Archive | 26 mars 2010

La FAI prépare sa mutation

L’assemblée générale de la fédération des alpages de l’Isère (FAI) aujourd’hui à Prapoutel, la 29e du nom, a été l’occasion d’évoquer  la situation difficile dans laquelle se trouve l’association et d’en débattre avec les participants, éleveurs, élus des communes, partenaires.

Le problème est essentiellement dû aux « difficultés d’accès aux crédits publics », comme le note le trésorier Roger Giraud. Même si le résultat 2009 est positif et affiche un excédent de 3 114€, les difficultés récurrentes de ces dernières années font que l’association doit reporter un passif de –120 000€ sur son exercice 2010.

Denis Rebreyend, éleveur et président de la FAI a souligné que cette année 2009 avait mobilisé élus et équipes techniques autour de cette question vitale. Des mesures ont été prises : mise en chômage technique des salariés de la FAI pendant 6 mois, non renouvellement d’un contrat (sur le tourisme en alpage) , départ anticipé du directeur, Yves Raffin, qui participait donc à sa dernière assemblée générale à ce titre (nous en reparlerons).

sénépi

Lors d'une démontagna, sur l'alpage du Sénépi

L’utilité de cet outil économique, d’aménagement et d’expertise qu’est la FAI, au service des élus, des éleveurs, des montagnards, n’est absolument pas en cause : « Le travail effectué par la Fédération des alpages satisfait éleveurs, élus des communes de montagne, explique Denis Rebreyend. Nos compétences sont appréciées par nos partenaires que sont le Conseil régional et le Conseil général. Les tâches demandées sont croissantes tant en volume qu’en qualité et nous avons été contraints de réduire de pratiquement 50% notre force de travail en temps. Quel paradoxe ! »

Un paradoxe qu’a saisi au vol Claude Blanc-Coquand, maire de Sainte-Agnès depuis 1977 et travaillant avec la FAI depuis 1982, pour appeler à la mobilisation et à la solidarité des différents acteurs de la montagne en faveur d’un pastoralisme durable et dynamique.

Dans un courrier adressé aux maires de l’Isère, l’élu invite notamment les personnes sensibles à « son coup de cœur » à manifester leur soutien via une cotisation solidaire : « La FAI, consciente des mutations nécessaires pour ne pas disparaître, se remet en cause et essaie de trouver de nouveaux axes mais ne pourra survivre si nous, les élus de montagne concernés, ne nous impliquons pas plus dans le fonctionnement et la défense de ce formidable outil à notre service », écrit-il notamment dans cette lettre.

Devant les participants de cette 29e AG, dans la salle des Ramayes où se déroulera du 13 au 16 octobre le IXe festival du film « Pastoralismes et grands espaces », Claude-Blanc Coquand  a donné sa vision des choses, chaleureusement applaudi : « La situation est grave pour les communes de montagne. Et on ne dira jamais assez que la FAI est un outil dont nous avons besoin. Si la fédération des alpages traverse une mauvaise passe, c’est que nous marchons sur la tête ! La pyramide est à l’envers. Et elle peut basculer à tout instant. Nous devons nous mobiliser pour rétablir l’équilibre ».

Jean Picchioni, président de l’association « Pastoralismes du monde », partenaire de la FAI et organisatrice du festival des 7 Laux, abonde dans ce sens : « Groupements pastoraux et communes de montagne vont devoir se payer ces services, si cette situation se perpétue. Je demande à nos partenaires de  consentir à nouveau une aide au fonctionnement (NDLR : et pas uniquement aux investissements comme c’est la règle) sinon nous ne pourrons continuer ».

On ne rappellera jamais assez l’utilité publique du pastoralisme comme de la sylviculture qui non seulement piègent le carbone mais contribuent à l’entretien des paysages, des espaces montagnards, à la prévention de risques naturels, au maintien de la biodiversité.

Des aspects souvent sous-estimés, qui sont pourtant le résultat d’une  organisation, d’un engagement , d’un travail séculaires qui ont un prix. Mais de prix, aucune trace. Les usagers de ces espaces montagnards en ont-ils conscience ? Pour Claude Blanc-Coquand, c’est un non catégorique. C’est pourquoi il plaide pour donner une véritable dimension à un dialogue citadins/ruraux, ville/montagne. Comme cela fut souligné, « un travail d’argumentaire est à travailler et à alimenter sans cesse »

Des signes de reprise encourageants

En Isère, le pastoralisme est un secteur d’activité qui représente environ 170 gestionnaires (groupements , communes, individuels), 25 000 UGB estivées sur plus de 78 000 ha d’alpages et de parcours.

Un secteur qui maintient son activité. Bruno Caraguel, chargé de mission formation, études, diagnostics, note en effet des signes de reprise sur la saison 2009 : « Les premiers retours de la bourse d’alpage 2010 tendent à confirmer le retour des éleveurs vers les stations d’alpage mais ils seront à confirmer en juillet-août. Ces signes de reprise sont  encourageants. Il y a une dynamique positive, il y a des attentes socio-économiques de la part des massifs. Les systèmes pastoraux semblent redevenir attractifs ». Comme le remarque Denis Rebreyend, « la saison 2009, marquée par des problèmes de ressource en eau sur certains secteurs , explique sans doute le regain d’intérêt des éleveurs pour réserver des places dans les groupements pastoraux ».

Reste qu’en dépit de ces signes de reprise, le contexte de précarité généralisée contraint l’association à réfléchir à sa mutation  à serrer les cordons de la bourse, à limiter ses actions. La réflexion est permanente. Faudra t-il abandonner le statut association loi 1901 ? Se transformer en société de services ? Ou tout envoyer paître…

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Le projet Isère amont au point mort

Lors de la session budgétaire consacrée au budget primitif 2010, voté aujourd’hui par l’assemblée départementale, le dossier Isère amont (prévention des crues, de Pontcharra à Grenoble) a été abordé. Ce projet porté par le syndicat mixte des bassins hydrauliques de l’Isère (SYMBHI) figurait en 2004 parmi les trois priorités du Conseil général. Il a été confirmé en 2008 lors du renouvellement de l’assemblée départementale.

Force est de constater que la situation a changé : le projet Isère amont est aujourd’hui au point mort. Les travaux sont différés.

Pourquoi ? Tout simplement parce que « le Département ne peut, à lui tout seul, compenser l’inertie de l’Etat ». André Vallini avait déjà eu l’occasion de le dire et le redire à l’occasion de la manifestation des agriculteurs le 29 janvier dernier (lire notre article).

L’Isère, comme toutes les grandes rivières, est un cours d’eau « domanial » dont la propriété  et la responsabilité incombent à l’Etat. Mais, comme cela fut rappelé, pendant des décennies, l’Etat n’a jamais rempli sa mission de protection contre les crues, laissant les collectivités locales et les  associations de riverains exposées au risque d’inondation.

Face à cette inertie, le Conseil général a décidé, en 2004, de créer le Syndicat mixte du bassin hydraulique de l’Isère pour élaborer un plan de lutte contre les inondations.

Le plan « Isère amont » est désormais au point, mais aujourd’hui au point mort par la force des choses. Le Conseil général de l’Isère, comme tous les Départements de France, est étranglé financièrement par la crise économique, qui provoque une augmentation considérable de ses dépenses sociales et un effondrement de ses recettes fiscales, et par la non-compensation par l’Etat des charges transférées dans le cadre de la décentralisation.

Le Conseil général déclare qu’il ne peut financer seul une charge qui ne relève pas de sa responsabilité, et il a sollicité le Préfet pour que des crédits d’Etat et européens soient mobilisés en faveur du projet « Isère amont ».

Les études continuent

Pour autant, le SYMBHI poursuivra en 2010 les études de maîtrise d’œuvre et les acquisitions foncières nécessaires à la réalisation des aménagements sur l’Isère amont  qui dispose désormais de l’arrêté de DUP pris par le Préfet le 23 juin 2009, ainsi que les études de protection hydraulique sur la Romanche et en particulier les parades aux risques des ruines de Séchilienne.

Les travaux quant à eux ne pourront démarrer qu’une fois adopté un nouveau plan de financement allégeant la participation du Département dans un domaine qui ne relève pas de ses compétences obligatoires.

Hier, Robert Veyret, président du SYMBHI, avait dit, à l’occasion d’un échange entre conseillers généraux, sur le sujet: « Le SYMBHI a la volonté de faire aboutir ces travaux. La première tranche de travaux pourrait commencer rapidement. Le risque est une réalité dans ce secteur du Grésivaudan. Nous devons avancer. Les problèmes rencontrés avec la profession agricole sont en passe d’être résolus. Les signatures sont en cours. Nous devons rencontrer le préfet dans les jours qui viennent. Nous attendons le premier coup de pioche pour bientôt ».

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Région Rhône-Alpes: le nouvel exécutif

L’assemblée plénière qui s’est tenue le 26 mars a élu J.J Queyranne à la présidence du Conseil régional mais également de désigner les membres du nouvel exécutif. En voici la liste complète.

Vice-présidents

- Bernadette Laclais (PS) : Transports, déplacements et infrastructures
- Philippe Meirieu (Europe Écologie) : Formation tout au long de la vie
- Marie-Odile Novelli (Europe Écologie) : Logement, politique de la ville, solidarités
- Jean-François Debat (PS) : Finance et décentralisation, rapporteur général du budget, contrats de projet
- Sylvie Gillet de Thorey (PS) : Lycées
- Jean-Louis Gagnaire (PS) : Développement économique, industrie, PME
- Léla Bencharif (Europe Écologie) : Démocratie participative, vie associative, éducation populaire
- Alain Chabrolle (Europe Écologie) : Santé environnement
- Christiane Puthod (Front de Gauche) : Emploi, dialogue et innovation sociale, CTEF
- Hervé Saulignac (PS) : Aménagement des territoires, espaces Rhône-Alpes, grands projets
- Farida Boudaoud (PS) : Culture, lutte contre les discriminations
- Bernard Soulage (PS) : Europe et relations internationales
- Véronique Moreira (Europe Écologie) : Solidarités internationales
- Benoit Leclair (Europe Écologie) : Energie, climat
- Michel Grégoire (PS) : Agriculture, développement rural

Conseillers spéciaux

- Thierry Philip (PS) : Recherche, enseignement supérieur, formations sanitaires et sociales
- Thierry Braillard (PRG) : Technologies de l’information et de la communication, projet confluence
- Gérard Leras (Europe Écologie) : Politique foncière
- Cécile Cukierman (Front de Gauche) : Egalité homme-femme

Conseillers délégués

- Eliane Giraud (PS) : Administration générale et parcs naturels régionaux
- Gwendal Peizerat (apparenté PS) : Sports
- Cyril Kretzschmar (Europe Écologie) : Nouvelle économie, nouveaux emplois, artisanat, économie sociale et solidaire
- Claude Comet (Europe Écologie) : Tourisme et montagne
- Sarah Boukaala (PRG) : Jeunesse

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Jean-Jack Queyranne réélu: son programme

Jean-Jack Queyranne fixe comme priorités l’emploi, l’innovation, la solidarité des territoires, la démocratie.

Jean-Jack Queyranne, élu président de la Région Rhône-Alpes ce vendredi en fin de matinée a annoncé son programme. Sur le plan politique il a expliqué «  dans les semaines, les mois et les années qui viennent, c’est à ceux qui se sont éloignés de l’expression démocratiques fondamentale que nous devrons penser chaque fois nous engagerons une politique nouvelle ».

Les priorités du nouveau président sont claires : emploi, innovation, solidarité territoriales et démocratie.

Sur le plan  économique la Région refondra le Schéma régional de développement économique. La Région mettra en avant la formation tout au long de la vie.

En matière d’innovation, «  ADN de Rhône-Alpes »,  la Région soutiendra la recherche  académique, mais aussi la coopération entre la recherche publique et la recherche privée.

A l’automne 2010, la Région accueillera une conférence européenne sur le climat sera organisée en Rhône-Alpes, pour promouvoir des initiatives concrètes.

La solidarité des territoires devrait éviter de creuser le fossé entre des villes de plus en plus peuplées et des zones de campagnes. La Région s’opposera à la suppression de services publics. Elle viendra en aide à l’installation de médecins, soutiendra le numérique, soutiendra le service public de chemin de fer régional.

La Région cherchera à être solidaire avec les agriculteurs, plus particulièrement avec la filière laitière. L’aide à la filière pourrait être renforcée. La Région soutiendra le foncier agricole, accompagnera le développement des produits courts, positif pour les agriculteurs comme pour les consommateurs. La Région cherchera à peser à Bruxelles en faveur d’une réforme de la Politique agricole commune allant dans un sens plus favorable à toutes les agricultures.

Michel Deprost, Enviscope-AJIRA

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