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L’agriculture engagée dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre


L’agriculture française et l’agriculture allemande ont déjà obtenu un grand succès dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Entre 1990 et 2011, l’agriculture a diminué ses émissions de gaz à effet de serre de 23 %, quand tous secteurs confondus, les émissions de l’UE ont baissé de 17% seulement.

C’est ce qu’ont affirmé le Président de la FNSEA, Xavier Beulin, et le Président du DBV, Joachim Rukwied, dans un courrier commun adressé à la Chancelière de la République fédérale d’Allemagne, Angela Merkel, et au Président de la République française, François Hollande ; et ce en vue du Conseil Européen qui se déroulera à Bruxelles les 20 et 21 mars 2014, insistant pour que la spécificité du secteur agricole soit reconnue dans le cadre des objectifs d’émissions de l’UE.

Le courrier commun de la FNSEA et du DBV fait écho à la communication de la Commission européenne sur un cadre d’action en matière de climat et d’énergie pour la période comprise entre 2020 et 2030.
La Commission européenne propose un objectif européen de réduction des gaz à effet de serre de 40 % d’ici 2030. Pour la FNSEA et le DBV, il est clair que cet objectif est très ambitieux et qu’il ne prend pas suffisamment en compte les résultats jusqu’ici obtenus.

La diminution des émissions agricoles s’explique notamment par les gains d’efficacité de production et l’adaptation des pratiques culturales. L’agriculture va continuer à poursuivre ses efforts en termes de réduction d’émissions de GES d’ici à 2030.

Pour autant, même si cette progression a été considérable entre 1990 et 2011, les marges de manœuvre sont à présent réduites. La FNSEA et le DBV s’opposent au projet de la Commission européenne de créer un pilier indépendant dans la politique climatique pour comptabiliser les émissions issues de l’agriculture et du changement d’affectation des sols.

Aussi, les présidents Beulin et Rukwied demandent la prolongation de la décision sur le partage de l’effort de réduction qui couvre l’agriculture aujourd’hui.
Rappelons qu’en 2012, au sein de l’UE, les différentes énergies renouvelables ont participé à hauteur de 14% de la consommation brute d’énergie finale contre 12.9% l’année précédente.
La progression est significative et l’UE ne serait plus qu’à 6 points de l’objectif qu’elle s’est fixée pour 2020. La FNSEA et le DBV demandent donc à la Commission européenne de faire preuve de plus d’ambition en ce qui concerne l’objectif de développement les énergies renouvelables pour la période de 2020 à 2030.

Le secteur agricole offre des solutions à la fois permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de répondre aux nouveaux défis environnementaux, notamment par le développement des énergies renouvelables.

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Agriculture alpine: s’adapter au changement climatique


Le changement climatique place l’agriculture alpine face à d’immenses défis : elle doit en effet s’adapter au changement climatique tout en réduisant son impact sur le climat.

cipra

Les domaines stratégiques sont en particulier la réduction des gaz à effet de serre émis par l’élevage bovin, la conversion vers l’agriculture biologique avec une gestion durable des sols et de l’eau. La CIPRA ( La Commission Internationale pour la Protection des Alpes ) présente des moyens d’y parvenir dans son compact complet de 30 pages.

La CIPRA est animée à cet égard d’une vision d’envergure : la qualité à la place de la quantité – seule l’agriculture biologique est durable. Des mesures d’adaptation sont présentées. Les tendances, les restrictions et les conflits sont abordés, ainsi que les solutions présentées à l’aide d’exemples concrets.

Le tout dernier rapport de synthèse de la CIPRA, le compact « L’agriculture face au changement climatique », est téléchargeable dès maintenant en français à l’adresse suivante : http://www.cipra.org/fr/alpmedia/dossiers/21.

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Investissements d’avenir: Lancement de l’appel à manifestations d’intérêt « Biocarburants avancés »ademefranc


Dans le cadre du programme d’investissements d’avenir, Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, ministre de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, Christine LAGARDE, ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, Bruno LE MAIRE, ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l’Aménagement du territoire, Eric BESSON, ministre auprès de la ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, chargé de l’Industrie, de l’Energie et de l’Economie numérique, Thierry MARIANI, Secrétaire d’Etat chargé des Transports et René RICOL, Commissaire général à l’Investissement annoncent le lancement d’un appel à manifestations d’intérêt piloté par l’ADEME et dédié aux « Biocarburants avancés ».

Les transports représentent aujourd’hui un quart de nos émissions de gaz à effet de serre et sont particulièrement soumis à la fluctuation des prix et la raréfaction des énergies fossiles. Aussi, pour lutter contre le changement climatique, abaisser les coûts des carburants et réduire la dépendance énergétique, l’Europe s’est fixée en 2009 un objectif pour ce secteur de 10 % d’utilisation d’énergies de sources renouvelables à horizon 2020.

Les biocarburants contribueront à cet objectif dans le cadre d’une politique exigeante permettant de concilier leur développement avec la protection de la biodiversité et l’approvisionnement alimentaire.

Ainsi, seuls les biocarburants pouvant justifier d’une réduction élevée d’émission de gaz à effet de serre par rapport aux carburants fossiles pourront être comptabilisés. Seront exclus les biocarburants produits sur des terres de haute valeur environnementale ou présentant un important stock de carbone.

Afin de ne pas mettre en concurrence la sécurité énergétique avec la sécurité alimentaire les biocarburants devront, pour épargner les cultures vivrières, pouvoir être produits à partir de ressources plus diversifiées.

Parmi les pistes de recherche, les biocarburants avancés, issus entre autres de la biomasse lignocellulosique (bois, paille…), des algues et de manière plus générale du vivant, apparaissent prometteurs.

Par exemple, les micro algues permettraient d’envisager des rendements à l’hectare largement supérieurs à ceux des espèces utilisées actuellement, les pailles de blés ou autres déchets végétaux peuvent être transformées en alcool ou en gaz, certaines bactéries permettent de transformer de manière efficace les déchets de bois en sucres pour la production d’éthanol.

Dans ce contexte, l’appel à manifestations d’intérêt (AMI) vise à soutenir la fabrication de biocarburants avancés :

- valorisant des déchets organiques, résidus agricoles et produits connexes de l’industrie du bois,
- utilisant la capacité de certains micro-organismes à produire de la matière organique,
- ou possédant une plus forte valeur énergétique (ex : les alcools supérieurs)
- ou mieux adaptés à certaines applications (transport aérien par exemple).

Il s’adresse à tous les acteurs intéressés, notamment les constructeurs automobiles, fournisseurs d’énergie, ou laboratoires de recherche et a pour objectifs de :

- améliorer les bilans énergétiques, environnementaux et sociétaux des biocarburants,
- démontrer la faisabilité de nouveaux procédés de production,
- améliorer l’adéquation entre les biocarburants et les moteurs.

Cet AMI doit contribuer à préparer les biocarburants de demain, plus économiques, moins émetteurs de CO2 et plus respectueux de l’environnement.

Le montant définitif consacré à cet appel à manifestations d’intérêt dépendra de la qualité des projets retenus.

La date limite de dépôt des dossiers est fixée au 22 juillet 2011.

Télécharger l’appel à manifestations d’intérêt :
www.investissement-avenir.gouvernement.fr

www.ademe.fr

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Quel élevage pour demain ?


Alors que la demande alimentaire est croissante et que le changement climatique menace la production des denrées, les politiques mises en place à l’heure actuelle pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) vont s’avérer insuffisantes. C’est pourquoi l’Inra, en association avec 25 partenaires lance aujourd’hui le projet européen AnimalChange (AN Integration of Mitigation and Adaptation options for sustainable Livestock production under climate CHANGE).

Ce projet a été pensé pour fournir, pour la première fois, une vision prospective et intérative des futurs du secteur de l’élevage, en tenant compte du changement climatique. Il proposera notamment des systèmes de développement durable de l’élevage en Europe, Afrique du nord et sub-saharienne et en Amérique latine. Cette annonce intervient au moment où se déroule la seconde conférence plénière des représentants des Etats membres.de la « Global Research Alliance on Agricultural Greenhouse gases » (GRA)(1). AnimalChange sera lancé officiellement le 22 mars 2011 lors d’un séminaire réunissant les participants près de Nice.


La demande alimentaire va croître d’environ 70% d’ici à 2050 selon les projections de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. Les produits animaux sont particulièrement concernés par cette augmentation, en raison notamment de l’augmentation de la population dans les pays en développement, mais aussi des habitudes alimentaires. Ainsi la production de viande pourrait doubler (229 millions de tonnes dans les années 2000 contre 470 millions en 2050) et celle du lait passer de 580 à 1043 millions de tonnes.

Parallèlement, le changement climatique pourrait affecter la production et la sécurité alimentaires (conditions climatiques extrêmes plus fréquentes, prolifération de pathogènes émergents, développement de nouvelles maladies). Etant donné que l’augmentation de la production de viande aura surtout lieu dans des pays en développement (pays africains par exemple) ou à économie de transition (comme le Brésil), il sera nécessaire de mettre en place des stratégies pour réduire les émissions de GES sans provoquer des dommages sur le plan économique, social et environnemental.

L’élevage est responsable actuellement de 37% des émissions de méthane, de 65% des émissions de dioxyde d’azote et de 9% des émissions de dioxyde de carbone. Mieux comprendre la manière dont les politiques publiques mises en œuvre sur l’énergie, le climat ou l’agriculture, peuvent affecter les liens entre climat et élevage devient donc urgent.
L’ambition du projet Animal Change est de déterminer, en fonction de paramètres climatiques, économiques, énergétiques et liés à l’agriculture, les caractéristiques des systèmes d’élevage du futur. Concrètement, les partenaires d’AnimalChange développeront une série de scénarios, de modèles biophysiques et socio-économiques, qu’ils associeront à l’expérimentation. Ils pourront ainsi explorer des scénarii futurs pour le secteur de l’élevage ainsi que pour l’évolution du CO2 atmosphérique.

Différents volets vont donc être étudiés

  • la réduction des incertitudes sur les émissions de GES par les systèmes d’élevage, en intégrant notamment les données sur la séquestration du carbone dans le sol
  • l’évaluation des impacts du changement climatique sur les systèmes d’élevage (y compris les prairies)
  • l’intégration de la variabilité du climat lors de cette évaluation des impacts, ainsi que la prise en compte des capacités d’adaptation des systèmes d’élevage
  • le développement de technologies de pointe pour l’adaptation au changement climatique et l’atténuation des impacts de celui-ci sur l’élevage des ruminants et monogastriques
  • l’évaluation des coûts potentiels, sociétaux et pour le secteur de l’élevage en Europe et dans certaines régions d’Afrique et d’Amérique latine
  • l’évaluation de la vulnérabilité au changement climatique de la production animale et des émissions de GES associées
  • un soutien direct pour la mise en place de politiques d’atténuation et d’adaptation au changement climatique pour le secteur de l’élevage.


Les partenaires d’AnimalChange informeront par la suite les politiques publiques de développement et proposeront des actions de coopération avec les petits éleveurs des pays en voie de développement sélectionnés.

AnimalChange réunit 25 partenaires publics et privés issus de 12 pays européens, du Sénégal, de Turquie, d’Afrique du Sud, du Brésil, du Kenya et de Nouvelle-Zélande.
Son budget global est de 12,8 millions d’euros dont 9 millions sont financés par la Commission Européenne dans le cadre du 7ème PCRD sur une durée de 4 ans (2011-2015).

1Cette conférence plénière a lieu en France du 28 février au 4 mars 2011. L’objectif de la GRA est de contribuer à l’amélioration de la productivité de l’agriculture tout en réduisant les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES).

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Réduire la production de gaz chez les ruminants


Des chercheurs de l’INRA ont montré qu’il est possible de diminuer de 30% en moyenne la production de méthane (CH4) en incorporant des huiles végétales riches en acides gras polyinsaturés dans l’alimentation des vaches laitières. En Europe, les émissions d’origine agricole de ce gaz à effet de serre proviennent pour l’essentiel de l’activité d’élevage.

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La graine de lin pourrait s’ajouter, à l’avenir, au menu des ruminants

Le CH4 est un produit formé pendant la fermentation des aliments dans le rumen des ruminants et représente en moyenne une perte de 7% de l’énergie ingérée par l’animal. Le CH4 est aussi un puissant gaz à effet de serre. A l’échelle mondiale, l’élevage contribuerait à hauteur de 18% aux émissions totales de gaz à effet de serre (FAO, 2006).

En Europe, la quasi-totalité des émissions de CH4 liée à l’activité d’élevage provient des fermentations digestives des herbivores (70%) et des déjections animales (30%). Pour améliorer le bilan en gaz à effet de serre de l’agriculture, l’un des moyens recherchés est la réduction de la production de méthane par les ruminants. En effet, la durée de vie du méthane dans l’atmosphère étant de 12 ans, alors qu’elle est de 100 et 120 ans pour le gaz carbonique et le protoxyde d’azote, une réduction des émissions de méthane aura des effets plus rapides sur l’environnement.

Différentes approches sont étudiées dans de nombreux pays pour diminuer les émissions de méthane d’origine digestives. L’utilisation de biotechnologies pour modifier l’écosystème microbien (sélection de microorganismes du rumen par élimination des protozoaires ou par inoculation de souches bactériennes exogènes, vaccination contre les microorganismes méthanogènes…) ou d’additifs alimentaires nouveaux (extraits de plantes, acides organiques…) sont des voies théoriquement prometteuses. Malgré des annonces optimistes dans la presse, leur application est cependant prématurée car il s’agit d’essais menés dans des conditions éloignées de la pratique, le plus souvent in vitro. En France, l’Inra de Clermont-Theix s’implique très fortement sur les moyens de réduire la méthanogenèse en jouant sur la composition de la ration distribuée aux animaux. A l’heure actuelle, c’est le seul site français où des mesures quantitatives des émissions digestives de méthane par les ruminants sont réalisées.

L’emploi des huiles végétales

L’apport de lipides alimentaires riches en acides gras polyinsaturés dans la ration des ruminants semble être une piste prometteuse. En effet, il a été montré dans différents essais menés sur vaches laitières à la station expérimentale du centre INRA de Clermont-Ferrand-Theix qu’un apport de 6% de lipides issus de la graine de lin a diminué la production de CH4 des animaux de 27 à 37% (2, 3) ; le niveau de production des animaux étant maintenu ou diminué selon les cas.
Ces résultats prometteurs nécessitent confirmation sur un plus grand nombre d’animaux avec en parallèle un contrôle systématique des performances animales (ingestion, production laitière). La persistance de l’effet « graine de lin » sur la méthanogenèse devra être étudiée sur le long terme en travaillant sur une lactation entière. Enfin, l’évaluation du coût économique et du bilan environnemental de l’utilisation par l’éleveur devra être abordée.  Il est également à souligner que la graine de lin, du fait de sa richesse en acide linolénique, a un effet bénéfique sur la valeur nutritionnelle du lait.

En conclusion, les moyens de réduire de manière significative la production de méthane par les ruminants existent. L’efficacité de ces moyens doit être évaluée à l’échelle de la chaîne de production ou d’un territoire et pas uniquement à l’échelle de l’animal et en tenant compte d’un ensemble de critères environnementaux (entretien du territoire et de la biodiversité…), sociétaux (qualité des produits, restriction de l’emploi d’additifs alimentaires…) et économiques.

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