, ont freiné la collecte, notamment en Irlande où le prix du lait a baissé de 30 % en 2009 par rapport à 2008.

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La crise du lait signe la fin de l’URCVL


Confrontée à la crise européenne de la filière lait, l’Union Régionale des Coopératives de Vente de Lait (URCVL), outil coopératif qui mutualise la collecte du lait et regroupe 1900 producteurs de Rhône-Alpes et de la Haute-Loire, sera démantelée le 31 décembre prochain.

Eliane Giraud, Conseillère régionale déléguée à l’agriculture, au développement rural et aux Parcs naturels régionaux, a participé hier à une table ronde organisée à l’initiative de Jacques Gerault, Préfet de région, regroupant les différents acteurs économiques concernés.
A cette occasion, elle a rappelé l’importance de la filière lait pour l’économie de notre territoire : « Cette crise a une forte dimension sociale, non seulement pour les producteurs de lait aux revenus en forte baisse mais également pour l’avenir des 180 salariés de l’URCVL dont j’ai récemment reçu les représentants ».
Elle a également exprimé son inquiétude face à la position de certains grands groupes industriels nationaux, craignant de leur part un retrait progressif de la région.

En octobre dernier, Jean-Jack Queyranne, Président de la Région Rhône-Alpes, avait appelé ces grands groupes à un effort de solidarité collective et saisi le Ministre de l’agriculture et le Secrétaire d’Etat à l’emploi afin de trouver une issue positive à cette crise. Aujourd’hui, le Président de la Région Rhône-Alpes demande à nouveau à l’Etat de se mobiliser au niveau national et européen pour faire jouer la solidarité et restaurer des outils publics de gestion de l’offre et de régulation des marchés.

Eliane Giraud rappelle le soutien de la Région aux producteurs rhônalpins et insiste sur la nécessité de « construire une stratégie d’avenir pour la filière lait, qui ne saurait être dictée par la stratégie financière des grands groupes. Derrière le débat sur les volumes laitiers et les flux financiers, il y a des femmes et des hommes qui ne demandent qu’à vivre de leur métier dans les territoires où ils ont ancré leur projet de vie ».

La Région Rhône-Alpes soutient les producteurs de lait au quotidien : le Contrat Régional d’Objectifs Filières (CROF) lait, adopté le 4 juin 2009 et doté de 2,3 M€, permet de fédérer les professionnels rhônalpins de la filière lait et de valoriser leur production.
En octobre, l’Assemblée régionale a voté à l’unanimité un budget supplémentaire de 1 M€ pour 2010 pour aider  les producteurs à surmonter la crise.

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Le Conseil régional soutient les producteurs de lait


A l’occasion de l’ assemblée plénière du Conseil régional Rhône-Alpes des 22 et 23 octobre, un voeu concernant la crise du lait a été présenté par l’exécutif et adopté à l’unanimité.  En voici la teneur:

Le Conseil régional :

- affirme le soutien de la Région Rhône Alpes aux producteurs de lait touchés par la crise dans le prolongement des initiatives déjà prises par la Région ; ce soutien sera traduit en engagement financier dans le budget 2010 ;

- sollicite l’Etat, dans le cadre du démantèlement de l’URCVL (Union régionale des coopératives de vente de lait), pour qu’il prenne les dispositions qui garantissent la continuité de la collecte de tous les producteurs sur l’intégralité du territoire, et mandate le Président pour prendre les initiatives en ce sens ;

- mobilisera les grands groupes industriels présents et actifs en Rhône Alpes afin qu’ils contribuent à l’accueil des adhérents de l’URCVL et à la résorption des excédents ;

- confirme l’engagement de principe de la Région Rhône Alpes pour accompagner les modalités permettant le maintien d’une production laitière correctement valorisée sur tout le territoire, notamment pour aider les territoires volontaires à étudier les possibilités de réappropriation par les éleveurs des circuits de collecte locale, d’unités de transformation
et de circuits courts de distribution ;

- sollicite la commission européenne pour obtenir la régulation des marchés et la garantie de prix rémunérateurs pour les paysans.

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Crise du lait: les syndicats dans le bureau du ministre


ministre Le MaireSuite au Conseil des ministres européens de l’agriculture du 19 octobre à Luxembourg, Bruno Le Maire a reçu hier au ministère les organisations syndicales agricoles représentatives. Avec elles, le Ministre de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche a fait le point sur la situation de l’agriculture française et sur les réponses étudiées actuellement pour sortir de la crise dans laquelle elle se trouve depuis plusieurs mois.

L’agriculture traverse une crise sans précédent, car outre le lait, nombreuses sont les filières également touchées. Fruits et légumes, élevage, viticulture, filière porcine souffrent toutes actuellement.
Pour permettre de répondre à la détresse et au désarroi de milliers d’agriculteurs, Bruno Le Maire présentera un plan d’urgence global d’aide à la trésorerie des agriculteurs au Premier ministre et au Président de la République, qui rendront leurs arbitrages dans les jours à venir. Dans cette optique, les trois heures passées avec les différents syndicats agricoles représentatifs ont permis un « échange approfondi et détaillé à la fois sur la nature, et sur les modalités de mise en œuvre» des mesures proposées.
Le ministre a ensuite fait un point sur l’état d’avancement du projet de loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche qui sera déposé au Parlement en décembre prochain. Le projet de loi sera rédigé sur la base des conclusions que rendront les groupes de travail du « Grand Débat » lancé le 14 septembre dernier. Les propositions seront également soumises au Premier ministre et au Président de la République dans les prochains jours.

Enfin, concernant la filière laitière, Bruno Le Maire a jugé que le Conseil des ministres de Luxembourg avait permis d’enregistrer une avancée majeure en faveur de la nouvelle régulation du marché. En effet, toutes les propositions défendues par les 21 ministres favorables à une nouvelle régulation du marché du lait, à l’exception d’une seule, ont été approuvées par la Commission européenne. Ces demandes étaient contenues dans une contribution rédigée par ces 21 ministres le 12 octobre dernier à Vienne.
« J’y vois la preuve que cela vaut le coup de faire preuve d’audace et de détermination en matière de projet politique et en matière de définition de la régulation européenne des marchés agricoles ». Bruno Le Maire a également tenu a rappeler que l’Europe dépense chaque année un peu plus de 600 millions d’euros pour les différentes interventions sur les marchés du lait et que l’enveloppe exceptionnelle de 280 millions d’euros supplémentaires ne pouvaient en aucun cas être considérée comme une enveloppe négligeable.
Le Ministre de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche a enfin lancé un appel à tous les responsables européens pour travailler ensemble à présent sur les modalités de cette régulation, car pour lui, « ce n’est pas la fin du chemin, c’est une étape importante sur la voie de la régulation ».

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Crise du lait: pas de miracle à Luxembourg


Les ministres de l’agriculture de l’UE étaient réunis aujourd’hui à Luxembourg pour un Conseil consacré à la crise du secteur laitier. Un conseil de la dernière chance qui n’aura manifestement pas satisfait les éleveurs, venus en nombre faire valoir leurs attentes pour sortir de la crise. Les éleveurs laitiers français, pour leur part, seront reçus demain par Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture.

En autocars et avec leurs tracteurs, les producteurs EMBet productrices de lait membres de l’European Milk Board (EMB) en provenance de différents pays d’Europe étaient rassemblés à 13h pour une manifestation géante devant les portes du lieu de réunion des ministres. Leur  devise: « Pas de subventions dans le secteur du lait, mais une régulation de la production flexible ».

Marianne Fischer Boel, commissaire européenne à l’Agriculture a proposé différentes mesures -entre autres inclure le lait et les produits laitiers dans l’organisation commune de marché unique unique (1) – mais elle a clairement souligné que les décisions ne lui appartenaient pas, qu’elles étaient du ressort des ministres des finances:

« Je suis également disposée à proposer une aide de 280 millions d’euros dans notre budget de l’agriculture 2010 pour d’autres mesures dans le cadre de l’art 186 élargi. La nature réelle de ces mesures est encore à déterminer mais il est clair pour moi que ces mesures devront bénéficier directement aux éleveurs laitiers. J’ai dit que « j’étais disposée à proposer » et c’est important de le noter car il n’est pas du ressort de la Commission ou de ce Conseil de décider des mouvements budgétaires mais du Conseil des ministres des finances, en date du 19 novembre. Que vos ministres des finances disposent donc ! »

Elle ajoutait que, financièrement, la marge de manoeuvre était très étroite:

« Il faut dire que si cette aide de 280 millions d’euros est approuvée, mon portefeuille pour 2010 sera complètement vide …Les demandes de nouvelles dépenses ne peuvent être faites sans modifier les perspectives financières pluriannuelles ».

Pas question, en tout cas, de faire marche arrière:

« Je terminerai en disant qu’il est temps d’agir à nouveau ensemble, puisque nous sommes tous d’accord pour reconnaître que l’on ne peut faire marche arrière et revenir à la PAC des années soixante et soixante-dix. J’attends avec impatience un débat constructif sur les différentes façons de sortir de cette crise ».

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(1) La création d’une organisation commune de marché (OCM) unique a permis d’alléger la législation dans ce domaine, de renforcer sa transparence et de rendre la politique plus accessible. Elle constitue un exemple concret d’amélioration de la réglementation et s’inscrit par conséquent à part entière dans le cadre de la stratégie de Lisbonne. La création d’une OCM unique est la plus importante simplification technique de la PAC jamais accomplie.

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A louer: vaches à lait


Première entreprise européenne de gestion du cheptel, une société de Meyzieu dans le Rhône propose des vaches en location. Elle rencontre un succès grandissant.

« Depuis que la crise économique a éclaté, nous sommes bombardés de demandes : 1 500 depuis le début de l’année. Nous n’avions jamais vu cela ! » Président de la société Elevage et Patrimoine basée (*) à Meyzieu dans le Rhône, Pierre Marguerit est un homme heureux.  
La société qu’il dirige ne date pas d’aujourd’hui, loin s’en faut -elle a été créée en 1971- mais elle semble correspondre depuis quelques mois à une attente des investisseurs. Et ce, malgré la crise du lait.

Une crise que Pierre Marguerit balaie d’un revers de la main. « A mon avis, ce n’est qu’un épiphénomène.  Il faut regarder les choses à long terme. Il existe de plus en plus de bouches à nourrir sur terre. Les débouchés de l’agriculture sont grandissants. Cette crise du lait va se régulariser : nous ne sommes pas inquiets ».


vache_tirelireIl s’agit, à l’instar d’appartements en location confiés à un régisseur, d’une régie de troupeaux laitiers.  Le principe est simple : l’investisseur achète des vaches laitières, puis les confie à la société Elevage et Patrimoine qui, grâce aux services d’un régisseur spécialisé, la société Gestel, les louent pour lui à un éleveur sélectionné.

Les particuliers peuvent, pour 1 296 euros, acquérir un ruminant qui sera ensuite loué à un éleveur professionnel. Il leur faudra ajouter, uniquement pour le premier achat, un chèque de 125 euros à l’ordre du Trésor Public. (dessin FNPL)

Par le jeu de la commercialisation du lait, mais aussi des naissances et de la vente de viande,  et en fonction des tarifs de l’alimentation, ce placement pour le moins atypique rapporte en moyenne entre 4 % et 5 % par an aux investisseurs, avec des pointes possibles à 7 % les bonnes années, assure Pierre Marguerit qui précise : « Il ne s’agit pas d’un investissement spéculatif, mais à effectuer sur le long terme. »

De surcroît, pour les éleveurs, ce système permet de mieux affronter la crise en leur permettant une économie de capitaux, avec des avantages fiscaux à la clef. Il constitue, une des réponses, mais une réponse seulement à la crise du lait ; une deuxième étant permise par la hausse des cours et une troisième par la valorisation et la vente en direct (yaourts, fromages) de leur production par les éleveurs eux-mêmes.

Etant donné l’âge de la société, 835 élevages en France, soit près de 30 000 têtes de bétail (vaches ou génisses) pour un bon millier de propriétaires régisseurs, ont joué la carte du bail à cheptel. Les éleveurs louent tout ou partie de leurs troupeaux, ce qui leur évite un lourd endettement.

« Cela leur permet d’avoir de la trésorerie et de déduire des sommes importantes de leur revenu, grâce à une diminution de leurs charges sociales et fiscales », constate Pierre Marguerit.

Selon ce dernier, le risque d’un tel investissement pour le particulier est faible, sinon nul : « l’achat est accompagné d’un complément d’assurance intégrant les risques de maladie contagieuse, de pandémies, de fléaux tels que celui de la vache folle, car dans ce dernier cas, c’est l’Etat qui intervient. »

Et d’ajouter : « le risque est d’autant plus limité pour l’éleveur, comme pour l’acquéreur, que nous ne louons que des vaches sélectionnées, à haut potentiel. »

Le système s’appuie également sur le renouvellement du cheptel qui permet de remplacer les animaux arrivés en limite d’âge ou réformés. Ainsi, le troupeau garde un âge moyen constant.

Bref, cet investissement n’est pas fait pour ceux qui comme en Bourse, ne veulent effectuer qu’un aller et retour. Il doit là, jouer le moyen et long terme : moins de cinq ans s’abstenir !

Dominique LARGERON (lyon-entreprises.com)

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(*) « Elevage et Patrimoine » est la régie de l’Association Française d’Investissement en Cheptel (AFIP), complétée par une régie technique, Gestel, leurs sièges sont situés à Meyzieu dans la banlieue est de Lyon.

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Crise du lait: la Région attend des réponses de l’Europe


Une réunion extraordinaire des Ministres européens de l’Agriculture s’est tenue hier à Bruxelles, pour trouver des solutions à la crise du lait.

« Les résultats de ce Conseil Européen sont décevants : aucune proposition sérieuse permettant aux éleveurs laitiers d’espérer un soutien public pour une sortie de crise n’a été avancée », a déclaré  Jean-Jack Queyranne, Président de la Région Rhône-Alpes.

En Rhône-Alpes, la situation est particulièrement préoccupante : la politique européenne libérale, en supprimant les outils communautaires de régulation du marché, engendre un nivellement des prix par le bas.  De fait, de nombreux producteurs sont aujourd’hui privés de ressources, et la survie de leurs exploitations est en jeu.

Eliane Giraud, conseillère régionale déléguée à l’agriculture, au développement rural et aux Parcs naturels régionaux, se rendra demain au Parlement Européen à Bruxelles pour présenter aux députés du Sud-Est de la France les positions de la Région Rhône-Alpes vis-à-vis de cette crise, et les actions qu’elle met en œuvre, à son niveau, pour soutenir les producteurs de lait.

De plus, elle sollicitera les députés européens afin qu’au titre des nouveaux pouvoirs du Parlement en matière de codécision, ils agissent pour remettre en place des mécanismes de régulation.

Les différents soutiens apportés à la filière lait par la Région Rhône-Alpes :
- Le Contrat Régional d’Objectifs Filières (CROF), adopté le 4 juin 2009. Doté de 2,3 M€, il permet de fédérer les professionnels de la filière lait en Rhône-Alpes et de valoriser leur production ;
- Le programme de modernisation des bâtiments d’élevage, particulièrement adapté aux petites exploitations, financé à 100% par la Région, pour un montant de 800 000 €  par an ;
- Le financement des ateliers de transformation à la ferme, co-financé par l’Europe, pour un montant de crédits régionaux de 900 000 € par an.

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Crise du lait : un groupe d’experts se penche sur la question…


Mariann Fischer Boel, Commissaire européenne à l’Agriculture et au Développement rural, a informé aujourd’hui les ministres de l’Agriculture, lors de la pause déjeuner, qu’un groupe d’experts sur le lait allait se mettre au travail dès la semaine prochaine pour débattre des aménagements à prévoir, à moyen et long terme, pour  le secteur laitier, compte tenu de la fin des quotas laitiers au 1er avril 2015.

La commissaire a précisé que le groupe d’experts étudiera la possibilité de mettre en place de nouveaux arrangements capables de contribuer à la stabilisation du marché et des revenus des producteurs, de réduire la volatilité des prix et d’accroître la transparence du marché. La commissaire a également fait un rapport aux ministres sur les plus récentes propositions que la Commission est en train de préparer pour soutenir le marché laitier et rendu compte de la situation du marché qui montre que les prix des produits laitiers sont en train de se relever.

« Je suis heureuse de dire que les mesures que nous avons déjà prises montrent clairement des signes positifs sur les prix du lait »,  a déclaré Mme Fischer-Boel. Mais nous devons également regarder loin devant. C’est pourquoi j’ai suggéré le mois dernier la création d’un groupe d’experts pour faire de la prospective à long terme. Le groupe se mettra au travail le 13 octobre et étudiera toutes les éventualités auxquelles le secteur laitier aura à faire face dans le futur. Nous nous devons de réduire la volatilité du marché, rechercher la transparence et débattre de la façon dont les producteurs peuvent améliorer leur organisation. En attendant, nous ne relâchons pas nos efforts pour résoudre les problèmes à court terme rencontrés par  nos producteurs laitiers. Dans les jours qui viennent, nous autoriserons les Etats membres à verser aux éleveurs une aide de 15 000€ ».

Le groupe d’experts

Le groupe d’experts (HLG ou high level group) sur le lait sera présidé par le directeur général de la commission Agriculture et Développement rural, Jean-Luc Demarty et sera composé de représentants d’Etats membres. La Commission envisage éventuellement de faire appel à d’autres  personnalités pour assister le  HLG dans son expertise. Le groupe se réunira une fois par mois, en règle générale, et remettra un rapport.

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Crise du lait: mille tracteurs à Bruxelles


Plus de 5 000 producteurs de lait appartenant au European Milk Board (EMB) sont venus manifester aujourd’hui avec 1 000 tracteurs devant le bâtiment du Conseil des Ministres de l’UE où une délégation de l’EMB a été reçue par le Président du Conseil des Ministres Eskil Erlandsson avant la réunion extraordinaire du Conseil d’aujourd’hui. La délégation représentait environ 80 000 producteurs de lait qui n’ont pas cessé d’organiser des actions impressionnantes ces dernières semaines pour revendiquer une politique laitière équitable.

Romuald Schaber, le Président de l’EMB, a prononcé un message très clair à l’adresse du Président du Conseil des Ministres de l’UE : « La politique communautaire est un échec. Il faut un changement – maintenant. Il faut gérer le volume sur le marché et en particulier à la base, au niveau des producteurs. Nos propositions ne sont pas coûteuses, nos propositions sont dans l’intérêt de la population. Elles assurent que du lait sain de bonne qualité peut être produit. Leur objectif n’est pas qu’un petit nombre de multinationales peut augmenter leurs bénéfices encore plus. » Schaber faisait référence aux revendications de l’EMB visant une gestion souple des volumes qui ont été transmises aux Ministres de l’Agriculture, aux chefs d’état et de gouvernement des états membres de l’UE et à la Commission européenne.

A l’issue de cette entrevue, Sieta van Keimpema s’adressait aux producteurs de lait venus manifester devant le bâtiment : « Nous avons un message pour les Ministres de l’Agriculture. Mais ce message est également valable pour les Ministres de l’Economie et des Finances. Faites une politique raisonnable. » Pascal Massol de l’Association des producteurs indépendants de France (APLI) ajoute :  « C’est une revendication commune des producteurs de lait et des consommateurs. La politique doit être raisonnable afin de nous mettre en mesure de produire du lait sain à un prix équitable. »

En outre, lors de l’entrevue avec le Président du Conseil des Ministres de l’Agriculture, la délégation de l’EMB a exprimé clairement que les producteurs de lait n’ont plus le temps d’attendre. Il faut un changement immédiat.

Les résultats de la réunion extraordinaire de l’UE étaient attendus en fin d’après-midi. Erwin Schoepges de l’association belge MIG : « Je crois qu’on a bien compris notre message. Lors de notre entrevue, nous avons demandé aux ministres de venir devant le bâtiment après leur réunion et de prendre position devant les producteurs de lait. »

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Crise du lait: l’Isère entend jouer tout son rôle


Tous les acteurs de la filière lait étaient réunis ce matin à la préfecture pour une table ronde autour du préfet Albert Dupuis , de Christian Nucci, vice-président du CG38 chargé de l’agriculture, des parlementaires isérois (1) et de la DDAF. Les quatre organisations syndicales étaient représentées : Jean Robin-Brosse et Sylvie Fanjat pour la FDSEA, Aurélien Clavel et Emmanuel Berthier pour les JA, Marie Clavel pour la Confédération paysanne, François Ferrand, Pierre Mongellaz et Jean-Louis Ogier pour la Coordination rurale.

Ce premier tour d’horizon sera suivi d’un second qui se déroulera mardi 29 septembre au Conseil général de l’Isère à partir de 10h.

NucciA l’issue de cette réunion, le préfet Philip a souligné « la mobilisation de l’ensemble des acteurs, qui se sont exprimé avec beaucoup de force et de conviction ».

Il ajoute : « Nous avons exprimé le souhait et la volonté de faire part de la position de l’Isère dans ce débat. C’est un signe fort de la part des pouvoirs publics quant à la prise de conscience de la situation. L’Isère entend jouer tout son rôle dans cette réflexion. Nous prendrons nos responsabilités, chacun dans sa sphère de compétences ».

Le débat est donc amené à se poursuivre mardi prochain au CG38. Christian Nucci, à l’occasion de la foire de Beaucroissant, avait lancé l’idée d’un diagnostic de l’agriculture iséroise et d’une motion affichant clairement les ambitions de l’Isère dans ce domaine. La réunion du 29 septembre en sera l’occasion.

« Nous allons rédiger la copie de l’Isère pour l’agriculture, confirme Christian Nucci. Ce matin, c’est dans un climat de grande tristesse et de grande franchise qu’une détermination unanime s’est exprimée pour faire des propositions au ministre de l’Agriculture, lui donner du grain à moudre en vue de la prochaine réunion de Bruxelles. Si nous n’intervenons pas, ce sont des pans entiers de la politique d’aménagement du territoire que nous allons perdre. Sur le fond, c’est une nécessité d’introduire de la régulation et, peut-être, de sortir l’agriculture de l’OMC .».

L’agriculture de montagne (lire notre article) risque, avant les autres, de faire les frais de la déréglementation du marché qui frappe pratiquement toutes les productions. L’Isère , qui ne pourrait accepter que sa spécificité montagnarde soit ainsi mise à mal, aura à cœur de souligner l’urgence qu’il y a à renverser la vapeur, d’une façon ou d’une autre.

Pour leur part, les leaders de la Coordination rurale, Jean-Louis Ogier et François Ferrand, tout en ironisant sur « la réunionite » actuelle, estiment que leur action de grève lancée le 11 septembre (suspendue jusqu’au 5 octobre, date de la réunion de Bruxelles) a été positive : « Notre action a porté ses fruits. Nous avons infléchi la position gouvernementale, 20 pays se sont ralliés à notre cause. Et cela, malgré l’opposition de l’organisation majoritaire qui a tout fait pour casser le mouvement ».

Pendant la trève, quelques flèches volent encore ici et là. Ces 13 jours de grève du lait ont mis les esprits en ébullition. Poursuite des échanges le 29 dans l’hémicycle Aubert-Dubayet. où le climat est d’habitude tempéré.

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(1) Participaient à la réunion Didier Migaud, François Brottes, Gérard Colombier, Alain Pilaud, Jean Faure.

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