Archive | 15 juin 2009

Pour un inventaire des trognes de l’Isère

Gentiana lance un programme de suivi, de sauvegarde et de restauration des arbres têtards ou trognes de l’Isère, et vous invite à participer à l’inventaire en transmettant vos observations.
Ces arbres  sont des arbres taillés exploités depuis des siècles pour leurs branches ou leurs feuilles. La taille consiste à couper la tête de l’arbre à environ 2m du sol. Les branches repoussent en couronne au sommet du tronc et sont taillées au même endroit tous les 5 à 12 ans. De nombreuses espèces de feuillus peuvent être taillées en têtard, les plus fréquentes sont les saules, les frênes, les peupliers et aussi les muriers.

(photo Dominique Mansion)

Ces arbres, témoins d’anciennes pratiques agricoles, embellissent le paysage, retiennent les berges, participent au maintien des zones humides et abritent de nombreuses espèces végétales et animales dont beaucoup sont menacées :

- des oiseaux : Chouette chevêche, Hibou petit duc, Huppe fasciée…
- des coléoptères saproxyliques (coléoptères qui ont besoin du bois mort pour vivre) : scarabée Pique-prune, Rosalie des Alpes, Lucane, Grand capricorne…
- des chauves-souris
- et bien d’autres animaux !

Victimes de la modernisation de l’agriculture et de l’urbanisation des zones rurales, ces arbres remarquables disparaissent !

C’est pourquoi Gentiana lance un programme de suivi, de sauvegarde et de restauration des arbres têtards en Isère. Ce projet a pour but de mieux faire connaître ces arbres, de les entretenir, de restaurer les arbres à l’abandon et d’en replanter.

La première chose à faire est un état des lieux des arbres têtards sur tout le département de l’Isère. Gentiana fait appel à vous pour faire aboutir ce projet. Vous pouvez  transmettre vos observations par mail :

gentiana@gentiana.org

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Les vins d’ici ont du fruit: goûtez-y!

Comme chaque année, l’ADAYG organisait ce matin au Clos des Capucins (Meylan) son concours des vins de l’Y grenoblois, le 23e du nom. Un jury composé de cavistes, viticulteurs, sommeliers, formateurs, placé sous la présidence de François Blanc-Gonnet, caviste et fromager grenoblois, a consciencieusement opéré sa sélection sur un total de 33 vins en concours et 13 producteurs. C’est un travail de précision que celui d’un jury oenologique. Rien n’est laissé au hasard dans la notation: l’oeil, le nez, le palais sont sollicités.

Organisé depuis 1987 par l’ADAYG, ce concours est réservé aux producteurs de l’Y grenoblois pour les vins de pays des coteaux du Grésivaudan et l’AOC Vin de Savoie (zone Isère). A noter que les vins mousseux étaient également en compétition.

Le président Blanc-Gonnet (photo ci-contre), qui s’investit entièrement dans ce concours qu’il préside depuis cinq ans, nous a livré ses premières réactions, avant même la publication du palmarès. Il y a du positif et du négatif. :  « Je suis agréablement surpris par la qualité des fruits. Ces vins ont du fruit, davantage que l’an passé. Oui, ce sont des vins de belle facture dans l’ensemble ».

Passons au négatif. Le blâme -car c’en est un- ne s’adresse pas aux vignerons mais aux restaurateurs. François Blanc-Gonnet se montre carrément irrité: »Ce que je déplore, c’est que nous devrions être près du double autour de ces tables. Les restaurateurs sont absents. Sans doute avaient-ils autre chose à faire mais moi aussi je pourrais dire la même chose… »

Avertissement sans frais, donc, pour les restaurateurs, qui non seulement se font prier pour avoir sur leurs tables les productions des viticulteurs de  l’Y (malgré les exhortations du caviste de la laiterie Bayard) mais oublient de venir participer au jury du concours.

La promotion de la production vinicole de l’Y auprès des chefs  a sans doute encore quelques progrès à faire. La distribution, comme le souligne un membre du jury, n’est pas toujours adaptée aux attentes du restaurateur. Mais sur le fond, le président Blanc-Gonnet estime qu’ il y a une clientèle pour ces crus du Grésivaudan: »Les cépages typiques tels que  verdesse, jacquère, persan ou etraire, sont aujourdhui repérés par le public grenoblois ».

Pour les gastronomes ou ceux qui sont prêts à se laisser tenter par les vins de l’Y, voici quelques conseils gastronomiques donnés par l’ADAYG pour les apprécier au mieux: mariez une verdesse avec un poulet aux morilles, un abyme avec une truite aux amandes, un chardonnay avec une poëlée d’ escargots, un étraire de la Dhuy avec un civet de lapin, un pinot noir avec une terrine de pigeon, un gamay rosé avec une assiette de charcuterie ou un chèvre frais. Et vous nous donnerez des nouvelles.

Résultats concours de Vins de l’Y Grenoblois 2009


Cru Abymes
1er prix: GIACHINO Frédéric, Chapareillan, Bio

2ème prix: TOURNOUD Guy, Chapareillan, Terres d’Ici

3ème prix ex aequo: MASSON Franck, Chapareillan, Terres d’Ici (cépage Verdesse), BRUN PRINCE Solange, Chapareillan

Coteaux du Grésivaudan, Blanc
1er prix: MAGNE Michel, Chapareillan (cépage Verdesse)

2ème prix: FERGUSON Mickael, Meylan (cépage Verdesse)

3ème prix: Cave Coopérative de Bernin, Terres d’ici, (cépage Chardonnay)

Coteaux du Grésivaudan, Rosé
1er prix: Cave Coopérative de Bernin, Terres d’ici, (cépage Etraire)

Coteaux du Grésivaudan, Rouge
1er prix: Cave Coopérative de Bernin, Terres d’ici, (cépage Etraire)

2ème prix: MASSON Franck, Chapareillan, Terres d’Ici (cépage Mondeuse)

Méthode champenoise
1er prix: PORTAZ Jean Marc, Chapareillan, Terres d’Ici

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En radeau sur l’Isère

Grosse affluence sur la passerelle Saint-Laurent pour saluer les radeliers

Tous sur le pont ! Le message est passé. Même s’il a fallu un peu de temps pour bien comprendre les tenants et aboutissants de l’événement. L’association Trans’savoir-faire, qui s’est fixé pour objectif de faire partager une vision commune de la vallée de l’Isère autour de l’eau et des savoir-faire, avait pris possession de la passerelle Saint-Laurent ce matin et annoncé la couleur aux Grenoblois  qui traversaient l’Isère pour se rendre à  la brocante en rive droite. En installant le patron des bateliers, saint Nicolas, dans sa barque au milieu de la passerelle, les questions n’ont pas manqué. Et petit à petit, on a compris qu’il s’agissait de faire  remonter le passé à la surface.

« C’est quoi les radeliers ? » « Et à quelle heure vont-ils passer ? » « Et qui c’est ce gars-là dans sa barque ? »

Saint Nicolas, patron des radeliers installé au milieu de la passerelle Saint-Laurent! Pas banal.

Après une enquête approfondie, donc, voilà ce qui se tramait : une sorte de reconstitution historique. Les radeliers d’antan étaient de retour sur l’Isère.  En clair, cela signifie qu’un véritable radeau, fait de troncs d’arbres et piloté par un équipage aguerri, a descendu l’Isère, de Saint-Ismier à Sassenage. Une façon pour l’association de rappeler l’importance de la navigation sur l’Isère jusqu’à la fin du 19e siècle. Le flottage, c’est à dire la descente des bois issus des forêts de l’Isère, assemblés en radeaux, a également permis de transporter toutes sortes de marchandises.La filière bois passait par l’eau.
Un retour sur plusieurs siècles d’histoire que les riverains avaient zappé pour la plupart.

Plusieurs siècles de commerce fluvial

C’est un fait : en se promenant sur ses berges aujourd’hui, difficile d’imaginer que cette rivière a été durant plusieurs siècles le maillon essentiel des échanges commerciaux entre les vallées alpines et les rivages méditerranéens ! Trans’savoir-faire souligne que l’essor industriel observé dès le milieu du 18e siècle a beaucoup contribué au développement des moyens de transport sur ce cours d’eau qui apparaissait à l’époque comme une solution rapide, peu coûteuse et surtout moins risquée que les routes… Malgré un débit changeant selon les saisons et de fortes différences topographiques ici ou là, depuis la Combe de Savoie jusqu’à sa confluence avec le Rhône, l’Isère était bel et bien « flottable » et même « navigable » en période de « basses eaux », soit de mars à mai et de fin juillet à fin novembre.
Jusqu’à la construction de la ligne de chemin de fer de Valence à Grenoble en 1860, la rivière Isère est utilisée pour les transports de fort tonnage. Vers 1840 on estime que 35 000 tonnes de marchandises circulaient chaque année sans compter les bois de flottaison qui constituaient les radeaux.
A Beaulieu, par exemple, on construisait des radeaux en assemblant des troncs de dimensions impressionnantes : 24 mètres de long et 9 de large. Ils transportaient jusqu’à vingt tonnes de charge (tuiles, briques, blocs de tuf, piquets, échalas) et ils étaient manoeuvrés par sept à dix hommes. Arrivés à destination, (Avignon, Arles, Baucaire), le fret déchargé, les billes de bois étaient vendues pour les constructions. Les bateaux descendaient l’Isère au fil de l’eau. À la remontée, deux ou trois bateaux en remorque et chargés de céréales, de sel, de sucre et autres marchandises en provenance de Marseille étaient tirés, à contre courant, par vingt paires de boeufs depuis les chemins de halage.

La Durance solidaire de l’Isère

A la question, « qui sont les radeliers ? », ceux que nous avons vu passer vers midi sous les ponts de l’Isère, l’association apporte une réponse précise : « Ce sont des radeliers de la Durance ». Pourquoi eux ? « Parce qu’ils ont de l’expérience. Depuis une décennie, cette équipe organise une manifestation annuelle sur la Durance », naviguant de l’Argentière à Embrun.

L’équipage venu des Hautes-Alpes pour prêter main forte à l’association Trans’savoir-faire, a été acclamé par les Grenoblois

Toute une expédition pour ces mariniers haut-alpins. C’est à Saint-Ismier, au pont de la Batie, point de départ de cette descente de l’Isère, qu’ils ont  assemblé leur embarcation. Denis Furestier, le président de l’association précise que les troncs utilisés pour construire les radeaux font de 12 à 14 mètres de long donc 700 kilos environ pièce, leur diamètre est de 30 cm à 35 cm à l’arrière et 20 cm en tête. Chaque radeau est composé de 12 pièces de 14 mètres retenues par trois troncs. Les radeliers, pour guider leurs radeaux entre écueils et haut fonds utilisaient des rames fixées à l’avant et l’arrière des radeaux et descendent à la faveur des crues.
Salués par une foule nombreuse tout au long de leur parcours, les radeliers de la Durance ont donc navigué jusqu’à Sassenage où ils ont garé leur embarcation sur la digue. Un pique-nique a suivi, dans le Parc de l’Ovalie où avait lieu la fête de la Nature. Un chantier jeunes d’assemblage d’une  charpente du 17e avait été organisé.

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A noter qu’une expo sur les quais de l’Isère se tient à la Plateforme, place de Verdun, à Grenoble, du 27 mai au 31 juillet.
Cette exposition est l’aboutissement d’une année de travail de 3 agences d’urbanistes-paysagistes et d’importants échanges avec les habitants et les associations. Elle présente les enjeux de réhabilitation, les attentes de la ville et des habitants et, bien entendu, les propositions des professionnels. En septembre, l’équipe lauréate sera désignée

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FÊTE DE LA FORÊT DE MONTAGNE : MOBILISATION

La Fête de la forêt de montagne (19,20, 21 juin à Chichilianne) qui en est à sa 11e édition et à son 20e anniversaire (la première du nom s’est déroulée au Périer en 1989) sera une nouvelle fois l’occasion de mobiliser les énergies pour valoriser ce patrimoine remarquable et dynamiser la filière bois dans la perspective d’un développement durable. Forêt publique et forêt privée sont associées dans cette entreprise. Réflexion, travail en commun, animation, détente sont intimement associés pour cette manifestation. Dans une ambiance très conviviale et soucieuse d’écologie.

(photo rhône-alpes-tourisme)

C’est d’ailleurs dans l’intention de contribuer au développement d’une mobilité durable et écologique, qu’un partenariat a été institué entre la Région Rhône-Alpes, la SNCF et les organisateurs de la manifestation. Le public est invité à  rejoindre la Fête par le train de Grenoble jusqu’en gare de Clelles au tarif de 6€ aller-retour seulement !
Ce partenariat s’est traduit jeudi par une conférence de presse dans les locaux de la gare SNCF de Grenoble. Charles Galvin (CG38), Gérard Leras (Région Rhône-Alpes), Gilbert Correard, maire de Chichilianne, Guy Charron (association des communes forestières de l’Isère), Yves Brugière (ONF) y participaient ainsi que des représentants de la SNCF.
Quelques réflexions glanées au fil de cette conférence de presse :

Guy Charron : « Ca a commencé comme ça, en 1988 : face aux difficultés d’exploiter la forêt de montagne, on s’est dit, il faut faire quelque chose, mais quoi ? Quelqu’un a dit : faisons la fête ! C’est ainsi qu’est née la première fête de la forêt de montagne en 1989 , au Périer».

Gilbert Corréard : « Dans les années 90, le produit de la vente de bois par la commune était entre  60 et 70 000€. En 2009, ce produit n’est que de l’ordre de 20 à 25 000€. Nous avons environ 350 ha qui n’ont pas été exploités depuis 30 ans car on ne peut le faire autrement que par câble ».

Yves Brugière : « La filière bois est en difficulté malgré une ressource abondante. Le bois a subi une érosion permanente de son prix. Aujourd’hui, 1m3 de bois, c’est une heure d’ouvrier. Il y a un vrai potentiel, une vraie croissance et l’on n’en exploite qu’un tiers. C’est pourtant un enjeu national, aujourd’hui où la forêt constitue une ressource essentielle de l’énergie renouvelable, que de sortir le bois de nos montagnes »

Charles Galvin : « Cette fête de la forêt de montagne est une étape de la réflexion engagée sur l’exploitation de la forêt iséroise. Elle conforte notre volonté de développer la filière bois ».

Gérard Leras : « Le train offre cette possibilité de favoriser un tourisme doux et diffus dans le Trièves, ce qui convient tout à fait à ce territoire. Et également au public: la ligne Grenoble-Veynes-Gap enregistre une augmentation de 28% du nombre de passagers en un an ».

Grâce au partenariat avec la SNCF, il est donc possible d’aller à Chichilianne en train pour la Fête de la forêt de montagne. Sur place, du 19 au 21, trois journées, ouvertes au grand public comme aux professionnels, pendant lesquels seront organisées de très nombreuses animations (démonstrations de vieux métiers du bois, de matériels forestiers, de matériels de transformation, de débardage à cheval et à vache, un concours de bûcherons, sculpture sur bois, marqueterie, etc.), le tout au son du cor des Alpes.
Un colloque consacré à l’avenir de la forêt alpine, organisé samedi matin, réunira des spécialistes, des forestiers, et toutes les personnes intéressées, sur le thème « Quel avenir pour notre forêt ? ». Les participants aborderont les thèmes de l’exploitation forestière, du changement climatique, du bois énergie, du foncier, etc. N’hésitez pas à venir poser vos questions.

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Départ du train samedi 20 juin à 8h13 de la gare de Grenoble, arrivée en gare de Clelles à 9h14. Navettes jusqu’à Chichilianne. Horaires des retours: 12h30, 14h30, 18h30 au départ de Chichilianne.
par christian

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