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Avant-pays savoyard-Chartreuse


S’étalant sur l’extrémité ouest du département de la Savoie et le cœur du massif de la Chartreuse, l’Avant-pays savoyard-Chartreuse forme un territoire préalpin sous l’influence croissante de Chambéry et de Grenoble.

De nombreux habitants en provenance de ces deux agglomérations s’y installent. Cet essor démographique, associé à des modes d’habitat consommateurs d’espace, place la maîtrise de l’urbanisation au cœur des réflexions stratégiques actuelles sur l’avenir du territoire.

L’arrivée massive de jeunes ménages, souvent qualifiés, modifie sensiblement le profil de la population. Toutefois, l’emploi local ne se développe pas avec la même dynamique et, désormais, environ 60 % des actifs travaillent quotidiennement en dehors du territoire.

Si ces déplacements sont le gage d’un accès plus large aux commerces et équipements pour une partie des habitants, l’adaptation d’une offre de services adaptée au renouvellement démographique demeure un enjeu pour les acteurs locaux.

Un territoire rural, au carrefour d’influences urbaines

L’Avant-pays savoyard-Chartreuse comprend, au sud, la majeure partie du massif de la Chartreuse, et dans sa partie nord, des paysages moins montagneux et plus variés, séparés de l’agglomération chambérienne par la chaîne de l’Épine à l’est.

Il renvoie l’image d’un territoire rural, composé de petits bourgs et de nombreux villages. Couvert à 57 % par des forêts et milieux semi-naturels et à 39 % par des terres agricoles, il reste peu densément peuplé. En 2011, il compte près de 41 000 habitants répartis sur 46 communes de Savoie et 7 communes d’Isère. Saint-Laurent-du-Pont, la plus peuplée, n’en abrite que 4 500.

En dépit de sa physionomie rurale, l’Avant-pays savoyard-Chartreuse se développe comme un territoire périurbain : 98 % de sa population vit aujourd’hui sous l’influence des pôles économiques environnants. Les secteurs de Pont-de-Beauvoisin et de Saint-Genix-sur-Guiers, situés au cœur d’un axe stratégique Lyon-Chambéry, bénéficient d’une bonne desserte autoroutière et ferroviaire.

Ils constituent des espaces ouverts sur la région lyonnaise et le sillon alpin. Dans la partie sud-est, l’accessibilité est plus limitée pour les communes de montagne, entourées de sommets dépassant parfois 2 000 mètres d’altitude.

Une vitalité démographique exceptionnelle, nourrie par des migrations de proximité

Après une période de stabilité, les années 1970 marquent un tournant dans l’histoire démographique du territoire, avec la mise en service de l’autoroute A43 et l’ouverture du tunnel de l’Épine situé à proximité.

La population de l’Avant-pays savoyard-Chartreuse commence à augmenter dès 1975, mais sa progression s’accélère nettement depuis le début des années 2000. De 1999 à 2011, le territoire gagné 7 700 habitants (+ 21 %), ce qui est considérable.

La zone rurale de comparaison, qui connaît dans son ensemble un fort dynamisme démographique, voit dans le même temps sa population croître de 16 %.

Si les tendances démographiques récentes se maintiennent, l’Avant-pays savoyard-Chartreuse devrait en effet accueillir 15 000 habitants supplémentaires d’ici 2040.

Des déplacements domicile-travail dominés par l’attraction de Chambéry et Grenoble

Vis-à-vis de l’emploi, l’Avant-pays savoyard-Chartreuse est de plus en plus dépendant des grandes agglomérations proches. Depuis 1999, le nombre d’actifs a augmenté de 31 %, tandis que l’emploi local a progressé deux fois moins vite.

Le territoire n’offre ainsi que 61 emplois pour 100 travailleurs présents, soit 20 de moins que dans la zone de comparaison. De ce déséquilibre grandissant résultent des flux de plus en plus nombreux en direction des pôles d’emploi voisins (+ 13 %). Dès lors, 45 % des sortants se rendent quotidiennement dans l’agglomération de Chambéry et 30 % dans celle de Grenoble.

Près de six actifs résidents sur dix occupent leur emploi hors de la zone, et cette propension est encore plus élevée pour certaines catégories sociales. C’est par exemple le cas de plus de trois cadres sur quatre. Les navetteurs ont souvent élu domicile dans des communes offrant un accès rapide aux agglomérations dans lesquelles ils ont conservé leur emploi.

Ils parcourent de ce fait des distances plus courtes que ceux de la zone de comparaison. L’automobile reste largement plébiscitée, pour des déplacements internes comme externes, générant en conséquence des émissions de CO2 par personne relativement importantes.

Globalement, le taux de chômage (tel qu’il peut être appréhendé par le Recensement de la population) reste contenu. En 2011, 8,5 % des actifs déclarent rechercher un emploi, soit 2,3 points de moins que dans la zone de comparaison.

Un emploi soutenu par la dynamique résidentielle

La composition du tissu productif en Avant-pays savoyard-Chartreuse est similaire à celle observée dans la zone de référence. Les activités tertiaires prédominent. Au fil du temps, elles ont pris le pas sur l’industrie et soutiennent désormais largement l’économie locale. Dopée par l’urbanisation du territoire, la construction a elle aussi été fortement créatrice en établissements ainsi qu’en emplois. Ces derniers ont crû de 32 % entre 1999 et 2011.

L’accueil de nouveaux résidents a alimenté le développement de l’économie présentielle (bâtiment, santé, commerces, services de proximité…). Celle-ci représente aujourd’hui 64 % des emplois, contre 58 % en 1999 et 39 % en 1975. Le commerce et la réparation automobile concentrent les plus gros effectifs (1 400 personnes), suivis par l’hébergement médico-social et l’action sociale (1 200), particulièrement bien ancrés sur le territoire.

L’augmentation de l’emploi dans ce secteur a été particulièrement vive entre 2006 et 2011 (+ 42 %), en lien notamment avec la construction ou l’extension d’établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes dans plusieurs communes. Les activités de transport-entreposage, fournissant plus de 600 emplois, sont aussi davantage représentées que dans la zone de référence.

Les établissements y sont de petite taille. Seuls sept d’entre eux occupent plus de 100 salariés, l’hôpital de Saint-Laurent-du-Pont demeurant le principal employeur de la zone.

Au cours des vingt dernières années, l’emploi industriel a plus souffert que dans la zone de référence (- 20 % contre - 11 %). La « métallurgie et fabrication de produits métalliques », première activité industrielle en Avant-pays savoyard-Chartreuse, regroupe aujourd’hui 25 % des postes de ce secteur (soit 430).

Une identité agricole à préserver

L’Avant-pays savoyard-Chartreuse bénéficie d’une solide assise agricole.

Néanmoins, les effectifs baissent fortement sur la période récente ; l’agriculture locale passe de 1 520 à 860 actifs permanents entre 2000 et 2010. À l’instar de nombreux territoires ruraux, les espaces agricoles de l’Avant-pays savoyard-Chartreuse sont aujourd’hui fragilisés.

Le secteur du Val Guiers est soumis à une pression foncière importante, tandis que d’autres communes sont touchées par la déprise agricole. La surface dédiée à l’agriculture a ainsi reculé de 8,3 % entre 2000 et 2010.

Parallèlement, le territoire a perdu près de 300 exploitations. Ces dernières continuent de se restructurer et de se moderniser : leur surface agricole utilisée (SAU) moyenne a progressé de 14 hectares en dix ans. Dans le même mouvement, les formes sociétaires (GAEC, EARL…) se sont fortement développées au détriment des exploitations individuelles.

Les agriculteurs locaux sont surtout spécialisés dans l’élevage bovin (lait et viande), une activité bien adaptée à la diversité des milieux naturels. Plus de la moitié en ont fait leur cœur de métier. La vigne est aussi cultivée dans les communes du canton de Yenne couvertes par l’appellation AOC « Vins de Savoie » ou « Roussette de Savoie ». Les exploitants de l’Avant-pays savoyard-Chartreuse présentent un profil moins âgé que ceux de la référence rurale et de la région : seuls 15 % ont plus de 60 ans contre 21 % dans la référence rurale.

Une activité touristique surtout estivale

L’Avant-pays savoyard-Chartreuse propose 23 100 lits touristiques qui se concentrent essentiellement autour des principaux sites que sont le lac d’Aiguebelette et la vallée des Entremonts.

Avec une densité de 35 lits par km², sa capacité d’accueil touristique est assez importante au regard des territoires rhônalpins de type rural (26 lits/km²). Comme ailleurs, celle-ci repose avant tout sur les résidences secondaires.

Le territoire dispose néanmoins d’une offre abondante en places de camping (27 % des lits touristiques). Mais le parc hôtelier reste peu développé, le territoire attirant majoritairement une clientèle de court séjour ou de passage.

L’activité touristique génère près de 460 emplois, soit 5,4 % des emplois du territoire, ce qui est assez élevé par rapport à la référence rurale (3,6 %). Riche de ses reliefs et d’espaces aquatiques variés, l’Avant-pays savoyard-Chartreuse est propice aux activités de pleine nature telles que la randonnée, la pêche ou le canoë.

Le lac naturel d’Aiguebelette est notamment un lieu de villégiature réputé pour la qualité de ses eaux et sa base internationale d’aviron. Si la Chartreuse ne connaît pas la même amplitude hivernale que les massifs alpins du fait de la moindre étendue de son domaine skiable, de nombreux touristes s’y rendent en saison estivale.

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