Archive | 18 janvier 2010

Robert Veyret: « René Blanchet a marqué notre département »

Robert Veyret et René Blanchet étaient amis pour la vie…et bien au delà puisque le conseiller général, très ému, a précisé que René resterait à jamais à ses côtés…

Nous avons souhaité mettre en ligne l’intervention qu’a faite Robert Veyret, dans son intégralité, lors de funérailles de son ami. Elle retrace à merveille ce que fut la vie de René Blanchet avec ses convictions, ses combats…pour les autres.

« Dans un village, un département, une région, il est des personnes qui marquent d’une empreinte indélébile leur  passage.

Ainsi en est t’ il de René Blanchet, l’époux, le père, l’ami, le militant qui nous a quitté après une longue maladie et bien des souffrances.

Cette triste nouvelle a créé de suite, un choc, une grande tristesse chez tout ses proches et parmi les hommes et les femmes, qui l’estimaient dans la vie de chez nous. Sa ferme, sa famille, ses terres, son monde agricole, le syndicalisme c’était son combat. Toute sa vie durant aux côtés de son épouse Marthe ce fut leur raison d’être. Pour René ce fut dès son jeune âge, son chemin de vie.

Quel courage, quelle audace, quelle compétence dans toute sa mission de dirigeant agricole. Homme de cœur, d’une grande droiture, attaché aux choses simples, homme de gauche affirmé René Blanchet a marqué notre département dont il était une personnalité reconnue et n’a pas été qu’un paysan comme il aimait à le répéter, à se nommer.

En tant que président de la Chambre d’agriculture, il a défendu sans relâche le rôle essentiel de l’agriculture, assurant avec force et conviction la place de la profession dans les instances locales et nationales, la prise en compte du foncier dans les documents d’urbanisme ou encore le soutien aux filières agricoles du département avec une volonté très forte de voir se développer l’agriculture dans les zones périurbaines. Beaucoup d’autres actions et propositions qui sont aujourd’hui en cours, sont à inscrire au bilan de cet homme courageux qui parlait avec ses tripes son bon sens et une passion qui ne laissait personne indifférent.

Nous sommes ici dans cette église de La Murette pour rendre l’hommage qui est dû à cet homme, à René, qui fut bien sûr votre maire pendant de nombreuses années.

C’est pendant cette période que nous nous sommes connus, nous les 2 conscrits, nés le même jour, la même année à quelques heures l’un de l’autre nous a t’on dit. Nous avons beaucoup travaillé ensemble sur de nombreux dossiers et je peux témoigner de la force de conviction qui l’animait au cours de nos rencontres qui furent toujours amicales et positives, tout cela pour faire vivre le développement harmonieux de sa commune. Nul ne peut oublier sa participation active et sans faiblesse dans le soutien de la coopération intercommunale devenue depuis l’intercommunalité puis la communauté d’agglomération du Voironnais.

Ce n’est pas trop de dire que René Blanchet fut l’un des pères fondateurs de toute cette organisation aux côtés de quelques précurseurs. Ce fut aussi le temps de la défense du secteur, le refus de la ville nouvelle, le rôle de René dans la défense des expropriés de l’autoroute Grenoble-Lyon ou encore sa présence et toute sa présence dans les réflexions et travaux du schéma directeur de la région grenobloise.

Cet homme, René, restera dans l’histoire de notre département et de son village où il aimait vivre et retrouver sa famille, un homme de cœur d’une grande droiture, gros travailleur, d’une nature ouverte, capable d’autorité, de bonne ou de mauvaise humeur pouvant aller aux coups de gueule, mais très vite c’était l’homme dévoué  qui repoussait sa colère et lui assurait aussi bien des sympathies et l’estime de tous.

En ce début d’après-midi, chacun est dans la peine, une grande tristesse traverse cette grande et belle famille de l’agriculture.

Lui que nous avons connu actif, optimiste, dynamique vient de nous quitter  et au moment où René s’en va, j’exprime au nom du Conseil Général et du département, mon émotion à l’ensemble de ses amis  qui l’ont connu et apprécié, à ses collègues élus ou anciens élus, à tout le monde agricole présent aujourd’hui.

Puisse la sympathie de cette assistance apporter un réconfort à Marthe son épouse, à Gabrielle, Monique, Thierry et Sylviane sans oublier ses nombreux petits-enfants. A vous toutes et tous nous nous associons à votre grande tristesse et nous vous assurons de notre profonde compassion.

Il nous laisse le souvenir d’un homme rayonnant, fort d’une vision très claire de sa mission: l’agriculture est un événement à part entière, elle est faite pour être vécue et habitée, c’est un acte généreux, c’est la vie résumée de René Blanchet . »

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La Foulée Blanche: un éco-événement sportif

Comme chaque année, le Conseil général de l’Isère est un partenaire privilégié de la manifestation sportive Foulée Blanche avec un objectif singulier pour cette 32ème  édition : placer cet événement sportif sous le signe du  développement durable.

Le Conseil général de l’Isère a adopté en décembre 2006, un agenda 21 départemental qui tend à contribuer à un développement plus équitable et solidaire, plus respectueux de l’environnement et économiquement plus efficace.
Parmi les 38 actions que celui-ci propose, l’action N°25, a pour objectif d’encourager les événements sportifs respectueux de l’environnement.
Afin d’accompagner les organisateurs de manifestations sportives, le Département de l’Isère a publié en septembre 2009 le guide des éco-événements sportifs isérois qui permet de définir, pour chaque manifestation, les enjeux environnementaux majeurs pour lesquels il propose des conseils, des actions et des partenaires. En 2010, un pack éco-événement a été crée, proposant de mettre gratuitement à disposition des gobelets réutilisables, des poubelles tri-sélectifs, ainsi que des outils de sensibilisation.

A l’occasion de la 32ème édition, la Foulée Blanche, avec l’appui de la société Eco-Emballages, s’associe à cette démarche initiée par le Conseil général de l’Isère  par la mise en place d’actions éco-responsables tel que :
- la suppression des assiettes, couverts et gobelets plastiques jetables, des bouteilles d’eau, des sacs plastiques ;
- l’utilisation au maximum des technologies numériques dans l’organisation de l’événement  (inscription, communication…) afin de réduire la consommation de papier et limiter l’impact liés à la distribution et au transport ;
- la sensibilisation de tous au cœur de l’événement : bénévoles, participants, publics, partenaires…
- la mise en place d’un éco pique-nique, décoration du village des exposants autour du thème des déchets, mise en place de transport en commun (Grenoble-Autrans) pour les samedi 23 et dimanche 24 février.

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Trièves : pour que le cep ne meure

Créée en 2008, l’association Vignes et vignerons du Trièves (VVT), qui compte aujourd’hui près de 300 adhérents, s’est fixé pour objectif de redonner vie au vignoble dans cette région du sud Isère où l’agriculture reste vivace (avec une forte implication bio),  où producteurs et consommateurs se serrent les coudes.

vigne« La vigne est cultivée dans le Trièves depuis la plus haute antiquité », souligne le président Gilles Barbe dans le dernier numéro de La treille, le bulletin de l’association. « La surface cultivée en 1850 était de l’ordre de 300ha, puis 125ha en 1940. Nos anciens ont façonné les paysages du Trièves en entretenant les coteaux, et le vin de leur vigne était consommé sur place ou dans les communes voisines. Ils étaient déjà dans le développement durable ».

Du vignoble des siècles précédents, ne restent aujourd’hui que quelques arpents (environ 8ha), exploités par une cinquantaine de vignerons qui produisent pour leur consommation personnelle et celle de leur entourage.

L’association a l’ambition de fédérer les personnes qui s’intéressent de près ou de loin à la vigne et au vin, de préserver les zones viticoles encore existantes, de perpétuer les traditions vigneronnes, de conserver les cépages anciens et oubliés (comme l’onchette). Sur ce dernier point, le Centre d’ampélographie alpine Pierre Galet (1), de Cevins (Savoie) lui apporte une précieuse collaboration.

Ce projet viticole de territoire, qui est avant tout celui d’amateurs éclairés, oenophiles et amoureux du Trièves, s’inscrit pleinement dans la protection et la mise en valeur du paysage. Il fait des adeptes et progresse, même s’il se heurte à des textes de loi qui ne facilitent pas cette démarche (2). Après l’inventaire, le défrichage des parcelles viticoles a pu commencer l’an dernier avec l’étroite participation des propriétaires (une convention de mise à disposition de leur parcelle est signée avec l’association).

Ainsi, en 2009, six vignes ont été sauvegardées grâce à la mobilisation de quelques personnes, jeunes vignerons motivés et propriétaires qui leur font confiance. On a pu voir à cette occasion la jeune génération au côté de l’ancienne, réunis sur le terrain pour la cause de la vigne et du Trièves.

L’association a créé un emploi depuis le 15 juin 2009 pour une durée d’un an grâce à un financement du Fonds social européen (FSE) et de la Région Rhône-Alpes (CDRA). Thomas Chevallier, qui arrive du Bordelais, s’attache avec enthousiasme à promouvoir la démarche de l’association, accompagner ceux qui veulent se lancer, planifier les opérations de plantation. Un projet qu’il prend à cœur notamment parce qu’il va dans le sens opposé à une uniformisation du vin et du goût.

Pour pérenniser cet emploi et poursuivre la démarche entreprise, l’association a besoin d’adhérents et de partenaires. Dans l’espoir de fédérer les porteurs de projets similaires, VVT réfléchit à un projet de réseau , un cluster en quelque sorte, axé autour de la relance des vignobles et cépages rares à l’échelle de la Région et de l’Arc alpin. Plusieurs associations s’y investissent. C’est le cas, entre autres, de l’ARDVCG, association pour la restauration et le développement du vignoble des Coteaux du Gier (Loire), créée en avril 2006. Depuis cette date, l’association a été contactée par plusieurs porteurs de projets.

Première vinification : automne 2012

Cette année sera une année décisive pour VVT qui a obtenu de l’administration le droit de planter 7500m2. La commande de pieds a été passée (dont un au Conservatoire de l’INRA). Au programme de 2010 :

-1200m2 seront plantés à Prébois (coteau de Moulin vieux) avec un cépage unique du Trièves, l’onchette, associé à du gamaret. La première vinification interviendra dans trois ans. Elle devrait attirer nombre de connaisseurs et d’amateurs de vins rares.

-1300m2 seront plantés sur Mens (coteau de Serre-Bertras) avec de la mondeuse blanche, muller, thurgau et savagnin

D’autres opérations de même nature sont prévues, notamment à Roissard, au lieu-dit Brion.

En attendant, l’association organise samedi 23 janvier à 20h à Prébois,  une petite fête à l’occasion de la Saint-Vincent. Participation aux frais : 3€.

…………………………………………………..

(1) Ampélographe de notoriété mondiale, Pierre Galet est l’auteur d’une oeuvre capitale pour la renaissance d’une viticulture authentique. A plus de 80 ans, il vient de publier le deuxième tome du dictionnaire des cépages de France et travaille à la rédaction d’un atlas mondial des cépages. L’oeuvre de ce passionné fait de lui un monument de la viticulture.

(2) Depuis les années 80, les droits de plantation, par exemple, ne sont pas transmissibles. En ce qui concerne les plantations nouvelles, des droits peuvent être accordés dans les cas suivants :

- afin de compenser une mesure de remembrement ou d’expropriation pour cause d’utilité publique.

- lorsque la parcelle est destinée à l’expérimentation. Pendant la durée de l’expérimentation, les produits issus de la parcelle ne peuvent pas être commercialisés. A l’issue de l’expérimentation, la parcelle devra être arrachée, à moins que l’exploitant de la parcelle utilise un droit de plantation disponible sur son exploitation, pour lui permettre de faire produire cette vigne. L’arrachage de la parcelle expérimentale ne donne pas lieu à l’octroi de droits de replantation.

- lorsque la parcelle est destinée exclusivement à la production de greffons. Les raisins issus de cette parcelle doivent être détruits chaque année et la parcelle arrachée à l’issue de la période de production de greffons. L’arrachage ne donne pas lieu à l’octroi de droits de replantation.

Source France AgriMer

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