Archive | 29 octobre 2011

Création de l’Institut national de l’information géographique et forestière

Le décret qui crée l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) au 1er janvier 2012, approuvé en conseil des ministres le 26 octobre 2011, est publié ce matin au Journal officiel. Cet institut est issu de la fusion de l’Institut géographique national (IGN) et de l’Inventaire forestier national (IFN).


Le conseil de modernisation des politiques publiques du 30 juin 2010 avait décidé d’intégrer l’Inventaire forestier national (IFN) à l’Institut géographique national (IGN) et avait fixé l’échéance de cette intégration au 1er janvier 2012. Le statut, les missions, la gouvernance, le nom (Institut national de l’information géographique et forestière) et le sigle (IGN) du nouvel établissement sont définis dans le décret approuvé mercredi dernier en conseil des ministres et publié aujourd’hui au Journal officiel.


Les missions du nouvel institut

L’objectif de la fusion des deux établissements est de tirer profit du regroupement des compétences de l’IGN et de l’IFN pour accroître la capacité de description du territoire national et de l’occupation de son sol ainsi que celle d’inventaire des ressources forestières, au bénéfice des politiques publiques et des activités d’aménagement du territoire ou de développement durable.
Si le nouvel établissement conserve l’ensemble des missions des deux établissements, ses attributions sont également élargies.
En particulier, l’Institut national de l’information géographique et forestière se voit explicitement confier la mise en œuvre de l’infrastructure nationale d’information géographique, il lui incombe de dresser la carte forestière sous la forme d’un référentiel numérique, de mettre en œuvre des programmes d’observation et de surveillance des écosystèmes, de fournir des informations contribuant à la définition, à la mise en œuvre et à l’évaluation de politiques nationales relatives à l’écologie, à l’énergie, à la forêt, à l’aménagement du territoire, à la prévention du changement climatique et à l’adaptation à ce changement, de mettre en place et d’administrer le portail INSPIRE de l’État. Le Géoportail est consacré en tant que vecteur principal de la diffusion des données géographiques et forestières ainsi que des fonds cartographiques numériques.
Le nouvel institut sera assisté par un conseil scientifique et technique unique pour ses missions de recherche et de développement et par un comité consultatif de la filière forêt et bois.

L’institut créé répond ainsi à la volonté commune des deux ministères de tutelle (le ministère du développement durable et le ministère de l’agriculture) de renforcer leur coordination sur la problématique de gestion durable et multifonctionnelle de la forêt.

Une synergie optimisée

Les synergies existent depuis plusieurs années entre les deux établissements. L’information géographique est au cœur de la méthode de l’inventaire, qui s’appuie notamment sur les orthophotographies de l’IGN. Réciproquement, l’IFN contribue à la production de la couche végétation de la base de données topographiques et co-produit des orthophotographies pour enrichir les référentiels géographiques de l’IGN.
La réunion du savoir-faire de l’IGN en matière d’acquisition, de traitement et de diffusion des données géolocalisées et des compétences « métier » de l’IFN traduit une véritable complémentarité.
L’organisation du nouvel établissement a été étudiée, à l’échelon central comme à l’échelon territorial, pour intégrer au mieux les deux organisations existantes et aboutir à une amélioration de leurs productions respectives actuelles qui deviendront de plus en plus intégrées dans leurs méthodes et dans leurs outils.

Le nouvel établissement en quelques chiffres

  • 1800 agents (la somme des agents des deux établissements).
  • Cinq directions interrégionales (de 60 à 70 agents chacune) chargées dans leur zone d’action des relations extérieures et de la production d’informations géographiques ou forestières.
  • Quinze implantations (Paris, Saint-Mandé, Nantes, Caen, Bordeaux, Toulouse, Lyon, Nancy, Lille, Aix-en-Provence, Montpellier, Villefranche-sur-Cher, Nogent-sur-Vernisson, Creil, Marne-la-Vallée).
  • Cinq laboratoires de recherche.
  • Une école de formation : l’École nationale des sciences géographiques.
  • Un service des activités aériennes à Creil.
  • Une boutique « Le monde des cartes » à Paris (4ème).
  • Une unité spécialisée en imagerie satellitaire « IGN Espace » à Toulouse.Un budget de l’ordre de 140 millions d’euros pour 2012.

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La France durcit sa réglementation « Nitrates »

Sans attendre les deux avis motivés, rendus par la Commission européenne, dans
le cadre de procédures portant sur l’application en France de la directive dite
« nitrates » de 1991, le Ministère de l’Écologie, du Développement durable, des
Transports et du Logement et le Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la
Pêche, de la Ruralité et de l’Aménagement du Territoire ont engagé depuis
plusieurs mois une vaste réforme de l’application de cette directive, afin
d’améliorer la lisibilité, la cohérence territoriale et l’efficacité de son dispositif et
ainsi de réduire encore les risques de pollution.
Afin de lutter contre la pollution des eaux par les nitrates qui peuvent avoir des
conséquences sur la potabilité et perturber l’équilibre biologique des milieux, l’Europe a
adopté en 1991 une directive qui est parmi les plus protectrices au monde. La mise en
oeuvre de cette directive en France a donné lieu depuis 1996 à quatre générations de
programmes d’actions encadrant l’utilisation des fertilisants azotés dans les zones dites
vulnérables aux pollutions par les nitrates d’origine agricole, soit actuellement 55 % de la
surface agricole utile nationale.
La réforme engagée vise à répondre aux demandes de la Commission européenne dans
le cadre de procédures pré-contentieuses engagées fin 2009, procédures qui conduisent
aujourd’hui aux deux avis motivés. Ces procédures portent d’une part sur le contenu des
programmes d’actions nitrates et d’autre part sur le classement en zones vulnérables aux
pollutions par les nitrates.

Cette réforme comporte deux volets :

1. La réorganisation de l’architecture des programmes d’actions et la révision de
leur contenu.

La réforme crée un programme d’actions national qui fixera le socle réglementaire
national commun aux 74 départements français concernés par des zones vulnérables.
Les mesures définies comme obligatoires par la directive y seront clarifiées et
renforcées, en privilégiant l’harmonisation communautaire. Ce programme d’actions
national précisera également certaines mesures du Grenelle de l’environnement liées
aux nitrates d’origine agricole, comme l’obligation de couverture des sols à l’automne et
la mise en place de bandes enherbées le long des cours d’eau.

Parallèlement, les programmes d’actions départementaux actuels évolueront vers des
programmes régionaux qui préciseront, de manière proportionnée et adaptée à chaque
territoire, les actions supplémentaires nécessaires à l’atteinte des objectifs de reconquête
et de préservation de la qualité des eaux vis-à-vis de la pollution par les nitrates.
L’échelle régionale permettra d’organiser des zonages plus cohérents avec la gestion
des enjeux « eau et agriculture », tels que les petites régions agricoles ou les bassins
versants hydrographiques.
Ainsi, l’application de la directive « nitrates » en France sera renforcée et améliorée, soit
par des actions étendues à l’ensemble des zones vulnérables dès mi 2012 (allongement
des périodes d’interdiction d’épandage, relèvement des normes de rejets des
vaches laitières, contrôle plus strict du respect de l’équilibre entre l’apport et les
besoins en azote pour chaque parcelle, clarification des modalités de
dimensionnement et de contrôle des capacités de stockage des effluents
d’élevage), soit par des actions sur des territoires ciblés, notamment en ce qui concerne
la limitation des excédents d’azote à l’échelle de l’exploitation et la transparence
concernant les échanges d’effluents entre exploitations.
Le détail de ces évolutions et de leur calendrier est présenté en annexe.

2. La révision de la délimitation des zones vulnérables aux pollutions par les
nitrates d’origine agricole sur lesquelles portent ces programmes d’actions.

La révision de la délimitation des zones vulnérables se déroulera en 2012, à partir des
résultats de la campagne de surveillance de la qualité des eaux qui s’est achevée fin
septembre 2011. Elle tiendra compte des données les plus récentes disponibles sur la
qualité de l’eau ainsi que des critiques formulées par la Commission européenne. Son
achèvement fin 2012 permettra de bâtir les programmes d’actions régionaux sur des
zones vulnérables révisées et d’identifier les zones nécessitant la mise en place d’actions
renforcées.
Les programmes d’actions nitrates ainsi redéfinis fixeront les règles nécessaires à une
bonne gestion de l’azote en zone vulnérable et constitueront un socle réglementaire
minimal sur lequel s’appuieront d’autres actions spécifiques de reconquête de la qualité
des eaux pris au titre de la directive cadre sur l’eau, tels que les projets territoriaux
prévus sur les captages Grenelle ou par le plan algues vertes.

L’ensemble de la réforme, qui se mettra en place progressivement à compter de 2012,
sera pleinement opérationnelle mi 2013 avec l’entrée en vigueur des 5èmes programmes
d’action. Les calendriers retenus concilient au plus juste l’exigence d’évolutions
réglementaires immédiates souhaitées par la Commission européenne et les temps de
concertation, d’évaluation et de participation du public, préalables indispensables à
l’élaboration et à la mise en oeuvre de telles évolutions.

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