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Virus de Schmallenberg: analyse sur les scénarios de sa propagation


L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié une analyse préliminaire sur les scénarios possibles concernant la façon dont un nouveau virus, dénommé le virus de Schmallenberg[1], pourrait se propager chez les animaux dans les mois à venir.

Ce rapport, discuté par le Comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale (CPCASA), contribuera à apporter à la Commission européenne et aux États membres de l’UE des informations sur la situation actuelle et la situation future possible dans l’UE. Le virus appartiendrait à un groupe de virus à transmission vectorielle transmis par des insectes.

Le rapport souligne que des données supplémentaires sont nécessaires pour surveiller la présence de ce virus récemment signalé et il fournit des spécifications techniques pour recueillir de telles données dans tous les États membres.

Le rapport technique de l’EFSA se concentre sur les aspects relatifs à la santé et au bien-être des animaux liés à ce virus récemment découvert et souligne qu’il existe de nombreuses incertitudes qui y sont associés. Le virus a été détecté chez des ovins, des bovins et des caprins et, à ce jour, il a infecté des animaux en Belgique, en France, en Allemagne, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni.

Le virus semble appartenir au sérogroupe de virus Simbu ; ces virus sont transmis par des moucherons et des moustiques et il est donc probable que le nouveau virus se transmette de la même manière. Toutefois, bien qu’elle soit peu probable, la possibilité d’une transmission directe d’animal à animal ne peut pas être exclue à ce stade.

Chez les animaux infectés, on a observé que le virus cause de la fièvre, des diarrhées et une réduction de la production de lait jusqu’à une semaine. Si l’infection se produit chez des animaux gravides à un stade court et vulnérable de la grossesse[2], il peut entraîner de graves malformations congénitales de la progéniture.

Sur la base des données limitées disponibles, le rapport fournit des scénarios épidémiologiques qui pourraient être observés dans les prochains mois en Europe. Ces scénarios ont été élaborés en se basant sur l’hypothèse que le mode de transmission et les vecteurs de transmission du virus sont semblables à ceux de la fièvre catarrhale[3].

L’analyse conclut que le nombre de vecteurs et la température ont un impact sur la propagation possible du virus dans une population animale sensible. Cependant, les données sont insuffisantes sur de nombreux aspects, tels que la probabilité que les animaux acquièrent une immunité par rapport au virus.

Ce point est important car la connaissance scientifique des virus apparentés indique que les animaux peuvent développer une immunité forte à la suite d’une exposition au virus et que ceci aura un impact sur la façon dont le virus peut se propager.

Afin de pouvoir évaluer l’impact du virus au niveau européen et sa propagation possible, il est nécessaire de recueillir des données issues de la surveillance en provenance de tous les États membres de l’UE. Sur la base de l’expérience qu’elle a acquis en évaluant les risques associés à d’autres maladies d’origine animale et maladies à transmission vectorielle, telles que la fièvre catarrhale par exemple, l’EFSA travaillera de concert avec les États membres pour veiller à ce que les données épidémiologiques recueillies dans les mois à venir fournissent une vue d’ensemble de la situation en Europe.

Tout au long de ce processus, l’EFSA partagera de façon régulière des rapports sur l’état d’avancement du processus de collecte des données et l’analyse des données recueillies.

Une évaluation préliminaire réalisée par le Centre européen de prévention et contrôle des maladies (ECDC) conclut qu’il n’existe actuellement aucune preuve que le virus puisse causer une maladie chez l’homme. Étant donné que les virus les plus ressemblants d’un point de vue génétique[4] ne provoquent pas de maladie chez les humains, il est peu probable que ce nouveau virus provoque une maladie chez l’homme, mais cela ne peut pas être exclu à ce stade.

L’EFSA continue à assurer la liaison avec l’ECDC afin de suivre de près l’impact possible en termes de santé publique et se penchera sur les questions qui pourraient affecter la santé humaine, si celles-ci devaient se présenter.

[1] Le virus a provisoirement été nommé Schmallenberg d’après la ville allemande où il a d’abord été identifié.
[2] Pour le virus Akabane apparenté, chez les moutons, cette étape est comprise entre le 28e et 36e jour de la grossesse et chez les bovins entre le 75e et le 110e jour.
[3] La fièvre catarrhale est une infection non contagieuse transmise par des insectes et qui affecte les ruminants domestiques et sauvages, y compris les moutons, les chèvres et les cerfs.
[4] Virus Shamonda, Aino et Akabane

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Le virus de Schmallenberg se propage en Europe


Qu’est-ce que le virus de Schmallenberg ?
Cet orthobunyavirus affecte les ruminants. Il n’a pas de caractère zoonotique et par conséquent n’affecte pas l’homme.

Caractéristiques générales
L’infection aiguë semble se manifester chez les bovins adultes par de l’hyperthermie, une perte d’appétit, une chute de production chez les vaches laitières, de la diarrhée, des avortements. L’infection des femelles de ruminants en gestation peut se traduire par la naissance d’animaux malformés (arthrogrypose, raccourcissement des tendons du jarret, déformation de la mâchoire, hydranencéphalie, …).

Des cas d’infection aiguë ont été rapportés chez des bovins entre août et octobre 2011, en Allemagne et aux Pays-Bas.

Depuis le mois de décembre 2011, des cas de malformations ont été rapportés chez des ovins et des caprins, en Allemagne, en Belgique et aux Pays-Bas. Le Royaume Uni a notifié la présence du virus chez des ovins le 23 janvier 2012.
Les foyers d’infection par le virus Schmallenberg aux Pays-Bas ont fait l’objet d’une notification immédiate à l’Organisation mondiale pour la santé animale (OIE), le 5 janvier 2012. Il n’y a, pour l’heure, aucune restriction aux échanges d’animaux vivants et de leurs produits à partir des zones atteintes, ni aucune mesure de prévention et de contrôle préconisée.

Mise en place d’une surveillance par la DGAL
Les modalités de cette surveillance ont été définies sur proposition de la Plateforme de surveillance épidémiologique en santé animale. Il s’agit d’une surveillance clinique des malformations chez les ruminants visant à déceler la circulation du virus Schmallenberg sur le territoire métropolitain, avec une surveillance renforcée dans les zones les plus à risque d’introduction du virus, à savoir les régions frontalières avec la Belgique et l’Allemagne. La Plateforme suit de près l’évolution sanitaire, notamment pour apporter son appui à l’adaptation du dispositif de surveillance.

Le Laboratoire de santé animale de l’Anses Maisons-Alfort est en capacité de réaliser le diagnostic de l’infection (par Rt-PCR) et le mettra en œuvre sur les suspicions détectées.

Les recherches sont en cours sur l’origine du virus. Il serait très vraisemblablement transmis par voie vectorielle (culicoïdes, moustiques, tiques). Quand les femelles sont infectées pendant la gestation, le fœtus peut être infecté (transmission verticale), conduisant à des avortements et à des malformations fœtales.

La DGAL a saisi l’Anses pour évaluer les impacts directs et indirects de cette nouvelle affection vectorielle sur les élevages de ruminants, ainsi que les risques de diffusion sur notre territoire.

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