Tag Archive | "pesticides"

Les pesticides agricoles peuvent contaminer l’intérieur des maisons!


Une nouvelle étude1 scientifique montre que les pesticides agricoles utilisés dans un rayon de 1250 mètres autour d’habitations finissent par contaminer l’intérieur de ces maisons !

L’étude

Une équipe de scientifiques américains conduite par Mary H. Ward, du National Cancer Institute, a cherché à savoir d’où provenaient les résidus de pesticides trouvés dans les moquettes et tapis de résidences. Pour cela ils ont collecté des échantillons de poussières dans les moquettes et tapis de 89 résidences en Californie et ont ensuite analysé les résidus de 7 pesticides très utilisés en agriculture (carbaryl, chlorpyrifos, chlorthal-dimethyl, diazinon, iprodione, phosmet et simazine).

Ils ont ensuite dressé la carte des cultures dans un rayon de 1250 m autour de ces résidences et calculé l’intensité de l’usage de ces pesticides dans un rayon de 500 m et 1250 m autour des résidences étudiées durant 3 périodes de temps différentes avant le prélèvement des poussières : 180
jours, 365 jours et 730 jours. Enfin ils ont cherché les éventuelles relations entre l’usage estimé des pesticides et les concentrations de pesticides dans les moquettes/tapis.

Résultats

En cas d’usage de pesticides agricoles dans un rayon de 1250 m autour des habitations durant les 365 jours précédents le prélèvement de poussières, les échantillons présentaient des concentrations de pesticides significativement plus élevées que dans les maisons autour desquelles il n’y avait pas eu d’usage de pesticides agricoles, pour 5 des pesticides étudiés (chlorpyrifos, chlorthal-dimethyl, iprodione, phosmet et simazine). La corrélation la plus forte avec les concentrations de pesticides dans les moquettes était généralement pour un usage de pesticides agricoles dans un rayon de 1250 mètres autour des habitations durant les 730 jours précédents.

L’utilisation domestique ou professionnelle des pesticides par les habitants n’avait dans cette étude qu’un impact mineur sur la variabilité de la concentration des pesticides retrouvés (de 4 à 28% seulement). Les auteurs concluent que l’usage des pesticides agricoles aux alentours de ces résidences est un déterminant significatif pour la présence de ces 5 pesticides dans les moquettes /tapis de ces maisons.

Commentaires

Cette étude montre que l’utilisation de pesticides agricoles, dont certains sont soupçonnés d’être cancérigènes, a un impact sur la contamination des habitations avoisinantes, et donc de l’air que respirent chaque jour leurs habitants, dans un rayon (1250m) bien plus important qu’on ne le pensait auparavant, une précédente étude (2) ayant montré un impact dans un rayon de 750 mètres seulement.

Ces résultats sont très importants. Ils nous montrent qu’il faut absolument conserver l’arrêté du 12 septembre 2006 qui prévoit dans son article 2 que les pesticides « ne peuvent être utilisés en pulvérisation…que si le vent à un degré d’intensité inférieur ou égal à 3 sur l’échelle de Beaufort » (19km/h) afin de limiter leurs dispersion dans le voisinage et la contamination des riverains.

Cet arrêté est en effet contesté par la Fédération Nationale des Producteurs de Fruits (FNPF), après le récent procès (3) de trois pomiculteurs de la région de Brive accusés d’avoir utilisé des pesticides par vent fort, dont le verdict a été mis en délibéré au 10 mars.
«Il faut à la fois conserver cet arrêté, unique et mince protection contre la contamination par les pesticides agricoles dont disposent les riverains des zones de cultures, et relancer la dynamique du plan Ecophyto 2018 qui prévoit la réduction de 50% des pesticides en 10 ans» déclare François Veillerette, porte-parole de Générations Futures.

«Au lieu de vouloir nier les conséquences environnementales de l’usage immodéré des pesticides, le monde agricole devrait enfin accepter, alors que s’ouvre le Salon de l’Agriculture, que nous sommes face à un vrai problème de santé publique et que nous devons, ensemble, chercher à mettre en oeuvre des formes d’agricultures moins dépendantes des pesticides, afin de respecter au mieux la santé des utilisateurs eux-mêmes, et celles des consommateurs et des riverains.»

1 : Gunier RB, Ward MH, Airola M, Bell EM, Colt J, Nishioka M, et al. 2011. Determinants of Agricultural Pesticide Concentrations in Carpet Dust.
Environ Health Perspect http://ehp03.niehs.nih.gov/article/fetchArticle.action?articleURI=info%3Adoi%2F10.1289%2Fehp.1002532
2 : Ward MH, Lubin, et al. 2006. Proximity to crops and residential exposure to agricultural herbicides in Iowa. Environ Health Perspect 114:893-897.
3 : http://www.romandie.com/infos/news2/110113173751.9blevpnr.asp

Catégorie agriculture, environnementCommentaires fermés

Abeilles, algues vertes, OGM: précisions du ministère de l’agriculture



Les abeilles sont-elles en train de disparaitre à cause de certains pesticides autorisés ? Où en est la lutte contre la prolifération des algues vertes ? Où en est la France vis à vis des OGM ? Quelques éléments de réponses en provenance du ministère de l’agriculture

Abeilles et pesticides, l’état des connaissances

Les mortalités importantes d’abeilles enregistrées en divers points du globe et en France mobilisent la communauté scientifique, les professionnels et les pouvoirs publics. Le protocole mis en place depuis 2008 améliore chaque année l’état des connaissances et soumet chaque année l’autorisation d’un pesticide, le Cruiser, mis en cause par certains acteurs, à un nouvel examen par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES).

Algues vertes, une prise de conscience, une volonté politique et des moyens


Le gouvernement a mis en place en février 2010 un plan d’action sur les algues vertes, doté de 134 millions d’euros sur la période 2010-2014. Il vise à réduire les flux de nitrates de toutes origines et à améliorer la gestion des algues vertes sur les côtes de 8 baies situées en Bretagne. La modification des pratiques agricoles et la généralisation des unités de méthanisation, en cours, y contribuent.

OGM, une politique stricte et prudente


Il n’y a plus de cultures génétiquement modifiées à vocation commerciale pratiquée sur le territoire national, suite à la décision du gouvernement de suspendre l’autorisation du maïs MON810. La loi du 25 juin 2008, suite au Grenelle de l’environnement, fixe le cadre en vigueur pour les OGM.

Catégorie OGM, agriculture, apiculture, environnementCommentaires fermés

France Nature environnement: une campagne choc!


A la veille du Salon de l’Agriculture, France Nature Environnement lance une campagne choc sur les dégâts provoqués par une agriculture peu respectueuse de notre environnement.

Pour FNE il ne s’agit « pas seulement un coup de poing médiatique, mais aussi l’occasion de proposer des solutions et d’ouvrir un dialogue. »

Voici les arguments avancés par FNE:

« Notre agriculture est malade. Nous importons des OGM pour alimenter notre bétail alors que nous nous interdisons d’en cultiver et que le consommateur n’en veut pas. Des tonnes de lisier, issues des déjections  des élevages industriels, provoquent, en augmentant le taux de nitrates dans l’eau, des marées d’algues vertes. L’emploi massif de pesticides dangereux contribue au déclin des abeilles et des autres pollinisateurs. La France est le 1er consommateur européen de produits phytosanitaires.

A la veille du Salon de l’Agriculture, nous avons souhaité alerter les Français sur les dégâts provoqués par cette agriculture intensive peu respectueuse de notre environnement. Depuis l’impulsion du Grenelle, la situation se dégrade. Il paraît que «  l’environnement, ça commence à bien faire.  » Notre rôle est d’alerter l’opinion.

Nous avons choisi de communiquer de manière plus visible en élaborant ,  une campagne d’affichage aux visuels musclés, sur trois thèmes : les importations d’OGM, les pesticides et les algues vertes. »

FNE lance également  une pétition pour l’interdiction des pesticides les plus dangereux et l’application pleine et entière du plan Ecophyto 2018.  Pour la signer, cliquez sur ce lien !

Voici les différents visuels

Catégorie agriculture, environnementCommentaires fermés

Connaître les alternatives au désherbage chimique


Le Pic Vert a lancé en janvier 2009 une importante campagne pour demander aux communes du Voironnais de délibérer pour limiter, voire interdire, l’usage des pesticides par leurs employés communaux.

Aujourd’hui, onze  communes ont déjà délibéré sur les 34 de la communauté d’agglomération. Mais des réticences existent, provenant souvent de la difficulté des agents techniques à changer de pratiques par manque de formation, et de leur méconnaissance du matériel utilisable pour cela.

Dans cette optique,  Le Pic Vert organise le vendredi 11 décembre à 8h à la salle polyvalente de La Buisse (38) une demi-journée de formation des personnels communaux, des élus, des professionnels du paysage et des particuliers, sur les techniques alternatives au désherbage chimique, avec présentation de matériel alternatif.

Au programme :

- 8h : Accueil par P. Cholat, maire de La Buisse, J.F. Gaujour, Conseiller général du canton de Voiron et J.F. Noblet, secrétaire adjoint du Pic Vert.

- 8h30-9h00 : Projection du film « Pesticides non merci ! » coproduit par le Conseil général de l’Isère.

- 9h-10h30 : Présentation en salle d’un diaporama de la Fédération Régionale de Défense contre les Organismes Nuisibles de Rhône-Alpes (FREDON) sur la réglementation de l’usage des pesticides, sur les techniques alternatives de désherbage non chimique sur les espaces communaux (cimetière, cour d’école, espace vert, bords de voirie etc.), suivi d’un échange avec les participants.

- 10h30-11h15 : Présentation de matériel en extérieur et démonstration.

- 11h15-11h45 : La gestion raisonnable des espaces verts. Diaporama de Pierre Salen de l’association de botanique Gentiana

- 11h45-12h : conclusion et apéritif offert.

La formation sera animée par Jean-François Noblet secrétaire adjoint du Pic Vert et Maxime Demonmerot, technicien de la FREDON Rhône-Alpes, avec le soutien du Conseil général de l’Isère. Une documentation sera remise à tous les participants.
…………………………………………………………………………………………
*Renseignements et inscriptions : Le Pic Vert 04 76 91 34 33 ou contact@lepicvert.asso.fr

Catégorie écologieCommentaires fermés

Contamination des raisins par les pesticides : faut-il s’inquiéter?


M. Louis Nègre (Alpes-Maritimes UMP) , dans sa question écrite publiée dans le JO Sénat du 18/06/2009, attire l’attention de M. le ministre de l’agriculture et de la pêche sur un problème relaté par la presse récemment de contamination des raisins par les pesticides.

En effet, selon une enquête menée par cinq ONG dans cinq pays européens dont la France, 124 échantillons de raisins issus de l’agriculture intensive ont été analysés par un laboratoire allemand spécialisé afin de rechercher d’éventuels résidus de pesticides.

Il apparait que les résultats sont préoccupants. En effet, 100 % des 25 échantillons testés en France étaient contaminés, 44 % des raisins étaient contaminés par 10 ou plus de 10 pesticides, et 16% des échantillons dépassaient les nouvelles limites maximales de résidus européennes (LMR), limites légales qu’on ne doit pas dépasser.

De plus, des pesticides interdits d’usage dans toute l’UE ou dans le pays de production ont été retrouvés ! En effet, deux échantillons de raisins italiens contenaient de l’endosulfan, un pesticide interdit dans toute l’UE.

Il lui demande en conséquence ce qu’il compte faire en la matière et sous quel délai, sachant que la commission environnement du Parlement européen appelle à l’exclusion des substances classées CMR ou perturbatrices endocriniennes, afin que le consommateur ne les retrouve plus dans ses aliments.

Réponse du Ministère de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche publiée dans le JO Sénat du 30/07/2009 – page 1892

Les teneurs en résidus de pesticides dans les vins tels qu’observées, d’une part, dans l’enquête PAN-Europe et, d’autre part, dans une enquête du ministère chargé de l’agriculture entre 1990 à 2003 aussi bien au niveau national qu’européen sont dans la grande majorité des cas inférieurs aux limites maximales de résidus (LMR) fixées par la réglementation communautaire. Les LMR sont fixées de manière à ce que les niveaux d’ingestion en résidus soient bien en deçà des normes toxicologiques (DJA) définies pour les diverses molécules étudiées.

Le dispositif réglementaire phytosanitaire est sans cesse amélioré afin de garantir la sécurité de la santé publique. En 2006, par exemple, la mise en oeuvre de la réglementation européenne sur l’hygiène des aliments a rendu obligatoire la tenue d’un registre de traitement phytosanitaire.

Les conditions d’utilisation des produits et la conformité des produits au regard de la législation communautaire et en particulier en ce qui concerne spécifiquement le taux de résidus de pesticides dans les denrées alimentaires, font l’objet d’actions officielles de surveillance et de contrôle. Les infractions constatées sont susceptibles de sanctions administratives, judiciaires et financières du fait de la conditionnalité des aides allouées au titre de la politique agricole commune.

Suite aux travaux du Grenelle de l’environnement, il a été décidé d’aller encore plus loin en terme d’objectif opérationnel. Ainsi, le retrait des 53 substances actives les plus préoccupantes a été décidé. En outre, conformément à la demande du Président de la République, le ministre de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche a la charge d’élaborer le plan « Ecophyto 2018 », pour réduire de 50 % l’usage des pesticides si possible dans les dix ans.

Catégorie consommation, pollutionCommentaires fermés

Pesticides et Parkinson: l’INSERM confirme le lien


Une équipe de chercheurs de l’unité Inserm « Neuroépidémiologie » et de l’UPMC (Université Pierre et Marie Curie) montre que l’exposition aux pesticides double quasiment le risque de survenue de la maladie de Parkinson parmi les agriculteurs. Ce risque augmente avec le nombre d’années d’exposition et, chez les hommes, est principalement lié à l’usage d’insecticides, notamment de type organochloré.

Ces résultats, qui posent également la question du rôle d’une contamination résiduelle de la population générale par ces pesticides, sont publiés en ligne dans Annals of Neurology.
La maladie de Parkinson est la deuxième maladie neuro-dégénérative la plus fréquente, après la maladie d’Alzheimer. On admet que, dans la plupart des cas, elle trouve son origine dans une combinaison de facteurs de risque génétiques et environnementaux.
Parmi les facteurs d’environnement suspectés, des études épidémiologiques ont montré une association entre la survenue de la maladie de Parkinson et une exposition professionnelle aux pesticides. Toutefois, aucune famille de pesticides n’a pu être spécifiquement mise en cause et le rôle du niveau d’exposition n’a pas été étudié (relation dose-effet).

En collaboration avec la Mutualité sociale agricole (MSA), une équipe de chercheurs de l’Inserm et de l’UPMC (Université Pierre et Marie Curie) a étudié un groupe de 224 patients atteints de maladie de Parkinson, qu’ils ont comparé à un groupe de 557 personnes non malades, toutes affiliées à la MSA, de même âge et sexe et habitant dans le même département.

L’exposition aux pesticides durant toute la vie professionnelle des participants a été reconstituée de manière très détaillée à l’occasion d’entretiens avec des médecins du travail de la MSA permettant de recueillir un grand nombre d’informations telles que la surface des exploitations, le type de cultures et les pesticides utilisés, le nombre d’années et la fréquence annuelle d’exposition, ou encore la méthode d’épandage.
Les résultats montrent que les patients atteints de maladie de Parkinson avaient utilisé plus souvent des pesticides et durant un plus grand nombre d’années que les témoins ; les chercheurs ont alors estimé que les agriculteurs exposés aux pesticides avaient un risque presque deux fois plus élevé de développer la maladie de Parkinson que ceux qui n’en utilisaient pas.
Parmi les principales familles de pesticides, les chercheurs ont mis en évidence chez les hommes atteints un risque jusqu’à 2,4 fois plus élevé que chez les témoins pour les insecticides de type organochloré. Cette famille de pesticides qui regroupe par exemple le lindane et le DDT a été largement utilisée en France entre les années 1950 et 1990 et se caractérise par une persistance dans l’environnement de nombreuses années après
l’utilisation. Les chercheurs précisent toutefois qu’on ne peut pas, à partir de ces résultats, exclure l’implication d’autres types de pesticides moins fréquemment utilisés.
Les auteurs soulignent alors l’importance de l’éducation des utilisateurs professionnels de pesticides à un meilleur usage et la mise en place de mesures de protection des travailleurs
agricoles.
Enfin, au-delà du rôle de l’exposition aux pesticides à des niveaux élevés en milieu professionnel, ces résultats soulèvent la question des conséquences d’une exposition à plus faibles doses. Des études complémentaires seront nécessaires pour répondre à cette question.

Catégorie recherche scientifiqueCommentaires fermés

Pollution domestique aux pesticides: de quoi s’inquiéter…


Mme Catherine Dumas (Paris- UMP), dans sa question écrite  publiée dans le JO Sénat du 22/05/2008, attire l’attention de Mme la ministre de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative sur les pollutions domestiques aux pesticides en Ile-de-France.

Une étude récente de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques et portant sur 130 habitations d’Ile-de-France, a révélé la présence de pesticides dans 94 % d’entre elles. Les analyses effectuées par l’Ineris comportaient des prélèvements d’air, de résidus présents sur les mains des enfants, des poussières au sol ainsi que des dosages dans les urines de produits de dégradation de pesticides.

La provenance de ces résidus de pesticides ne peut pour le moment être formellement identifiée, ces substances pouvant provenir d’un usage domestique délibéré de certains produits d’entretien, ou avoir été apportées par l’air extérieur. Les niveaux de contamination détectés sont extrêmement variables selon les sites, et restent relativement faibles.
Toutefois, la nature de ces substances, pour la plupart des antiparasitaires agricoles dont certains sont interdits de longue date, ainsi que leur faculté à se concentrer dans l’organisme humain et plus particulièrement celui des enfants, imposent de se doter d’outils de contrôle fiables et d’assistance à la décision pour prévenir tout risque sanitaire de grande ampleur.
Elle souhaiterait qu’elle lui précise les dispositifs de contrôle préventifs qui vont être mis en place pour mesurer et suivre de façon régulière l’évolution de ces pollutions, ainsi que les initiatives qui vont être prises pour diminuer leur prolifération en Ile-de-France.

Réponse du Ministère de la Santé et des sports publiée dans le JO Sénat du 12/03/2009

L’étude de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS) publiée en 2006 porte sur des résultats d’analyses réalisées dans le début des années 2000. Les résultats de cette étude mettent en évidence la présence d’au moins un pesticide dans l’air intérieur de 88 % des logements. Ces résultats sont significativement corrélés avec la présence d’un jardin ou d’une cour paysagée ou la présence de plantes au domicile.

Parmi les substances les plus fréquemment mises en évidence figure le lindane. Ce produit biocide était utilisé pour le traitement des bois des charpentes, le traitement antiparasitaire des animaux et dans certains shampoings anti-poux. Son usage a été interdit en France en 2004.

Afin d’informer la population sur les risques liés à ces produits toxiques à usage domestique, l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) a élaboré des documents d’information et une stratégie de communication permettant d’alerter le grand public sur la pollution de l’air intérieur et sa prévention par l’aération et la réduction des émissions de polluants, notamment de pesticides. Deux actions de communication sont ainsi prévues en 2009 : d’une part, l’élaboration d’un guide pratique sur la pollution de l’air intérieur qui donnera les conseils pratiques pour limiter les effets sur la santé, et d’autre part, une campagne médiatique grand public pour promouvoir le guide et proposer les solutions simples de prévention.

Afin de mieux connaitre l’exposition de la population générale aux pesticides, l’Institut de veille sanitaire (INVS) mène une étude de bio-surveillance ; cette étude qui a débuté en 2006 comporte la mesure de marqueurs biologiques de certaines substances pesticides et fournira des premiers éléments sur l’imprégnation de la population à ces produits. L’analyse des questionnaires remplis par les personnes participant à cette enquête permettra d’étudier les liens entre l’usage de pesticides et certaines caractéristiques de la population avec son imprégnation par les pesticides, afin de recommander les moyens de prévention les plus efficaces.

D’autre part, le projet de cohorte française de 20 000 enfants suivis de la naissance à l’âge adulte (projet ELFE – Étude longitudinale française depuis l’enfance) a pour objectif de décrire la contamination des enfants français au cours de leur croissance par des agents de l’environnement aux propriétés neurotoxiques et reprotoxiques, dont les pesticides, en déterminant leurs concentrations dans différents milieux biologiques de la mère et de l’enfant.

Cette description portera non seulement sur la distribution des concentrations et la prévalence des valeurs élevées, mais également sur les facteurs influençant ces concentrations.

Enfin, la mise au point d’un programme plus général de bio-surveillance en France qui a pour objet d’évaluer la présence et les effets sur l’organisme des substances chimiques, notamment des polluants environnementaux, a été initié par l’Institut de veille sanitaire en lien avec les ministères concernés conformément aux engagements pris lors du Grenelle de l’environnement. Concernant les mesures de réduction plus générale de l’utilisation des produits phytosanitaires en agriculture et dans les zones fréquentées par le grand public, des mesures sont définies dans le plan « Écophyto 2018 » présenté par le Gouvernement en septembre 2008.

Catégorie environnementCommentaire (1)

Catégories

Archives

Agenda

octobre 2020
L Ma Me J V S D
« sept    
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031  

A propos

Sillon38.com est un journal qui se veut interactif, agricole et rural. C’est le premier du genre. Sur le fond, il reprend à son compte le principe, déjà utilisé par des confrères parisiens, du journal à trois voix: des journalistes, des experts (ou, si l’on péfère des hommes et femmes de l’art), des internautes.
Nous contacter
PHVsPjwvdWw+