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Les éleveurs face au loup: et demain?


Chacun est inquiet à la veille de la saison qui s’annonce. Bergers et éleveurs souhaiteraient être un peu plus entendus par les collectivités « qui sont bien loin de nos préoccupations ».
Le loup ne cesse de faire parler de lui, surtout depuis que son terrain de jeu s’est étendu au Haut Diois, Vesc , Boulc , Glandage et les environs de Bourdeaux. La montagne ne le retient plus, bien au contraire. De nouvelles meutes se constituent.
Mais fait nouveau, ce sont désormais les éleveurs résidents qui subissent des attaques. Comme Thomas Vernay: »Nous sommes éleveurs, pas bergers. Le loup est non seulement un problème car il augmente la charge de travail, mais pour moi,  c’est une perte économique considérable. »Thomas subit sa première attaque en novembre 2010, ou 17 de ses bêtes sont tuées, 6 blessées. «Je dois les importer de Nouvelle Zélande ce qui représente 46 000 €. On me propose 62 € par chevrette et 8 € pour les mères. On se fiche de nous. » Sans compter les frais inhérents aux bêtes rentrées tout l’hiver à la demande des autorités compétentes. « Je ne suis pas optimiste, et je me demande pourquoi je continue».
Florent SIMONDMême son de cloche de la part de Florent Simond de Vesc de la Solidarité Pastorale, ( notre photo) association regroupant une centaine de membres. «Au delà de tous les problèmes rencontrés avec les patous, les difficultés à les insérer dans nos troupeaux, on ne pourra plus honorer les conventions de laisser le passage sur les chemins de randonnée, car nous devons désormais tout fermer pour protéger nos bêtes. Au risque d’exclure les randonneurs »…Des promeneurs eux mêmes agressifs envers des bergers qui ne retiennent pas leur chien. « Ils font juste leur travail. »Incompatibilité sur le partage de l’espace, « incompréhension certaine de la part d’une population souvent urbaine qui ignore tout de nos métiers ».
Le sous-préfet de Die quant à lui, estime que la venue récente de Nathalie Kosciusko-Morizet du Ministre de
l’écologie et du développement durable a été importante, car « elle a entendue nos revendications ». Une nuance est ajoutée par les éleveurs, «nous sommes écoutés , pas entendus ». Certains se demandent même comment une institution locale comme le Parc du Vercors, dont l’une des missions est d’accompagner et permettre le développement de l’élevage reste bien muet. Certains osent avancer « on nous tolère tout juste ». Un comble pour des descendants de bergers depuis plusieurs générations, qui ont participé à l’entretien paysager de la réserve des Hauts plateaux par le pastoralisme. « Et demain, qui va entretenir?  »
Chacun restait donc sur ses positions, un statuPATOUM~2 quo auquel s’attendaient bien des éleveurs et bergers.
éleveur de chèvres cachemire à Glandage. «

Des constatations amères
Depuis le retour du loup dans les années 1995, les attaques sur les moutons n’ont cessé d’augmenter. Une accalmie était pourtant a noter dès les premières mesures de protection. Aujourd’hui on semble en avoir fait le tour, et d’autres problèmes sont engendrés par la présence des patous, notamment avec les randonneurs, qui multiplient les insultent envers les bergers.
En 2010, c’est un total de 4499 bêtes qui sont prédatées, malgré les parcs, les aide-bergers et les chiens. Une nouveauté, le loup ne se limite plus désormais aux ovins, mais s’attaque aux ânes, aux volailles et aux veaux.
Les deux associations des éleveurs bergers du Vercors Drôme-Isère et la Pastorale de Bourdeaux travaillent de concert sur ce dossier, mais personne ne se leurre quant au devenir de leurs professions respectives.

A savoir, selon eux, qui sera l’espèce à protéger demain, le loup ou les éleveurs?

Catégorie loup, pastoralismeCommentaires fermés


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