Tag Archive | "Périgord"

Mieux connaître la truffe pour mieux la cultiver


Depuis une vingtaine d’années, la production française de truffe ne suffit plus à répondre à la demande, ce qui nécessite une importation accrue de ce champignon.

Afin de pallier ce problème, des chercheurs de l’Inra, de l’IRD, du CNRS, du Cirad et de l’Université Montpellier 2, en collaboration avec la Fédération Française des Trufficulteurs, ont étudié la truffe noire du Périgord sous toutes les coutures.

En voici les résultats.

La culture de la truffe connaît depuis les années 1990 en France une stagnation de sa production qui s’établit autour de 30 tonnes par an, alors qu’il y a 50 ans elle était d’environ 100 tonnes par an et beaucoup plus à la fin du 19e siècle.

Afin de comprendre les raisons de ce recul important et de trouver des solutions pour améliorer la situation, les chercheurs étudient la truffe sous tous ses aspects : génome, écologie, nutrition, développement, reproduction et interactions avec les plantes, les autres champignons et les bactéries.

Les connaissances avancent, mais des questions importantes restent encore ouvertes : Quels facteurs influent sur la croissance et les qualités aromatiques de la truffe ? Quelles sont les techniques de culture les plus indiquées ? Comment améliorer la productivité des truffières plantées ?

Pour répondre à ces questions, six laboratoires et deux organisations professionnelles se sont regroupées autour du projet « Bases d’une intensification écologique durable des écosystèmes truffiers », Systruf1. Voici quelques résultats présentés lors du colloque de clôture du projet.

La croissance des truffes dépend de la photosynthèse de l’arbre hôte, et non de la matière organique venue du sol

Contrairement à ce que l’on pensait jusqu’alors, la truffe se nourrit des sucres produits par les feuilles de l’arbre hôte et transférés aux racines auxquelles elle s’associe.

Par conséquent, plus l’arbre hôte se portera bien, plus il aura tendance à produire des truffes. Il faut donc éviter les tailles d’été qui freinent la croissance de l’arbre.

Par ailleurs, le manque d’eau est l’un des facteurs qui limitent le plus la productivité de la truffière puisqu’il agit directement sur la croissance des arbres.

TRUFFES INRA

La truffe peut être associée à de nombreuses espèces végétales

Si le chêne ou le noisetier sont les espèces les plus préconisées pour la plantation d’une truffière, elles ne sont pas les seules que la truffe peut coloniser. En effet, dans les truffières naturelles du Sud-Est de la France, on trouve souvent du mycélium de truffes associé aux racines de plantes herbacées comme les orchidées.

Conserver une certaine diversité d’espèces végétales pourrait donc permettre une meilleure productivité des truffières.

Le travail du sol doit se faire en dehors de la période de production des truffes

Le travail du sol est important pour limiter la concurrence d’autres espèces et favoriser la fécondation (la truffe ayant une reproduction sexuée). Cependant, il est à limiter pendant la période de croissance de l’ascocarpe (la partie comestible de la truffe) pour ne pas détruire le lien qui relie arbre et truffe.

Les bactéries du sol pourraient participer au développement de la truffe, voire à la formation de son arôme

Plusieurs espèces de bactéries parmi celles présentes dans le sol ont été retrouvées à l’intérieur de la truffe noire du Périgord.

Les études suggèrent que ces bactéries pourraient jouer un rôle dans la nutrition, le développement et la reproduction de la truffe. Elles pourraient entre autres participer à la formation de l’arôme si caractéristique de la truffe.

Les résultats acquis grâce au projet Systruf, tout en posant de nouvelles questions, permettent de revisiter les nombreuses pratiques empiriques de la trufficulture. Ils ouvrent les perspectives d’une amélioration de la production de la truffe noire du Périgord et, par extension, des autres espèces de truffe cultivées en Europe.

En dehors des retombées économiques directes résultant de l’augmentation de la production, les travaux de Systruf pourraient contribuer en région méditerranéenne au maintien ou au développement d’une activité agro-forestière.

De nouveaux projets sont en cours d’élaboration pour anticiper les effets possibles des changements climatiques et améliorer la gestion de l’eau dans les truffières.

1. Financé par l’Agence Nationale de la Recherche et la Région Languedoc-Roussillon sur la période 2009-2013, le projet a réuni le Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CNRS, Inra, Universités Montpellier 1, 2 et 3, Montpellier SupAgro, EPHE, CIRAD, IRD), les laboratoires Interactions arbres/microorganismes (Inra, Université de Lorraine), Biogéochimie des écosystèmes forestiers de l’Inra, Agronomie-Environnement (Inra, Université de Lorraine), Ecologie et écophysiologie forestière (Inra, Université de Lorraine), Symbioses tropicales et méditerranéennes (CIRAD, IRD, Université Montpellier 2, SupAgro), ainsi que la Fédération Française des Trufficulteurs (FFT) et le Centre d’études techniques et économiques forestières (Cetef).

Catégorie A la une, trufficultureCommentaires fermés

La truffe noire du Périgord n’a plus de secret


Un consortium franco-italien, coordonné par une équipe du Centre INRA de Nancy et impliquant le Genoscope, le CNRS, et les Universités de Lorraine et de Méditerranée publie aujourd’hui un article sur le séquençage et le décryptage du génome de la très réputée truffe noire du Périgord (Tuber melanosporum).

Cette avancée permet de mieux comprendre la biologie de cette espèce, la formation de ce précieux champignon et l’évolution de la symbiose entre arbres et champignons. La truffe noire du Périgord a été choisie du fait de son importance agronomique et culturelle. Le détail de ces résultats est publié dans l’édition avancée en ligne de Nature du 28 mars 2010.

Fruit de 5 années de travail, le premier décryptage du génome d’un champignon comestible, la truffe, est achevé. Conduit par un consortium franco-italien de 50 scientifiques, coordonné par l’INRA, le séquençage du génome de T. melanosporum a été réalisé en 2007 au Genoscope à partir d’une lignée issue d’une truffe récoltée en Provence.

Les étapes complémentaires de mise en forme du séquençage brut initial se sont poursuivies pendant deux ans par une analyse fine et détaillée du génome de ce champignon par des laboratoires français de l’INRA, du CNRS, du CEA, des universités de Lorraine et de la Méditerranée et leurs collègues italiens de Turin, Parme, Pérouge, Urbino, Rome et l’Aquila. Ces travaux sont complétés par l’étude des gènes exprimés lors de la formation de la truffe et de la symbiose mycorhizienne2 au niveau des racines de l’arbre.

La truffe est le fruit du mariage entre des filaments souterrains de T. melanosporum et des ramifications de la racine de certains arbres, comme les chênes. De cette relation naissent des mycorhizes, organes symbiotiques mi-champignon, mi-racine. Le génome de la truffe, le plus grand connu chez les champignons, comprend 125 millions de paires de bases. Cette taille remarquable s’explique par la présence de séquences répétées (58%) dont l’impact sur la diversité de l’espèce est en cours d’étude. Le génome contient 7 500 gènes codant pour des protéines dont environ 6 000 sont similaires aux gènes d’autres champignons.

Toutefois, plusieurs centaines de gènes sont uniques à la truffe et jouent un rôle fondamental dans la mise en place de la formation du champignon et de la symbiose avec la plante-hôte. Leur étude nous renseignera sur les mécanismes conduisant à la formation de cette étrange fructification souterraine

Catégorie recherche scientifique, trufficultureCommentaires fermés

Développer la truffe en Trièves


truffes 1

Une bonne soixantaine de personnes, toutes intéressées par la trufficulture en Trièves ont participé à une rencontre organisée, à Lavars, conjointement par le CRPF et le syndicat des trufficulteurs de l’Isère. session qui s’est déroulée en deux temps: en salle et sur le terrain.

Paul Chamard-Bois en a profité pour présenté le STI, son rôle, ses missions et l’intérêt qu’ont les trufficulteurs de tous niveaux à y adhérer.

Pierre Tabouret, technicien au CRPF a pour sa part fait une analyse complète du Trièves et des différentes espèces de truffes que l’on peut y trouver ou cultiver. La fameuse truffe noire du Périgord ( Tuber Mélanosporum ) et la truffe de Bourgogne ( Tuber Uncinatum ) ayant ses faveurs.

David Humeau, son homologue a insisté sur la trufficulture en Trièves. Tout est propice à son développement et les nombreuses parcelles qui sont actuellement en friche, à l’abandon pourraient faire d’excellentes truffières.

truffes 2

Une visite sur le terrain a permis de mieux appuyer cette thèse….

Affaire à suivre.

Catégorie trufficultureCommentaires fermés


edf.png

Catégories

Archives

Agenda

novembre 2020
L Ma Me J V S D
« oct    
 1
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30  

A propos

Sillon38.com est un journal qui se veut interactif, agricole et rural. C’est le premier du genre. Sur le fond, il reprend à son compte le principe, déjà utilisé par des confrères parisiens, du journal à trois voix: des journalistes, des experts (ou, si l’on péfère des hommes et femmes de l’art), des internautes.
Nous contacter
PHVsPjwvdWw+