Tag Archive | "Union pour la Sauvegarde des Activités Pastorales et Rurales"

500 loups : objectif atteint. Et maintenant ?


L’ Union pour la Sauvegarde des Activités Pastorales et Rurales,
garante de l’équilibre des territoires communique:

Un communiqué de l’ONCFS paru le 25 juin officialise « une expansion démographique et
spatiale continue » des loups en France, avec « un taux de croissance annuel de près de 20%. »
Que l’on retienne le nombre estimé en sortie d’hiver de 430 loups adultes, avant naissances, en France,
qu’on le juge supérieur ou que l’on doute de la validité d’un seuil limité aux frontières nationales, une
évidence s’impose : le « seuil de viabilité démographique de l’espèce estimée en l’état actuel des
connaissances scientifiques à 500 loups » (« Mot des Ministres » Nicolas Hulot et Stéphane Travers,
Plan national d’actions 2018-2023 sur le loup et les activités d’élevage) est déjà dépassé avec les
naissances de l’année, malgré les prélèvements effectués en 2016 et 2017 à hauteur des plafonds fixés
par la loi, qui n’entravent donc en rien une expansion exponentielle de l’espèce.

Si l’on veut sauver l’élevage de plein air, si l’on veut garder des espaces ruraux vivants, riches
de leurs spécificités, de leurs paysages, de leurs habitants et de leurs productions, il faut de toute
urgence tirer les conséquences de cet état de fait : les tirs de défense, simple ou renforcée, doivent être
inscrits comme moyen de protection, ils doivent être autorisés de façon inconditionnelle en cas
d’attaques ou velléités d’attaques sur troupeaux où que l’on soit en France.

Eleveurs et bergers ne peuvent être laissés seuls pour assumer la défense de leurs troupeaux. Il
faut renforcer les moyens des lieutenants de louvèterie, il faut recruter, former et rémunérer de
nouveaux agents sur le modèle de l’actuelle brigade rattachée à l’ONCFS. Il s’agit bien là d’une
responsabilité d’Etat, qui ne peut être transférée aux départements ou à toute autre collectivité
territoriale sans risque de rupture d’équité et d’efficacité.

Il faut, enfin, adapter les termes de la convention de Berne et de la Directive Habitat à cette
réalité : en 2018, en France et en Europe, le loup n’est plus une espèce menacée.
Le pastoralisme, lui, devient une activité en grand danger. Et la position des maires devient
intenable face à cette réalité, face à la détresse des éleveurs et bergers, à la souffrance des troupeaux et
à la multiplication des conflits d’usage au sein des territoires ruraux et montagnards.

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Un « Plan Loup » très loin des réalités des communes…


L’Union pour la Sauvegarde des Activités Pastorales et Rurales,
garante de l’équilibre des territoires communique:

Le Plan national d’Action Loups 2018-2023 sous-estime très largement l’impact de la
prédation sur les communes rurales et de montagne, les difficultés engendrées par un
nouveau recul de l’agro-pastoralisme, la remise en cause du multi-usages de ces territoires.
Il élude les questions nouvelles de responsabilités qui se posent aux maires, tout en leur
demandant d’être vecteurs d’un débat dépassionné !
Il accélère la mutation profonde imposée aux professions d’éleveurs et de bergers, qui
doivent maintenant gérer la présence des loups avant de répondre aux besoins de leurs
troupeaux.
Il accentue le risque d’un traitement inéquitable entre fronts de colonisation et foyers
d’attaques.
Il introduit la conditionnalité des indemnisations, unanimement refusée par la profession
agricole.
Il condamne la France à l’hypocrisie du « modèle italien » (200 à 300 loups braconnés
par an) et nous, maires, ne pouvons nous en satisfaire.
Ainsi, s’il entend poser la question de « la capacité du pastoralisme français à se maintenir
voire à se développer sur le long terme en présence du loup », il n’affirme en aucune façon la
volonté d’une réponse positive à cette interrogation.

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Plan Loup 2018-2023: courrier au Président de la République


L’ Union pour la Sauvegarde des Activités Pastorales et Rurales et des syndicats agricoles ont envoyé un courrier au lettre ouverte au président de la République comme un ultime recours encore possible à  la nécessaire réécriture du Plan Loup 2018-2023.

Pour découvrir la teneur de ce courrier: Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République 2018-1

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Loup: les Maires de l’USAR reçu au Ministère de l’agriculture


Communiqué de l Union pour la sauvegarde des activités pastorales et rurales ( USAPR)

« Ce mardi 5 décembre, les Maires de l’USAPR étaient reçus par Mme Le Bigot, conseillère du
Ministre de l’agriculture, pour échanger sur la contribution de l’association au prochain « Plan
Loup », plan loup encore une fois, encore, bien loin des retours du terrain et de ceux qui
vivent la prédation au quotidien. Une impression de plan Hors Sol !
Nous prenons acte que le Ministère de l’agriculture aurait souhaité un plan loup plus
volontaire et plus protecteur des élevages.
Nous prenons acte que le « COMPROMIS » qui nous est présenté est en deçà de leurs
espérances.
Mais pour nous ce « compromis » ne tient pas compte de l’avertissement des Maires de
l’USAPR qui, il y a quelques jours, fusils en main, lançaient un cri symbolique d’alerte : « ne
nous obligez pas à faire ça… » Ce plan loup s’oriente vers une gestion lourde de risques :
conflits d’usage, abandon d’espaces entretenus, perte économique pour les nombreuses
communes exposées à la prédation ou en passe de le devenir, crise sociale, problèmes de
sécurité civile : une gestion à l‘italienne, pays où 200 à 300 loups (selon Mr Boitani) sont tués
chaque année par braconnage
Les maires soulignent l’incohérence des politiques publiques qui contractualisent avec les
éleveurs pour des mesures agri-environnementales reconnaissant ainsi la nécessité du
pastoralisme pour conserver les milieux, mais par ailleurs imposent des mesures de protection
qui vont exactement à l’encontre de ces objectifs. Rappelons que même l’Europe s’en
inquiétait il y a quelques jours !
Nous affirmons que les tirs de défense doivent être inclus inconditionnellement dans les
mesures de protection pour redonner aux loups, animaux capables d’apprentissage, la peur de
l’homme ! Nous ne voulons pas éliminer des loups sans discernement mais ceux qui attaquent
les troupeaux. La notion de quota ou la gestion comptable de la seule population lupine est un
non sens. Nous n’ignorons pas les documents européens qui imposent un état de conservation
favorable de l’espèce, mais au regard des chiffres présentés par l’ONCFS, elle prospère
comme jamais.
Nous ne comprenons pas la conditionnalité justifiée par les règles européennes de non
distorsion de la concurrence alors que les sommes versées aux éleveurs ne sont que réparation
d’un préjudice qui leur est imposé…
Nous demandons que la non concordance des résultats des deux analyses ADN produites par
l’oncfs d’une part et des éleveurs d’autre part, soient expertisés et expliqués dans un langage
accessible à tous, en toute transparence et sans délai.
Nous avons bien conscience que les clés de ce plan loup sont maintenant dans les mains du
Ministre de la Transition Ecologique et nous demandons avec force et insistance un rendez
vous pour échanger sur notre vision de maire et de représentant de l’Etat dans nos communes.
A quelques jours du 12 décembre, ultime étape dans la rédaction de ce plan loup, il est encore
temps d’entendre les Maires qui portent la voix des territoires ! Notre absence dans ce débat
serait le signe qu’il n’y a jamais eu une volonté de comprendre pourquoi les mesures de
protection se sont dévaluées dans le temps ainsi que Mr Hulot l’affirmait il y a quelques mois.
Le prochain Plan Loup ne doit plus être à la seule charge des éleveurs, il doit avoir en son
coeur l’existence et la survie des hommes qui rendent nos espaces vivants et accessibles à
tous !

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Agro-pastoralisme, territoires, loups : l’illusoire équilibre


Les Maires réunis au sein  de l’Union pour la Sauvegarde des Activités Pastorales et Rurales sont intervenus au congrès des maires de France. Intervention concernant le loup..

Sans titre

Le « Plan détaillé du Plan National d’Actions 2018-2023 sur le loup, dans le respect des
activités d’élevage » pose comme objectif premier « la préservation du loup », affichant un
objectif chiffré (500 spécimens) à son terme. Ce Plan Loup affirme une volonté d’équilibre
entre « enjeux pastoraux et enjeux écologiques ».
Mais de quels enjeux écologiques s’agit-il ?
Une récente résolution du Parlement Européen, adoptée le 15 novembre 2017, « déplore que
la PAC n’ait pas été conçue pour protéger le pastoralisme, mode d’exploitation agricole
traditionnel en voie de disparition, un outil historique important pour la gestion de l’habitat et
la conservation de la nature ».
L’élevage pastoral n’est ni industriel, ni concentrationnaire, ni même utilisateur de
glyphosate. Ces éleveurs et bergers sont parmi les agriculteurs les plus respectueux de
l’environnement : sols, eaux, espèces sauvages. Mieux encore, ils contribuent chaque jour à
entretenir la richesse écologique de nos campagnes.
Le Plan Loup doit afficher la volonté première de maintenir et de renforcer l’agropastoralisme,
de s’en servir comme un outil essentiel pour la sauvegarde de la
biodiversité.
Il doit tirer les conclusions de ce que vivent depuis des années les acteurs de terrain :
- éleveurs et bergers, comme scientifiques et pastoralistes reconnus : un loup strictement
protégé ne craint plus l’Homme. Il faut remettre le loup à distance des troupeaux !
- élus locaux, comme agents de l’Etat confrontés à la réalité de la prédation et des mesures
de protection : les conflits d’usage se multiplient dans les territoires de montagne, et plus
généralement dans tous les territoires ruraux.
Le Plan Loup doit garantir un traitement équitable de tout le territoire national :
l’objectif ne peut être de « freiner l’expansion du loup » sur les seuls « fronts de colonisation,
où la mise en oeuvre des mesures de protection présente des difficultés importantes ». La mise
en oeuvre des mesures de protection présente des difficultés sur les zones « foyers d’attaque »
comme sur les « fronts de colonisation ». Accentuer encore les obligations pesant sur les seuls
éleveurs en conditionnant les indemnisations à de nouveaux contrôles sur les mesures de
protection alors même que l’on constate leur inefficacité à terme, serait inutile et source
d’iniquité.
Le Plan Loup doit apporter un soutien puissant à l’agro-pastoralisme : il est impératif
d’agir sur la prédation avec toute la réactivité nécessaire. Tout éleveur, sur le territoire
national, doit donc pouvoir se défendre, et être aidé pour cela. Les tirs de défense doivent
être considérés comme partie intégrante des mesures de protection. Ils doivent en devenir
le fondement, toutes les autres mesures, y compris d’effarouchement, retrouvant alors du sens.
Nous demandons que chaque troupeau menacé puisse être défendu, par des tirs de défense,
mais aussi par des tirs de prélèvement partout où ils seront nécessaires, sans exclure des
meutes de loups.
Ce soutien doit être porté par l’Etat. L’appel indirect lancé en direction des communes
dans le projet de Plan loup pour financer des « brigades locales » frise l’indécence pour qui
connaît les restrictions budgétaires que subissent les collectivités territoriales.
Nous voulons une biodiversité et des paysages préservés. L’agro-pastoralisme y contribue
grandement.
Nous voulons des éleveurs et des bergers qui puissent conduire leurs troupeaux sans craindre
à tout moment une attaque de loups, des éleveurs et des bergers qui puissent exercer leur
métier de base, c’est-à-dire organiser l’alimentation de leurs troupeaux et la bonne
distribution de l’impact du pâturage, sans devoir se convertir en vigiles.
Nous voulons que nos communes puissent accueillir les visiteurs, touristes et randonneurs
respectueux des usages, sans qu’ils soient effrayés par de gros chiens de protection ou
encadrés par de hautes clôtures électrifiées.
Nous voulons une économie montagnarde forte du maintien de l’élevage de plein air et de ses
produits.
Nous voulons qu’au coeur du Plan loup 2018-2023 il y ait les femmes et les hommes qui font
vivre nos territoires et entretiennent nos paysages. »

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Plan loup: l’Union pour la Sauvegarde des Activités Pastorales et Rurales réagit


Le plan loup 2018-2023 doit prendre toute mesure possible pour la défense active des troupeaux, appuyée
par les tirs nécessaires, afin que personne ne soit obligé de recourir au braconnage et à l’illégalité.
Il faut entendre la voix des élus locaux, des éleveurs, des bergers, des organisations professionnelles agricoles et
des acteurs de terrain !


aNON – L’indemnisation des victimes des loups ne peut être conditionnée au bon usage des mesures de protection,
parce que nombre de troupeaux ne sont tout simplement pas efficacement protégeables, malgré les bergers, les
clôtures et les chiens !
NON – Les tirs d’effarouchement ne sauraient suffire à éloigner les prédateurs de leurs proies !
OUI - Il faut que chaque troupeau puisse être activement défendu, par des tirs de défense ciblés mais aussi par
des tirs de prélèvement partout où ils seront nécessaires, sans exclure le prélèvement de groupes de loups en
situation d’attaque.
Cela implique une souplesse administrative dans la définition du plafond de prélèvement, qui doit prendre en
compte, au fil de l’année, la réalité vécue par nos éleveurs et leurs troupeaux, par nos communes et leurs élus.
Cela implique des moyens renforcés, en Hommes et en matériel, pour secourir une profession, des activités
économiques, des territoires en détresse. Il y a urgence.
Le 6 novembre une réunion de travail rassemblera des élus de la Nation, des représentants des organisations syndicales agricoles, des scientifiques, des maires. Qu’en sortira t-il???

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Encore et toujours le loup!


L’Union pour la Sauvegarde des Activités Pastorales et Rurales (USAPR) a réuni son
Assemblée générale  à Valence, en partenariat avec l’Association des
Communes Pastorales (ACP) de la région PACA. Étaient donc présents des maires des
départements suivants : Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes, Aveyron, Bouches-du-
Rhône, Drôme, Hautes-Alpes, Isère, Lozère, Pyrénées Orientales, Savoie, Vaucluse et Var.
Étaient également présent, et c’est une nouveauté, des maires des départements de l’Eure et
Loir, de la Meurthe et Moselle, et des Vosges.

A cette occasion, a été unanimement décidé de :
- Demander aux nouveaux Ministres en charge du dossier, à savoir Monsieur Nicolas
Hulot, Ministre de la Transition Écologique, et Monsieur Jacques Mézard, Ministre de
l’Agriculture et de l’Alimentation, de co-signer sans délai l’arrêté complémentaire
autorisant le prélèvement de 2 loups supplémentaires d’ici au 30 juin, ceci afin de
prendre en compte la détresse des territoires et des éleveurs et bergers qui doivent
protéger les troupeaux ;
- Demander rendez-vous à ces deux Ministres afin de, sur la base de nos expériences
d’élus locaux, les inciter à prendre toute la mesure des enjeux générés par la présence
des loups, tant sur la viabilité de nos activités économiques, le multi-usage de nos
territoires, mais aussi sur nos dynamiques de paysages. Cette demande fera l’objet de
courriers qui seront transmis au plus vite.

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« Quand les loups franchissent la lisière ».


Elus des communes de l’USAPR (Union pour la Sauvegarde des activités pastorales et rurales), nous
avons pris connaissance avec grand intérêt du rapport d’enquête produit par Messieurs Laurent
Garde et Michel Meuret sous l’égide du Centre d’Etudes et de Réalisations Pastorales Alpes
Méditerranée et de l’Institut National de la Recherche Agronomique : « Quand les loups franchissent
la lisière ».
Recueillies et analysées par les deux scientifiques, éclairées par leur expertise et mises en rapport
avec de nombreuses recherches, les « expériences d’éleveurs, chasseurs et autres résidents de Seyne
les Alpes confrontés aux loups » recoupent notre vécu d’élus de proximité et nous tenons à en
attester.
Dans l’exercice de notre fonction de maire, nous avons eu à entendre et à connaître des faits
similaires à ceux cités dans le rapport d’enquête ; nous reconnaissons parfaitement certaines
situations :
- Attaques menées à 50 m des habitations, malgré la présence humaine
- Troupeaux de bovins paniqués brisant leurs parcs et fuyant parfois sur plusieurs kilomètres
- Multiplication de témoignages sur la présence des loups, non seulement en alpage mais aussi
aux abords des hameaux…

Responsables de la tranquillité et de la sécurité publiques, nous vivons avec grande inquiétude et
vigilance ces situations d’où peuvent naître des accidents imprévisibles.
Nous rejoignons les conclusions des auteurs de cette enquête : « si le régime de tirs en vigueur dans
notre pays ne s’avère pas suffisant pour réapprendre aux loups la crainte des humains », alors c’est
l’équilibre et l’attractivité de nos territoires, intrinsèquement liés à la santé de nos élevages de plein
air, qui seront bouleversés.

Nous remercions l’INRA et le CERPAM pour leur travail, qui a mis « en lumière un ensemble de
savoirs empiriques », dans lequel nous nous retrouvons ; nous saluons le maire de Seyne les Alpes
qui y a contribué, les acteurs de terrain, à commencer par Romain et Benjamin Ferrand, exposés aux
conséquences du retour du loup dans nos espaces. »

Le rapport, son résumé, le diaporama, mais aussi la captation vidéo intégrale de la conférence, sont
disponibles ici :
http://www.sad.inra.fr/Toutes-les-actualites/Loups-franchissent-lisiere

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Solidarité des territoires et égalité de traitement face aux problèmes générés par la prédation !


L’USAPR a été reçue au Ministère de l’agriculture par  Brice Huet,
conseiller chargé du développement durable et des outre-mer. Elle a réaffirmé l’extrême
gravité des problèmes engendrés par la prédation des loups sur les territoires communaux
(détresse des éleveurs, souffrance des troupeaux, ensauvagement des espaces…).
Dans le temps qui leur a été imparti, les maires de l’USAPR ont défendu les points suivants :
- la nécessité de n’admettre en aucune façon la notion de « zone d’exclusion » dans un
souci d’équité et de solidarité des territoires.
- leur refus de voir les indemnisations liées à la mise en place des mesures de protection
et à leur bon usage.
- le rejet de la notion de «zone de tranquillité » dans les parcs induisant l’interdiction de
certaines activités de production (cf projet de Loi Montagne).
- l’urgence à obtenir le déclassement de l’espèce loup de strictement protégée à
protégée au sein de l’Europe (Convention de Berne et Directive Habitat)
- l’obligation d’égalité dans l’application des arrêtés cadres dans tous les départements.
- la détermination scientifique du nombre minimum de loups permettant d’assurer la
viabilité de l’espèce lupine en France.
Elle a proposé deux axes de travail :
- une clé de comptage afin d’établir plus précisément la population totale de loups en
France et de mieux mesurer la vulnérabilité des espaces pastoraux (Zone test à l’étude
en Savoie)
- les chiens créancés pour améliorer la mise en oeuvre opérationnelle des différents
arrêtés de tir.
Les réponses écrites du ministère de l’agriculture feront l’objet d’un nouveau communiqué de
presse. La transversalité du dossier loup nous pousse à solliciter une rencontre avec le
Ministère de l’environnement.

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Loup: le ministre de l’agriculture alerté…


Alors qu’une nouvelle attaque du loup a eu lieu, proche des habitations, à Lans en Vercors, l’Union pour la sauvegarde des activités pastorales et rurales a adressé un courrier au ministre de l’agriculture. Ce courrier faisant suite aux dernières rencontres du col du Glandon.

En voici la teneur..

Vous avez bien voulu, le 16 août 2016, apporter une réponse complète et approfondie à notre
courrier du 17 février. Nous vous en remercions vivement. Ceci démontre l’importance que vous apportez à ce dossier complexe et douloureux.
L’USAPR, notre association fédératrice de maires et communes déjà confrontés à la prédation
des loups, ou menacés de l’être, continue à travailler. Elus locaux, nous nous devons d’avoir
le souci permanent de l’aménagement de nos territoires, de leur équilibre, de leur avenir : le
maintien de l’élevage de plein air en est un élément clé, il n’est pas envisageable de le voir
disparaître de secteurs entiers de nos communes, voire de nos communes elles-mêmes, sans
réagir.
Nous avons préparé et tenu deux réunions importantes, les 19 et 20 août 2016 en Savoie.
Parmi les invités, les représentants et services de l’Etat ont répondu présents (sous-Préfet
représentant Monsieur le Préfet de la Savoie, DDT, ONCFS, ONF). Nous l’avons apprécié
car, en tant que maires, nous nous positionnons depuis l’origine dans une démarche de
relations constructives avec l’ensemble des organismes d’État concernés.

Par ce nouveau courrier, que nous concevons comme une lettre ouverte, nous souhaitons
attirer votre attention et celle de nos partenaires (services de l’Etat, parlementaires, élus
régionaux, départementaux et communaux) sur plusieurs éléments nouveaux, discutés dans
nos réunions de travail et au sein de notre association.

- Il ne serait pas tolérable, Monsieur le Ministre, de lier les indemnisations des victimes
de prédation à la mise en place voire à la « qualité » ou au « bon usage » des mesures de
protection des troupeaux, comme actuellement envisagé par vos services et ceux du
Ministère de l’Ecologie en application de l’article 392 des Lignes directrices agricoles de
la Commission européenne en date du 01-07-2014.

Nous nous permettons de développer ci-dessous les raisons de notre opposition à cette
conditionnalité des indemnisations :
- Les analyses des différents partenaires se rejoignent : les mesures de protection des
troupeaux, telles que mises en oeuvre actuellement dans notre pays, se révèlent dans le
temps inadaptées et inefficaces face à un prédateur intelligent et très adaptable. Sur le
département de la Savoie par exemple, le constat est à la « récurrence des attaques sur
troupeaux protégés » : ce sont eux qui concentrent 89 % des victimes (source : DDT
73).

- Dans certains secteurs ruraux et montagnards, compte-tenu de leur relief, de leur
végétation (paysages en mosaïques denses de prairies ou pelouses et de bois), de leur
accessibilité (absence de pistes pour rejoindre les pâturages) et de leurs systèmes
d’élevage (troupeaux conduits en différents lots dans des parcs en clôtures fixes ou
mobiles), la mise en place de mesures de protection s’avère par ailleurs irréaliste, voire
impossible. Un élevage du Massif Central ou des Alpes n’est pas en mesure de
recruter 3 ou 4 gardiens humains supplémentaires (cf. « présence humaine
renforcée »), ni de placer 2 chiens de protection par lot de brebis en parc, ce qui
conduit à devoir acquérir une dizaine, voire plus, de chiens par élevage. Et des
secteurs de pâturage ancestraux sont maintenant délaissés, car les troupeaux ne
peuvent y être protégés.
- Nous savons ce que la protection contre la prédation entraîne de contraintes, tant
pour les troupeaux que pour les professionnels de l’élevage ; nous le mesurons, parce
que nous en sommes souvent les premiers témoins, mais aussi parce que nous avons à
gérer, dans nos communes, des conflits d’usage, dans lesquels notre responsabilité de
maires est engagée.

- Les espaces ruraux ou montagnards de nos communes appellent une forte
fréquentation de promeneurs, randonneurs, cyclistes… Les chiens utilisés pour la
protection des troupeaux posent à l’évidence un problème de sécurité publique,
comme en témoignent des cas d’agressions de plus en plus nombreux sur l’Homme
(départements des Alpes-de-Haute-Provence, de l’Isère, de la Savoie, de la Drôme…).
- Faire dépendre les indemnisations de l’évaluation de la mise en place des mesures
de protection ouvre la porte à un vrai risque d’iniquité, puisque chaque éleveur doit
gérer des contraintes différentes.

Vous nous indiquez, Monsieur le Ministre, que de nouvelles mesures d’accompagnement en
direction des éleveurs et des bergers sont en cours de construction. Nous avons connaissance
des documents élaborés par des services pastoraux, porteurs de propositions techniques pour
l’accompagnement des éleveurs soumis à la prédation des loups. Il est vital, en effet, de
reconnaître la détresse des éleveurs et de les assister très rapidement en cas d’attaque de leurs
troupeaux. Au-delà, travailler sur les mesures de protection là où elles sont nécessaires ne
peut avoir que des aspects positifs et contribuer à la survie de l’élevage de plein air, puisqu’il
s’agit bien de « travailler à des aménagements et équipements structurants. »
Mais les auteurs de ces documents l’écrivent eux-mêmes : « Dans le cadre de la très forte
dégradation de la situation observée sur le terrain, une telle action d’accompagnement
technique n’a de sens que si une véritable politique de régulation des loups est engagée dans
la durée dans l’objectif de restaurer la crainte de l’homme chez le loup et d’écarter ce dernier
de l’homme et de ses troupeaux. »

Depuis plus de 2 ans, nous avons confronté notre expérience d’élus de terrain aux
connaissances que produisent des scientifiques reconnus en matière de pastoralisme (INRA,
CERPAM, CNRS…). La plupart travaillent depuis le milieu des années 1990 sur la situation
des éleveurs confrontés à la prédation par les loups en France mais aussi dans d’autres pays,
tels les Balkans et les États-Unis. Nos conclusions convergent : les loups doivent associer le
bétail aux humains et les humains avec le danger ; il faut les dissuader de s’approcher
des Hommes, de leurs habitations et de leurs troupeaux, comme ils le font de plus en
plus volontiers aujourd’hui dans notre pays ; en cas d’attaque, une réactivité immédiate
s’impose, avec recours à des tirs et piégeages. Et il faut prendre les mesures nécessaires
pour que les acteurs des territoires de notre pays encore peu colonisés, ou pas encore
colonisés, puissent réagir immédiatement avec de nouveaux principes, et ne prennent pas le
retard qui a été cumulé dans l’ensemble de l’arc alpin, laissant éleveurs et bergers dans des
situations dramatiques, et les élus dans le plus grand désarroi.

Il est donc temps de tirer les conclusions qui s’imposent : nous ne pouvons subir toujours plus
de contraintes face à un loup surprotégé ; la priorité donnée à la stricte protection du
prédateur doit être remise en cause. Il nous faut obtenir dans les plus brefs délais le
déclassement du Canis lupus des textes qui le protègent, malgré les contraintes qui pèsent
sur toute négociation à engager à l’échelle européenne.
Le contrôle des populations de loups doit devenir une priorité et les moyens règlementaires et
techniques nécessaires doivent être mis en oeuvre.
Nous formulons en ce sens des propositions concrètes, et initions un travail avec nos
homologues européens. Nous sommes également prêts à poursuivre notre travail sur les
différentes questions avec les services concernés.
Monsieur le Ministre, si nous sommes déterminés, nous voulons être constructifs.
Notre vice-président, André Baret, a déjà pu échanger avec Madame la Ministre de
l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, chargée des Relations internationales sur le
climat. Il nous semble primordial de vous rencontrer, Monsieur le Ministre de l’Agriculture,
de l’Agroalimentaire et de la Forêt. Parce que nous souhaitons vous présenter plus en détails
nos expériences d’élus locaux, nos propositions et positions, nous avons l’honneur de vous
demander de bien vouloir recevoir au plus vite les membres du bureau de notre
association.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, en notre profond respect et notre sincère
dévouement.

Le Président
Pierre Yves BONNIVARD,
Maire de Saint Colomban des Villards

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