Il n’y a pas que les comédiens et les acteurs qui aient droit, une fois par an, à la reconnaissance de leurs pairs. Organisé depuis 1999 par la Chambre de métiers et de l’artisanat de Grenoble, le concours des Millésimes, 9e du nom, a honoré hier soir ses lauréats, dans l’auditorium du musée de Grenoble. Un événement qui constitue l’apothéose du « printemps de l’entreprise artisanale », rendez-vous annuel de la Chambre de métiers avec les artisans, les futurs artisans, les jeunes, les collectivités et le grand public. L’artisanat en sud Isère est une réelle force économique qui compte 12 036 entreprises, de tous secteurs: bâtiment, services, production, alimentation, etc. Une force économique qui prend de l’ampleur (en 2008, on enregistre 8% d’entreprises supplémentaires par rapport à 2006) , qui innove et qui concerne en grande partie le monde rural.

Les onze lauréats et leurs Millésimes 2008, en présence du président de la Chambre de métiers et de l’artisanat de Grenoble, Pierre Balme-Blanchon (à droite sur la photo).
Le concours des Millésimes met en lumière les qualités professionnelles d’un artisan, récompense son savoir-faire, son engagement, sa capacité à transmettre son art. C’est un coup de projecteur sur des femmes et des hommes qui ont parfois pris des risques pour se lancer dans l’activité qui convenait le mieux à leurs désirs et à leurs compétences. Voici le palmarès de ce 9e concours des Millésimes:
– Millésime féminin: Pascale Giroud, qui n’a pas hésité à quitter un métier (agent d’assurances) pour se lancer en 2006 dans la fabrication de boutons et de têtes d’épingles. Son atelier est à Fontaine et sa gamme de produits est réalisée à partir d’argile polymère.
–Millésime création: Olivier Vallet a créé en 2007 à Bernin sa société de maçonnerie générale. Au terme d’une formation soutenue et consciencieuse, qui est passée par le compagnonnage, et de 16 années en tant que chef d’équipe au sein d’une entreprise d’Eybens, Olivier Vallet a sauté le pas, créant sa société et construisant sa maison dans la foulée.
– Millésime reprise: après une période de chômage, Anne Margue, ingénieur informatique de formation, choisit de donner un tournant à sa vie professionnelle. En 2007, après un stage mis en place par la Chambre de métiers avec l’APEC, elle reprend, à Sassenage, l’entreprise Vercors Art Deco, spécialisée dans la fabrication de linge maison.
– Millésime dynastie artisanale: en janvier 1991, Dominique Forest reprend à sa mère Suzanne, les rênes de la scierie familiale fondée à Chatte par son arrière-grand-père Laurent. C’était en 1822. L’entreprise s’est transmise de père en fils jusqu’au jour où Suzanne prit le relais puis le passa à sa fille. Il n’y a que deux femmes en France qui dirigent une entreprise dans la filière bois.
– Millésime Environnement: Fille de blanchisseur, Emmanuelle Bassac, a repris en 1989 la blanchisserie créée par son père à Grenoble, place Notre-Dame. Elle a opté pour un nettoyage écologique, abandonnant le perchloréthylène, nocif pour l’environnement. Elle a également investi dans des machines de pointe, par souci d’ergonomie, souhaitant réduire les problèmes musculaires ou osseux de ses salariées.
– Millésime coup de coeur: Movea est la 100e start-up essaimée du CEA. Elle est spécialisée dans la conception et la fabrication de dispositifs éléctroniques. Née en mars 2007 du regroupement de quatre porteurs de projets, cette entreprise a déjà fait beaucoup de chemin. Marc Attia, qui la dirige, confiait hier qu’il recrutait pratiquement tous les jours!
– Millésime Jeune créateur: fondu de VTT de descente, Kevin Allemand, après avoir tâté de la compétition, s’est dit que sa vocation était là. Après un BTS de Productique mécanique, il se lance l’an dernier, à 22 ans, dans la création d’une entreprise innovante: il installe son atelier dans un camion, se rend l’été sur les lieux des compétitions de descente et le reste du temps assure l’entretien et la réparation du parc de cycles de grandes entreprises, comme le CEA, ou de particuliers.
– Millésime dynamique rurale: En 2000, Jérôme Chatel, âgé de 24 ans, deux CAP en poche, reprend la boulangerie de Pierre-Chatel (1300 habitants). Il refait les lieux à son goût, créée un laboratoire de pâtisserie, embauche du personnel, livre des personnes âgées qui ne peuvent se déplacer. Aujourd’hui, la boulangerie propose tout un éventail de pains et de gâteaux, pour le plus grand plaisir des Matheysins et des touristes de passage.
– Millésime Dynamique urbaine: Christophe Tirard, sourd et muet, a repris en 2004 à Grenoble, un salon de coiffure en perte de vitesse, qu’il a su redynamiser en s’adressant notamment aux malentendants via internet, SMS ou téléphone portable. Sa détermination, son inventivité ont fait mouche. Il aimerait développer ce concept et former d’autres malentendants à ce métier.
– Millésime Dynamique du changement: Marc, Michel et Jean ont créé la société Gastaldin, il y a 22 ans à Tullins. Activité: mécanique générale. La petite entreprise artisanale a fait son chemin, agrandi son parc de machines, obtenu les certifications ISO 9003, 9001, 2000. Des investissements qui permettent aujourd’hui aux frères Gastaldin de travailler plus sereinement et plus efficacement.
– Millésime Apprentissage: Eric Tamburini a repris en 1996 la pâtisserie de Saint-Siméon-de-Bressieux. Il embauche de jeunes apprentis qu’ils forment en douceur, les incitant dès trois ou quatre mois de pratique, à devenir autonomes. Cette pédagogie donne de bons résultats. Certains de ces jeunes ont concouru au titre de Meilleur apprenti de France. Un bel exemple de transmission du savoir.
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