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Comment venir à bout du frelon à pattes jaunes


orateurM. Philippe Madrelle (Gironde-SOC), dans sa question écrire publiée au JO Sénat du 04/02/2010, appelle l’attention de M. le ministre d’État, ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de la mer, en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat sur le danger représenté par le frelon asiatique.

Il lui rappelle que les apiculteurs exigent que le frelon asiatique soit classé espèce nuisible et que son éradication soit prise en charge par les pouvoirs publics. Afin d’assurer la survie des abeilles indispensables à la biodiversité de la flore et indispensables à la vie, il lui demande de bien vouloir lui préciser quelle mesure il entend prendre d’urgence afin de faciliter l’élimination du frelon asiatique.

Réponse du ministère de l’Ecologie parue dans le JO Sénat du 18/03/2010

Le frelon asiatique à pattes jaunes, Vespa velutina nigritorax, a été identifié en France pour la première fois en 2006, en Lot-et-Garonne. L’espèce, qui avait probablement été introduite quelques années auparavant dans des marchandises importées de Chine, s’est depuis acclimatée en France.

Son aire de répartition s’étend d’année en année, et les scientifiques s’accordent à penser qu’elle est susceptible de coloniser une bonne partie de l’Europe occidentale, seul le nord du continent lui étant défavorable.

En tout état de cause, son éradication ne semble pas possible, et l’on ne dispose pas forcément aujourd’hui des connaissances techniques suffisantes pour faire éventuellement obstacle à leur progression. Le frelon asiatique présente des points communs avec le frelon d’Europe, Vespa crabro, notamment un régime à base d’insectes et de fruits mûrs, une faible agressivité et un venin de toxicité analogue.

Ainsi, du point de vue de la santé et de la sécurité publiques, ce frelon asiatique ne semble pas à ce jour responsable d’un nombre plus élevé de piqûres qu’à l’accoutumée, et les quelques envenimations observées semblent posséder les mêmes caractères de gravité que nos espèces autochtones.

Bien que réputé moins agressif que le frelon européen, le frelon asiatique à pattes jaunes peut pourtant présenter un danger pour les personnes dans certaines situations, par exemple si un nid est construit dans une cour d’école.

Toutefois, d’après la synthèse des observations recueillies à ce jour, les attaques ont lieu dans un rayon de 5 mètres autour des nids. Ces nids étant habituellement construits dans les arbres à 15 mètres du sol, on peut penser que les risques pour la population sont relativement limités. Cependant, le frelon asiatique possède une particularité qui l’a fait connaître, celle de s’attaquer aux ruches. L’abeille domestique, Apis mellifera, contrairement à son homologue asiatique, Apis cerana, n’a pas développé de stratégie de défense et les dégâts provoqués par le frelon asiatique peuvent être importants.

Dans un contexte où l’apiculture rencontre déjà de nombreuses difficultés - infestations par le Varroa, défaut de ressources alimentaires, impact de certains produits phytosanitaires notamment, l’arrivée de ce nouveau prédateur est durement ressentie par les apiculteurs amateurs et professionnels.

En revanche, on ne lui connaît pas d’impact significatif sur la biodiversité, notamment sur les espèces protégées. On ne dispose pas non plus d’information inquiétante sur l’influence qu’exercerait le frelon asiatique à pattes jaunes sur l’état des populations d’autres hyménoptères sociaux que l’on trouve en France, c’est-à-dire principalement les guêpes du genre Vespula et le frelon européen.

L’ensemble de ces considérations a conduit les autorités à rechercher des moyens réglementaires d’intervention. C’est ainsi que le ministère du développement durable a présenté à la commission faune du Conseil national de la protection de la nature un projet d’arrêté visant à classer le frelon asiatique comme espèce invasive, conformément aux dispositions de l’article L. 411-3 du code de l’environnement.

Ce texte sera prochainement présenté au comité permanent du Conseil national de la protection de la nature. Toutefois un simple arrêté pris sur la base de l’article L. 411-3 du code de l’environnement n’est pas suffisant pour imposer des interventions contre une espèce en expansion. Ses dispositions visent avant tout l’introduction et la commercialisation d’espèces.

En tout état de cause, aucune espèce de guêpe ni de frelon ne figure en France parmi les espèces protégées et par conséquent, rien ne s’oppose juridiquement à la destruction de ces insectes ou de leurs nids. Le contrôle de l’expansion du frelon asiatique à pattes jaunes se heurte essentiellement aujourd’hui à des problèmes d’ordre technique.

À défaut de pouvoir envisager son éradication, deux voies complémentaires méritent d’être explorées : les protections ponctuelles et le contrôle de l’espèce. Les protections ponctuelles impliquent de recenser les intérêts à protéger, soit par un dispositif préventif comme dans le cas des ruchers, soit par une intervention, comme dans le cas où il faut détruire un nid dans une zone à risque pour la population. Le contrôle de l’espèce peut viser à retarder l’expansion, ou à diminuer localement la densité des frelons.

Chacune de ces deux voies nécessite des solutions techniques fiables, qui font encore défaut. Par exemple, le piégeage des reines sortant d’hibernation a été conseillé par un institut technique, mais déconseillé par le Muséum national d’histoire naturelle ; sur l’opportunité de détruire les nids, les avis divergent aussi.

Une mission interministérielle est en cours de nomination par les ministres chargés de l’agriculture, de l’intérieur, de la santé et de l’environnement. Le rapport qu’elle rendra orientera les choix juridiques et techniques à décider. Par ailleurs, le ministère du développement durable apporte son soutien au Muséum national d’histoire naturelle qui travaille à réunir et valider les données naturalistes relatives à l’expansion de cette espèce en France et qui contribue à la recherche de solutions nouvelles.

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Frelon asiatique: les apiculteurs tirent le signal d’alarme


Les 8000 apiculteurs de Rhône-Alpes demandent au Préfet de Région de protéger les populations civiles, les animaux domestiques et les abeilles contre le danger du frelon asiatique (vespa velutina).

Les 8000 apiculteurs des 8 départements de Rhône-Alpes, cotissants à la FARA (Fédération Apicole de Rhône-Alpes) ont adressé une lettre, le 24 novembre, par la voix de leur vice-président Francis Gruzelle, au préfet de Région Jacques Gerault, avec copie aux ministres Michel Mercier et Bruno Le Maire.

Ils demandent au représentant de l’Etat d’assurer la sécurité publique, et de protéger nos concitoyens, les animaux domestiques, les abeilles face au prédateur « le frelon asiatique », détecté dans certains départements limitrophes de Rhône-Alpes (Gard, Saône-et-Loire, …), afin d’éviter les attaques sur les personnes, dont ont été victimes de nombreux concitoyens dans le Sud-Ouest.

L’envoi de ce courrier fait suite au conseil d’administration de la FARA du 23 novembre, qui s’est déroulé toute la journée dans les locaux de l’école vétérinaire de Marcy-L’Etoile (Rhône). Les représentants des douze syndicats apicoles départementaux, issus des huit départements de Rhône-Alpes concernés ont avalisé les courriers destinés aux autorités et le dossier de lutte contre le frelon asiatique, puis ont mandaté le vice-président Francis Gruzelle pour sensibiliser les autorités à la grave menace que représente le frelon asiatique.

Dans ce courrier, la FARA préconise quelques mesures à prendre en Rhône-Alpes pour éviter la prolifération subie dans le Grand Sud-Ouest. Les signataires demandent notamment :

-         que l’Etat mette en place une cellule de veille, avec un permanent, pour détecter, dès le printemps 2010, les premières intrusions, et pour réagir en temps réel, en détruisant, avec le concours des SDIS concernés, les nids dès leur formation.

-         Que l’Etat lance et finance une campagne de piègeage, sur l’ensemble des huit départements de Rhône-Alpes, en initiant les opérations avant l’arrivée des premières femelles fécondées, afin d’éviter la surprolifération  que connaissent les départements du Sud Ouest.

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Sur les traces du frelon asiatique


Vespa_velutina_indexL’UNAF a fait savoir, il y a un mois, que le frelon Vespa Velutina avait été détecté pour la première fois en Région Ile-de-France. Un nid de frelons Vespa Velutina a, en effet, été découvert dans le jardin d’un particulier au Blanc-Mesnil en région parisienne.

D’une taille imposante, 60cm de haut par 50 cm de large, le nid était perché à 8 mètres du sol sur un cerisier. Des apiculteurs ont procédé à la destruction du nid mardi 29 septembre 2009 à 8h. (photo Jean Haxaire)

Depuis 2005, à de très nombreuses reprises déjà, L’Union Nationale de l’Apiculture Française a alerté les pouvoirs publics français et les Préfets des régions concernées, sur les risques causés par ces redoutables prédateurs, sans que des mesures efficaces soient prises au plan régional et national.

Ce frelon, originaire du sud-est asiatique (nord de l’Inde, sud de la Chine ou montagnes d’Indonésie) est arrivé en Gironde fin 2005 en Aquitaine vraisemblablement d’une manière accidentelle par la zone de fret de Bruges près de Bordeaux, dans une cargaison de poteries chinoises qui ont été, semble-t-il, dispersées en Gironde, Lot-et-Garonne et Dordogne.

Depuis, le Vespa Velutina s’est développé dans toutes les régions Aquitaine, Midi Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Poitou Charente, Limousin, Auvergne et région Centre. Aujourd’hui nous venons de le découvrir au coeur de la Région Ile-de-France.
Redoutable prédateur pour les abeilles, le frelon asiatique peut décimer quelques milliers d’abeilles d’une ou plusieurs ruches en quelques jours. L’apiculture française est donc particulièrement touchée mais également les productions fruitières (fruits mûrs) ainsi que la pollinisation et la population française. En 2008 et 2009 de nombreuses personnes ont été victimes de piqûres ; certaines ayant entraîné un séjour à l’hôpital et même la mort.
L’UNAF exige que des mesures immédiates soient engagées afin de limiter l’invasion du frelon Vespa Velutina et les destructions dramatiques qu’il cause.

Contacts Félix Gil, Pdt Sydicat apicole GDS 94 et 75 06 07 06 17 56 / 04 99 61 29 90
06 64 81 08 71

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Quelle stratégie pour combattre le frelon asiatique?


M. Marcel Rainaud (Aude- SOC) attire l’attention de M. le ministre de l’agriculture et de la pêche sur la nécessité de soutenir un schéma efficace de lutte contre le frelon asiatique (lire aussi notre précédent article sur le sujet)
Question écrite n° 03541 publiée dans le JO Sénat du 28/02/2008 – page 36

Question de Marcel Rainaud: « Détecté pour la première fois en France en 2005, en Lot-et-Garonne, cette nouvelle espèce, originaire du nord de l’Inde et de Chine, s’adapte au climat du sud de l’Europe, similaire à celui de sa région d’origine.
Ainsi, fin 2007, le frelon asiatique était largement présent en Aquitaine, en Midi-Pyrénées et Languedoc Roussillon, comme en Charente Maritime ou en Corrèze.
Si la dangerosité de cette espèce pour l’homme reste mesurée, à l’exception des attaques collectives qui peuvent nécessiter l’hospitalisation, ces frelons sont en revanche, d’importants prédateurs pour les abeilles.
A l’issue de son étude d’incidence du frelon asiatique sur les ruchers d’Aquitaine, l’Association de développement de l’Apiculture en Aquitaine, et le Centre National du Développement Apicole, ont conclu à la nécessité d’une organisation de la lutte contre cette espèce.
Le frelon asiatique semble ne subir aucune régulation naturelle conséquente, et son expansion rapide, sur le territoire national fait peser de sérieuses menaces sur la filière apicole, comme sur la biodiversité, et n’est pas sans danger pour l’homme.
Il lui demande de préciser les mesures qu’il entend mettre en œuvre afin de soutenir l’action entreprise par les filières apicoles pour lutter efficacement contre le frelon asiatique.

Réponse du Ministère de l’agriculture et de la pêchepubliée dans le JO Sénat du 17/04/2008 – page 764

Le frelon asiatique (Vespa velutina) est apparu récemment sur le territoire français et semble connaître une expansion très rapide. Sa présence a été signalée pour la première fois en Lot-et-Garonne en 2004 et fin 2007, il était observé dans plusieurs régions du Sud-Ouest de la France. Le frelon asiatique se nourrit notamment d’insectes et peut avoir un comportement de prédation vis-à-vis des abeilles domestiques, ce qui suscite l’inquiétude des apiculteurs.

Conscients de l’inquiétude que peut soulever la présence et l’expansion de Vespa Velutina, les services du ministère de l’agriculture et de la pêche et du ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire ont réuni les services de développement apicole et les scientifiques concernés afin de réaliser un état des connaissances disponibles sur cette espèce. En 2007, une étude a été initiée par l’Association de développement apicole d’Aquitaine sur l’incidence du frelon asiatique sur les ruchers d’Aquitaine et a donné des premiers résultats.

Des techniques de piégeage ont été notamment conçues et testées ainsi que des appâts. Cette étude d’assistance technique devrait se prolonger en 2008. Parallèlement, une étude de recherche appliquée menée par le Centre national de recherche scientifique (CNRS) et le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), sur la biologie, le comportement et l’impact de Vespa Velutina sur les abeilles sera également financée dans ce cadre. En fonction des résultats, les mesures les plus appropriées en termes d’environnement et d’apiculture seront prises en concertation entre les ministères concernés.

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Le frelon asiatique gagne du terrain


Vespa velutina. C’est son nom. Un frelon asiatique envahissant. Mentionnée pour la première fois en 2004, Vespa velutina est aujourd’hui largement répandue dans tout le sud-ouest du pays et menace l’Espagne. Sa présence inquiète les apiculteurs car ce frelon se nourrit principalement d’abeilles. Il ne manifeste toutefois pas d’agressivité particulière envers l’homme. L’Institut national du patrimoine naturel (INPN) qui s’emploie à cartographier l’expansion de cette espèce sollicite les particuliers depuis plus de trois ans, les invitant à signaler sa présence grâce à une fiche de signalement à télécharger sur le site de l’INPN.

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Vespa velutina. Une photo prise par Jean Haxaire, chercheur attaché au Museum national d’histoire naturelle (MNHN), spécialiste de la question, que le site Un Fontainois à Pékin avait longuement interviewé l’an dernier

Jusqu’ici, la seule espèce présente en France était le Frelon d’Europe Vespa crabro. L’arrivée de V. velutina en Aquitaine inquiète notamment les apiculteurs. Ses colonies sont en général plus populeuses que celles du Frelon d’Europe. Le Frelon asiatique construit parfois son nid sous un toit, dans un mur ou dans le sol comme V. crabro, mais il préfère nettement l’installer dans les hautes branches d’un arbre. Un gros nid rond ou ovale placé à plus de 10 m de haut dans un arbre et autour duquel volent de grosses « guêpes noires » ne peut être qu’un nid de frelon asiatique.

Aucune des deux espèces de frelons n’est agressive envers l’homme sauf si on se rapproche trop près des nids. Une piqûre est douloureuse mais pas plus dangereuse que celle d’une guêpe ou d’une abeille (attention cependant aux personnes allergiques!).

Grâce aux signalements des apiculteurs et d’autres observateurs, l’INPN a cartographié la répartition de Vespa velutina en France depuis 2004. Plus d’une centaine de nids ont été ainsi comptabilisés en 2006, entre Bordeaux, Brive et Toulouse.
Informations sur Vespa velutina (fiche descriptive et confusions à éviter), sur le site de l’INPN :
http://inpn.mnhn.fr/isb/recherche?espece=Vespa velutina

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