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Apiculture: haro sur les phytosanitaires


Le président du syndicat apicole dauphinois interpelle les élus sur les causes de mortalité des abeilles: il tire à boulets rouge sur les phytosanitaires.

Voici l’intitulé de ce courrier:

« Mme, Mr les députés

Comme vous le savez, le monde de l’apiculture traverse une des périodes les plus difficiles qu’il est pu connaître à ce jour. De tous côtés, les problèmes apicoles sont montrés du doigt. Tous ces problèmes deviennent « multifactoriels ».

Multifactoriels, certes, mais hiérarchisés…

De nombreuses études commencent à démontrer que le premier niveau de hiérarchie se situe au niveau d’un intrant de l’agriculture : les phytosanitaires. Même l’EFSA, après bien des atermoiements, a rendu public un rapport indiquant qu’il y avait un « problème » avec les pesticides de nouvelles génération, dit néonicotinoïdes.

Le 13 mars 2013, la Commission Européenne et les Etats membres de l’Union Européenne doivent se prononcer sur l’interdiction de cette génération de pesticides qui provoquent sournoisement des dégâts considérables dans les cheptels apicoles. Il est facile d’entendre au loin les causalités « multifactorielles » qui ne manqueront pas de vrombir…

Madame la Députée, Monsieur le Député, quand des apiculteurs se retrouvent confronter avec des pertes de 100% de leur cheptel, de devoir mettre fin à la passion de leur métier pour des raisons qui ne les incombent pas, de constater des drames familiaux, où sont les « causalités multifactorielles » pour donner une seule réponse ? Je n’ose écrire le mot de réconfort.

Quand d’autres branches de l’agriculture ont la malchance de perdre seulement 3% de leur revenu et que nous constatons dans les journaux leur désarroi à déverser leurs productions dans les rues, que doit en penser le monde de l’apiculture ?

Que dois-je répondre à mes 1 100 adhérents ? De nouvelles études faites par ces mêmes fabricants de produits phytosanitaires sont en cours pour connaître l’impact de ces molécules ?…

Je vous prie d’agréer, Madame la Députée, Monsieur le Député, mes respectueuses salutations,

Frédéric Chasson

Président du Syndicat Apicole Dauphinois

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Après les jardins familiaux…


Au XIXème siècle apparaissent en France les premiers jardins familiaux. Un concept qui permet aux habitants des villes de cultiver un bout de jardin. C’est sur ce même principe que le Syndicat Apicole Dauphinois vient de lancer les ruchers familiaux. Ils sont installés à Veurey et c’est une première en France.

En 2010 le Syndicat Apicole Dauphinois a initié plus de 130 personnes à l’apiculture. En grand nombre des passionnés qui habitent en ville ou qui habitent en appartement. La demande a été faite de trouver une solution pour ces apiculteurs en herbe de pouvoir accéder à leur passion.

Le SAD a pris ce problème à bras le corps et a trouver cette solution de ruchers familiaux. Une demande a été faite auprès de plusieurs communes proches de grandes villes. La première à répondre a été Veurey.

ruches 2

Inauguration officielle orchestrée par un apiculteur  avec Guy Jullien, maire de Veurey, Yannick Belle conseiller général du canton et Christian Nucci, vice président du Conseil général en charge de l’agriculture.

Le maire de cette commune, Guy Jullien a tout de suite adhéré au projet car depuis ma tendre enfance, je suis passionné par le monde des abeilles. » Il compte d’ailleurs aller plus loin: « Pourquoi ne pas imaginer un rucher gérer par les agents de la commune?

Le rucher familial mis en place à Veurey appartient à 6 apiculteurs, 4 de Veurey et 2 de Voreppe. A noter que parmi ceux ci il y a une apicultrice.

ruchesLe président du SAD, Frédéric Chasson, ne voit que des points positifs à l’installation des ruchers familiaux: « Ils vont permettre aux passionnés qui n’ont pas de terrain d’avoir leurs propres ruches, ils vont surtout permettre les rencontres. L’apiculteur est en général un solitaire. Là les contacts seront plus fréquents. Les apiculteurs chevronnés pouvant donner des conseils aux débutants… »

Christian Nucci, vice président du Conseil général en charge de l’agriculture a tenu à être présent à l’ouverture officielle de ce rucher. « Nous sommes conscients du rôle essentiel que joue l’abeille à plusieurs titres. Voila pourquoi nous avons lancé un observatoire de l’abeille. Des études, un état des lieux sont faits avec l’ensemble des acteurs concernés: apiculteurs, chasseurs, agriculteurs…Cela doit nous permettre de voir dans quelles directions on doit diriger nos efforts. »

Le vice président du Conseil général en charge de l’agriculture a félicité le SAD de cette initiative novatrice « qui va se propager sur l’ensemble du département et permettre à une multitude d’apiculteurs en herbe d’accéder à leur passion. »

Frédéric Chasson nous a enfin annoncé la prochaine sortie du guide juridique apicole:  « On a une forte demande au niveau juridique et nous avons souhaité y répondre favorablement ».  sillon38 vous informera de la date de sa sortie. il fait suite au guide fiscal qui est toujours disponible.

Contact:


Syndicat Apicole Dauphinois

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Traitement de la chrysomèle: un apiculteur de Lumbin témoigne


 » Il s’agit de relater ce qu’il est advenu d’une colonie lors du traitement contre la chrysomèle du maïs. Traitement du mercredi 2 septembre 2009 sur la commune de Lumbin (38660).

J’ai été averti par le Président du Syndicat Apicole Dauphinois, qui me transmettait l’information du site de la DRAAF, qu’il allait y avoir un traitement contre la chrysomèle, traitement à l’aide de  deltaméthrine  épandue par enjambeur, ce qui aurait du avoir pour conséquence de limiter les effets sur les zones proches des plantations traitées.

Malgré de nombreuses sollicitations auprès des maïsiculteurs locaux, je n’ai pas pu avoir de précisions concernant les parcelles qui seraient traitées, ni les dates prévues pour ces traitements. Un d’entre eux m’a tout de même indiqué que c’est le technicien de la coopérative agricole de La Terrasse  qui était chargé du suivi de l’opération. Celui-ci, que j’avais contacté téléphoniquement, m’a très gentiment averti le lundi 31 août que l’opération était prévue pour le mardi 1er septembre; il m’a aussi indiqué les parcelles qui seraient traitées, et il y en avait deux qui étaient très proches de mon rucher : moins de 50 m.

J’ai alors pris le décision de déplacer les ruches qui pouvaient l’être, soit 4 DD 10 cadres, laissant sur place une DD 12 cadres très difficile à déplacer car :
-très lourde et peu mobile
-très peuplée
Ruche ancienne à plancher peu aéré, et de ce fait ayant même au petit matin (chaleur nocturne encore élevée) une masse évaluée à 1/1,5 kg d’abeilles en grappe devant la ruche.

Cette ruche fut donc fermée au petit matin, faisant le deuil des abeilles « extérieures » et prenant le pari qu’une population cloîtrée échapperait aux effets létaux du traitement.
Le mardi soir, ayant vu des parcelles traitées dans Lumbin, j‘ai interrogé un exploitant qui m‘a dit que les traitements étaient finis. J’ai donc le soir même rouvert ma ruche, qui ne présentait aucune mortalité. Il n’y avait en effet aucune raison que les abeilles aillent se promener dans les champs de maïs, car il n’y avait plus rien qui les intéressait et les plantes adventives étaient quasiment inexistantes.
Mais le mercredi vers 13 h 30, le technicien vient à domicile pour m’annoncer que le traitement de la parcelle située à proximité immédiate de mon rucher allait se faire dans l’après-midi ! Impossible de faire quoi que se soit, la ruche étant en pleine activité.
Deuxième pari, le vent étant modéré du nord, et la parcelle traitée au sud de mon rucher, il était envisageable que tout se passe bien si….
Il n’y avait pas de traitement débordant la parcelle.
Les doses prescrites étaient intégralement respectées.
Ce ne fut apparemment pas le cas, et je constatais le lendemain que 20 à 30 000 abeilles (soit la moitié de la colonie…) étaient mortes devant la ruche (estimation du poids : 2 à 3 kg).
Mais des abeilles continuaient à entrer et sortir de la ruche, et je décidais d’attendre un peu pour voir. Trois jours après, toujours étonné par cette activité, petite mais réelle et sans pillage, je décide d’ouvrir la ruche pour le constat final :
Environ 3 à 4 000 abeilles étaient en activité, mais pratiquement toutes les abeilles adultes et le couvain ouvert étaient morts.
Des abeilles continuaient à naître, celles qui étaient en fin de nymphose dans le couvain fermé. De toute évidence, ce sont-elles qui constituaient le groupe des abeilles en activité (les abeilles jeunes sont facilement reconnaissables pour un apiculteur averti).
J’en conclue que toutes les abeilles en situation non protégée (adultes et couvain ouvert) ont été en contact avec la deltaméthrine, soit directement par l’air ambiant, soit par trophallaxie. Mais par contre  les butineuses n’avaient probablement pas eu le temps « d’ emmagasiner  » de l’insecticide, ce qui expliquerait que les rescapées soient en vie dans la ruche.
Pour vérifier cette hypothèse, j’ai réuni une colonie de l’année avec la population restante, après avoir bien entendu pris soin de transvaser l’ensemble dans une ruche propre. Je dois dire que tout va bien ! »

André Cochet

……………………………………………..

Ce témoignage a été transmis aux agriculteurs locaux ainsi qu’au technicien de la coopérative. Leur réaction est attendue.

Si vous êtes apiculteurs et avez des expériences ou réactions à faire savoir, merci de nous les faire parvenir. Nous les mettrons en ligne sur sillon38.com

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