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COP21 : l’agriculture et la forêt en première ligne pour le climat


La 21ème Conférence de l’ONU pour lutter contre les changements climatiques (COP21) se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015.

cop21Grâce aux pratiques innovantes et à leur grande capacité de stockage du carbone, l’agriculture et la forêt sont en première ligne.

La COP21 sera ainsi l’occasion de démontrer que l’agriculture, parfois montrée du doigt, constitue l’un des principaux leviers pour lutter contre le réchauffement climatique.

Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, a notamment fait de la question des sols vivants (initiative dite du « 4 pour 1000″) un enjeu central que la France portera au cours des négociations.

QU’EST-CE QUE LA COP21 ?
Du 30 novembre au 11 décembre 2015 sur le site de Paris-Le Bourget, la France
accueille la COP21, la 21ème Conférence des parties à la convention-cadre des
Nations unies sur les changements climatiques. La COP21 est le plus grand
événement diplomatique jamais accueilli par la France, qui rassemblera 196
signataires et accueillera plus de 40 000 personnes sur le site de Paris-Le
Bourget.

Qu’est-ce qu’une COP ?

La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a été adoptée au cours du
sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992. Cette Convention-cadre est une convention universelle de
principe qui reconnaît l’existence d’un changement climatique d’origine humaine et donne aux pays industrialisés
le primat de la responsabilité pour lutter contre ce phénomène.
La Conférence des parties (COP), composée de tous les États « parties », constitue l’organe suprême de la
Convention. Elle se réunit chaque année lors de conférences mondiales où sont prises des décisions pour
respecter les objectifs de lutte contre les changements climatiques. La COP qui se tiendra à Paris sera la 21e,
d’où le nom de « COP21 ». Elle rassemble des représentants gouvernementaux de tous les pays signataires de
la CCNUCC. Les divers pays sont représentés par des délégations de négociateurs et différents ministres. La
France, par exemple, est représentée par une équipe de négociation interministérielle composée d’experts
venant de plusieurs ministères, dont le ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt. Les
organisations internationales peuvent prendre part à la COP en tant qu’observateurs, tout comme les ONG
(organisations non gouvernementales) et les représentants de la société civile. Ils participent alors aux réunions
ouvertes (sessions plénières et groupes de contact).

Comment se déroule une COP ?

La COP dure en général deux semaines, même si elle peut parfois être prolongée d’un ou plusieurs jours.
Beaucoup de négociations se jouent à la fin de la COP, au terme de longues nuits de débats entre les différentes
parties. Les journées sont rythmées par les différentes sessions de négociations. Des réunions sont aussi
organisées avec la société civile et les négociateurs peuvent prendre part à des side-events, conférences
thématiques en marge de la COP destinées à apporter un éclairage sur un sujet particulier.

Quelles sont les objectifs de la France pour la COP 21 ?

Les gaz à effet de serre ont longtemps été émis principalement par les
pays développés, mais les pays émergents et en développement les ont
désormais dépassés. Afin que le régime climatique reflète ce nouveau
contexte international, la conférence sur le climat de Durban en 2011 a
fixé un mandat clair aux 196 parties à la CCNUCC : parvenir en 2015 à
l’adoption d’un nouvel accord sur le climat applicable à tous les pays et
qui entrera en vigueur en 2020. Pour garantir son universalité, chaque
État doit soumettre cette année une « contribution » à l’accord.
L’objectif de la COP21 est de définir un cadre d’action permettant de
contenir le réchauffement moyen en dessous de 1,5 ou 2°C, d’adapter les sociétés aux dérèglements
climatiques et de favoriser un développement sobre en carbone avec la participation de toutes les parties.

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Extrêmes climatiques dans le monde et réchauffement :


Entre chaleur excessive et grand froid, sécheresse et inondations, le climat de notre planète semble perdre le
nord. Une impression ou une réalité ? Faut-il relier ces phénomènes au « changement climatique » ? MeteoNews
va apporter quelques réponses à ces questions.

En Australie, c’est la fournaise après quatre mois de températures déjà anormalement élevées. Une période de
canicule historique se déroule dans le pays dans un contexte très sec. Du coup, des incendies monstrueux ravagent le sud du pays. Dans le même temps, le cyclone de catégorie 3 Narelle occasionne une nette dégradation sur les côtes ouest du pays. Une tempête de sable a d’ailleurs précédé l’arrivée du cyclone sur l’Australie Occidentale.

Cela fait beaucoup d’événements météorologiques, même pour un pays aussi étendu que l’Australie. Le
« réchauffement climatique » y-est t’ il pour quelque chose ? Peut-être, mais rien n’est sûr. Il est vrai que les
températures atteintes ces derniers jours (jusqu’à 54 degrés à l’ombre dans les zones désertiques, 43 degrés dans la capitale) ont battu des records, du jamais vu depuis les premiers relevés météo il y a plus d’un siècle. Cette canicule 2013, de plus, survient quatre ans seulement après un épisode caniculaire déjà remarquable durant l’été austral 2008/2009.

Un événement météo isolé ne peut pas être une preuve du réchauffement climatique, mais sa répétition anormale, en revanche, peut inscrire dans ce contexte. Mais nous manquons encore de recul pour être catégorique sur ce point, la météo moderne et la climatologie étant des sciences récentes.

Cyclones et tempêtes de sable se produisent régulièrement en Australie et font partie de la variabilité naturelle de son climat.

Et le Proche-Orient grelotte

Depuis 4 à 5 jours, une vague de froid et d’intempéries secoue le Proche-Orient. Outre des fortes pluies et des inondations, la neige a surpris aussi bien au Liban qu’en Israël, en Syrie, en Jordanie, dans les Territoires Palestiniens et même jusqu’en Arabie Saoudite.

Neige d’ailleurs très abondante notamment du côté de Jérusalem (10 à 15 cm) où de telles quantités ne s’étaient pas vues depuis 10 à 20 ans. Pas de records donc dans cette partie du monde, mais des phénomènes assez rares qui sèment rapidement la pagaille dans ces pays peu habitués à des conditions météo de ce type.

Et ailleurs ?

L’hiver tarde à venir en Europe occidentale, mais les prévisions annoncent sa venue dès dimanche. En attendant, une douceur remarquable mais non exceptionnelle nous concerne depuis un mois.

Si le froid est désormais raisonnable en Russie et en Europe de l’Est, ces contrées ont connu une vague de froid remarquable en décembre, avec des pointes à moins de -50 degrés localement en Russie (mais pas de records battus).

De l’autre côté de l’Atlantique, après d’importantes chutes de neige, un bref mais intense appel d’air chaud occasionne une hausse spectaculaire des thermomètres de l’est des Etats-Unis au Québec où les valeurs dépassent leurs normales de 10 à 20 degrés ! En attendant la rechute et le retour de la neige 24 à 48 heures plus tard !

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Coup de chaleur sur le vin


Coup de chaleur sur le vin

FR3: mercredi 12 octobre 0h50

On le sait peu, mais la vigne est un excellent marqueur climatique, au même titre que la forêt, la banquise ou la couche d’ozone. Il est aujourd’hui admis par une grande majorité de scientifiques et d’observateurs que le réchauffement climatique est une réalité et que tout notre écosystème est en danger.

Au délà de l’effet de mode des causes environnementales et indépendamment de la médiatisation du sommet de Copenhague, « Coup de chaleur sur le vin » se penche sur un exemple concret d’incidences directes du changement climatique sur un produit de grande consommation : le vin.

Ce film analyse ainsi l’état de santé de l’industrie viticole et appréhende au travers de plusieurs pays producteurs de vin, les bouleversements économiques, sociaux et culturels, causés par ce réchauffement climatique global et irrémédiable, et te,te de répondre à cette question qui pourrait ébranler nos habitudes : le vin que nous buvons aujourd’hui existera-t-il dans cinquante ans ?

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Le carbone, ennemi public numéro 1


Le réchauffement de la planète est d’ores et déjà une réalité inquiétante. Notre ennemi public n° 1 est bien le CO2. Si le réchauffement climatique se poursuit au rythme actuel, le dioxyde de carbone pourrait bien rendre notre terre de plus en plus inhospitalière.

L’homme réussira-t-il à limiter ses émissions de gaz à effet de serre et à quel prix ? La communauté internationale parviendra-t-elle à s’entendre pour éviter le pire?

Et si, en définitive, le réchauffement de la planète devenait une chance pour l’avenir de l’humanité? Ce film aide à comprendre les obstacles, propose des solutions et ouvre les débats essentiels afin que notre planète puisse avoir un avenir.

France5: 20h35, Documentaire de 53′ écrit et réalisé par Nicolas Koutsikas, et produit par Georama TV.

Rediffusions

- Dimanche 11 Juillet – 15:37

- Jeudi 22 Juillet – 15:51

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Des toits verts dans la ville


La lutte engagée contre le réchauffement climatique a d’ores et déjà produit un éventail assez large de solutions alternatives, effectives ou en gestation. Pour le cas des villes comme Grenoble,  soumises à l’effet d’ilôt de chaleur urbain (ICU) dû à l’importance des surfaces minérales absorbant la chaleur, la végétalisation des toitures (les toitures plates en priorité) est présentée par la Metro 38, dans la notice qu’elle a récemment éditée sur ce sujet, comme un levier intéressant pour lutter contre l’ozone et rafraîchir l’atmosphère. (1)

Ce n’est en aucun cas une innovation : cette technique est utilisée depuis des siècles en raison de ses performances, tant contre le froid (Scandinavie, Islande) que contre la chaleur (Tanzanie, Turquie, Mongolie).

L’atmosphère de « la cuvette grenobloise », souvent étouffante en période estivale, ne pourrait qu’y gagner… en perdant, dans le meilleur des cas, quelques degrés centigrades. Trouver de nouveaux espaces à végétaliser en espace urbain contraint reste cependant une mission difficile.

Végétal contre minéral

La Métro 38 (communauté d’agglomération Grenoble-Alpes métropole) qui a initié en 2005 un plan Climat et mis en place un Observatoire (voir notre article précédent), explore cette voie, la végétalisation des toits urbains pouvant  éviter l’absorption de rayonnements solaires par des surfaces minérales les restituant sous forme de chaleur. La notice présentant les tenants et aboutissants de cette technique, souligne entre autres que ces surfaces végétales contribuent à fixer les polluants atmosphériques tels que particules, métaux lourds et composés organiques volatiles.

toitvegetalCette technique permet en outre :

-      d’améliorer le confort thermique à l’intérieur des bâtiments, par son effet isolant (économie d’énergie, isolation acoustique, résistance au feu, entre autres)

-      de faire de la rétention des eaux pluviales, restituées par évaporation et par évacuation au réseau, de manière différée.

-      d’augmenter la durée de vie de l’étanchéité par limitation des chocs thermiques

En 2005, 1% des toitures françaises étaient végétalisées (ADIVET) contre 10% des toits allemands. Pourtant, la progression est significative.

L’ADIVET, l’association des toitures végétales, à l’occasion de son AG du 18 mars 2009, signalait que malgré la crise, le marché de la végétalisation des toitures ne cesse,depuis 2004, de stimuler la progression du développement durable dans la construction.

toit vert2

« Avec une progression en 2008 supérieure à 50 %, la France prend enfin conscience des avantages environnementaux des toitures végétales », commentait l’ADIVET. « Cette évolution est très encourageante. Le travail de promotion des toitures végétales réalisé depuis plusieurs années porte ses fruits. Grâce aux maîtres d’oeuvre et aux maîtres d’ouvrage éco-responsables, la technique se généralise sur tous les types de construction » (2).

Le Centre technique du pays Voironnais a eu recours à la végétalisation extensive pour couvrir 2700m2 de garages. Il s’agit de toits en pente (19°) orientés au nord et plantés d’un mélange de sédum. Le coût est de l’ordre de 117€/m2.

Les inconvénients

L’Agence d’urbanisme de la région grenobloise les a recensés. Ils sont de quatre ordres :

- le coût : le surcoût de l’installation peut être  important mais il est en partie compensé par les gains énergétiques réalisés

- le poids : le poids du substrat végétal peut être un facteur limitant, surtout pour la végétalisation intensive (200 à 1000kg/m2)

- le risque d’incendie : dans des conditions de sécheresse prolongée, certaines plantes du toit, comme les graminées, peuvent être une source d’incendies.

- l’humidité : dans les régions très arrosées, un toit végétalisé peut contribuer à augmenter l’humidité de l’habitat

……………………………………………………….

(1) Une campagne de mesures menée par Grenoble a permis d’évaluer des écarts conséquents de température entre zones urbaines et périurbaines. Ils sont, par exemple, de l’ordre de 5°C en moyenne la nuit entre les quartiers centraux et minéraux de la ville de Grenoble et Le Versoud.

(2) A Paris, les toits végétalisés sont intégrés au PLU comme une solution de verdissement de l’espace urbain.

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Troisième conférence sur le climat


Il s’agira en particulier de définir les éléments clés constitutifs d’un cadre mondial pour les services climatologiques.

«Jusqu’à maintenant, la fourniture d’informations sur le climat à certains secteurs s’est faite au cas par cas.  Or, nous avons besoin d’une structure en bonne et due forme sur laquelle tout le monde puisse compter pour accéder à des informations indispensables pour la protection des personnes et des biens et la sauvegarde de l’économie», a déclaré M. Michel Jarraud, Secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale, qui convoque la CMC-3 avec ses partenaires et la Suisse, pays hôte de la Conférence.

«Le Cadre mondial servira cet objectif en stimulant les observations et les travaux de recherche nécessaires à la surveillance du climat et en facilitant la conception de produits et de services ciblés sur les différents secteurs et les différentes régions et facilement accessibles aux intéressés.»

En fournissant des informations et des prévisions climatologiques aux décideurs de tous les pays, le Cadre mondial vise à réduire les pertes causées par les phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes tels que les vagues de chaleur, les tempêtes de sable, les cyclones, les sécheresses et les inondations.  Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat prévoit que ces extrêmes deviendront plus fréquents et plus marqués à la faveur du réchauffement climatique.

«Les phénomènes météorologiques extrêmes et l’évolution des conditions climatiques nous concernent tous et se traduisent souvent par de lourdes pertes, voire par des catastrophes humanitaires», a souligné M. Hans-Rudolf Merz, Président de la Confédération suisse, qui a ouvert la Conférence le 31 août.  «La troisième Conférence mondiale sur le climat a pour objectif d’éviter ces catastrophes et de fournir aux pouvoirs publics les informations et les moyens nécessaires – prévisions de précipitations, cartes de risques, systèmes d’alerte rapide, prévisions à longue échéance concernant l’environnement, etc.  Les prévisions climatiques destinées aux décideurs doivent être adaptées aux spécificités des secteurs correspondants telles que la sécurité alimentaire, la gestion de l’eau, la santé et le tourisme.»

Le segment expert de la CMC-3, réunira des climatologues et des spécialistes provenant de divers secteurs touchés par le climat et apportera de ce fait une contribution capitale au Cadre mondial.  Lors de la cérémonie d’ouverture, le Président de l’OMM, M.Alexandre Bedritsky, qui préside aussi le segment expert, s’est adressé aux participants en ces termes: «Les exposés présentés par des climatologues, des prestataires de services, des experts dans les domaines de l’alimentation, de l’eau, de l’énergie, de la prévention des catastrophes, du tourisme, des transports et de l’environnement permettront de dégager des priorités, s’agissant de la conception de services climatologiques ciblés, et de brosser un tableau précis de la situation, tant à l’échelle nationale qu’à l’échelle régionale, concernant les observations, la recherche et les évaluations.»

Tous les pays ainsi que le système des Nations Unies et d’innombrables partenaires internationaux devront participer à la mise sur pied du Cadre mondial pour les services climatologiques, qui sera examiné lors du segment de haut niveau (3 et 4 septembre) par une quinzaine de chefs d’État et de gouvernement, plus de 80 ministres et les délégations de plus de 150 pays.

«Nous sommes confrontés à une tâche immense, à laquelle nous ne saurions nous dérober, qui consiste à préparer le terrain en vue de donner à tous les pays, à tous les secteurs et, d’une manière générale, à tous ceux qui subissent les conséquences de la variabilité du climat et des changements climatiques les moyens de prendre des mesures décisives pour s’adapter à la transformation de leur environnement», a déclaré MmeGro Harlem Brundtland, Envoyée spéciale du Secrétaire général de l’ONU pour le changement climatique.  «Pour entreprendre cette tâche, nous ne pourrons pas nous appuyer uniquement sur des projets isolés ou sur l’action menée par tel ou tel organisme.  La communauté internationale doit s’unir pour rendre accessibles à tous les informations scientifiques sur le climat.»

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Le massif alpin face au changement climatique


Encore combien de temps, les neiges éternelles?  Le massif alpin présente une vulnérabilité particulière où le réchauffement pourrait affecter toutes les politiques de développement

Ca va chauffer. Ca a même bien commencé. Et les acteurs du massif alpin, massif souvent présenté comme plus vulnérable que d’autres, auraient tort de tergiverser, de gagner du temps ou de minimiser les effets de ce changement climatique planétaire. Il est temps de passer à l’action, de s’adapter, d’anticiper.
C’est l’un des enseignements que l’on peut tirer de la journée de réflexion et d’échanges qui s’est déroulée dans l’hémicycle du Conseil général de l’Isère (où la climatisation était en marche) sur le thème de «l’adaptation au changement climatique : un défi pour les acteurs du massif alpin » . Des acteurs qui étaient venus en nombre des départements concernés pour  participer à cette journée à l’initiative du Comité de massi des Alpes. L’après-midi, deux tables rondes, l’une centrée sur le témoignage d’acteurs engagés, l’autre sur les politiques publiques, a donné lieu à des débats soutenus.

Michel Bouvard, président de la Commission permanente du Comité de massif des Alpes, qui joue un rôle de veille permanente, a souligné en préambule les dangers d’une raréfaction de la ressource en eau qui se manifeste aujourd’hui, entre autres, par « des conflits d’usages de plus en plus fréquents ».

L’état des lieux fait ensuite par Marie-Antoinette Melieres, professeur à l’UJF Grenoble, graphiques à l’appui, a confirmé que l’heure n’était plus à la polémique sur la réalité du phénomène : « La terre se réchauffe,  la température a pris un degré de plus, en moyenne, entre 1900 et 2000 ». Un phénomène mondial qui apparaît comme irréversible, sans appel : « C’est terrible ce que je vous dis, mais dans les deux prochaines décennies, le réchauffement est inscrit, quel que soit le scénario ». Quant aux glaciers, on apprend que leur destin, est écrit lui aussi, et ce depuis des lustres : « Même en l’absence de gaz à effet de serre, tous les glaciers continueraient à régresser, souligne l’universitaire : ils ne sont plus à l’équilibre ».(1) « Tous les scénarios du GIEC (2), ajoute t-elle, montrent que l’on est sur la branche la plus pessimiste des effets de serre ».

De quoi nourrir quelques inquiétudes. C’est le moins que l’on puisse dire. La présentation par Emmanuelle Marcelpoil (CEMAGREF Grenoble) de l’enquête (3) réalisée auprès d’une trentaine d’acteurs, de l’aménagement et du développement du massif alpin, montre pourtant que même s’il n’y a pas de contestation du phénomène ,« des interrogations, parfois le scepticisme, demeurent sur les effets probables du changement climatique et sur les échéances. C’est d’une certaine manière un phénomène qui apparaît encore lointain dans le temps et dans l’espace ». Bref, certains essaient de gagner du temps, de se convaincre que « d’autres seront touchés avant nous ».

Les tendances de long terme peuvent être masquées par des évolutions de court terme ou des événements ponctuels: un hiver bien enneigé comme l’hiver 2008-2009 peut contribuer à semer le doute

Plus 1,4 à 5,8°C d’ici 2100

Si l’on se réfère au rapport du GIEC, il faut s’attendre à ce qu’à l’horizon 2100, l’augmentation de la température de la planète se situera entre 1,4°C et 5,8°C, selon la croissance économique, l’augmentation de la population et la partie de la planète concernée. L’enquête en question a dressé une liste des évolutions envisageables pour le territoire alpin, avec:
• Une réduction du manteau neigeux et une perte possible d’attractivité des sports d’hiver
• Une diminution sensible du nombre de jours avec neige au sol en dessous de 1500m d’altitude
• Une augmentation des risques naturels
• Une agriculture impactée par le manque d’eau, des événements extrêmes et le développement d’insectes nuisibles
• Une forêt affectée par l’accroissement de la période de végétation, la sécheresse et les incendies, le remplacement des conifères par les feuillus, le report des espèces vers le nord
• Une augmentation des précipitations en hiver et une diminution en été, des risques accrus d’inondation
• Une plus grande dépendance par rapport aux énergies émettrices de gaz à effet de serre
• Un accroissement des émissions de cO2 par les déplacements automobiles

Passer à l’action

Bref, un insupportable catalogue de calamités qui ne peut qu’inciter chacun à passer à l’action quand il est encore temps.
Des initiatives, des outils, des politiques se mettent en place à tous les échelons (Etat, Région, départements, communes, associations, etc.) témoignant d’une prise de conscience largement partagée. Citons parmi les éléments moteur la Convention alpine, la CIPRA (Commission internationale sur l’avenir des Alpes), l’ANEM (association des élus de la montagne), mais aussi l’ANMSM (association nationale des maires des stations de montagne), les PNR, la METRO et l’agglomération de Chambéry qui ont mis en œuvre des plans climat territoriaux, des associations comme Moutain Wilderness qui milite depuis toujours en faveur de pratiques respectueuses de la montagne et de l’environnement, Mountain Riders, qui s’attache notamment à sensibiliser les stations au développement durable, et beaucoup d’autres.

Reste que, dans la hiérarchie des préoccupations, certains acteurs du massif alpin interrogés dans le cadre de l’enquête mentionnée précédemment, placent le changement climatique après l’action sur le foncier et l’habitat, l’évolution des clientèles, la rareté ou le prix de l’énergie.

Tous les rapports, toutes les enquêtes vont dans le sens  de l’urgence de s’adapter, d’anticiper : « Quelle que soit l’efficacité des politiques d’atténuation, souligne Emmanuelle Marcelpoil, « une élévation de la température, de l’ordre de 2° semble inéluctable à l’horizon 2050. Il convient donc d’en anticiper les effets ». En ne se contentant pas de brancher la clim !  (c’est de l’humour !).

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(1) Une étude réalisée notamment par des chercheurs du Laboratoire de glaciologie et géophysique de l’environnement (LGGE, CNRS / Université Grenoble 1) montre que le réchauffement climatique a un impact fort sur les glaciers de montagne.
Elle concerne le glacier de Saint-Sorlin (Massif des grandes Rousses, 3400 m d’altitude). Une simulation de l’évolution de ce glacier au cours du XXIe siècle, réalisée dans le cadre du scénario B1 du GIEC sur les émissions futures des gaz à effet de serre, montre que, malgré un scénario climatique relativement optimiste (+1,8°C d’ici 2100), il devrait avoir pratiquement disparu en 2060, laissant augurer une destinée analogue pour l’ensemble des petits glaciers des Alpes situés à basse ou moyenne altitude.

(2) Les experts du Groupe Intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ont rendu public leur dernier diagnostic en février 2007à Paris : pour les scientifiques, le réchauffement climatique se dessine de plus en plus précisément et il ne fait plus guère de doute que les activités humaines en sont la cause.

(3) Etude réalisée en 2008 pour le Commissariat de massif par Emmanuelle Marcelpoil (UJF Grenoble)l, Robert Mugnier (MDP73-Le Bourget-du-Lac et Philippe Langevin (Université de la Méditerranée-Marseille) avec le concours d’Emeline Hatt, stagiaire

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