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La pépinière et les champignons des maladies du bois


La technique de greffage en vert permet d’obtenir des plants dans lesquels aucun champignon des maladies du bois n’a pu être détecté.

C’est le principal résultat d’une étude IFV effectuée pendant deux années consécutives (2010, 2011) qui a porté sur l’analyse microbiologique de greffes-boutures herbacées élevées en serre. Ces plantes étaient produites à partir de vignes-mères de porte-greffes et de vignes-mères de greffons cultivées en serre, par conséquent non soumises, aux contaminations observées dans le vignoble.

Bien que le transfert de cette technique aux conditions réelles de production reste probablement délicat, la disponibilité d’une telle méthode de production apparaît très intéressante dans un cadre plus général de recherche sur les maladies du bois.

Elle rend possible en effet la mise en place et le suivi dans le temps de parcelles issues de matériel végétal sain, implantées dans différents environnements (vignoble, autre), dans le but de mieux connaître le rôle des jeunes plants dans l’épidémiologie de la maladie.

Un tel dispositif permettrait ainsi de mesurer la vitesse à laquelle une jeune parcelle est contaminée par les champignons associés aux maladies du bois. En effet, à ce jour, personne ne peut affirmer que des plants infectés en sortie de pépinière manifestent plus rapidement des symptômes des maladies du bois que des plants exempts de champignons pathogènes.

A rappeler que les premiers symptômes foliaires apparaissent le plus souvent au minimum sept ou huit années après la plantation.

Porte-greffes sous serre herbacée (P. Bloy)

Porte-greffes sous serre herbacée (P. Bloy)

De nombreux travaux déjà effectués par l’IFV

Cette étude financée par le Ministère de l’Agriculture, de  l’Agroalimentaire et de la Forêt dans le cadre de l’appel à projets CASDAR (2010 – 2012), fait suite à de nombreux travaux déjà  effectués par l’IFV en collaboration avec les pépiniéristes et les Chambres d’agriculture.

Ces travaux, financés par FranceAgriMer et par les régions PACA et Midi-Pyrénées, avaient permis de mettre en évidence la présence des champignons dans le matériel végétal, d’identifier leurs sources d’inoculum (surface du matériel végétal), et de définir les étapes-clés de contamination des plants au cours de leur élaboration, à savoir la stratification et l’élevage au champ.

La première étape se déroule dans des conditions très humides et à des températures chaudes (de l’ordre de 28°C), conditions nécessaires pour la callogénèse mais également favorables au développement de ces champignons. Ceux-ci colonisent non seulement les greffes-boutures en surface mais également y pénètrent par les plaies effectuées lors du greffage, du débitage et de l’éborgnage des porte-greffes.

Quant à la deuxième étape-clé, elle pose de nombreuses questions sur l’origine des contaminations observées. Proviennent-elles des plants ou du milieu environnant ?

La notion de qualité

Ces dernières années, les recherches ont porté sur les méthodes de désinfection du matériel végétal destinées à éviter les contaminations observées lors de la fabrication des plants. Parmi tous les traitements testés par l’IFV, aucun n’a permis d’améliorer la « qualité » des plants en sortie de pépinière.

La notion de qualité étant définie dans ce cas par une absence ou une très faible présence des champignons liés aux maladies du bois. Actuellement, seul le traitement à l’eau chaude* effectué dans les conditions de lutte contre le phytoplasme de la flavescence dorée (50°C, 45 min) donne des résultats satisfaisants lorsqu’il est appliqué sur les plants car il est efficace à l’égard de la plupart de ces champignons.

Cependant, il n’est pas suffisant pour garantir leur absence totale dans les greffés-soudés, car certains de ces agents pathogènes y sont insensibles. Seul le suivi de parcelles traitées (en cours), comparées à des parcelles n’ayant pas subi ce traitement, permettra d’apporter une réponse définitive sur un éventuel impact au vignoble, par exemple en termes de réduction ou de retard d’apparition des symptômes.

*Le traitement à l’eau chaude présente l’avantage d’être performant sur d’autres micro-organismes impliqués dans d’autres maladies telles la nécrose bactérienne, le  Bois noir, la Flavescence dorée…

Philippe Larignon, Chef de Projet maladies du bois, IFV, Pôle Rhône-Méditerranée

Pascal Bloy, Responsable du Pôle Matériel Végétal de l’IFV

Plant en pot issu de greffe-bouture herbacée (P. Bloy)

Plant en pot issu de greffe-bouture herbacée (P. Bloy)

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Viticulture: Les mastics à base de goudron de pin, très bonne protection des plaies de taille face à l’agent de l’eutypiose


Les mastics à base de goudron de pin les plus performants pour protéger les plaies de taille
Les études menées par l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV) montrent la très bonne efficacité des mastics à base de goudron de pin pour protéger les plaies de taille face à l’agent de l’eutypiose.

Les mastics à base de goudron de pin assurent une très bonne protection des plaies de taille face à l’agent de l’eutypiose, lorsque les contaminations ont lieu le lendemain ou quinze jours après la protection. C’est le principal résultat d’une étude IFV menée au vignoble pendant deux années consécutives (2010, 2011), qui a porté sur la comparaison de différents badigeons vendus dans le commerce en protection des plaies de taille et de produits à protection hydrofuge comme les lasures. Les tests ont été effectués à deux périodes de taille, l’une précoce (décembre) et l’autre plus tardivement (février).

Les plaies protégées par les badigeons ont été ensuite inoculées de manière artificielle en période pluvieuse par les unités contaminatrices du champignon de l’eutypiose le lendemain ou quinze jours après la protection. Comparés au produit Escudo constitué de flusilazole et de carbendazime, qui fut interdit en raison de sa toxicité, les goudrons de pin présentent une efficacité équivalente, voire meilleure lorsque les plaies subissent des niveaux de pluie importants.

Les autres produits testés, comme les lasures ou ceux constitués d’huiles végétales et de résines, présentent des efficacités beaucoup plus faibles, voire nulles. Même si visuellement l’état de la plupart de ces différents badigeons paraît être de meilleure tenue plusieurs mois après la protection que les goudrons de pin, ils ne permettent pas cependant une protection aussi efficace.

plaies

Les goudrons de pin restent la meilleure façon de protéger les plaies de taille à l’égard du champignon de l’eutypiose

La pulvérisation, technique séduisante, mais illusoire
Cette étude fait suite aux travaux de l’IFV montrant que la protection des plaies de taille par une substance active appliquée par pulvérisation est illusoire. En effet, contrairement au badigeonnage, la pulvérisation d’un produit n’apporte jamais suffisamment de matière active sur une plaie de taille pour empêcher le développement du champignon de l’eutypiose, surtout s’il est localisé profondément dans les vaisseaux après la contamination.

Déjà en quantités insuffisantes au niveau des tissus ligneux sous-jacents à la plaie de taille, la matière active se retrouve en de plus faibles quantités encore au moment des périodes de contamination, car le produit est dilué par les pluies.

La prophylaxie, mesure indispensable pour lutter contre l’eutypiose

Le badigeonnage des plaies, notamment par les goudrons de pin, reste donc la meilleure façon de protéger les plaies de taille à l’égard du champignon de l’eutypiose. La taille tardive, plus particulièrement celle réalisée en période des pleurs, permet d’éviter également les contaminations.

Ces mesures doivent être impérativement accompagnées par une prophylaxie soignée. Effectuée avant chaque période de taille, elle consiste à éliminer tout cep mort, toute partie de la plante morte (bras, cornes) et tout cep manifestant des symptômes d’eutypiose sur la partie herbacée pendant la période végétative (rabougrissement des rameaux).

Tous ces ceps peuvent héberger le champignon qui, deux heures après le début d’une pluie, se dissémine et peut contaminer les plaies de taille environnantes.

Philippe Larignon, Chef de Projet maladies du bois, IFV, Pôle Rhône-Méditerranée
Réalisée grâce à la participation financière de FranceAgriMer et du Casdar.

eutyp

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Maladies du bois de la vigne : pas de transmission des champignons du BDA par les outils de taille


Les contaminations des plaies de taille par l’un des agents du Black dead arm (Diplodia seriata) ne se font pas par les outils de taille comme l’indique une étude* menée par l’IFV pendant quatre années consécutives (2005 à 2008) dans le vignoble du sud-est de la France.

Les analyses microbiologiques réalisées sur les plaies de taille à différentes périodes  n’ont en effet jamais montré une présence plus importante du champignon dans les coursons en absence de pluie. Le champignon a été plus souvent trouvé dans les tissus sous-jacents à la plaie de taille après une période pluvieuse. Cette étude a également montré que les contaminations se déroulent le plus souvent après la période des pleurs.

Les conditions climatiques leur étant favorables seraient une température moyenne supérieure à 10°C avec une température maximale d’au moins 16°C accompagnée d’une période pluvieuse. Les unités contaminatrices libérées par les pycnides (sources d’inoculum du champignon) situés sur le cep (tronc, bras, anciennes plaies de taille) ou sur les sarments laissés au sol sont responsables des contaminations observées sur les plaies de taille.

Sa présence dans les sarments non taillés aurait plusieurs origines. Le champignon infecterait les rameaux herbacés par des blessures occasionnées lors de différentes pratiques culturales pendant la période végétative de la plante jusqu’à la chute des feuilles ou il se développerait dans les tissus ligneux pour atteindre les rameaux herbacés ou sarments à partir du plus vieux bois.

Eliminer les sources d’inoculum

D’autres études menées par l’IFV, l’INRA de Montpellier et de Bordeaux avaient déjà montré que les champignons associés à l’esca et à l’eutypiose ne se propageaient pas par les outils de taille. Toutes ces observations montrent qu’il n’est pas nécessaire de les désinfecter pour lutter contre le Black dead arm et les autres maladies du bois (eutypiose, esca).

Cette désinfection ne doit être réalisée que sur les parcelles atteintes par la nécrose bactérienne pour éviter la propagation de la bactérie responsable.

Pour les maladies du bois, il est indispensable d’enlever les souches mortes, les parties mortes de ceps avant chaque période de taille car les sources d’inoculum présentes sur de telles souches peuvent libérer pendant les pluies des spores qui contaminent les plaies de taille.

Philippe Larignon, Chef de Projet maladies du bois, IFV, Pôle Rhône-Méditerranée

*Réalisée grâce à la participation financière de FranceAgriMer et du Casdar.

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Sources d’inoculum de Diplodia seriata sur le tronc.

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Sources d’inoculum de Diplodia seriata sur un sarment laissé sur le sol

SEC 3

Sources d’inoculum de Diplodia seriata sur une plaie de taille

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