Archive | pastoralismes du monde

A lire: journal d’un berger nomade

Des vastes étendues du Montana aux contreforts des Alpes et de l’Andalousie ; où s’effacent les frontières en l’homme, les brebis et leurs prédateurs ; où le berger a un œil sur son troupeau, l’autre dans le scintillement des étoiles !berger
« Abel est nomade, berger, Caïn sédentaire, cultivateur. Le berger symbolise la veille, sa fonction est un constant exercice de vigilance : il est éveillé et il voit. Nomade, il est sans racines, il n’est jamais indigène mais toujours de passage. » Ainsi s’ouvre le livre de Pascal Wick, né en 1941, devenu berger par amour de la nature et goût de la solitude. Rien ne l’y prédestinait. Détenteur d’un PhD en économie, il a d’abord été exploitant agricole et enseignant, puis a voyagé au Maghreb, en Afrique noire et aux États-Unis, avant de devenir pasteur itinérant, des Alpes au Montana en passant par l’Andalousie

Son journal restitue une année passée en compagnie des brebis et des chiens, indispensables compagnons, des nuages et des fleurs, mais aussi des loups, des grizzlis et des aigles… Spécialiste reconnu des chiens dits « de protection », , il nous raconte ses mois passés sur les hauts plateaux, seul, avec sous sa responsabilité des milliers de bêtes, entre action permanente et veille contemplative.

Toujours à l’écoute de la nature, Pascal Wick nous la peint ici comme on ne la connaît plus : généreuse et âpre, cosmogonique et sans repos. Un hymne à la liberté aussi passionnant que dépaysant.

Journal d’un berger nomade, éditions du seuil.

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Pastoralismes et aléas climatiques

Comme indiqué, sillon38.com a décidé, avec ses partenaires d’ouvrir ses colonnes aux pastoralismes du monde. Pastoralisme et aléas climatiques, voilà le thème qui a été développé lors du dernier festival du film pastoralismes et grands espaces.

Voici ce que disait Yves Raffin, directeur de la fédération des alpages de l’Isère à propos du thème pastoralismes et aléas climatiques.

« Des yourtes d’éleveurs mongols chassés par le froid en périphérie d’Oulan Bator, aux tentes berbères de la banlieue d’Oujda abritant des familles d’éleveurs chassées par la sécheresse, en passant par des Peuls Wodaabe sans troupeau aux abords des grandes villes du Niger, ou des Peuls du Ferlo commerçant à St Louis ou Dakar par défaut de survie au village ; tous sont des « réfugiés climatiques » chassés par la difficulté à nourrir leurs troupeaux et victimes d’un engrenage qui aboutit à l’exode : mobilité nouvelle du bétail à marche forcée, déstockage à vil prix d’une partie du troupeau pour nourrir les bêtes restantes… la sécheresse qui persiste… l’herbe qui ne vient pas… C’est alors la perte de l’outil de travail, de l’objet des préoccupations quotidiennes, de la culture familiale et sociale; et, pour finir, l’exode sans troupeau : la peine et le déshonneur au sein du clan, de la tribu, du village…

pastoralisme

D’où viennent ces excès climatiques à répétition dans le monde pastoral ? D’est en ouest, du nord au sud, de l’Asie centrale au Sahel, de la Méditerranée au Sahara, on a l’habitude des caprices de la météo, et « on est bien obligé de s’adapter » ; mais parfois les conditions sont si dures…
Voilà les raisons profondes du choix du thème de ces 8es Rencontres Internationales du Pastoralismes, Pastoralismes et aléas climatiques, que nous avons décidé de placer, à nouveau, dans le cadre d’un Plaidoyer pour un code pastoral  parce que les États devraient intervenir avant qu’il ne soit trop tard ; et comme aucun texte ne régit« ces choses-là », les éleveurs sont contraints à l’exode.

Quelle est la part des accidents climatiques connus des éleveurs depuis tout temps, et la part de ces nouveaux changements dont on nous parle ?
À l’évidence les systèmes extensifs sont plus vulnérables parce que soumis entièrement aux conditions naturelles.

Ces 8es Rencontres Internationales sont là pour en débattre… Et si demain les conditions sont encore plus com- pliquées : réfléchissons et relevons le défi, portons notre plaidoyer à l’échelon international, nous avons tous cette responsabilité de maintenir vivants culture et savoir-faire liés aux activités d’élevage et de pastoralisme ; depuis des milliers d’années les éleveurs pasteurs s’adaptent, que ces rencontres nous permettent de le faire ensemble au sein des pastoralismes du monde. »

Pour lire le compte rendu très complet des débats cliquez sur:

Pastoralismes et aléas climatiques

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Ouverture d’un forum sur « pastoralismes du monde »

À Prapoutel / station des 7 Laux, dans les Alpes françaises (Région Rhône-Alpes, Département de l’Isère, Grenoble, Grésivaudan, Belledonne); L’Association « Pastoralismes du Monde » organise tous les deux ans le festival du film « Pastoralisme & Grands Espaces » et les « Rencontres Internationales du Pastoralisme » en partenariat privilégié avec l’Association Française de Pastoralisme, le Centre de Coopération International en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD de Montpellier), et la Fédération des Alpages de l’Isère.

La prochaine édition du Festival et des Rencontres aura lieu du mercredi 13 octobre au samedi 16 octobre 2010.

Depuis 1994, « Pastoralismes du Monde » poursuit les objectifs de promouvoir et valoriser les pastoralismes modernes, développer et conforter les échanges avec les pays du Sud,  faire partager des créations cinématographiques sur le thème du pastoralisme et illustrer les particularités du monde pastoral.

Ce festival propose des productions cinématographiques sur le thème du pastoralisme, c’est également l’occasion de rassembler les acteurs du pastoralisme et du cinéma de nombreux pays en particulier d’Afrique et d’Europe. Les films présentés peuvent être des documentaires, des fictions ou des films publicitaires, en courts ou longs-métrages.

Trois jours durant, pour voir, entendre, et découvrir le pastoralisme d’ici bien sûr, mais aussi d’ailleurs, se rencontrer autour de sujets partagés par les pasteurs du monde entier autour du thème du festival « la Terre, la Vie, les Hommes (éleveurs, pasteurs, bergers et leurs familles) et leurs troupeaux dans les Grands Espaces ».

Pour bien marquer son ouverture aux « Pastoralismes d’ailleurs », l’Association « Pastoralismes du Monde » a souhaité, dès l’édition 2004 mettre à l’honneur un pays où l’élevage et le pastoralisme sont particulièrement présent; ainsi en 2004, l’invité d’honneur fut la Mongolie avec la présence de l’ambassadeur de Mongolie en France pour la soirée d’ouverture du festival à Grenoble; en 2006, le Sénégal avec une nombreuse délégation d’éleveurs et de cadres du développement de l’élevage ; en 2008, l’Algérie au nom de la fidélité de jeunes chercheurs Algériens à la manifestation depuis l’origine et pour marquer l’intérêt porté pas notre organisation à l’espace méditerranéen.


Enfin, c’est tout naturellement que « Pastoralismes du Monde » a proposé à ses amis Marocains d’être les invités d’honneur de l’édition 2010 tant pour les innombrables proximités entre les deux  pays que pour marquer un souhait de rapprochement entre les éleveurs et leurs organisations de part et d’autre, qui devrait se concrétiser par des projets de coopération dans la région de l’Oriental.

De l’avis de nos partenaires « hors France », en particulier du Maghreb et de l’Afrique sub-saharienne, la périodicité bisannuelle est insuffisante pour pérenniser la mobilisation de tous, sur le terrain, autour de cet évènement très largement partagé, surtout lorsque l’éloignement en termes de communication et géographique est conséquent.

Pour des raisons essentiellement budgétaires, nous ne pouvons pas organiser des « Rencontres Internationales du Pastoralisme » tous les ans (billets d’avions, charges de travail de l’équipe d’organisation, etc…), aussi nous vous proposons en alternance de nos Rencontres bisannuelles (lors du Festival du Film « Pastoralismes et Grands Espaces »), des Rencontres d’un « autre type », par un temps fort d’échange du type forum au moyen d’un blog (pour l’instant) avec notre partenaire sillon38.com.


sillon38 a ouvert une rubrique « pastoralismes du monde » ou vous trouverez tous les articles vous concernant.


Si vous êtes pasteurs, éleveurs, pastoralistes, techniciens d’élevages, vétérinaire en milieu rural, chercheur, enseignant, acteur de l’élevage et du pastoralisme en quelque sorte, vous êtes les bienvenus dans ces discussions …

Pour ajouter un peu « de sel à ce menu », nous vous proposons que le thème de nos prochaines « Rencontres Internationales du Pastoralismes » (vendredi 15 octobre 2010, station des 7 Laux) soit choisi parmi les propositions que vous nous ferez sur ce forum dans le cadre, bien sur, de notre « Plaidoyer pour un code pastoral », discuté maintenant depuis 3 éditions, dans l’objectif de rassembler  tous les « pastoralismes du monde ».

Dans l’attente de vous lire,
Nos amitiés pastorales ;
L’equipe d’organisation,
du festival du film « Pastoralisme & Grands Espaces »,
et des « Rencontres Internationales du Pastoralisme » des 7 Laux.

Pour participer activement à ce forum:

Deux solutions

- faire un commentaire suite aux articles.

-Envoyer un mail à

christian.neyrat@sillon38.com

-gilbertp@sillon38.com

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Lichen va bien, la coopération se poursuit, forum sur le pastoralisme

Nous venons  d’avoir des nouvelles toutes fraîches, ou plutôt toutes chaudes de Lichen. Elle va bien mais a peu travaillé à cause de la chaleur qui règne au Maroc depuis le début de l’été.

Rappelez vous, Lichen est cette chienne border Collie qui a traversé la Méditerranée afin de mener les troupeaux au Maroc ( voir nos précédents articles).

Lichen s’est bien adaptée à sa nouvelle vie, mais comme le dit son éleveur Jean-Marie Davoine: « Depuis le début de l’été, elle est en chômage technique à case de la chaleur. Les brebis sortent également moins. Dès qu’il fera moins chaud, elle reprendra son activité normale. »

Bienvenue à Pasto

En attendant, une nouvelle vie se prépare pour elle. En effet, Jean Marie Davoine est en train de préparer un chien mâle qui rejoindra Lichen dans le courrant de l’hiver. « Il s’appelle Pasto, il a trois mois, commence à bien travailler et pourra rejoindre Lichen à un âge compris entre 6 mois et un an. Son départ se fera en fonction d’une opprtunité de voyage ».

En attendant, cette oprération avance à petits pas, certes, mais de façon tout à fait normale.

Yves Raffin, directeur de la Fédération des alpages de l’Isère: « Il s’agit de ne pas brûler les étapes et de ne pas faire fausse route. Il faut se rappeler que les chiens ne sont qu’une première étape. Plusieurs chantiers sont en cours autour de cette opération, qui est une première, et se mettront en branle dès que l’on aura trouvé les fonds nécessaires.

Il s’agit de prolonger le travail avec les bergers, former des formateurs, conseiller les propriétaires sur l’achat de matériel de contention adapté. Ceci afin de limiter tout risque d’accident. Pour ce, nous cherchons des partenaires concessionnaires. »

On avance avec sérieux et notre projet aboutira, j’en suis certain, surtout si on trouve rapidement les financements » conclue Yves Raffin.

Forum « Pastoralismes du monde »

Parmi les autres actions qui vont être mises en place, on retiendra l’ouverture d’un forum sur le thème « Pastoralismes du monde » ayant pour vocation de maintenir les échanges entre deux festivals du film des 7 Laux (qui est bisannuel). Ce forum va être effectif dans quelques jours et sera placé sous l ‘égide de la Fédération des alpages de l’Isère et de sillon38.com. On en reparlera très rapidement.

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Bilan de l’opération Lichen au Maroc

Rappelons qu’une délégation, menée par Yves Raffin, avec comme mission première de livrer Lichen, une chienne dressée pour mener les troupeaux, s’est rendue au Maroc. Délégation qui a beaucoup travaillé tout au long de la semaine où elle était présente en terre marocaine.

Mission essentielle: amener Lichen, chienne Border Colie, dréssée, au Maroc. Elle aura comme maître Abderrahmane Mejdoubi, éleveur ovin sur les hauts plateaux du Maroc oriental.

« La mission qui consistait en premier lieu à amener Lichen au Maroc s’est bien déroulée. La chienne s’est bien adaptée et on a senti des éleveurs motivés par cette première expérience. C’est en effet une grande première. Il faut bien le noter. Reste maintenant à poursuivre ce projet. Lichen ne doit pas être une finalité, bien au contraire.  »

Et la suite ?

« On doit mettre en place, en concertation avec l’Association nationale des éleveurs ovins et caprins tout un programme lié à la mise en place d’appareils de contention et de formation. Cette dernière consistant à former des formateurs.
D’autres projets ont été étudiés. Ils concernent le problème lié à la prolifération des sacs plastiques dans les prairies. Sacs avalés par les animaux et qui causent de ce fait de gros dégâts ».

Nous sommes sur le stand de l’ANOC, à la foire internationale agricole du Maroc. Yves Raffin va présenter les différentes formes de partenariats qui pourraient voir le jour. Aucune convention ne sera signée. Ce n’est que partie remise…

Yves Raffin est tout de même déçu de n’avoir pu conclure officiellement un partenariat avec les dirigeants de l’ANOC. « Je comprends qu’ils prennent le temps de réfléchir mais il est important qu’un document soit rapidement signé. Cela nous permettra d’aller plus loin, ne serait-ce que dans la recherche de financements. « 

De nombreux contacts ont été établis. Ici lors de la foire internationale agricole, la délégation a rencontré le président de la Chambre agricole d’ Oujda.

Autre approche : le tourisme rural, pastoral.

Il y a beaucoup à faire et l’attente est forte de la part des marocains. Des liens sont en train de se tisser avec la région des monts de Beni Snassen. Ceux-ci sont situés au nord est du Maroc. Nous avons rencontré plusieurs personnes ressource de cette région et on y voit un peu plus clair. Un partenariat devrait voir le jour avec les Gîtes de France Isère. Les contacts vont être pris.  »

( NDLR : Thierry Blanchet, président des gîtes de France Isère rencontré récemment est tout à fait favorable à cette initiative).

A retenir également que des contacts existent  entre l’espace Belledonne et les Monts de Beni Snassen. « Tout avance ! « 

Les monts de Beni Snassen, hauts lieux touristiques ou le tourisme rural mérite de se développer.

Yves Raffin a tenu à rappeler que l’ensemble des partenariats qui se mettent en place se font sur la base du gagnant-gagnant. «  La fédération des alpages qui s’est ouverte à l’international doit poursuivre ses efforts dans cette direction, ne serait ce que pour valoriser ses ressources humaines  »

Et le calendrier ?

« Il n’y a pas de date butoir. L’urgence est qu’une convention soit signée entre l’ANOC et la fédération des Alpages de l’Isère afin que l’on parte rapidement à la recherche de financements. Que l’on mette très vite en place la formation des formateurs et l’achat des appareils de contention. Bien entendu, dans les priorités il y a le fait d’avoir, le plus souvent possible, des nouvelles de Lichen. Elle est bien au Maroc mais en cas de pépin, on se rendra au plus vite au Maroc…  »

Le festival

« Le Maroc est le prochain invité d’honneur. On a bien entendu abordé le sujet. Les Marocains sont très fiers de l’honneur qui leur est fait. Ils sont conscients de la tâche. Ils travaillent sur le dossier et je suis très confiant, ils vont nous réserver de nombreuses surprises. « 

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Lichen, la Marocaine: première approche réussie mais…

Après une bonne nuit de repos, Malika Taghi, la vétérinaire qui aura en charge le suivi de Lichen récupère ses papiers et nous voilà partis à 110 kilomètres au sud d’Oujda, à la ferme d’Abderahmane Mejdoubi.

L’exploitant possède 38000 oliviers mais surtout un troupeau d’ovins, de race Benni Guil. Une race rustique réputée pour sa viande, mais très véloce. Quelques  caprins complètent le cheptel.

A l’arrivée sur l’exploitation, connaissance est faite avec différents responsables de l’ANOC. Hélas, le mauvais temps n’a pas cédé de terrain, bien au contraire. Un vent violent et une forte pluie font partie des festivités…

Malika Taghi prend possession des papiers de Lichen. Cette dernière et Abderahmane Mejdoubi continuent de faire connaissance…

Dans le courant de l’après midi, le troupeau mené par son berger entre au bercail. Il est temps pour Lichen, dirigée par son éleveur, Jean-Marie Davoine, d’entrer en action. Les brebis, surprises se laissent mener sans encombre jusqu’à leur enclos.

Pour la venue de Lichen, les hautes autorités de l’Association nationale des éleveurs ovins et caprins sont venus en nombre. Au centre, en habit traditionnel, tout sourire on reconnait Bachir Labied, président de l’union des coopératives Benni Guil et membre de l’ANOC

Lichen obéit parfaitement aux ordres de son maître. Les spectateurs d’un jour,trempés, frigorifiés apprécient.
Jean-Marie Davoine jubile: «Ca s’est très bien passé. Le premier contact a été bon, les brebis n’ont pas eu peur. De plus, le terrain où vont paître les brebis est très plat, donc très facile à travailler. Reste maintenant à Lichen et au berger à faire connaissance et à ce dernier à savoir commander Lichen. Un sacré défi d’autant plus que le berger ne parle pas un mot de français. Mais je suis confiant car il est plein de bonne volonté. La réussite d’une telle entreprise passe par la complicité entre l’homme et l’animal ».

Lichen découvre son futur univers…

Effectivement pendant un long moment l’homme et l’animal feront connaissance. Le berger apprendra les ordres essentiels : stop, amène, viens…
Une accalmie au niveau de la pluie permettra de passer aux travaux pratiques.

Première approche pour Lichen…et pour le berger.

Tout le monde était confiant mais on a vite du se rendre compte que nous travaillons avec des être vivants.  Les brebis déboussolées, le berger également, la chienne ne pourra pas dompter le troupeau qui va se réfugier …chez le voisin, quelques centaines de mètres plus loin.
« Ce n’est pas un échec », rassure Jean Marie, « l’effet de surprise passé, les brebis se sont méfiées et ont fui. Il faut à présent que tout ce petit monde apprenne à cohabiter, à vivre ensemble, cela va également demander au berger de travailler de façon  totalement différente».
Cela prouve aussi que mener un troupeau avec des chiens dressés, ne se fait pas comme ça, en claquant des doigts, c’est un vrai travail de professionnels, qui ne s’improvise pas.
Le lendemain sera un grand jour pour Lichen et le berger. En effet il est prévu que ceux-ci travaillent ensemble dans un parc fermé. Et le beau temps est annoncé !

…et le troupeau mené par le berger, Ahmed Fadra

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Lichen, la Marocaine!

Lors d’une visite dans nos alpages, en particulier lors du festival du film pastoralismes et grand espaces, la délégation marocaine emmenée par Mejdoubi Abderahmane, vice président de l’Association nationale des éleveurs ovins et caprins (ANOC) du pays a découvert le travail des chiens de berger.

Très vite, les membres de cette délégation ont compris que le chien de berger pouvait leur faciliter la tâche et être une réponse à leur problème de main d’oeuvre.

En effet le Maroc, comme bien d’autres pays souffre d’un manque de main d’oeuvre rurale. » Les jeunes préfèrent être chômeurs en ville plutôt que d’avoir un emploi en campagne. » précise Jean-Marie Davoine. « Aujourd’hui, on compte au Maroc un berger pour 300 brebis, bientôt on passera à un berger pour 600. Il faut donc trouver des solutions ».

La fédération des alpages de l’Isère, son directeur Yves Raffin et Jean-Marie Davoine, spécialisé en élevage de chiens de troupeau ont reçu le message 5 sur 5. Ils ont pris l’initiative d’élever un chien et de le mettre à disposition des membres de l’ANOC.

Lichen, chienne Border Collie a deux ans. Depuis son plus jeune âge, elle est éduquée pour mener les troupeaux

Au niveau de la préparation propre à sa mission marocaine, « on a juste renforcé ses coussinets aux pattes car on ne connaît pas la nature des terrains des hauts plateaux du sud du maroc oriental ou elle sera amenée à travailler. Sinon, elle obéit aux ordres dits en français mais elle est très intelligente et apprendra très vite la langue arabe », se plaît à dire Jean-Marie Davoine.
Pour le voyage en lui même, l’éleveur n’a aucune appréhension: « Elle est habituée à faire de longs trajets en voiture et l’avion ne la stressera pas du tout car elle est bien dans sa tête ».
Au Maroc, ou elle est attendue comme le messie, elle sera bien entendue très bien soignée. Le berger a été sélectionné et elle sera suivie par Malika Taghi,docteur vétérinaire marocaine qui connaît bien la France.

Pour les Marocains, cette opération est novatrice, bien évidemment, et chacun attend avec curiosité la réaction des brebis: c’est la première fois qu’elles seront aux ordres d’un chien… » mais ça devrait bien se passer. »

Pendant trois jours, matin et soir, Jean-Marie Davoine travaillera au côté du berger marocain et de Lichen: » Trois jours, c’est largement suffisant pour que la chienne comprenne son nouveau rôle et pour que le berger découvre les avantages de travailler avec elle. »

5 ans pour réussir

Chacun comprendra que l’expérience tentée avec Lichen aura une suite d’autant plus que logiquement elle devrait être pleine. La relève est donc assurée. Le but de cette opération étant que très vite plusieurs bergers soient accompagnés de chiens. Cela suppose des formations en direction des bergers et des éleveurs. »Cela va prendre du temps, environ cinq ans, mais franchement le jeu en vaut la chandelle. »

Reste à savoir si la séparation ne va pas être trop difficile: » Je l’ai élevée en sachant qu’un jour elle partirait  au Maroc, quant à Lichen, elle est plus attachée au troupeau qu’à son maître…Je ne suis pas inquiet car je sais que l’on aura souvent de ses nouvelles. »

Jean-Marie Davoine est  fier d’être un élément moteur de cette opération.

Samedi 18 avril la délégation s’envolera, avec Lichen, de Marseille pour Oujda.

On vous racontera au jour le jour, sur sillon38.com, les premiers pas de Lichen dans son nouveau pays.

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La FAI par monts et par vaux

La fédération des alpages de l’Isère que préside Denis Rebreyend (prochaine assemblée générale le 31 mars à Mens) n’agit pas seulement dans l’intérêt des éleveurs isérois. Elle se caractérise, depuis toujours, par son ouverture à l’international (son festival Pastoralismes et grands espaces le démontre depuis 17 ans ). Sur le terrain, avec la capacité d’expertise qui est la sienne, elle développe des coopérations décentralisées, principalement avec le Sénégal (depuis une vingtaine d’années) mais également avec le Maroc. Un petit rappel de ces actions de coopération avec Yves Raffin, directeur de la FAI:

- SENEGAL: sous l’égide de la Région Rhône-Alpes, jumelage avec la Maison des éleveurs de Saint-Louis-du-Sénégal et partenariat avec le Directoire des femmes en élevage (DIRFEL). Les actions engagées concernent principalement l’eau (réhabilitation de forages) et le lait (création d’ unités laitières collectives) .

L’action en direction des éleveuses peuls de la région du Ferlo mérite un éclairage particulier. Pour faire face à la fragilité de la production, dépendante de la saisonnalité (peu de lait en saison sèche, trop en saison des pluies) et de l’absence de liaison froide, les éleveuses du Farlo ont demandé de l’aide pour la mise en place de mini laiteries collectives. Cinq unités de traitement et de transformation ont été créées. Elles permettent d’effectuer une petite pasteurisation (bain marie jusqu’à 72°) puis une réfrigération (40°) de leur lait caillé sucré traditionnel avec mise en sachets (par colleuse thermique). Une méthode qui permet de conserver le lait caillé pendant près de 3 semaines après sa fabrication.

Yves Raffin: « Le Ferlo ne disposant pas d’alimentation électrique, des panneaux solaires ont été installés l’an dernier pour faire fonctionner les colleuses et les réfrigérateurs. Une volontaire internationale, Anne Duverger, a été recrutée pour suivre ce projet sur place pendant une année. La Région souhaite que ce projet soit étendu à d’autres régions du Nord Sénégal (là où il y a le plus de vaches), à Saint-Louis, Matam, Louga, Tambacounda ».

- MAROC: La FAI a engagé un partenariat avec la région de l’Oriental, notamment dans le domaine de l’élevage. Les premiers contacts ont eu lieu en 2007 à Oujda avec l’ANOC (association nationale ovine et caprine), à l’occasion de la « Rencontre avec les associations pour l’Oriental ».

Yves Raffin: « Ce projet de partenariat va se concrétiser à l’occasion de la Foire agricole de Meknès (19-24 avril 2009). Une délégation de la FAI se rendra sur place et une convention sera signée le 23 avril par Xavier Jury, président de la Commission Coopération internationale de la FAI, et le représentant de l’ANOC.

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Abderrahmane Mejdoubi, vice président de l’Association Nationale Ovine et Caprine, à droite sur la photo. A gauche, Bensaïd Lagnani, de la Chambre agricole d’Oujda. Sillon38 les a rencontrés pendant le dernier festival « Pastoralismes et Grands espaces » (voir notre article)

« Entre-temps, poursuit Yves Raffin, à la demande de l’ANOC, je vais aller prochainement à Oujda avec Jean-Marie Davoine, technicien FAI, et un chien de berger, afin d’initier une action de formation  à l’usage du chien dans la conduite des troupeaux. L’appui de la MSA a été sollicité dans le cadre de cette action de coopération ».

Parmi les autres projets retenus dans le cadre de ce partenariat figure la mise en place des premiers jalons d’un tourisme rural, à l’instar de ce qui prend forme sur les alpages de l’Isère grâce à l’action conjointe de la FAI, des Gites de France de l’Isère et de la Chambre d’Agriculture.

Sillon38 rendra compte de l’évolution de cette coopération iséro-marocaine.

L’association Espace Belledonne a, pour sa part, et en relation avec la FAI, commencé à tisser des liens avec le massif de Beni Snassen, souhaitant passer prochainement à des actions de coopération territorialisée (avec le soutien du programme LEADER). Le massif de Beni Snassen, territoire montagneux de mêmes dimensions que Belledonne, périurbain comme lui, connaît des problématiques comparables.
- MALI: Les contacts qui se nouent au Festival de pastoralisme des 7Laux sont nombreux et fructueux. Lors de la dernière édition, une délégation d’éleveurs touaregs de Tombouctou, région partenaire de la Région Rhône-Alpes, a rappelé à Yves Raffin, directeur du Festival « Pastoralismes et grands espaces », qu’ils attendaient impatiemment sa visite. Message reçu. Celui-ci se rendra au Mali du 16 au 23 mars pour une visite de prospection.

C’est dire que la coopération internationale de la FAI est très active et son expertise sollicitée. L’association Pastoralismes du monde, née avec le Festival, a pris la décision, à l’occasion de l’édition 2008, de revoir son organisation et ses objectifs, afin de mieux fédérer  le monde du pastoralisme.

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“Pastoralismes du monde” à un tournant

Les Rencontres internationales du pastoralisme qui se sont déroulées vendredi matin dans le cadre du 8e festival des 7 Laux (lire nos précédents articles) ont clairement fait apparaître les profondes attentes des délégations présentes (Algérie, Maroc, Mali, Niger, Sénégal, Kazakhstan) , inquiètes pour le devenir de la transhumance face aux aléas climatiques et à l’absence de volonté politique en faveur du maintien et de la protection des activités pastorales.

Dans sa synthèse, Bernard Faye (Cirad) soulignait la conjonction d’une diminution des ressources, de la désorganisation des systèmes de production, de la dégradation des liens sociaux. Trois facteurs qui, dans les pays du sud,  frappent lourdement les sociétés nomades vivant de l’élevage.

Le débat a montré que le festival ne pouvait se terminer sans qu’une action concertée soit entreprise, qu’il fallait peser d’une façon ou d’une autre pour faire connaître la cause du pastoralisme aux pouvoirs public comme aux médias, qu’un « après-festival » était attendu et espéré.

L’association « Pastoralismes du monde », créée en 1994 et présidée par Jean Picchioni, organisatrice du festival avec la fédération des alpages de l’Isère, a entendu cet appel et souhaité réagir, ce matin, à l’occasion de son assemblée générale:

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Jean Picchioni et Yves Raffin

« Nous sommes là à un virage, notait Jean Picchioni, dans son rapport moral. C’est sans doute le moment de revoir l’organisation de l’association en élargissant la représentation au sein du conseil d’administration ».

Yves Raffin, directeur de la FAI, abondait dans ce sens: « Je propose de faire de l’association une maison commune des pasteurs en élargissant  le CA aux délégations (1 membre par délégation), chaque membre devenant ainsi une tête de réseau. Mais notre vocation n’est pas d’être un comité de défense des intérêts des éleveurs. Nous voulons avant tout créer des liens, faire connaître et promouvoir le travail des éleveurs à la communauté internationale ».

Comment donner un nouvel élan, une nouvelle dimension au festival? Comment toucher le grand public? Toutes les réponses à ces questions, au centre des débats de l’AG, passent par « le nerf de la guerre », l’argent. Pour organiser un événement chaque année (au lieu de tous les deux ans) , il faudrait bien sûr un autre budget. En l’état actuel de la trésorerie de l’association, cette évolution n’est guère envisageable.

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Faire voyager le festival pendant l’année intermédiaire? Consacrer une matinée à une rencontre entre festivaliers et éleveurs locaux? Organiser une mutualisation de l’événement avec la participation d’autres associations touchant au même domaine? Créer un forum permanent sur internet, un outil  qui s’avère aujourd’hui indispensable pour entretenir le lien de cette « internationale pastorale »?

En attendant que ces idées, évoquées au cours de l’AG,  prennent corps, le CA de l’association Pastoralismes du monde est désormais modifié et compte quatre membres de plus. Autre décision: l’invité d’honneur du festival 2010 sera le Maroc.

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Bilan inquiétant pour le monde pastoral

Depuis le début, le Festival du film des 7 Laux accueille les Rencontres internationales du pastoralisme, qui réunissent toutes les délégations présentes autour d’un thème de réflexion. Pour cette 8e édition, ce sont les aléas climatiques qui étaient au centre de cette matinée de travail à laquelle participaient notamment  des délégations d’éleveurs d’Algérie, du Maroc, Sénégal, du Mali, du Niger, du Kazakhstan mais aussi du Larzac et de l’Isère. Et c’est un bilan inquiétant qui a été dressé au cours de ce colloque riche en échanges, ouvert par Jean Pichionni, président de l’association Pastoralismes du monde.

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Une salle comble pour ce colloque autour du thème « Pastoralismes et aléas climatiques »

Ces rencontres qui s’affichaient comme « un plaidoyer pour un code pastoral », ont en effet clairement mis en relief la dimension politique des bouleversements auxquels sont confrontés les éleveurs d’ici et d’ailleurs.  Car ces désordres naturels, inhabituels et souvent violents (vents, pluies, moussons, sécheresses, etc.), qui se manifestent sous toutes les latitudes, entraînent des conséquences sociales et économiques que l’on évalue encore mal mais dont les acteurs du pastoralisme et leurs troupeaux sont des victimes sans doute plus exposées que d’autres. Souvent désemparés, sans pour autant être inactifs face au sort qui est le leur, les éleveurs ont exprimé leur désir de voir les Etats s’impliquer davantage, de voir de nouveaux  textes, de nouveaux codes appliqués,  de voir les médias réagir à la mesure du phénomène, avant qu’il ne soit trop tard.

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Yves Raffin, directeur de la Fédération des alpages de l’Isère, organisatrice de l’événement, Marie-Antoinette Melieres et Jean-Pierre Legeard, président de l’AFP

Le réchauffement climatique dont Marie-Antoinette Melières, spécialiste de la question et membre du jury du festival du film, a montré toute la réalité, sur le long terme et le court terme, provoque des modifications d’importance:

-migration des plantes, de la forêt, de la faune

- avancée de deux à trois semaines de la fonte nivale

- désynchronisation des écosystèmes

La cause? Les gaz à effet de serre, notamment de CO2, qui connaissent une croissance assez rapide depuis 1850.

L’homme, l’herbe et l’animal: une association en souffrance

Amara Sarr, éleveur sénégalais, a mis en avant les conséquences socio-économiques dramatiques de sécheresses successives: « La rareté de la ressource eau,  la forte mortalité des animaux entraîne un exode massif vers les grandes villes. Dans les villages, on ne trouve plus que des personnes âgées », souligne t-il.

Idem en Algérie où le nombre d’éleveurs a tendance à diminuer. Ces bouleversements climatiques contribuent à la modification des modes d’élevage et notamment de la durée de la transhumance. « Les familles ne suivent plus l’éleveur, qui part avec son berger et son camion ».

Au Niger, où l’on enregistre une baisse sensible de la production laitière , ces aléas, comme l’a rapporté le Collectif Djimbo,  provoquent de graves effets sur les cultures nomades wodabee, fragilisant considérablement le lien social, entraînant des ruptures irréversibles dans les familles. L’impact socio-économique est patent: on assiste à une semi-sédentarisation depuis 5 ans, à une disparition de la tradition orale et donc de la transmission des connaissances.

Au Mali, les éleveurs touaregs rencontrent des situations comparables et s’inquiètent. Le porte-parole des éleveurs, face à cette situation d’urgence, appelle à la création d’une association « Pasteurs sans frontières ».

Dans une moindre mesure, l’Isère aussi ressent les conséquences de ce réchauffement. Bruno Caraguel (Fédération des alpages de l’Isère) a souligné le fait que les pelouses d’alpages ne poussaient plus comme auparavant après l’hiver mais qu’il fallait attendre parfois le mois de juillet pour avoir vraiment de l’herbe. Conséquence: les prises de poids du bétail, sur un alpage comme le Sénépi, par exemple, sont à la baisse depuis une dizaine d’années.

Quant à une éventuelle participation du pastoralisme  au réchauffement climatique, Marie-Antoinette Melieres a bien souligné le fait que cette activité n’était pas de nature à engendrer de gaz à effet de serre, à l’exception de brûlages occasionnels. Certes, le bétail est producteur de méthane mais dans des proportions qui ne peuvent, à son avis, être significatives dans ce phénomène.

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