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Maladies du bois de la vigne : pas de transmission des champignons du BDA par les outils de taille


Les contaminations des plaies de taille par l’un des agents du Black dead arm (Diplodia seriata) ne se font pas par les outils de taille comme l’indique une étude* menée par l’IFV pendant quatre années consécutives (2005 à 2008) dans le vignoble du sud-est de la France.

Les analyses microbiologiques réalisées sur les plaies de taille à différentes périodes  n’ont en effet jamais montré une présence plus importante du champignon dans les coursons en absence de pluie. Le champignon a été plus souvent trouvé dans les tissus sous-jacents à la plaie de taille après une période pluvieuse. Cette étude a également montré que les contaminations se déroulent le plus souvent après la période des pleurs.

Les conditions climatiques leur étant favorables seraient une température moyenne supérieure à 10°C avec une température maximale d’au moins 16°C accompagnée d’une période pluvieuse. Les unités contaminatrices libérées par les pycnides (sources d’inoculum du champignon) situés sur le cep (tronc, bras, anciennes plaies de taille) ou sur les sarments laissés au sol sont responsables des contaminations observées sur les plaies de taille.

Sa présence dans les sarments non taillés aurait plusieurs origines. Le champignon infecterait les rameaux herbacés par des blessures occasionnées lors de différentes pratiques culturales pendant la période végétative de la plante jusqu’à la chute des feuilles ou il se développerait dans les tissus ligneux pour atteindre les rameaux herbacés ou sarments à partir du plus vieux bois.

Eliminer les sources d’inoculum

D’autres études menées par l’IFV, l’INRA de Montpellier et de Bordeaux avaient déjà montré que les champignons associés à l’esca et à l’eutypiose ne se propageaient pas par les outils de taille. Toutes ces observations montrent qu’il n’est pas nécessaire de les désinfecter pour lutter contre le Black dead arm et les autres maladies du bois (eutypiose, esca).

Cette désinfection ne doit être réalisée que sur les parcelles atteintes par la nécrose bactérienne pour éviter la propagation de la bactérie responsable.

Pour les maladies du bois, il est indispensable d’enlever les souches mortes, les parties mortes de ceps avant chaque période de taille car les sources d’inoculum présentes sur de telles souches peuvent libérer pendant les pluies des spores qui contaminent les plaies de taille.

Philippe Larignon, Chef de Projet maladies du bois, IFV, Pôle Rhône-Méditerranée

*Réalisée grâce à la participation financière de FranceAgriMer et du Casdar.

SEC 2

Sources d’inoculum de Diplodia seriata sur le tronc.

sec1


Sources d’inoculum de Diplodia seriata sur un sarment laissé sur le sol

SEC 3

Sources d’inoculum de Diplodia seriata sur une plaie de taille

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Les maladies du bois


Le Ministère de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche a décidé d’apporter 1,5 million d’euros pour la réalisation de cinq projets de recherche sur les maladies du bois de la vigne dans le cadre d’un appel à projets piloté par l’Institut Français de la vigne, en collaboration avec le Comité National des Interprofessions des Vins et l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture.

Les projets retenus par le Ministère de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche sont :

Projet 1 : Black Dead Arm, caractérisation de mécanismes impliqués dans l’expression des symptômes et identification des toxines (organisme porteur : Université Reims Champagne Ardenne).

L’objectif est d’acquérir des connaissances sur le Black Dead Arm afin de proposer ultérieurement de nouveaux moyens de lutte. Le projet porte sur deux grands axes : connaître l’origine de l’expression des symptômes foliaires (hypothèse toxines) et l’impact de cette maladie sur l’état physiologique de la plante. L’originalité de ce projet est également de transférer en France la technique sur la reproduction des symptômes foliaires (effectuée sur des boutures cultivées en conditions contrôlées) mise au point au Portugal. D’autres travaux seront réalisés en collaboration avec des partenaires européens (Université de Fribourg en Suisse et Institut Supérieur d’Agronomie de Lisbonne, Portugal).

Projet 2 : Epidémiologie de l’esca/Black Dead Arm et caractérisation du microbiote colonisant le tronc de la vigne (organisme porteur : INRA Bordeaux UMR 1065 Santé Végétale/ENITA Bordeaux).

forme sévère du Black Dead Arm
forme sévère du Black Dead Arm

L’objectif de ce projet est de caractériser le complexe d’espèces microbiennes, associé au développement des maladies du bois de la vigne, d’étudier sa répartition spatiale dans le vignoble et son expansion par des approches d’épidémiologie. L’ensemble de ces éléments permettront de répondre à des questions relatives à l’impact de la prophylaxie dans la gestion des maladies du bois, sur le rôle de la vigueur dans la sensibilité de ces maladies. A moyen terme, la connaissance des microflores non pathogènes colonisant le bois de vigne pourra permettre également la conception de produits microbiens en lutte biologique.

Projet 3 : Recherche de marqueurs physiologiques et moléculaires impliqués dans la tolérance de la vigne à certains champignons des maladies de dépérissement (organisme porteur : Institut des Sciences de la Vigne et du Vin, Bordeaux).

symptômes d'eutypiose
symptômes d’eutypiose

Le projet porte sur la détermination de critères simples et pertinents, liés aux réponses physiologiques et moléculaires de la plante à l’infection par l’agent de l’eutypiose. L’objectif in fineBotryosphaeriaceae). est d’utiliser par la suite ces marqueurs de tolérance comme nouveaux outils pour la sélection de cépages tolérants aux maladies du bois. Un travail plus préliminaire pourra être également réalisé sur les agents du Black Dead Arm (les

Projet 4 : Impact des choix culturaux des viticulteurs sur le développement des maladies du bois (organisme porteur : Chambre Régionale d’Agriculture Languedoc Roussillon).

L’objectif de ce projet est de proposer des alternatives à la lutte aux viticulteurs et de répondre à des interrogations qu’ils se posent.  Deux grands axes sont développés : impact du matériel végétal (effet clone), impact des pratiques culturales (taille, densité, irrigation, maîtrise de la vigueur …).

Projet 5 : Recherche et évaluation de procédés permettant la production de plants indemnes de champignons associés aux maladies du bois (organisme porteur : Chambre d’agriculture de la Gironde).

L’objectif est d’améliorer la qualité de l’état sanitaire de plants. Le projet concerne le développement de nouveaux outils de diagnostic des champignons pour le contrôle de la qualité des plants en sortie de pépinière (PCR quantitative),  l’obtention de processus de multiplication des plants permettant de garantir la production d’un matériel indemne de champignons associés aux maladies du bois, et l’évaluation  du traitement de l’eau chaude sur les maladies du bois (suivi en plein champ).

Le Ministère de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche a lancé en décembre 2008, dans le cadre du plan quinquennal de modernisation de la viticulture, un appel à projets spécifique, financé à hauteur de 1,5 million d’euros par le CASDAR. Ceci en vue de renforcer les travaux de recherche et d’expérimentation sur des moyens innovants de prévention et de lutte contre les maladies du bois.

Cet appel à projet est une volonté du Ministère et des professionnels du secteur viticole pour que soient trouvées des solutions durables pour lutter contre ces maladies (Black Dead Arm, esca, eutypiose), qui sont très dommageables pour la pérennité de notre patrimoine car les parasites attaquent les organes pérennes de la vigne.

Philippe Larignon

Chef de projet maladies du bois

Pôle Rhône-Méditerranée

Institut Français de la Vigne et du Vin

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