Tag Archive | "Mont-Saint-Martin"

La clé qui ouvre les fermes


Pour fêter l’arrivée des beaux jours, les agriculteurs de Rhône-Alpes ouvrent les portes de leurs fermes aux citadins, aux néo-ruraux , aux familles, aux promeneurs, aux gourmands et à tous les autres. Il s’agit de leur faire voir et goûter les fruits de leur travail, de parler avec eux de la pluie et du beau temps, de l’alimentation mais aussi du métier qui est le leur.
L’opération « Prenez la clé des champs, les fermes s’ouvrent » , organisées par les Chambres d’Agriculture de l’Isère et de la Savoie, a été créée dans cet esprit. Et les 2 et 3 mai, pour la 13e édition, 102 agriculteurs de ces deux départements  accueilleront le public en toute convivialité. Au programme, visite guidée de l’exploitation, dégustation gratuite de produits fermiers, animations diverses pour les enfants et les adultes (labyrinthe de paille pour les uns, par exemple et tonte des brebis pour les autres).
Grâce à l’initiative de la Région Rhône-Alpes qui soutient cette opération, Sillon38, en avant-première, a pris hier la clé des champs et poussé  la porte de la ferme de Namière, à Mont-Saint-Martin (Isère) accueilli par Anne Denat, éleveuse de daims d’Europe et son mari Hubert. Anne Denat est la seule exploitante agricole de cette commune périurbaine, perchée sur les contreforts de la Chartreuse, et l’une des très rares éleveuses commercialisant la viande de ce cervidé.

Un peu d’histoire

C’est dans la tête d’une trentaine de paysans drômois « un peu fous » qu’a germé cette idée originale de faire partager au public, et particulièrement aux citadins, la passion qui peut être celle d’un producteur fermier. Un homme aux multiples talents qui élève, produit, transforme, et vend lui-même les fruits de son travail. C’était en 1993. Le développement durable, le consommer et produire autrement, les circuits courts, les AMAP, le bio, étaient déjà dans l’air. Particulièrement dans la Drôme. Et le public fut au rendez-vous dès la première année.
En 2000, fort de la réussite drômoise, le réseau CIVAM (Centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural) prend le relais et donne à l’opération une envergure nationale . « La France de ferme en ferme » est lancée. Aujourd’hui, plus de 500 fermes sont impliquées dans l’opération.

Produire, transformer et vendre sur place

La ferme de Namière  fait donc partie de l’opération. Nous avons rencontré Anne et Hubert Denat qui y vivent et y travaillent.

« Il y a onze ans, explique Hubert Denat, nous nous sommes lancés dans cet élevage de cervidés après une étude faite avec le concours de la Chambre d’Agriculture de l’Isère. Cette forme d’élevage avait l’avantage d’être à l’échelle de la famille, de ne pas générer de trop lourds investissements ni de trop lourdes tâches. Nous avons quitté Chamrousse où j’étais moniteur de ski et de VTT pour Mont-Saint-Martin. Nous nous sommes heurtés dans les premières années à la force des  habitudes alimentaires. La viande de daim était méconnue et pas ou peu consommée. Mais au fil du temps, cet obstacle a disparu. Ce n’est plus un problème ».
En 2001, Hubert Denat ayant trouvé un emploi à Grenoble, son épouse Anne  prend l’exploitation à sa charge. Elle veille donc depuis 8 ans sur cette harde de 95 animaux, qui broutent dans un vaste pré proche de la ferme, avec vue sur le Vercors. Son mari, qui ne refuse pas pour autant de lui donner un coup de main, complète l’ alimentation des animaux avec du maïs et de l’orge.Un bâtiment agricole, construction bois, a été installé sur le terrain avec une aide du PNR Chartreuse.
Après avoir fait les marchés, le couple Denat vise désormais à vendre l’essentiel de la production sur place. Dans cet objectif, un petit magasin de vente a été créé où les habitants de la commune ainsi que ceux d’en bas (il n’y a jamais que 6km entre Le Fontanil et Mont-Saint-Martin, mais raides !) trouvent les produits de la ferme : viande, pâté, terrine, plats cuisinés, confitures, pâtisseries, etc.. Et en  complément, Anne Denat , qui a plusieurs cordes à son arc, propose des goûters à la ferme ainsi que des repas sur réservation.

Hubert et Anne Denat devant le magasin de vente directe de la ferme de Namière

Ci-dessus, Gérard Seigle-Vatte, Eliane Giraud, Jean-Pierre Villoud et Bernard Xuereb

Cet éventail de produits de la ferme, nous avons eu la chance de les déguster hier, en plein air, à l’entrée du parc des daims, en compagnie d’Eliane Giraud, conseillère régionale déléguée à l’Agriculture , au Développement rural et aux Parcs naturels, régionaux présidente du PNR Chartreuse, de Gérard Seigle-Vatte, président de la Chambre régionale d’Agriculture , de Bernard Xueref, président de la fédération régionale CIVAM, de Jean-Pierre Villoud, maire de Mont-Saint-Martin, convaincu de la nécessité de maintenir une activité agricole sur la commune.
Zoom sur Méaudre : un festival d’animations

Fermes ouvertes, animations, festival folklorique, Méaudre, village-station du Vercors met les bouchées doubles pour le week-end du 2 et 3 mai. La commune compte une quinzaine de grosses fermes spécialisées dans la production de fromage,  viande et charcuterie..
-Parmi les exploitations ouvertes au public, celle des trois frères Rochas – Eric, Yannis et Sébastien – qui élèvent dans leur ferme les Colibris, vaches, veaux et cochons qu’ils transforment et vendent sur place. Ces fermiers qui pratiquent l’agriculture biologique depuis 2001 militent également pour les énergies renouvelables et l’éco-construction. .
-A la ferme de la Bourrière, les 60 vaches et génisses de Jean-Charles et Laurent Didier produisent un lait savoureux, que l’on déguste aussitôt après la traite. Le Bleu du Vercors-Sassenage, le Servagnet de la famille des gruyères mais aussi la confiture de lait au goût de caramel – qui accompagne agréablement les crêpes ou le fromage blanc – sont les spécialités de cette maison.

-Enfin Marielle Coing et Ghislain Argens, propriétaires de la fromagerie de la Daouste et d’une chèvrerie forte de 150 têtes proposent de partir à la découverte de leurs fromages de chèvre et de brebis fermiers, de faisselles et de yaourts. Si vous voulez vous essayer à la tonte de brebis, c’est l’occasion ou jamais. Cela fait partie des animations prévues.
-A la Chèvrerie du Chatelard, Christophe Ansel vous accueillera toute la journée, pour déguster tommes pressées, fromage de chèvres frais et affinés…

A noter, samedi dès 16h sur la place du village, aubade gratuite de différents groupes de musiciens, Ecosais, Italiens, Bretons.
Et puis le Festival folklorique à l’occasion des 30 ans de la création du groupe folklorique du Vercors La Picouline. A 20 h, à la salle des fêtes, environ une douzaine de représentations : tarif 5 et 8 €

Pour avoir le programme complet dans les autres départements de Rhône-Alpes :
www.defermeenferme.com
www.prenezlacledeschamps.com
www.fermesouvertes.rhonalpes.fr

Catégorie agricultureCommentaires fermés

La solidarité citoyenne au service d’ un jeune agriculteur


Sylvain Bernard, 33 ans, veut s’installer comme éleveur de chèvres et fromager à Mont Saint-Martin, aux portes de Grenoble. Seul, il n’y arriverait pas. L’association Terre de liens , qui a examiné de près son projet, s’est engagée à le soutenir financièrement en faisant appel à l’épargne citoyenne.

montstmartin.jpg

Sur les balcons sud de la Chartreuse, la commune de Mont-Saint-Martin, qui compte déjà un éleveur de daims, est prête à accueillir un éleveur de chèvres

S’installer en zone périurbaine, pour un jeune porteur de projet, est devenu un parcours d’obstacles quasi infranchissables. Le coût du foncier, la rareté des terres agricoles, le montant de l’investissement, sont de nature à décourager les plus motivés. C’est là que la solidarité, la mobilisation collective peuvent faire oeuvre utile. L’association Terre de liens a précisément pour vocation d’accompagner les porteurs de projet sur les questions d’accès au foncier et au bâti par une démarche collective afin d’y accueillir et pérenniser des projets écologiques et solidaires. Elle a mis en place des outils de finance solidaire: la Foncière, destinée à recevoir de l’investissement solidaire et la Fondation, qui collecte des dons.

Sylvain Bernard, 33 ans, un diplôme d’ingénieur en poche (en logistique industrielle) , a travaillé 7 ans dans l’industrie. Suffisamment longtemps pour se rendre compte que ce n’était pas sa vocation. Sa vocation, il la connaît depuis toujours: éleveur des chèvres.

« Depuis tout gamin je rêve d’être éleveur. Mes parents pensaient que ce n’était pas un métier d’avenir et m’ont poussé à faire des études. J’ai fait l’EIGSI à La Rochelle. Et puis, une fois dans l’industrie, j’ai eu des difficultés avec le management. J ‘ai beaucoup réfléchi. En 2003, je me suis renseigné au Point Installation de l’Isère et en avril 2005, j’ai sauté le pas. J’ai fait des stages de 15 jours chez des producteurs fermiers, à Monteynard, Tramolé, Saint-Pierre-d’Entremont et ça se passait très bien à chaque fois. J’avais la confiance des agriculteurs. j’étais dans mon élément ».

Sylvain s’engage ensuite dans son parcours installation. Un parcours sans fautes. Il obtient le BPREA à la MFR de Vif, fait un stage d’application de 7 mois, enchaîne avec un stage de 6 mois chez des éleveurs (chèvres et transformation). Fin mars 2007, il est embauché par le Service de remplacement des producteurs fermiers. Et depuis ce jour, il cherche activement à s’installer. L’ADASEA qui lui signale une demande sur les Balcons sud de Chartreuse, le met sur la piste de l’association Terre de Liens. Le courant passe. Le projet de Sylvain Bernard s’inscrit parfaitement dans l’optique de l’association.

« J’ai eu le temps de mûrir mon projet. Ce que je veux, en tant qu’éleveur, c’est être pâturant et sans OGM. Mon projet est éligible à la DJA et à un prêt JA bonifié. J’ai réalisé un prévisionnel, validé par des éleveurs. Sur le plan de l’acquisition, l’objectif, c’est que l’association achète la maison d’habitation- c’est une ferme- et que moi j’achète la terre, 1,5 ha, qui se trouve à coté. Je devrais aussi construire un bâtiment agricole -chèvrerie et fromagerie- à 60m de la ferme ».

En ce qui concerne la commercialisation, Sylvain envisage la vente directe via les Amap, la vente à la ferme et sur les marchés les plus proches.

Le projet se présente bien. Il a le soutien de la commune de Mont-Saint-Martin, du Parc naturel régional de Chartreuse et de la Communauté de communes des Balcons sud de Chartreuse. Terre de liens, qui a déjà contribué à deux installations en Isère, s’est entretenu avec les propriétaires, qui ont bien accueilli le projet. Le compromis n’est pas encore signé.

En attendant, la souscription continue. Il manque de l’argent pour financer cette acquisition qui, pour Terre de liens, s’élève à 240 000 €. L’association lance donc un appel à la générosité citoyenne pour que le projet puisse voir le jour avec le nouvel an. Les souscripteurs sont invités à contacter Terre de liens Isère, chez Bernard Dupeloux: bdupeloux@orange.fr ou au 04.76.45.02.30.

Catégorie installationCommentaires fermés


Catégories

Archives

Agenda

octobre 2019
L Ma Me J V S D
« sept    
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031  

A propos

Sillon38.com est un journal qui se veut interactif, agricole et rural. C’est le premier du genre. Sur le fond, il reprend à son compte le principe, déjà utilisé par des confrères parisiens, du journal à trois voix: des journalistes, des experts (ou, si l’on péfère des hommes et femmes de l’art), des internautes.
Nous contacter
PHVsPjwvdWw+