Bilan de santé: réaction de la Confédération paysanne

« Le compromis passé cette nuit est tel que prévu : scandaleux, injuste et dangereux. L’ensemble du monde subit de plein fouet les effets des crises financière, alimentaire et écologique. Malgré cela, les gouvernements européens choisissent d’accentuer la dérégulation des marchés et donc l’instabilité des prix et des revenus agricoles pour les paysans : aujourd’hui en France, un quart des familles d’agriculteurs vit sous le seuil de pauvreté. La situation sera pire demain.

La suppression des quotas laitiers en 2015, après leur relèvement de 1% par an dès maintenant, arrive au moment même où les laiteries baissent leur prix d’achat aux paysans pour cause de surproduction.
Le soutien aux productions ovines, au lait de montagne, à l’agriculture biologique, aux fruits et légumes, sera réduit à peau de chagrin : l’article 68 initialement prévu pour les financer servira quasi exclusivement à financer l’assurance récolte des seuls agriculteurs qui auront la possibilité d’y souscrire.

Même les taux de modulation sont revus à la baisse ! Les avantages acquis sont ainsi bien protégés et le financement des nouveaux défis encore amoindri : changement climatique, énergie renouvelable, gestion de l’eau, biodiversité, secteur laitier. Le secteur laitier que l’on désorganise définitivement dans ce compromis rentre étonnamment dans la liste de ces nouveaux défis.

Vu l’orientation de ce compromis, on ne peut même pas être sûr aujourd’hui que la France utilisera les marges de manœuvre qui existent cependant dans ce canevas européen pour assurer « moins mal » le maintien des paysans et des productions. La France peut et doit remettre en cause les références historiques dans l’attribution des DPU.

Toute la question des mois à venir sera celle du courage politique du gouvernement français à assumer une autre répartition des soutiens à l’agriculture en France. Sans courage politique rien ne sera possible ».

Gilbert

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