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Prédation : Le pastoralisme dans l’impasse !

La saison d’estive 2017 restera malheureusement gravée, dans les esprits de nombre de paysan-nes et de berger-es, comme une profonde blessure, sans espoir de cicatrisation durable au vue des réponses, ou plutôt de l’absence de réponses de la part de l’Etat.

À l’heure où l’État méprise encore et toujours la situation intenable dans laquelle il laisse les éleveur-ses et berger-es soumis-es aux prédations, ceux-ci ont depuis longtemps perdu le sommeil à trop compter leurs brebis, ou du moins ce qu’il en reste !

L’impasse dans laquelle l’État a conduit, délibérément et depuis de longues années, l’agriculture paysanne de montagne avec sa politique de réintroduction et de conservation d’ours slovènes dans les Pyrénées est belle et bien là !

La Confédération paysanne demande une fois de plus au président et à ses ministres d’assumer leurs responsabilités en donnant suite aux propositions des éleveur-ses, et notamment celle lancée par l’ASPAP (Association pour la Sauvegarde du Patrimoine d’Ariège Pyrénées) le 14 septembre dernier.

Cette énième saison d’estive sous la pression des attaques d’ours suffira-t-elle enfin pour que l’Etat daigne faire une réponse claire sur sa volonté ou non d’abandonner l’agriculture paysanne dans toute une zone de montagne propice à l’élevage transhumant, à la production d’une alimentation de qualité et au maintien de la biodiversité dans ces éco-sociosystèmes ?

Les seules perspectives entrevues sont, d’un côté l’ensauvagement des espaces pastoraux et, d’un autre, l’industrialisation à marche forcée de l’agriculture. Sombre idée de l’aménagement du territoire et d’un projet de société qui est clairement contraire au développement local des zones de montagne et de l’agriculture paysanne. Notre syndicat ne peut admettre cette situation !

Aussi, la Confédération paysanne demande à l’Etat de prendre ses responsabilités et de rencontrer les éleveur-ses et acteurs des territoires concernés. Nous restons ouverts au dialogue pour de futures assises du pastoralisme ou autres échanges, à la seule condition que soient présents les représentants des ministères concernés jusqu’ici sourds à nos problèmes !

La balle est désormais dans le camp de l’État. Nous saurons le rappeler à ses représentants !

Communiqué de la confédération paysanne

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NOUVEAU Plan Loup : une provocation supplémentaire !

Communiqué de la FNSEA, JA, APCA, FNO

Alors que l’élevage en plein air est plébiscité par les Français, que penser d’un Etat qui souhaite que le métier d’éleveur cesse d’exister dans nos montagnes et nos territoires ruraux ?

Les annonces faites par le Ministère de la transition écologique et solidaire et le Ministère de l’agriculture, de l’alimentation et de la forêt ce mardi 12 septembre lors de la réunion d’information et d’échange à Lyon sur le plan loup 2018/2023 montrent sans nul doute que les éleveurs et l’élevage ne sont pas la priorité du gouvernement. Ils sont au contraire sacrifiés au nom de la protection et l’expansion du loup en France !

Alors que le nombre d’animaux domestiques tués par les loups est désormais annuellement supérieur à 10.000 et le coût budgétaire supérieur à 26 millions d’€, comment un Etat responsable peut-il encore encourager l’augmentation du nombre de loups ?

Les seules nouvelles propositions du plan loup qui consistent à :

  • Conditionner l’indemnisation des dommages dus au loup à la mise en oeuvre des mesures de protection
  • Prioriser les tirs d’effarouchement et de défense simple, restreindre la délivrance des tirs de défense renforcée
  • Interdire les tirs de prélèvement avant la fin de l’été avec la volonté affichée de fortement les réduire voire les supprimer …

sont une énième provocation envers les éleveurs et un mépris de leur métier !

Nous, FNSEA, JA, APCA, FNO, refusons catégoriquement de discuter dans ces conditions. Nos propositions pour le plan loup 2018/2022 ont été balayées d’un revers de la main !
Nous ne pouvons tolérer cette manière de travailler alors que les éleveurs se trouvent dans une profonde détresse à cause de ce prédateur et quittent le métier sans être remplacés !
Ces propositions des ministères nous ont conduits à quitter la réunion après avoir fait une déclaration. Nous avons réitéré nos propositions pour que l’éleveur et l’élevage soient désormais au coeur du prochain Plan.

Si les deux ministères refusent de nous écouter et de nous respecter, les éleveurs de France sauront faire entendre leur voix, leur lassitude et leur désespoir de quelle que manière que ce soit ! Notre objectif reste le même : la paix pour les éleveurs et zéro attaque sur leurs troupeaux !

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Le loup au coeur du Glandon!

Lors des rencontres du Col du Glandon,  les quatrièmes du nom, les participants venus de diverses régions de France, de Suisse, d’Allemagne et d’Autriche se sont interrogés sur la capacité de l’élevage pastoral à survivre aux loups.

Le constat est unanimement partagé. La situation est insupportable pour tout le monde :
désespérance des éleveurs et des bergers, tensions croissantes pour les usagers des espaces ruraux et les élus de
proximité ; mais aussi souffrance animale suite aux attaques.
La situation est insupportable partout : les Alpes françaises ont été hélas précurseurs du problème.
Personne ne veut revivre les mêmes étapes de désespérance, ni dans le Massif central, ni en Allemagne, ni en
Suisse, ni en Autriche.
Il n’y a pas de parade : la protection des troupeaux massivement mise en oeuvre ne parvient plus à enrayer
l’augmentation des attaques. Les loups toujours plus audacieux attaquent de jour, en présence des chiens et des
hommes, au plus près des maisons. Les éleveurs n’ont plus un seul instant de tranquillité. Ils s’épuisent. Ce n’est
seulement leur métier qui est mis en cause. C’est aussi leur vie familiale et personnelle qui en est bouleversée.

Les bovins ne sont plus épargnés. Les attaques reconnues ont triplé en quatre ans. Les vaches se montrent
paniquées et fuient à plusieurs kilomètres après avoir brisé clôtures et barrières. Elles peuvent s’avérer
dangereuses y compris envers leur propre éleveur, celui qui les a fait naître. Il faut alors les réformer.

Là où les meutes s’installent, les loups mettent en cause la qualité des relations sociales.
Face aux chiens de protection, face au cloisonnement des pâturages par des clôtures toujours plus étanches, des
incompréhensions naissent entre éleveurs, chasseurs, randonneurs et élus locaux qui savaient pourtant vivre ensemble.
Face à l’urgence, les pouvoirs publics n’ont plus de réponse. Ils courent après les problèmes qui
se multiplient : hier les loups et les attaques, aujourd’hui les chiens et les tensions avec tous les usagers de la
montagne, demain, l’avenir de la ruralité.

Les scientifiques italiens nous disent que l’hybridation des loups représente la principale
menace pour l’avenir de l’espèce. Est-donc aux éleveurs, serait-ce donc aux élus locaux, avec leurs
moyens limités, de tenter de faire réaliser des analyses génétiques ? Est-ce à eux de faire la preuve que l’animal
qui ravage les troupeaux ne participe pas de la biodiversité ?

Face à ces constats, il est hors de question d’accroître encore la pression sur les éleveurs.
Les victimes ne peuvent devenir les coupables. La conditionnalité des indemnisations au contrôle des moyens
de protection n’est pas acceptable. Elle ouvre la voie à des mises en cause sans fin concernant la hauteur des
filets ou le bon positionnement des chiens, alors qu’ils ne suffiront jamais à dissuader le prédateur.

C’est sur les loups que la pression doit désormais s’exercer. Il faut franchir une nouvelle étape. Il
faut pouvoir tirer immédiatement, sans barrière administrative, de façon réactive pour pouvoir défendre chaque
troupeau attaqué. La notion de quota est dépassée. Elle ne permet pas de répondre, tout au long de l’année à la
crise que subissent les différents territoires. Plusieurs brigades spécialisées, formées et rémunérées, doivent intervenir
en renfort dans chaque région.

Face à ces constats, il est hors de question d’accroître encore la pression sur les éleveurs. Les
victimes ne peuvent devenir les coupables. La conditionnalité des indemnisations au contrôle des moyens de protection
n’est pas acceptable. Elle ouvre la voie à des mises en cause sans fin concernant la hauteur des filets ou le bon
positionnement des chiens, alors qu’ils ne suffiront jamais à dissuader le prédateur.

C’est sur les loups que la pression doit désormais s’exercer. Il faut franchir une nouvelle étape. Il faut
pouvoir tirer immédiatement, sans barrière administrative, de façon réactive pour pouvoir défendre chaque troupeau
attaqué. La notion de quota est dépassée. Elle ne permet pas de répondre, tout au long de l’année à la crise que subissent
les différents territoires. Plusieurs brigades spécialisées, formées et rémunérées, doivent intervenir en renfort
dans chaque région.

C’est sur les loups que la pression doit désormais s’exercer. Il faut franchir une nouvelle étape. Il faut
pouvoir tirer immédiatement, sans barrière administrative, de façon réactive pour pouvoir défendre chaque troupeau
attaqué. La notion de quota est dépassée. Elle ne permet pas de répondre, tout au long de l’année à la crise que subissent
les différents territoires. Plusieurs brigades spécialisées, formées et rémunérées, doivent intervenir en renfort
dans chaque région.

Le loup ne peut plus être une espèce strictement protégée. Il a perdu la peur de l’homme. Aujourd’hui
seuls les tirs dérogatoires au statut de protection, conditionnés à l’échec de toutes autres solutions, sont autorisés. Ils
ne permettent pas de protéger les troupeaux en éloignant les loups. L’espèce doit être déclassée dans la Convention
de Berne et dans la Directive Habitat. L’avenir de l’élevage pastoral est en jeu.

C’est au niveau européen que les solutions doivent être trouvées. Les participants venus de France,
Suisse, Allemagne, Autriche, sont unanimes. Sauver l’élevage paysan à l’échelle européenne devient une priorité. Il
y a urgence. Il n’est plus possible de tolérer que des grands prédateurs se répandent dans tous les territoires.

Jacqueline DUPENLOUP, maire de Saint Alban des Villards a conclu:

Nous sommes maires, nous avons à travailler avec tous. Avec ceux qui souffrent des prédations, de l’embroussaillement, des incendies,
des avalanches. Nous avons à travailler avec tous ceux qui savent que la vie existe depuis des siècles dans nos vallées de montagne,
dans nos zones rurales, comme nous pouvons travailler en tant qu’élus lorsqu’une usine ferme dans notre vallée laissant sans emploi des
dizaines de personnes.

Pour avancer, nous avons à convaincre les gens des villes que l’environnement vivra mieux avec le maintien du
pastoralisme. Nous avons à interpeller, Nicolas Hulot, Ministre de la Transition Ecologique et Solidaire, car nous sommes écologiques
et solidaires. Alors bien sûr, nous n’allons pas assez vite ! Le loup va plus vite que nous. Mais depuis 2014, nous avons avancé : présence
des représentants de nos pays voisins car le loup ne connaît pas de frontière.
En 2015, nous avons compris que la source du problème était les contraintes européennes, alors il fallait travailler avec des représentants
des pays d’Europe. En 2017, nous y sommes arrivés avec la présence de représentants suisses, allemands et autrichiens.
Nous avançons dans des conditions difficiles, sans beaucoup de moyens, mais je crois pouvoir dire modestement que nos communes de
Vaujany, Allemont, Saint Colomban des Villards et Saint Alban des Villards peuvent être fières de leur action.

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DEUX LOUP S ABATTUS EN SAVOIE à Valloire et La Léchère

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Quel avenir pour le pastoralisme face au loup?

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Le Vercors fête ses Alpages

Le Vercors fête ses Alpages

31/07/2017 17/08/2017
Le Vercors fête ses Alpages

Dans le cadre du plan pastoral territorial de la Communauté de communes du massif du Vercors, le groupement pastoral du Pic St-Michel organise la seconde édition d’une journée avec un troupeau, le 17 août à Lans en Vercors.

Une journée avec un troupeau
Au programme :
- 9h30 : Rendez-vous au plateau des Ramées. Avant la descente d’alpage, temps de présentation du travail en alpage et de l’impact du pastoralisme sur le paysage et la biodiversité (co-voiturage possible depuis le parking de l’Aigle jusqu’au parking de la station de Lans en Vercors, prévoir ensuite 1h de marche pour rejoindre le plateau des Ramées).

- 10h : Descente avec le troupeau (1000 brebis) jusqu’à Lans en Vercors. Parcours prévu : plateau des Ramées, station, village par la route des montagnes de Lans (D106L).
- 12h : Traversée de Lans en Vercors et dégustation de produits du terroir organisée par l’Office du Tourisme au centre du village.

- 13h : Déjeuner « produits locaux » proposé à la bergerie du GAEC A la Crécia. 18 €/adulte et 8€/ enfant. Réservation uniquement auprès de l’Office du Tourisme de Lans en Vercors.
- 14h-17h : « Tri » des agneaux à la bergerie du Peuil, commenté par la Fédération des Alpages de l’Isère. A découvrir : marché du terroir et une expo photos « Bergers, Bergères ».

- 16h : Lecture de contes autour des animaux.

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Loup: une étude prospective

Stéphane Travert, le ministre de l’Agriculture a annoncé une étude prospective sur l’avenir du pastoralisme en présence du loup lancée cet automne.
j’entends apporter des solutions à nos éleveurs », a déclaré le ministre en réponse à une question de la députée savoyarde Émilie Bonnivard « Les conclusions de cette étude pourront contribuer à l’élaboration du prochain plan national sur le loup pour la période 2018-2022 », a rajouté le ministre.

Et d’argumenter« Le pastoralisme est un atout  sur les plans touristiques, de la biodiversité et de  la filière agricole de qualité . Nous devons aussi apporter des réponses et des solutions aux éleveurs.  »
Stéphane Travert a également appelé à « sortir de l’approche comptable, du nombre de prélèvements mensuels qui embrase le débat public chaque année ». Mesures qui semblent inefficaces..

il souhaite aller vers une approche pluriannuelle sur cette question beaucoup plus fine et qui prend en compte l’intérêt de l’ensemble des territoires qui sont touchés »et il a promis que tous les acteurs concernés seraient consultée.

A noter que cette étude se fera en totale osmose avec le ministère de la transition écologique.

Affaire à suivre…

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Un décret ministériel rehausse le nombre de loups pouvant être prélevés

Nicolas Hulot, ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire, et Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, ont signé le 18 juillet l’arrêté fixant le nombre maximal de loups dont le prélèvement pourra être autorisé pour la période 2017-2018.

L’arrêté fixe à 40 le nombre de loups pouvant être prélevés. Au-delà d’un seuil intermédiaire de 32 loups, les tirs de prélèvement ne seront plus autorisés. Seuls des tirs de défense ou de défense renforcée pourront avoir lieu, lorsque les loups sont en situation d’attaque et l’éleveur en situation de défense de son troupeau.
En concertation avec les représentants des éleveurs et les organisations non gouvernementales, une étude a été lancée pour mesurer l’efficacité des tirs sur la prédation de l’animal vis-à-vis des troupeaux.

Il reviendra au préfet coordonnateur de définir des priorités concernant les tirs de prélèvement afin qu’ils soient mieux répartis tant sur le plan géographique, en fonction des foyers d’attaque, que dans le temps. Le préfet veillera également à la mise en place de cellules de suivi départementales, en concertation avec tous les partenaires, pour que des mesures adaptées aux situations locales puissent compléter le dispositif national, notamment dans l’accompagnement des éleveurs subissant la prédation.

Par ailleurs, le suivi des mesures de protection sera renforcé. Ainsi lors de chaque attaque, le constat de dommages permettra désormais d’évaluer de façon précise les mesures mises en place pour protéger le troupeau.

Dans les prochains mois, l’ensemble du dispositif sera revu à la lumière des études existantes et dans la perspective de l’établissement du prochain plan Loup – 2018/2022. Ce plan fera l’objet d’une concertation à partir de la rentrée et sera mis en œuvre en janvier 2018. Il adaptera l’utilisation des outils en place, développera les stratégies de protection et de défense, ainsi que l’accompagnement des éleveurs, que ceux-ci soient localisés dans les foyers d’attaque ou sur les zones où l’espèce tend à se développer et à s’installer.

« Nous devons collectivement relever le défi de la préservation de cette espèce protégée qui est structurante de nos écosystèmes et assurer des conditions d’élevage, en particulier du pastoralisme, sécurisées pour les éleveurs. Cette coexistence doit se construire ensemble et en l’inscrivant dans le temps », déclare Nicolas Hulot. « J’accorde une attention toute particulière aux travaux entre les éleveurs et les ONG afin de préparer un nouveau dispositif de gestion de  la présence des loups dans l’environnement à partir de 2018 », précise le ministre de la Transition écologique et solidaire.

« Notre objectif commun est de structurer un plan collectif permettant de diminuer significativement les actes de prédation et d’assurer  la soutenabilité économique des mesures de protection mises en place pour nos éleveurs tout en permettant la préservation d’une espèce protégée » déclare Stéphane Travert. « Je fais confiance à la concertation et à la dynamique collective pour construire un nouveau dispositif qui satisfasse les ONG et les éleveurs, tous soucieux de la protection de la nature et de la pérennité des activités d’élevage nécessaires à l’alimentation des français et à la préservation des espaces naturels » précise le Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation.

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Le problème du loup : vers un changement de la donne?

Il y a quelques semaines, une manifestation contre le loup alliant de nombreux acteurs du Trièves faisait grand bruit. Se réunissant pour l’occasion, éleveurs, chasseurs et élus prenaient la peine d’arrêter les routiers, pour beaucoup sur le départ pour les vacances, pour leur expliquer toute l’ampleur de ce problème.

Yann Souriau, maire de Chichilianne, participait justement à l’évènement, nous l’avons rencontré pour avoir plus de détails sur les raisons et les suites de cette manifestation.

Il a été heureux de répondre à nos questions, car si la question du loup faisait polémique il y a encore peu de temps, il n’y a aujourd’hui plus lieu d’en débattre, nous explique-t-il.

Les conséquences sont devenues trop graves. De sa commune, un seul éleveur a échappé aux attaques, le compteur de bêtes tuées en Isère dépasse déjà la barre des 700 têtes.

Au delà de la réduction des troupeaux, il faut aussi tenir compte d’un effet de seuil des violences subies par les troupeaux qui les laissent en état de stress pour plusieurs années, amaigrissant et paniquant les bêtes.

Yann Souriau nous expliquait qu’on retrouve aujourd’hui des bêtes étouffées dans les filets suite à des crises de panique, ne portant aucune trace de morsure. C’est un fait, la situation des éleveurs ovins devient catastrophique, mais ils ne sont plus les seuls touchés par le loup.

Il est à noter qu’ils avaient fortement appuyé la manifestation ayant eu lieu début juillet, mais celle-ci n’était à l’origine pas de leur initiative. Ce sont les éleveurs de bovins qui ont en premier lancé le mouvement, car eux aussi sont désormais menacés.

M. le Maire nous rapporte qu’un veau de 110 kg aurait été traîné sur 5 mètres par toute une meute.

Beaucoup plus grave, un troupeau mis en panique se serait lancé hors de ses pâturages pour traverser la ville de Lans en Vercors, causant de gros dégâts matériels, mais heureusement aucun blessé. Il nous a également rapporté que des chiens de protection, rendus fous par le harcèlement des loups avaient attaqué une randonneuse de la commune de Chichilianne, le forçant à interdire l’accès aux sentiers de randonnées alors qu’on lui signalait deux cas similaires à Gap.

La situation actuelle pousse les éleveurs à abandonner les pâturages les plus éloignés, laissés en friche, et à devoir mettre en place des gardes éprouvantes pour surveiller constamment leur troupeaux faces aux attaques ayant lieu de jour comme de nuit.

Les loups, eux, commenceraient à s’installer en plaine, entres les communes et sont régulièrement vus sur les routes. Chichiliane a mis en place son propre « État d’urgence », rassemblant forestiers, éleveurs et chasseurs. Lorsqu’un loup est aperçu, chacun reçoit un sms d’alerte. Le système a été proposé aux communes environnante nous explique Yann Souriau.

Le problème rassemble les élus

Alors qu’une quinzaine de maires participaient à la manifestation du 18 Juillet, une réunion à la préfecture rassemblait le préfet, la direction départementale des territoires, la DREAL regionale, d’autres élus du Trièves, du plateau du Vercors et du Piemont, ainsi que le sénateur Michel Savin, la députée Marie-Noëlle Battistel, les vice-présidents départementaux et Jacques Adenot, président du parc du Vercors.

Le sujet majeur de cette réunion : la demande de la différenciation de la gestion de la question du loup pour le massif du Vercors. Autrement dit, l’autorisation de procéder à une régularisation de l’espèce pour en limiter la prolifération.

« Il faut complètement réviser les chiffres prévus sur l’évolution de cette affaire » nous explique le maire de Chichilianne « Aujourd’hui, malgré ce qu’on prévoyait et une certaine part de braconnage, la population de loup est en hausse de 20% par an ». Mais ce n’est pas le point qui permettrait aux éleveurs de définitivement faire valider leur point de vue aux yeux de tous. Yann Souriau nous révèle ensuite une information capitale.

Le loup n’est pas le loup qu’on croyait

Aujourd’hui parvienne les résultats provenant d’une trentaine d’analyses traitées par un grand laboratoire européen, et les résultats sont unanimes.

« On s’aperçoit qu’on a pas affaire au loup qu’on voulait réintroduire, mais à une race hybride à 60% chien ». L’information, qui doit encore attendre de nouvelles analyses pour être définitivement validée montrerait donc tout l’échec de la politique de la réintroduction du loup dans les Alpes, supplanté donc par des chiens-loups sauvages fortement dangereux pour l’activité humaine.

Pire encore, les rares traces de loups retrouvées montrent qu’on aurait plutôt affaire à des loups venus de plus loin en Europe qu’à l’espèce « réimplantée » dans notre région.

« Aujourd’hui, on a non seulement l’appui des populations locales et des élus, mais également des scientifiques qui confirment notre point de vue. Même les écologistes sont bien moins véhéments face à la réalité des problèmes engendrés par cette action » Conclu le maire.

Il précise que l’idée d’origine de réintroduire le loup n’a jamais été attaquée par les éleveurs, qui ont plutôt mis en cause la méthode. Et même aujourd’hui, l’extinction de l’espèce n’est pas souhaitée. Ils ne demandent que le droit de lancer une campagne de régulation pour que les pâturages et les troupeaux puissent revenir à la paix.

Paul Savary

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Prolifération des prédateurs

Le 17 juillet 2017, Emilie BONNIVARD, Vice-présidente de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, déléguée à l’agriculture, à la forêt, à la ruralité, à la viticulture et aux produits du terroir et Eliane BARREILLE, Vice-présidente de la Région PACA, déléguée à la ruralité et au pastoralisme ont organisé, à Valence, une réunion destinée à proposer au nouveau gouvernement des actions concrètes pour protéger durablement les éleveurs et le pastoralisme face à la prédation.

Dans un contexte de réactualisation du plan national loup et d’incertitude sur la position du gouvernement à l’égard de la protection de l’élevage face à la prédation, les propositions portées collectivement par ce groupe de travail sont les suivantes :

  • La reconnaissance du droit permanent des éleveurs à protéger leurs troupeaux, traduit par la facilitation des tirs de défense renforcée et de prélèvement en fonction de la réalité des attaques, afin que la pression baisse réellement sur l’élevage (nous sommes passés de 3 000 bêtes tuées en 2004 à 10 000 en 2016)
  • La prise en charge du budget de protection des troupeaux face à la prédation et d’indemnisation des bêtes tuées, par le budget de l’Environnement, et non par celui de l’Agriculture (le coût lié à la prédation en France était de 26 millions d’euros en 2016)
  • La reconnaissance des conflits d’usage induits par la prédation et de leurs effets négatifs sur l’économie et les emplois touristiques des territoires de montagne (appréhension des randonneurs face aux chiens de protection, parcs clos et chemins fermés, responsabilité des éleveurs et des élus en cas d’incidents entre chiens de protection et randonneurs, etc)
  • L’évaluation de l’apport des pratiques pastorales traditionnelles à la vitalité des territoires, à la biodiversité dans les alpages, et les conséquences à moyen et long terme en matière économique et environnementale de leur modification ou disparition en raison de la prédation
  • Une plus grande transparence et précision de la part de l’Etat sur le nombre effectif de loups sur le territoire national et plus précisément sur les secteurs les plus soumis à la prédation
  • La création d’une brigade d’intervention Alpes du Nord, comme celle qui intervient déjà dans les Alpes du Sud
  • La mise en œuvre de prélèvements au sein des Parcs nationaux, réalisés par les services de l’Etat, sous le contrôle de l’Administration des Parcs, afin que les troupeaux ne restent pas sans moyen de défense en cas d’attaque, comme c’est le cas aujourd’hui.

Étaient présents Claude FONT, Secrétaire général adjoint de la Fédération Nationale Ovine (FNO), Alain MATHERON, Secrétaire de l’Union pour la Sauvegarde des Activités Pastorales et Rurales (USAPR), Denise LEIBOFF, Maire de Lieuche et Présidente de l’Association des Communes Pastorales (ACP) de la Région PACA, Nicole BERTOLOTTI, Maire de Sauze et membre du conseil d’administration de l’ACP PACA, Jean-Claude GHIRAN, Conseiller municipal de Levens, membre du conseil d’administration de l’ACP PACA, Michel THOMAS, sous-directeur de la FNSEA, Marc SAVORNIN, de la FDSEA 04 et Francis SOLDA, de la FRSEA PACA et du Centre d’Etudes et de Réalisations Pastorales Alpes Méditerranée (CERPAM).

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