Le Pôle2: un projet qui se précise

La réunion organisée aujourd’hui à Clelles pour présenter les premières évaluations relatives au projet de Pôle2 de Saint-Michel-les-Portes, a permis aux acteurs de la filière bois de se faire une idée plus précise des tenants et aboutissants de cette initiative ambitieuse. Patrick Chion, président de l’AFTBM, initiatrice de la plateforme bois énergie de Saint-Michel-les-Portes, avait demandé à Anna Dupleix, ingénieur Centrale, de faire une enquête auprès des professionnels de la troisième transformation afin d’évaluer  les besoins en bois et voir quelle était la part de l’approvisionnement local. Cinquante-huit chefs d’entreprises ont été interrogés, se répartissant en 32 charpentiers/constructeurs de maisons à ossature bois et 22 menuisiers/ébénistes.

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Jean-Bernard Bellier, maire de St Michel-les-Portes, Mme Marie-Claire Brizion, maire de Clelles, Patrick Chion, président de l’AFTMB, porteur du projet de Pôle2. Près de 80 personnes étaient présentes dans la salle: des professionnels de maisons à
ossature bois et menuiserie d’intérieur, des charpentiers, des menuisiers, des distributeurs (le groupe SAMSE) des
architectes, sans oublier des scieurs

Parmi les résultats exposés par Anna Dupleix, ceux-ci  sont particulièrement éloquents:

– 63% des bois utilisés sont d’importation, 37% viennent des scieries locales

-68% des professionnels interrogés n’utilisent pas le classement mécanique des bois, 31% le font

– 49% des professionnels interrogés expriment un intérêt fort pour le projet de Pôle2, 22% un intérêt conditionné, 28% pas d’intérêt

Bref, le projet ne fait pas l’unanimité, même s’il suscite un vif intérêt chez près de la moitié des personnes interrogées. Les plus réticents invoquent les arguments suivants: le projet ne correspond pas au marché (11%), le projet n’est pas viable économiquement (5%), pas envie de changer de fournisseur (5%), inutile car entreprise au profil artisanal, non modernisée (5%) ou simple consommateur (3%).

La sensibilisation des acteurs de la filière aux enjeux du développement local et au respect des normes européennes (PEFC, séchage, classement structurel, marquage CE) doit manifestement être poursuivie. Cette réunion fut l’occasion de le faire. Jean-Marc Pauget, architecte CNDB, a rappelé l’intérêt que représente un bois d’oeuvre en conformité avec les normes européennes et les éventuels tracas auxquels s’exposent ceux qui s’y soustraient.

Jean Bernard, président de Bois des Alpes, a exposé en détail la démarche “Bois des Alpes”, marque collective de certification qui a vu le jour le 31 juillet dernier à Saint-Michel-les-portes. Une démarche qui se veut avant tout fédératrice, avec l’objectif de valoriser les bois du massif alpin (Rhône-Alpes et PACA). “Cette marque est compatible avec les marques commerciales existantes. Son cahier des charges est articulé autour de trois points: bois conformes aux exigences européennes, bois d’origine massif alpin, regroupement des acteurs en grappes (clusters)”.

Jean-Claude Monin, président de la fédération nationale des communes forestières a exhorté les professionnels à oublier les rivalités:”Il faut se parler, échanger autour de ce projet qui est une initiative exemplaire, portée par la forêt privée. En Autriche, j’ai vu des constructions avec du bois local identique au nôtre. Les mêmes sapins. Il faut mettre en oeuvre ce projet en commun autour du bois local”.

Charles Galvin, conseiller général délégué à la forêt, filière bois et montagne:”Les collectivités ne doivent pas se substituer aux acteurs de la filière mais les accompagner. Le Conseil général est prêt à soutenir ce type de développement local qui doit d’ailleurs s’intégrer en partie dans le budget du développement économique du Département. 300m3 exploités représentent un emploi. C’est sur cela que nous devons travailler en incitant, notamment, les collectivités à s’engager à utiliser le bois de chez nous!”.

Patrick Chion, pour sa part, a tenu à rappeler que “le Trièves possède 53% de bois de C30, c’est à dire du bois de haute performance”. Cela pour dire haut et fort que la ressource est là, qu’elle est de qualité et que ce serait une erreur de ne pas l’exploiter. Il a ensuite présenté le projet de chaîne de transformation -séchage, rabotage et qualification mécanique du bois local- qu’il entend mettre en oeuvre dès qu’il le pourra. Début décembre, une Triomatic, machine de classement industriel des bois de structure, devrait être en place sur la chaîne de production.

Gilbert

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