Archive | 20 octobre 2007

Récolte iséroise: des disparités selon les vignobles

Tous les vignobles n’ont pas souffert également des aléas climatiques de cet été 2007, particulièrement humide. A l’échelle de la France, la récolte 2007, selon l’enquête d’Agreste (voir en rubrique viticulture), se caractérise par une baisse de 12% en moyenne par rapport à la récolte 2006 et de -9% pour les vins de pays.

Dans notre région, si la récolte se présente, globalement, comme en dessous de celle de 2006, en volume, on note de fortes disparités puisque le déficit annoncé va de 5% à 50%, selon les vignobles. Reste que la qualité du raisin récolté autorise à espérer un millésime 2007 de haute tenue, spécialement pour les vins de Savoie AOC. Les conditions de fin de maturation et de vendanges ont été excellentes et les viticulteurs, dans l’ensemble, sont plutôt sereins quant à la qualité de leur récolte.

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(photo ADAYG)

Pour le vignoble des Balmes dauphinoises, au nord du département Isère, on note de fortes disparités, comme l’explique Stéphanie Loup, présidente du syndicat des vignerons: « Il y a de grosses variations selon les exploitations, selon que le vigneron traite ou non sa vigne contre la pourriture. Sur notre exploitation, par exemple, où nous ne traitons pas, la perte n’est pas loin de 40% par rapport à l’an dernier. Il a fallu trier. Mais, en tout cas, je pense qu’en moyenne, sur le vignoble, on est largement au-delà de 9%. Je dirais plutôt 15% ». Martine Meunier, exploitante à Saint-Chef, confirme la tendance: « Nous ne sommes qu’une dizaine de vignerons et nous n’avons pas encore fait de bilan. Mais la baisse, en quantité, de la récolte 2007, pourrait se situer entre -10 et -20% ».

La viticulture des vins de Pays des Coteaux du Grésivaudan est essentiellement le fait de 3 caves coopératives (St-Ismier, Bernin, Barraux) et de 6 caves particulières. En 2000, 2 010 hectolitres ont été labellisés vins de Pays des Coteaux du Grésivaudan sur 42,33 hectares (soit 1 039hl en vins rouge, 711hl en vins blanc et 200hl en rosé). Cette année, le vignoble a manifestement beaucoup souffert de cet été pourri. Pour la cave coopérative de Bernin, qui regroupe la récolte d’une quarantaine de vignerons, le bilan est sévère: « 50% de moins en rouge, 30% en moins pour le blanc. Le mildiou, la pluie abondante, la grêle, expliquent ce résultat. Un côté positif, pourtant: nous allons pouvoir utiliser nos stocks ».

Pour les vins de Savoie AOC, Michel Cartier, à Chapareillan, estime que la qualité de la récolte 2007 peut être de nature à compenser largement la quantité, moindre que l’année précédente:

« C’est une récolte légèrement déficitaire. Selon les endroits du vignoble, on peut évaluer la baisse entre 5 et 10%. Il y a des disparités. La Combe de Savoie, par exemple, a bénéficié d’un ensoleillement qui a maintenu la fleur en meilleure condition qu’ailleurs. Il ne faut pas oublier qu’on a eu une arrière saison extraordinaire. Depuis que je suis vigneron, je n’avais jamais vu ça: pas la moindre graine pourrie sur les grappes. Je pense que l’on va faire un bon millésime ».

Pas très loin de l’Isère, sur les contreforts drômois du Vercors, la récolte est qualifiée de normale, tant en quantité qu’en qualité. « C’est le savoir faire du vigneron qui fera la différence », dit Emmanuel, de la cave Monge Granon de Vercheny.

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Investir davantage dans l’agriculture

Le nouveau Rapport sur le développement dans le monde, publié hier à l’occasion de l’assemblée annuelle de la Banque mondiale (Washington), préconise d’investir davantage dans l’agriculture dans les pays en développement et de placer ce secteur au centre des efforts de développement pour pouvoir atteindre l’objectif consistant à réduire de moitié d’ici 2015 la proportion de la population vivant dans une extrême pauvreté et souffrant de la faim.

Intitulé « L’agriculture au service du développement », le rapport constate que le secteur agricole et le secteur rural ont été négligés et n’ont pas bénéficié d’investissements suffisants ces 20 dernières années. Alors que 75 % de la population pauvre mondiale vit dans les espaces ruraux, seulement 4 % de l’aide publique au développement va à l’agriculture dans les pays en développement. En Afrique subsaharienne, une région fortement tributaire de l’agriculture pour sa croissance, les dépenses publiques consacrées à l’agriculture ne représentent que 4 % des dépenses publiques totales et la charge fiscale reste relativement lourde dans ce secteur.

Le Groupe de la Banque mondiale recommande d’adopter un nouveau plan d’action pour une agriculture au service du développement. Selon le Rapport sur le développement dans le monde, pour les populations les plus pauvres, une augmentation du PIB déterminée contribue environ quatre fois plus efficacement à faire reculer la pauvreté lorsque cette augmentation vient de l’agriculture et non d’un autre secteur.

« Dans les pays en développement, un plan d’action dynamique mettant l’agriculture au service du développement pourrait apporter beaucoup à l’immense population de ruraux, estimée à 900 millions de personnes, qui vit avec moins d’un dollar par jour et exerce en majorité une activité agricole », explique Robert B. Zoellick, Président du Groupe de la Banque mondiale.

« Nous devons accorder plus d’importance à l’agriculture à tous les niveaux. Sur le plan international, les pays doivent adopter des réformes indispensables, notamment pour diminuer les subventions génératrices de distorsions et ouvrir les marchés, et les organisations de la société civile, en particulier les associations de producteurs agricoles, doivent être davantage impliquées dans l’élaboration des politiques agricoles. »

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