Colombe: une parcelle d’un grand débat

La commune de Colombe a sur son territoire une parcelle de 2,80 ha cultivée en maïs transgénique. Une manifestation a réuni samedi des militants anti OGM, venus de tout le département pour demander l’arrêt de ces cultures en plein champ. Le maire, Robert Douillet, agriculteur de son état, ne souhaite pas prendre position sur cette question tout en défendant l’idée que « la science ne peut avancer qu’en faisant des essais ».

Comme l’indique le site interministériel ogm.gouv.fr, on recense en Isère 30 parcelles de maïs transgénique MON 810 dans cinq cantons (Le Grand Lemps, Roussillon, Saint-Jean-de-Bournay, Vienne nord et Vienne sud) , représentant une superficie cumulée de 89,45 ha. Le Conseil général de l’Isère, dès juin 2006,  » exprimait sa ferme opposition aux cultures en plein champ d’OGM sur le territoire isérois ». Le Conseil régional Rhône-Alpes a adopté la même position. A la suite des premiers rapports du Grenelle de l’Environnement, le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo déclarait que l’on se dirigeait vers un gel de la commercialisation des semences de maïs OGM et qu’une loi serait prise avant la fin de l’année. La FNSEA, d’abord opposée, se ralliait finalement à cette proposition de gel, exigeant en contrepartie une loi avant les semis de printemps.

Tout celà ne perturbe pas le maire de Colombe, qui reconnaît malgré tout, la force de la manifestation de samedi, la première du genre sur sa commune:

« Oui, j’ai été surpris de l’impact extraordinaire de la manifestation, dont j’ai appris l’organisation quelques jours avant, par la presse. J’ai été surpris de constater que des gens s’étaient déplacés de tout le département, qu’on trouvait dans le cortège des producteurs bio, on se demande pourquoi, et que les médias étaient nombreux. Oui, ils sont très forts ».

Mais, ils ont tort, si je vous comprends bien?

« Oui, dans le sens où ils sont à contre-sens de l’Europe qui autorise ou va autoriser de nouvelles variétés de plantes OGM, et qu’ici, tous les producteurs, pratiquement, sont favorables aux OGM. J’en discute avec eux depuis des années et je sais que les agriculteurs, à part deux ou trois qui sont hésitants, sont prêts à faire des essais. On se bat depuis 30 ans contre la pyrale. Avec ces semences OGM, plus de pyrale. Moi, je suis contraint de traiter mes cultures. Avec des OGM, je pourrais m’en dispenser ».

Mais vous déclarez vouloir rester neutre dans cette affaire…

« Oui, en tant que maire, je tiens à cette neutralité et le conseil municipal, qui était parfaitement informé de la situation, n’a pas pris position sur ce sujet. De la même façon, je n’ai pas souhaité prendre la parole lors de la manifestation de samedi. Reste que le gouvernement doit trancher. Moi, je suis pour que l’on fasse des essais, qu’on les gère ensemble, que l’on fasse des analyses et que l’on tire des conclusions. La science ne peut progresser qu’en faisant des essais ».

Gilbert

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