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VERS DES ZONES RURALES INTELLIGENTES


Le Comité européen des régions et le réseau Ruralité-Environnement-Développement (R.E.D.) demande l’intégration de la dimension rurale dans toutes les politiques européennes afin de réaliser les objectifs de la stratégie Europe 2020

«Le concept de «ville intelligente» est désormais la référence en termes de politique de développement économique durable.

Il ne faut toutefois pas oublier l’énorme potentiel de croissance des zones rurales. Se priver de telles ressources, c’est risquer de ne pas atteindre les objectifs de la stratégie « Europe 2020″ ou de mettre à mal la cohésion territoriale en Europe» a déclaré Anthony Gerard BUCHANAN, s’exprimant au nom de Randel LÄNTS (Estonie, PSE), rapporteur du Comité européen des régions et membre du conseil municipal de Viljandi, lors de la conférence du 19 avril sur l’avenir de la politique de développement des territoires ruraux dans la programmation post 2020.

La commission des ressources naturelles (NAT) du Comité européen des régions, en collaboration avec l’association internationale Ruralité-Environnement-Développement, ont organisé ce deuxième séminaire sur l’avenir des zones rurales. Animée par Patrice COLLIGNON, directeur de R.E.D., la réunion a été ouverte par Anthony Gerard BUCHANAN (Royaume-Uni, AE), membre du conseil d’East Renfrewshire et premier vice-président de la commission NAT. Il a rappelé la nécessité pour la Commission européenne d’élaborer un livre blanc sur les zones rurales et de parvenir à une pleine reconnaissance de ces régions dans les politiques d’intégration et de cohésion territoriale.

Gérard PELTRE, président de R.E.D. et du Mouvement européen de la Ruralité (M.E.R.), a rappelé l’enjeu majeur, celui de faire d’un Agenda rural la référence stratégique dans la programmation post 2020. Un objectif partagé tant par les ONG internationales partenaires du M.E.R que par le Ministre Wallon de la Ruralité, René COLLIN et le Ministre français de l’Aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales, Jean-Michel BAYLET. Dans son message, ce dernier a largement souscrit à cette démarche « vers l’intégration nécessaire des enjeux propres aux ruralités dans la stratégie post 2020 ».

Des territoires ruraux « lieux d’opportunités », « terres d’excellence et d’innovation », « territoires catalyseurs de développement » sont quelques-unes des expressions entendues et qui témoignent d’une reconnaissance, certes encore insuffisante mais grandissante, des territoires ruraux comme pôles de développement.

De par leur diversité démographique, les territoires ruraux jouent un rôle important dans la garantie du succès de l’intégration européenne et des centres de développement et d’innovation. C’est à cette fin que Mihael DUMITRU, Directeur Général adjoint à la DG Agriculture, a lancé un appel à unir les forces et les moyens européens pour un développement rural multipartenaires.

M. Éric Andrieu (France, S&D), député européen et vice-président de la Commission de l’agriculture et du développement rural, a souligné que dans de nombreux pays, les zones rurales sont caractérisées par le dépeuplement et le vieillissement démographique. «Une PAC pour l’emploi est possible. Pour ce faire, un changement de paradigme et un nouveau contrat social avec les territoires sont nécessaires» a-t-il déclaré.

Mme Mercedes Bresso (Italie, S&D), députée européenne et présidente de l’intergroupe du Parlement européen «Zones rurales, de montagne et isolées» (RUMRA), a souligné qu’«un appel en faveur d’un livre blanc est aujourd’hui plus urgent que jamais, car les zones rurales sont confrontées à une crise directement liée aux difficultés que connait la politique agricole commune de l’UE. Nous devons revoir la façon dont les zones de montagne et les zones rurales devraient se développer. Un livre blanc de la Commission européenne constitue l’instrument adéquat pour remettre les communautés rurales et de montagne à l’ordre du jour de la politique de l’UE. Il mobiliserait les institutions à tous les niveaux, les parties prenantes et les experts, et les pousserait à stimuler les stratégies innovantes qui permettent d’équilibrer l’utilisation des ressources naturelles et d’améliorer la connectivité, à la fois en matière de transports et d’internet à haut débit».

Les représentants des collectivités locales et régionales demandent de toute urgence :

- une augmentation du soutien financier en faveur du développement rural, notamment une augmentation du budget du FEADER, ainsi que l’amélioration de la formation professionnelle dans ces domaines;

-  la prise en compte de la dimension rurale dans toutes les politiques européennes : la première priorité doit être l’accès aux réseaux de télécommunications à haut débit, facteur clef de la compétitivité et de la croissance économique; la prise en compte également de l‘interdépendance équilibrée entre zones urbaines et rurales;

- l’accentuation de l’approche territoriale intégrée dans les programmes opérationnels, avec une plus large utilisation des outils proposés comme l’ITI et le CLLD.

Les participants au séminaire ont ainsi renouvelé l’appel en faveur de l’élaboration d’un livre blanc de la ruralité, avec en perspective nécessaire l’inscription d’un Agenda rural au cœur de la politique de l’UE après 2020. Une réunion qui fut aussi l’occasion de faire connaître la proposition de R.E.D. pour une stratégie politique européenne à l’horizon 2030 « Faire grandir l’Europe avec les territoires ruraux»

Le Comité européen des régions

Le Comité européen des régions est l’assemblée des représentants des pouvoirs locaux et régionaux des 28 États membres de l’Union européenne. Créé en 1994 à la suite de la signature du traité de Maastricht, il a pour mission d’associer les collectivités régionales et locales au processus décisionnel de l’UE et de les informer de ses politiques. Le Parlement européen, le Conseil et la Commission européenne le consultent à propos des politiques intéressant les régions et les villes. Pour siéger au Comité européen des régions, ses 350 membres et leurs 350 suppléants doivent tous être, au sein de leur région ou commune d’origine, soit titulaires d’un mandat électoral, soit politiquement responsables devant une assemblée élue.

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Les retraités se mettent au vert


Celles et ceux qui ont quitté la vie professionnelle représentent un enjeu stratégique pour les zones rurales.
Ils occupent en effet une importance croissante dans la population

De plus en plus de retraités s’installent en France dans des zones rurales dont ils ne sont pas forcément originaires. Depuis une vingtaine d’années, certaines régions comme le Massif Central ont accueilli 60% de nouveaux arrivants retraités, originaires d’autres régions françaises mais aussi de pays européens (Angleterre, Pays-Bas, Belgique, entre autres).
Les retraités, plus mobiles que les actifs, s’installent dans des régions où leur pouvoir d’achat peut avoir un impact socio-économique non négligeable. Un quart du revenu des ménages français provient aujourd’hui des retraites.
Avec un nombre de retraités en augmentation constante (10% de la population était âgée de plus de 70 ans en 1995, elle devrait être de 21% en 2050, selon un rapport de l’Union européenne) et une durée de vie qui s’accroît (on est passé de 67 ans en 1950 pour les femmes à 80 ans en 1999), l’influence des retraités sur le développement d’une région est à prendre en compte. D’autant plus que la génération des « baby boomers » (tous les enfants nés après la seconde guerre mondiale) fait valoir actuellement, pour une bonne part, ses droits à la retraite.

  • Une solidarité spécifiquement rurale

Une équipe d’économistes du Cemagref (recherche pour l’ingénierie de l’agriculture et de l’environnement) à Clermont-Ferrand a planché sur la question avec des géographes et une sociologue. Un modèle a été élaboré pour évaluer l’impact des retraités (qui sont aussi , occasionnellement, des touristes) sur le développement économique rural et appliqué dans plusieurs régions dont Rhône-Alpes. Une centaine d’enquêtes ont été menées. Dans certaines régions, 15 à 20% de l’emploi tertiaire est lié à la présence des retraités. Beaucoup d’entre eux sont actifs et s’engagent dans des initiatives locales. De véritables réseaux sociaux se développent dans les milieux ruraux et évitent que les retraités se retrouvent isolés comme cela peut être le cas en ville. Cette solidarité a pu se vérifier notamment lors d’épisodes climatiques exceptionnels comme la canicule de l’été 2003.
L’étude du Cemagref confirme un impact important des retraités dans nos régions mais relève un cloisonnement des politiques les concernant comme l’aide à domicile, le logement ou les établissements spécialisés. Elle souligne aussi l’existence de coordinations gérontologiques particulièrement innovantes, comme à Bourganeuf, dans la Creuse.
Reste que, sur la question du pouvoir d’achat des retraités hexagonaux, on peut émettre des doutes. Surtout quand on pense aux agriculteurs, dont la pension n’autorise pas les largesses. Mais ceux-ci peuvent contribuer de bien d’autres façons – ne serait-ce qu’en faisant partager leur expérience et leur savoir-faire, à la défense et à la sauvegarde du milieu rural.

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Le Cemagref, autrefois centre du machinisme agricole, des eaux et forêts, a conservé son sigle mais concentre depuis plusieurs années la recherche pour l’ingénierie de l’agriculture et de l’environnement.

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