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Jarrie: offre d’exploitation en maraîchage AB


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Plateforme chimique de Jarrie: trois réunions publiques


Afin de limiter l’exposition de la population aux conséquences des accidents technologiques majeurs tout en permettant un maintien, voire un certain développement de l’activité des entreprises, la loi du 30 juillet 2003, dite loi Bachelot, a institué les Plans de Prévention des Risques Technologiques (PPRT). Ces plans doivent être mis en place en France autour de tous les sites industriels classés Seveso « AS ».

Les PPRT supposent la mise en place de mesures techniques de réduction du risque au niveau des installations industrielles. A l’extérieur des sites, les plans pourront imposer un renforcement de la maîtrise de l’urbanisation à venir ainsi que des mesures foncières et/ou techniques sur le bâti existant.

Pilotée par le Préfet, la procédure d’élaboration des PPRT prévoit plusieurs phases de concertation et d’échange avec l’ensemble des acteurs concernés, industriels, élus, riverains, salariés, afin de partager les objectifs et les principes qui permettront le développement durable du territoire.

La plateforme chimique de Jarrie accueille deux établissements industriels classés Seveso « AS » : ARKEMA et CEZUS.

L’élaboration du PPRT commun aux deux établissements a été engagée par arrêté préfectoral du 14 juin 2010. Dans ce cadre, trois réunions publiques d’information, ouvertes à l’ensemble de la population et des représentants des 14 communes concernées, seront organisées :

· le 6 juillet  à 18h30 à Champ sur Drac – Ensemble Navarre

· le 7 juillet  à 18h30 à Jarrie – Salle Malraux

· le 9 juillet à 18h à Vizille à la Mairie

Ces réunions sont organisées conjointement par le Préfet et les maires des trois communes, avec la participation des établissements industriels et des services de l’Etat concernés.

Le public est invité à venir nombreux participer à ces réunions.

La liste complète des communes concernées, les adresse précises des lieux de réunions ainsi que de nombreuses informations sur les PPRT de Rhône-Alpes sont disponibles sur le site internet www.pprtrhonealpes.com

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Chimie grenobloise: une alternative au mercure en 2013


Vendredi dernier, avait lieu l’inauguration du Secrétariat Permanent de la Prévention des Pollutions Industrielles (S3PI) de Grenoble en présence de Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie. Elle avait annoncé sa création dans la même ville il y a un an (lire notre article), suite au rapport de FNE sur le mercure.

La Ministre est revenue sur ce dossier en annonçant la conversion technologique du site Arkema (Jarrie) et donc l’abandon du mercure au profit de la meilleure technique disponible. Pour FNE, « une belle victoire pour l’écologie, l’emploi et l’économie de la zone ».

Une structure de concertation ambitieuse

Ce S3PI affiche des ambitions fortes, sans doute aussi parce qu’il est largement porté, depuis le début par FNE et la FRAPNA , qui, comme l’a rappelé Chantal Jouanno, ont été le levier de sa création. Plusieurs commissions vont s’attacher à traiter librement de sujets qui préoccupent les Grenoblois, comme l’a démontré l’enquête d’opinion préalable présentée le matin. Les sujets pressentis seront donc les risques industriels, la qualité de l’air, la santé-environnement, l’aménagement et l’économie durables, l’énergie et le climat, et la qualité des milieux.

L’abandon du mercure par Arkema

Rappelons que le site d’Arkema de Jarrie produit du chlore à l’aide d’une technologie rejetant du mercure et considérée comme obsolète par la réglementation européenne. Chantal Jouanno en a profité pour annoncer la conversion de la technologie au mercure, et la mise en place d’une technologie alternative pour 2013, répondant ainsi directement à la demande de FNE et de la FRAPNA.

Pour ce faire, l’Etat va contribuer financièrement à l’investissement. La localisation pérenne du site est du même coup assurée. Pour Marc Sénant, en charge du dossier à FNE : « Nous avançons enfin sensiblement sur ce dossier. Depuis plus d’un an, nous avons maintenu notre mobilisation, de la zone de Jarrie jusqu’aux bureaux du ministère, et aujourd’hui, notre travail porte ses fruits ! »

Une illustration intéressante de l’effet levier de l’écologie

FNE demandait depuis plus d’un an à Arkema d’investir dans la technologie alternative. Pour Marc Sénant : « Il y avait dans cette démarche une volonté de favoriser des bénéfices collatéraux. Elle permettait de réduire les impacts, très lourds, de ce secteur d’activité sur l’environnement et la santé des populations et travailleurs, de viabiliser l’outil industriel local, de renforcer la compétitivité du site et de maintenir les emplois et la qualification des employés. C’est une très bonne nouvelle pour le territoire dans sa globalité. Cette conversion a aussi l’avantage de réduire les périmètres d’exposition du PPRT (plan de prévention des risques technologiques) en cours d’élaboration et d’éviter des expropriations douloureuses !»

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« Difficile de dire à mon fils: reste agriculteur »


En préambule de son assemblée générale, comme elle a l’habitude de le faire, l’ADAYG, a rendu visite à un agriculteur de l’Y grenoblois, Jean-Louis Besson qui exploite 100 ha de grandes cultures, très diversifiées :  blé (20ha), maïs (16 ha), colza (6 ha), orge d’hiver (2 ha), avoine de printemps (4 ha), triticale (2,5 ha). L’exploitation possède également un cheptel d’une douzaine de génisses afin de valoriser les 27 ha de prairies. A un ou deux ans de passer le flambeau à son fils Régis, l’agriculteur s’interroge.

Discussion contre les balles de foin: de gauche à droite, Roland Papet, agriculteur à Brié-Angonnes, Régis Besson, Jean-Louis Besson, agriculteurs à Jarrie, Raphaël Guerrero, maire de Jarrie, administrateur ADAYG

- continuer à produire, notamment le maïs ou mettre en jachère au moment où les prix sont à la baisse et les charges à la hausse?

La décision est dure à prendre. D’autant plus dure que l’on se situe en période de récession. Jean-Louis Besson qui a analysé les comptes n’est pas très optimiste : « Aujourd’hui, on serre la vis. Et ça m’est difficile de dire à mon fils : Reste agriculteur ! Quand je vois les résultats de l’année 2008, ce n’est pas possible. En 2007, je lui aurais dit oui, à la rigueur ».

Une des caractéristiques de ce cas de figure, assez rare,  c’est que les revenus de l’exploitant, pour leur plus grande part, ne viennent pas des productions agricoles. Deux tiers du chiffre d’affaires de l’exploitation sont le fruit de l’activité de prestation de services aux collectivités locales : « Depuis 1982, j’ai des contrats avec la commune de Jarrie, explique Jean-Louis Besson. J’en suis au quatrième maire. Je fais toutes sortes de travaux, tonte de gazon (stades, notamment), binage, déneigement, salage, taille de haies, entretien des bords de route, mise en place de jachères fleuries ».
L’agriculteur dont le partenariat avec les collectivités a commencé il y a 27 ans, travaille également pour les communes voisines de Champagnier, Bresson, Pont-de-Claix, Notre-Dame-de-Mésage.

L’agriculteur prestataire de services

Cette mutation de l’agriculteur périurbain en prestataires de services  a fait ses preuves. L’entreprise créée à cet effet fonctionne bien. « On s’y est fait », remarque Jean-Louis Besson qui en a vu d’autres. En effet, il a démarré en 1975 comme éleveur laitier pour passer au bovin viande deux ans plus tard puis à l’entreprise agricole (battage, semis, labour). S’adapter, il sait faire. Il s’y fait, donc, à ce travail para-agricole, même si cela fait des journées à rallonge, à faire l’acrobate entre  les deux activités.
Et dans un contexte économique incertain, pas seulement pour l’agriculture, alors qu’il envisage de faire valoir ses droits à la retraite en 2010-2011 et donc de transmettre les rênes à son fils, l’agriculteur s’interroge sur le devenir de l’exploitation. L’alternative est la suivante :
- tout miser sur l’activité d’entreprise (de services) en sachant que les contrats avec les communes ne sont que de 3 ans et que les budgets communaux se réduisent ?

Ce qu’en pense son fils  Régis : « Si les prix n’évoluent pas, ça me fait réfléchir, c’est certain. Pour l’instant, je vais m’installer en entreprise de travaux agricoles espaces verts. Mais c’est vrai qu’il y a un gros point d’interrogation ».

Les Besson, qui ont mis certains projets en attente –la construction d’une plateforme de remplissage de pulvérisateur, par exemple, et qui ont abandonné un projet de fabrication d’huile de colza (contraintes réglementaires trop lourdes)- se donnent un ou deux ans pour y voir plus clair.

Le choix de la farine bio

Roland Papet, 62 ans, agriculteur céréalier à Brié-Angonnes et président de l’association des agriculteurs du sud grenoblois, a également fait part de son témoignage à l’occasion de cette rencontre. Lui a fait le choix du blé bio et de la luzerne, répondant ainsi à une demande forte de la population : « Il y a 9 ans, j’ai tout mis en bio, explique t-il. Mes deux hectares de blé. J’ai tout semé en prairie. Le principe : en aucun cas je ne sème de blé tant qu’il n’y a pas eu 3 ans de prairie. Ca garantit l’absence de mauvaises herbes. »
L’agriculteur ne regrette pas ce choix : « Depuis que j’ai mis mon panneau Vente de farine bio, j’ai beaucoup de clients, jeunes pour la plupart. Ils m’achètent des sacs de10 ou 20k. Et à part la vente directe, je livre 100k de farine par mois à un magasin bio de Voiron ».

Roland Papet, lui aussi, est arrivé à la phase de la transmission. Son fils est d’accord pour prendre la suite mais il veut créer un centre équestre et faire de l’élevage de chevaux de trait. Le projet est en cours. La prairie donc servira à nourrir les chevaux.

Deux exemples très instructifs de l’agriculture périurbaine, plus précisément de celle du plateau de Champagnier, plateau favorable aux grandes cultures et aux productions fourragères. En dépit d’une forte pression foncière (le secteur est assez résidentiel et compte un golf 18 trous), l’activité laitière, bien qu’à la baisse, s’y maintient, le bio prend une place importante, l’activité équestre est toujours très présente. Mais dans l’ensemble, l’offre de produits locaux s’avère insuffisante. Et les quelque 60 agriculteurs du plateau (la moitié à titre principal), même s’ils connaissent les mêmes interrogations  que les Besson, peuvent se dire qu’il y a encore des débouchés solides pour des productions bio locales variées, en circuits courts. Ce n’est pas l’ADAYG qui leur dira le contraire.

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