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Production mondiale de céréales 2016 identique à 2015


/05/2016

Les prévisions actuelles de la FAO pour 2016 indiquent une production mondiale de céréales de près de 2 526 millions de tonnes, soit un niveau quasiment égal à celui de 2015.

Ceci est presque entièrement due à de meilleures perspectives concernant la production de blé, qui, selon les prévisions actuelles, devrait avoisiner les 717 millions de tonnes en 2016, soit 4 millions de plus que ce qui était prévu le mois dernier, mais cependant rester inférieure de 2,2 pour cent (soit 16 millions de tonnes) au record enregistré en 2015.

La révision à la hausse d’un mois sur l’autre des prévisions relatives à la production mondiale de blé résulte avant tout des meilleures perspectives européennes; en effet, les conditions météorologiques favorables de l’hiver passé ont regonflé les prévisions de rendement dans l’Union européenne, en Fédération de Russie et en Ukraine, faisant plus que compenser le fléchissement attendu en Inde, où les emblavures ont souffert d’un manque d’eau en début de saison et où de fortes pluies se sont déclenchées alors que la récolte a commencé.

En ce qui concerne la production de céréales secondaires, les prévisions pour 2016, qui demeurent presque inchangées par rapport au mois dernier, s’élèvent à près de 1 314 millions de tonnes, ce qui correspond à une hausse de 1 pour cent (ou 11,2 millions de tonnes) par rapport à 2015. Par rapport au mois dernier, les prévisions relatives à la production de maïs ont été révisées à la baisse dans les pays d’Afrique australe qui ont été confrontés aux graves sécheresses causées par El Niño, ce qui fait plus qu’annuler les perspectives un peu plus favorables de la production de maïs au Brésil, pays où les semis pour la campagne agricole secondaire ont été plus importants que prévu. Les prévisions de la production mondiale de riz pour 2016 se montent toujours à 495 millions de tonnes, dénotant une timide remontée de 1 pour cent par rapport à 2015.

De fait, même si le phénomène El Niño est censé prendre fin au cours des prochains mois, ce qui coïnciderait avec la plupart des semis de riz dans l’hémisphère Nord, les anomalies climatiques ont déjà provoqué des dégâts au sud et sur la ligne de l’Équateur, où la campagne est plus avancée.

L’utilisation mondiale de céréales en 2016-2017 devrait se monter à 2 549 millions de tonnes, soit une légère hausse par rapport aux prévisions du mois dernier et seulement 1,1 pour cent (ou 27 millions de tonnes) au-dessus des estimations pour 2015-2016, ce qui marquerait la deuxième année successive de croissance inférieure à la tendance.  La raison principale de ce ralentissement est le moindre rythme de croissance de l’utilisation de céréales comme aliments pour animaux.

L’utilisation totale de blé prévue actuellement est de 724 millions de tonnes, soit un volume pratiquement égal à celui de 2015-2016, l’utilisation du blé à des fins alimentaires augmentant de 1,0 pour cent alors qu’on constate un recul de 1,8 pour cent de l’utilisation du blé dans l’alimentation animale.

L’utilisation mondiale de céréales secondaires devrait approcher 1 322 millions de tonnes, soit une augmentation de 1,5 pour cent environ par rapport à 2015-2016. Parmi les principales céréales secondaires, l’utilisation du maïs, soutenue par une croissance de 3,0 pour cent de son utilisation dans l’alimentation animale, devrait augmenter de 2,4 pour cent pour s’établir à 1 026 millions de tonnes. En revanche, on s’attend à ce que l’utilisation totale d’orge baisse de 2,7 pour cent (pour s’établir à 140 millions de tonnes), en grande partie sous l’effet d’un recul de 3,4 pour cent de son utilisation dans l’alimentation animale.

En 2016-2017, l’utilisation mondiale de riz devrait connaître une hausse de 1,5 pour cent pour atteindre 503 millions de tonnes, avec une augmentation de 1,3 pour cent de l’utilisation pour la consommation alimentaire; ainsi, la consommation par an et par habitant resterait stable.

Selon les prévisions actuelles concernant la production en 2016 et l’utilisation en 2016-2017, les stocks mondiaux de céréales devraient se trouver ramenés à 615 millions de tonnes d’ici à la clôture des campagnes de 2017, soit une baisse de 3,3 pour cent (ou 21 millions de tonnes) par rapport au niveau prévu pour 2016.  Les prévisions établies ce mois-ci dépassent de 4 millions de tonnes la première projection de la FAO pour 2016-2017, publiée le mois dernier, en raison des perspectives plus optimistes relatives à la production mondiale de céréales. Malgré une baisse des réserves mondiales en glissement annuel, le rapport stock-utilisation au niveau mondial ne devrait connaître qu’un léger recul (23,4 pour cent en 2016-2017 contre 24,9 pour cent pour la saison actuelle).

En ce qui concerne les principales céréales, les stocks de report du riz devraient avoir diminué de 5 millions de tonnes d’ici à 2017, et on s’attend à une contraction plus prononcée (soit 8 millions de tonnes de moins) pour le blé et les céréales secondaires.  Les pays où il est prévu que les stocks de céréales baissent d’au moins 1 million de tonnes sont le Brésil (- 4,7), l’Inde (- 2,4), la Thaïlande (- 2,8), la Chine (- 2,3), le Maroc (-1,9), la République islamique d’Iran (-1,8), l’Argentine (-1,5) et l’Afrique du Sud (-1).

Les prévisions concernant les échanges internationaux de céréales en 2016-2017, lesquels devraient se monter à 367 millions de tonnes, soit 2 millions de tonnes de plus que ce qui était annoncé le mois dernier, ont été revues à la hausse suite à une révision à la hausse des volumes de blé et de maïs. Sur la base de ces nouveaux chiffres, en 2016-2017, les échanges internationaux de céréales devraient être inférieurs de près de 7 millions de tonnes (1,8 pour cent) aux estimations pour 2015-2016.

Cette contraction en glissement annuel est due à un net recul des échanges internationaux de céréales secondaires, dont on estime désormais qu’ils se monteront à 169 millions de tonnes, soit jusqu’à 7 millions de tonnes (4 pour cent) de moins qu’en 2015-2016, et ce à cause d’une forte baisse des achats d’orge et de sorgho par la Chine.

S’agissant des échanges internationaux de maïs, à 130 millions de tonnes, ceux-ci devraient également enregistrer une baisse par rapport aux estimations pour 2015-2016, mais assez peu perceptible, car le net recul des importations de maïs par l’Union européenne devrait être largement compensé par l’envolée des importations des pays d’Afrique australe frappés par la sécheresse.

Les prévisions relatives au commerce mondial du blé en 2016-2017 (juillet-juin) sont à présent de 154 millions de tonnes, soit une légère hausse (0,7 pour cent) par rapport à 2015-2016 due en grande partie à l’augmentation des achats effectués par le Maroc suite au manque à produire de cette année.

Les autres pays devraient importer des quantités équivalentes à celles de 2015-2016, voire moins pour certains d’entre eux, en particulier la République islamique d’Iran. Selon les prévisions préliminaires pour l’année civile 2017, le commerce mondial du riz devrait être de l’ordre de 44,0 millions de tonnes, soit un léger recul par rapport à ce qui avait été annoncé le mois dernier, et 2 pour cent de moins que l’estimation actuelle pour 2016.

Cette contraction s’explique par les récoltes plus importantes attendues en Asie en 2016, qui devraient freiner les importations de la région, et par une réduction des disponibilités à l’exportation dans les principaux pays d’origine.

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Franche reprise de la production mondiale de bois


La production mondiale de tous les principaux produits du bois enregistre sa plus forte croissance depuis la récession économique de 2008-2009, selon les dernières données sur les produits forestiers.

En 2014, la croissance des produits ligneux, y compris le bois rond industriel, les sciages, les panneaux dérivés du bois et la pâte à papier, s’établissait entre 1 et 5 pour cent, dépassant les niveaux d’avant la récession de 2007. La croissance la plus rapide a été enregistrée en Asie-Pacifique et en Amérique latine- Caraïbes.

«Les industries du bois ont été parmi les plus durement touchées par la récession économique mondiale de 2008-2009. Nous observons maintenant la plus forte croissance des industries de bois mondiales depuis cinq ans. Cela est important pour les économies nationales et le bien-être et les moyens d’existence de millions de personnes tributaires des forêts à travers le monde», selon Thais Linhares-Juvenal, chef du groupe de la FAO chargé de l’économie et des statistiques sur les forêts.

Nouveau record de production de granulés de bois

La production de granulés de bois, qui sont utilisés comme carburant, a établi un nouveau record en 2014 enregistrant une croissance de 16 pour cent par rapport à l’année précédente pour atteindre 26 millions de tonnes, en raison principalement de l’augmentation de la consommation en Europe.

L’Amérique du Nord et l’Europe ont représenté la quasi-totalité de la production mondiale (33 pour cent et 60 pour cent respectivement). L’Europe a enregistré de loin la plus grande consommation (78 pour cent), suivie par les Etats-Unis (12 pour cent). Le commerce des granulés de l’Amérique du Nord vers l’Europe (principalement le Royaume-Uni) a augmenté en 2014 de 25 pour cent par rapport à l’année précédente.

En Asie, la production et la consommation de granulés de bois a plus que doublé en 2014 par rapport à l’année précédente. La Corée du Sud est devenue le quatrième importateur mondial de granulés de bois, après le Royaume-Uni, le Danemark et l’Italie, ce qui a dopé la production de granulés de bois dans de nombreux pays de la région, notamment le Vietnam, la Chine et la Thaïlande.

Les granulés de bois sont utilisés par les pays européens et d’autres pays, notamment la Corée du sud, la République de Corée et le Japon, pour atteindre leurs objectifs d’énergie renouvelable. La demande de granulés de bois comme source d’énergie verte a considérablement augmenté depuis 2008 et devrait croître à mesure que de plus en plus de pays s’engagent en faveur d’initiatives d’atténuation du changement climatique.

Forte poussée de la production de panneaux et de sciages

La production et la consommation de panneaux et de sciages à base de bois continuent de croître fortement dans toutes les régions. La production mondiale de panneaux et de sciages a augmenté de 5 pour cent et 4 pour cent, respectivement. Les panneaux à base de bois ont été la catégorie qui a connu  la plus forte augmentation, en raison de la croissance rapide et soutenue dans la région Asie-Pacifique (principalement la Chine qui représente 49 pour cent de la production mondiale). Dans l’ensemble, la production a bondi de 62 pour cent dans la région Asie-Pacifique au cours entre 2010 et 2014, alors qu’elle n’a progressé que modestement (9%) dans d’autres régions au cours de la même période.

Les marchés du papier renouent avec la croissance en Chine

En 2014, la production de papier a stagné en Europe et a diminué en Amérique du Nord, mais elle a augmenté modérément en Afrique, en Amérique latine et en Asie-Pacifique.

Après une légère baisse de la production de papier en Chine en 2013, la production et la consommation de papier ont repris leur croissance l’année dernière, entraînant la croissance générale dans la région Asie-Pacifique.

L’Amérique du Sud, nouveau grand acteur sur le marché mondial de la pâte de bois

L’Amérique du Sud émerge progressivement comme le premier exportateur mondial de pâte de bois grâce aux nouvelles usines en cours de construction au Brésil, au Chili et en Uruguay. L’année dernière, la région a représenté 30 pour cent des exportations mondiales de pâte de bois. En 2014, pour la première fois, le Brésil a dépassé le Canada en tant que quatrième plus grand pays producteur de fibres  (papiers, autres pâtes de fibres et pâtes de bois utilisées pour la fabrication du papier) après les Etats-Unis, la Chine et le Japon.

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Objectif « Faim Zéro »


Au niveau mondial, l’éradication durable de la faim d’ici 2030 nécessiterait en moyenne 267 milliards de dollars supplémentaires par an à investir à la fois dans les zones urbaines et rurales et dans la protection sociale afin que les pauvres aient accès à la nourriture en quantités suffisantes et puissent améliorer leurs moyens d’existence, selon un nouveau rapport des Nations Unies.

Cela équivaut à débourser 160 dollars de plus par an sur une période de 15 ans pour chaque personne vivant dans l’extrême pauvreté.

Elaboré par la FAO, le FIDA et le PAM ce rapport paraît peu de jours avant la tenue de la Troisième conférence internationale sur le financement en faveur du développement qui se tiendra du 13 au 16 juillet 2015 à Addis-Abeba, en Ethiopie.

Le rapport note qu’en dépit des progrès réalisés au cours des décennies récentes, près de 800 millions de personnes, des ruraux pour la plupart, n’ont toujours pas assez à manger aujourd’hui.

L’élimination de la sous-alimentation chronique d’ici 2030 est un élément clé de l’Objectif de développement durable numéro deux proposé dans le nouvel agenda de l’après 2015 qui doit être adopté cette année par la communauté internationale. L’élimination de la sous-alimentation chronique figure également au cœur du Défi Faim Zéro dont le Secrétaire général de l’ONU s’est fait le chantre.

«Le message du rapport est clair: si nous maintenons le statu quo, nous aurons encore en 2030 plus de 650 millions de personnes souffrant de la faim. Voilà pourquoi nous préconisons une approche qui associe la protection sociale à des investissements ciblés supplémentaires dans le développement rural, l’agriculture et les zones urbaines qui profitent essentiellement aux pauvres», a souligné M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO.

«Notre rapport estime que cela nécessitera un investissement total de quelque 267 milliards de dollars par an au cours des 15 prochaines années. Étant donné que cela est plus ou moins équivalent à 0,3 pour cent du PIB mondial, je pense personnellement que le prix à payer pour éradiquer la faim chronique est relativement bas, a ajouté M. Graziano da Silva.

De son côté, M. Kanayo F. Nwanze, Président du FIDA, a dit notamment: «Ce rapport nous aide à contempler l’ampleur du défi qui nous attend, mais nous croyons que nous n’obtiendrons pas les gains en matière de réduction de la pauvreté et de la faim si nous n’investissons pas sérieusement dans les populations rurales.»

«Si on leur offre les outils et les ressources nécessaires, les petits exploitants agricoles et les entrepreneurs ruraux pourront transformer les communautés qui luttent en communautés en plein essor», a encore dit le Président du FIDA.

«Nous avons besoin d’un changement radical de réflexion pour aider les pauvres du monde à briser le cercle vicieux de la faim et de la pauvreté d’ici 2030. Nous ne devons pas les laisser à la traîne», a déclaré, pour sa part, la Directrice exécutive du PAM  Ertharin Cousin. «Il faut investir en faveur des personnes les plus vulnérables et s’assurer qu’elles ont les outils dont elles ont besoin non seulement pour surmonter la faim, mais aussi pour valoriser leurs ressources et capacités».

Selon le rapport, la communauté internationale devrait s’appuyer sur les expériences heureuses des pays qui ont effectivement eu recours à des investissements accompagnés de mesures de protection sociale pour enrayer la faim et la pauvreté dans les zones rurales et urbaines.

Dans une note de plaidoyer accompagnant le rapport, les chefs de la FAO, du FIDA et du PAM ont noté que la prochaine conférence d’Addis-Abeba cherchera à garantir que tous les pays, en particulier les pays en développement, ont les moyens de mettre en œuvre des politiques et programmes nationaux pour atteindre leurs objectifs de développement, notamment les Objectifs de développement durable de l’après 2015.

Sortir durablement les gens de la pauvreté

Toujours selon le rapport, si on continue à ne rien faire, quelque 650 millions de personnes souffriront encore de la faim en 2030.

A l’opposé, on réaliserait des progrès si l’on associait protection sociale et investissements de sorte que les transferts publics servent à sortir les gens de la faim chronique en veillant à ce qu’ils gagnent au moins 1,25 dollar par jour, ce qui correspond au seuil de pauvreté actuellement fixé par la Banque mondiale.

Les mesures de protection sociale auraient un coût supplémentaire de 116 milliards de dollars par an (75 milliards pour les zones rurales et 41 milliards pour celles urbaines).  Il faudrait également trouver 151 milliards de dollars pour les allouer aux investissements en faveur des pauvres (105 milliards pour le développement rural et l’agriculture et 46 milliards pour les zones urbaines). Il s’agit d’investissements destinés à stimuler la génération de revenus parmi les personnes dans le besoin. L’association de la protection sociale aux investissements porterait le total à 267 milliards de dollars.

Le gros des investissements devrait normalement provenir du secteur privé, en particulier les agriculteurs. Toutefois, les investissements privés doivent être complétés par des investissements supplémentaires du secteur public dans les infrastructures rurales, le transport, la santé et l’éducation.

Dans les zones rurales, les investissements publics en faveur des pauvres pourraient cibler l’irrigation à petite échelle et d’autres infrastructures bénéficiant aux petits paysans. Ils pourraient inclure des mesures telles que la transformation des aliments pour réduire les déchets et les pertes après récolte, ainsi que des dispositifs institutionnels plus vigoureux pour la terre et la propriété de l’eau, les facilités de crédit, la législation du travail et d’autres domaines. Et cela dans le but de rendre les activités agricoles et non agricoles ainsi que les marchés accessibles aux groupes marginalisés, notamment les femmes et les jeunes.

Dans les zones urbaines, les investissements supplémentaires devraient veiller à ce que les personnes indigentes soient en mesure de subvenir à leurs besoins. Les investissements pourraient, par exemple, cibler les compétences entrepreneuriales et autres, notamment l’artisanat, et garantir des contrats de travail équitables, des facilités de crédit, des logements ainsi que des services liés à la nutrition.

De la protection sociale à la production

La protection sociale sous la forme de transferts en espèces permet, certes, d’éliminer la faim dans l’immédiat, mais elle améliore aussi la nutrition en permettant aux pauvres de diversifier leur régime alimentaire au bénéfice d’une meilleure santé, ce qui permet de vaincre la «faim cachée», à savoir les carences en micronutriments, notamment l’apport insuffisant en vitamines, fer et autres minéraux.

Compte tenu de leurs moyens limités et de leurs maigres avoirs, l’on ne s’attend pas à ce que les gens qui vivent dans l’extrême pauvreté soient tout de suite en mesure d’investir énormément dans des activités productives. Cependant, à mesure qu’ils deviendront plus productifs, ils gagneront plus, sauront économiser pour investir et augmenter leurs revenus.

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« Nous continuons à détruire une ressource qui nous fait vivre. »


En cette année déclarée année internationale des sols par la FAO, la FNSafer continue d’alerter sur la nécessité de préserver les espaces naturels, agricoles et forestiers. Au rythme actuel, d’ici à 2050, 6% de la SAU française actuelle serait urbanisée et environ 8 % de son potentiel agronomique serait perdu.

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2015 a été déclarée « année internationale des sols » par la FAO. La FNSafer s’associe pleinement à l’initiative.

Elle le fait d’autant plus légitimement que la loi d’avenir pour l’agriculture a renouvelé la mission de protection des ressources naturelles des Safer, particulièrement celle des espaces naturels, agricoles et forestiers.

Désormais, les Safer participent aux travaux des Commissions départementales de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers, et sont représentées auprès de l’Observatoire national de la consommation des espaces agricoles (ONCEA).

Les Safer auront à coeur d’y partager leur expertise et leurs analyses des dynamiques foncières. Elles portent cette mission en prônant, dans leur fonction de conseil et d’études, l’évitement de la consommation avant sa réduction et sa compensation. Il n’en demeure pas moins vrai que l’imperméabilisation des sols est essentiellement du ressort des politiques d’aménagement du territoire et d’urbanisme.

Nous pouvons nous féliciter que le rythme annuel de l’extension urbaine ait diminué de moitié entre 2008 et 2014. Toutefois, si les mesures d’évitement et de réduction commencent à porter leurs fruits, la principale explication de cette inflexion reste bien la crise économique qui sévit depuis 2008.

Dans ce contexte, la FNSafer se doit de continuer d’alerter sur l’impérieuse nécessité de préserver un maximum de sols naturels, sachant que toute nouvelle imperméabilisation des sols complique à court terme la résolution de la question alimentaire mondiale. La FAO porte la question à l’échelle planétaire en considérant les sols naturels comme un bien commun.

L’alimentation humaine est liée à l’eau et à la terre. Il n’est pas possible de continuer indéfiniment la destruction d’une ressource qui nous fait vivre. Nous avons à prendre conscience des limites de la planète et à en tirer toutes les conséquences : l’objectif à atteindre est bien de diminuer cette consommation de sols jusqu’à la stopper.
* Les Safer ont, dans le cadre de leurs missions d’intérêt général, à assurer la transparence du marché. Chaque année, une étude sur les marchés fonciers ruraux est produite.


Ce qu’il faut retenir des marchés fonciers ruraux en 2014 :
▪ Un marché foncier rural globalement déprimé, excepté : – celui des terres agricoles soutenu par l’achat de terres libres par des personnes morales – et celui des vignes
▪ Le marché des terres destinées à l’urbanisation en baisse… mais toujours trop
▪ La concentration des exploitations continue

NB : Le magazine Le prix des terres – Analyse des marchés fonciers ruraux 2014 est disponible au prix de 30 € (hors frais de port) sur le site : www.le-prix-des-terres.fr

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Contribution des fonds forestiers nationaux à la lutte contre le changement climatique


Les fonds forestiers nationaux – mécanismes de financement public destinés à soutenir la gestion durable des forêts – sont potentiellement capables de catalyser des investissements plus importants dans le secteur forestier, notamment des investissements visant à lutter contre le changement climatique. Cependant, leur rôle reste encore largement méconnu, selon un nouveau document de politique de la FAO.

Suite à la création d’un certain nombre de nouveaux mécanismes de financement nationaux et internationaux, tels que ceux liés à l’atténuation du changement climatique et à l’adaptation, le potentiel de financement s’est accru. Mais la complexité de l’accès à ces ressources s’est, elle aussi, accrue, selon le document présenté cette semaine à la 11e session du Forum des Nations Unies sur les forêts. Au cours de ce Forum, le financement de la gestion durable des forêts figure parmi les principaux problèmes à l’ordre du jour.

S’ils sont bien conçus et gérés, les fonds forestiers nationaux peuvent remplir le rôle de mécanismes de coordination pour canaliser les flux d’investissement provenant de sources multiples et destinés à la mise en œuvre de certains dispositifs, notamment les paiements pour les services environnementaux ou les programmes nationaux visant à réduire les émissions de carbone dues à la déforestation et à la dégradation des forêts (REDD +), indique le document de la FAO.

«Suite à la reconnaissance du rôle essentiel joué par les forêts face aux défis mondiaux tels que le changement climatique, la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté, il est plus que jamais fondamental de soutenir la gestion durable des forêts», souligne Eva Muller, Directrice de la Division de la FAO de l’économie, des politiques et des produits forestiers. «Grâce à ce document et au soutien connexe pour le renforcement des capacités, la FAO espère contribuer à l’avènement de fonds forestiers nationaux capables de traduire les investissements forestiers en des initiatives nationales efficaces de promotion de la durabilité», ajoute-t-elle.

Le fonctionnement des fonds

Malgré la présence de fonds forestiers nationaux dans plus de 50 pays, on dispose de peu d’informations sur la façon dont ils fonctionnent et un certain nombre de pays doivent encore relever le défi de les transformer en de véritables outils de financement.

«Une des principales exigences d’une telle transformation est l’existence d’une politique forte adossée à une base juridique et permettant à ces fonds de fonctionner dans un climat de transparence et de responsabilisation. Cela permettrait aux gouvernements de mobiliser des fonds auprès des investisseurs nationaux et internationaux et des bailleurs de fonds », indique l’auteur du document, Rao Matta.

La mobilisation des ressources financières est une tâche particulièrement ardue dès lors qu’il s’agit de financement international et, en particulier, quand il s’agit de sources de financement en rapport avec le changement climatique. Cela nécessite des structures nationales capables d’absorber, de réaffecter et d’utiliser de grosses sommes d’argent de manière efficace, précise l’expert de la FAO.

Le fait d’avoir des cadres politiques et institutionnels en place facilite un meilleur accès au financement international. C’est le cas du Fonds forestier national du Costa Rica qui a pu accéder à un financement du Fonds de partenariat sur le carbone forestier de la Banque mondiale pour mettre en œuvre un programme de réduction des émissions.

Approche intersectorielle

La collaboration intersectorielle est essentielle pour la mise en œuvre de programmes tels que PSE et REDD +. Les fonds forestiers nationaux doivent donc garantir la participation d’intervenants d’autres secteurs, notamment la finance, le tourisme, l’énergie et les infrastructures, lit-on dans le document présenté par la FAO.

A titre d’exemple, le Fonds forestier national du Viet Nam travaille en étroite collaboration avec le Ministère vietnamien de l’industrie et du commerce pour s’assurer que les petites et moyennes centrales hydroélectriques paient une contrepartie pour les services environnementaux fournis par les forêts en amont.

Lorsqu’ils sont soigneusement conçus, les fonds forestiers nationaux préviennent la fragmentation des efforts et le chevauchement des mandats et activités des différentes institutions. Ils coordonnent les efforts et renforcent les ressources financières en les plaçant sous le même parapluie au plan de l’organisation.

Basé sur des expériences pratiques, le document de la FAO, intitulé «Vers des fonds forestiers nationaux efficaces», décrit la structure générale de ces fonds et les mesures envisageables pour améliorer leurs performances.

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Des sols sains sont le fondement de la production alimentaire


Des sols sains sont le fondement de la production alimentaire mondiale et devraient être au cœur des politiques officielles, selon M. Moujahed Achouri, Directeur de la Division des terres et des eaux de la FAO, qui a pris la parole  à Berlin au cours de la troisième Semaine mondiale des sols.

La Semaine mondiale des sols rassemble plus de 550 participants venus de 78 pays et travaillant sur la gestion durable des sols et la gouvernance des terres.

«Les sols sont essentiels pour assurer la sécurité alimentaire et la nutrition et peuvent atténuer les impacts négatifs du changement climatique», a déclaré notamment M. Achouri, ajoutant que les pressions sur les ressources en sols atteignent des seuils critiques.

Tout en assurant 95 pour cent de la production alimentaire, les sols abritent plus d’un quart de la biodiversité de la planète. En outre, ils sont une source importante de matières premières pour les produits pharmaceutiques et jouent un rôle essentiel dans le cycle du carbone, a rappelé M. Achouri.

Et pourtant, le niveau de dégradation des sols – estimé à 33 pour cent à l’échelle mondiale – est «alarmant». Il menace potentiellement la sécurité alimentaire et pourrait plonger un grand nombre de personnes dans le besoin, a-t-il ajouté.

La gestion durable des sols contribue à la production d’aliments plus abondants et plus sains. Aussi la FAO exhorte-t-elle la communauté internationale et les politiques à œuvrer davantage ensemble pour réduire la dégradation des sols et restaurer les terres déjà dégradées.

Braquer l’attention internationale sur les sols

La Semaine mondiale des sols 2015 coïncide avec l’Année internationale des sols, qui vise à sensibiliser l’opinion publique mondiale sur les avantages souvent méconnus des sols pour la santé humaine et le développement durable.

Cette année, la Semaine mondiale des sols souligne la nécessité d’inclure la problématique des sols dans les Objectifs du développement durable de l’ONU (OMD) qui sont actuellement en cours de discussion.

«Si l’on veut atteindre l’impérieuse nécessité de l’humanité en matière de sécurité alimentaire, de nutrition, d’atténuation du changement climatique et de développement durable, il convient d’accorder à ces ressources essentielles que sont les sols l’attention mondiale qu’elles méritent», a souligné M. Achouri.

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Des sols sains pour une vie saine


Postez une photo pour attirer l’attention sur l’importance des sol et gagnez un prix!

Cette année, les sols sont au centre de l’attention mondiale. Dans le cadre de l’Année internationale des sols, nous comptons sur vous pour aider la FAO à sensibiliser à l’importance de la gestion durable des sols

Le concours #soils4life sur Instagram est organisé pour partager des photos montrant les sols, leur potentiel, leurs fonctions, mais aussi des cas d’exploitation ou d’abus pour refléter les multiples aspects et problématiques liés à cette précieuse ressource.

Comment participer

  1. Prenez une photo d’un sujet lié au sol sur lequel vous voulez attirer l’attention et partagez-la sur Instagram. La photo doit être originale, c’est-à-dire que vous devez en être l’auteur. Vos photos sont soumises aux règles et conditions d’utilisation d’Instagram.
  2. Indiquez dans le billet que vous postez le lieu où la photo a été prise, et pourquoi vous estimez que les sols sont importants pour une vie saine. Indiquez le hashtag #soils4life. N’oubliez pas de paramétrer votre compte sur “public” pour que vos “j’aime” soient comptés!
  3. Durant le premier tour du concours, les 20 photos qui auront attiré le plus de “j’aime” sur leur compte Instagram seront sélectionnées pour le deuxième tour. Les résultats enregistrés sur d’autres réseaux sociaux ne sont pas pris en compte dans ce concours!
  4. Les 20 photos finalistes seront affichées sur le compte @UNFAO Instagram et un album de photos sera partagé sur la page web de la FAO.
  5. Pendant le deuxième tour, le public votera sur le compte Instagram de la FAO pour élire les trois meilleures photos, parmi les 20 photos finalistes.

Le premier tour a lieu jusqu’ au 17 mai. Toutes les photos postées durant cette période avec le hashtag #soils4life seront éligibles.

Le 17 mai aura lieu le comptage final des “j’aime” pour désigner les 20 photos finalistes qui seront affichées sur le compte Instagram de la FAO la semaine suivante. L’équipe de la FAO chargée des réseaux sociaux contactera les finalistes pour leur donner de plus amples informations.

Le deuxième tour du concours débutera le 25 mai.

Parmi les 20 photos restantes, les trois plus votées sur notre compte Instagram seront annoncées le 15 juin.

Les prix seront remis directement aux trois gagnants sous la forme d’un sac-cadeau de l’Année internationale des sols*.

Faites passer le message

Même si vous ne participez pas au concours, vous pouvez faire passer le message sur notre réseau et nous aider à promouvoir le concours et l’Année internationale des sols. Nous recherchons des photos des sols de toutes les régions de la planète. Ces photos peuvent mettre en évidence n’importe quel aspect que vous jugez important et que vous souhaitez partager. Et si vous souhaitez en partager plusieurs, n’hésitez pas, vous pouvez en partager autant que vous voulez!

*L’équipe de la FAO chargée des réseaux sociaux contactera tous les gagnants qui ont posté des photos en haute résolution pour les informer du lieu de la remise des prix.

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Plaidoyer pour un mode de culture plus durable du maïs, du riz et du blé


Les systèmes d’exploitation à base de céréales doivent entamer la transition vers l’agriculture durable si l’on veut qu’ils répondent un jour à une demande inégalée de maïs, de riz et de blé. Tel est l’un des messages clés d’une réunion, cette semaine à la FAO, d’un groupe d’éminents experts internationaux.

La FAO estime qu’au cours des 35 prochaines années, les agriculteurs devront porter la production annuelle de maïs, de riz et de blé à 3 milliards de tonnes, soit un demi-milliard de tonnes de plus que les récoltes record cumulées de 2013.

Ils devront le faire avec moins d’eau, moins de combustibles fossiles et moins de produits agrochimiques sur des terres agricoles qui ont été fortement dégradées par des décennies de production agricole intensive. Ils devront également affronter les sécheresses, les nouvelles menaces de ravageurs et de maladies et les événements météorologiques extrêmes provoqués par le changement climatique.

Selon les experts, ce défi ne peut être atteint qu’avec l’agriculture respectueuse de l’environnement qui permet d’obtenir une plus grande productivité tout en préservant les ressources naturelles, facilitant l’adaptation au changement climatique et procurant des avantages économiques aux 500 millions de petites exploitations agricoles familiales du monde.

La réunion a porté principalement sur le maïs, le riz et le blé parce que ces trois cultures sont essentielles à la sécurité alimentaire mondiale. Elles fournissent, en effet, la moitié des apports énergétiques alimentaires de l’humanité.

Mais les céréales sont de plus en plus vulnérables: les tendances climatiques depuis 1980 ont réduit la récolte de maïs annuelle mondiale d’environ 23 millions de tonnes et la récolte de blé, de 33 millions de tonnes. Les augmentations de rendement de la Révolution Verte, qui avaient atteint autrefois en moyenne un spectaculaire 3 pour cent par an, ont chuté à environ 1 pour cent depuis 2000.

En Asie, la dégradation des sols et l’accumulation de toxines dans les systèmes de rizières intensifs préoccupent les experts qui mettent le ralentissement de la croissance des rendements sur le compte de la détérioration de l’environnement naturel des cultures.

Les participants à la réunion sont convenus que l’agriculture ne peut plus compter sur l’agriculture intensive en termes d’intrants pour accroître la production agricole. Les variétés améliorées de maïs, de riz et de blé doivent aller de pair avec ce que la FAO appelle Produire plus avec moins. Il s’agit de systèmes qui maintiennent la santé des sols, intègrent cultures, arboriculture et élevage, utilisent l’eau beaucoup plus efficacement et protègent les cultures grâce à la lutte intégrée contre les ravageurs.

Des exemples d’agriculture basée sur l’écosystème

Les communications présentées lors de la réunion font état de technologie et de pratiques agricoles basées sur les écosystèmes et ayant fait leurs preuves. En voici quelques exemples:

  • Au Viet Nam, plus d’un million de petits agriculteurs ont adopté un système de riziculture intensive qui produit des rendements élevés en utilisant moins d’engrais, d’eau et de semences par rapport au riz irrigué classique.
  • En Chine, la plantation de variétés de riz génétiquement différentes dans le même champ a réduit l’incidence de la maladie fongique de façon significative par rapport au riz en monoculture, au point que de nombreux agriculteurs ont cessé la pulvérisation de fongicides.
  • Dans la partie méridionale de l’Inde, la gestion des éléments nutritifs spécifiques au site, qui fait correspondre les apports d’azote aux besoins réels des plantes, a réduit les applications d’engrais et les coûts tout en augmentant les rendements de blé de 40 pour cent.
  • L’élimination du labour sur les terres à blé au Maroc central a réduit le volume de l’eau de ruissellement de 30 pour cent et les pertes de sédiments de 70 pour cent, ce qui a augmenté la capacité de rétention de l’eau au profit d’une plus grande productivité des cultures durant les saisons sèches
  • Au Zimbabwe, l’agriculture de conservation a permis aux petits agriculteurs de produire jusqu’à huit fois plus de maïs que la moyenne nationale à l’hectare.
  • En Zambie, les agriculteurs ont coutume de planter un acacia, Faidherbia albida, près des champs de maïs pour utiliser ses feuilles riches en azote comme engrais naturel et comme paillis protecteur pendant la saison des pluies, ce qui se traduit par un triplement des rendements.

Pour les décideurs, le défi à relever consiste à accélérer l’adoption de systèmes agricoles dits Produire plus avec moins. Les experts réunis à la FAO ont souligné la nécessité d’un plus grand soutien aux petits agriculteurs afin qu’ils adaptent aux conditions locales les pratiques agricoles basées sur les écosystèmes, ce qui nécessitera la révision des politiques nationales, l’amélioration considérable des services de vulgarisation et des approches qui réduisent les coûts du partage des connaissances, telles que les écoles pratiques d’agriculture.

La réunion a groupé une cinquantaine d’experts en agronomie d’AfricaRice, du Centre international pour l’amélioration du maïs et du blé (CIMMYT), de la FAO, du Centre international de recherche agricole en zones arides (ICARDA), de l’Institut international de gestion des ressources en eau (IWMI), de l’Institut international de recherche sur le riz (IRRI) et d’autres organisations de développement agricole d’Asie et d’Amérique latine. Les résultats de leurs travaux seront présentés dans un guide à l’usage des décideurs qui sera publié en 2015 et intitulé: Produire plus avec moins: maïs, riz et blé.

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Mouches des fruits: quatre variétés ne forment en fait qu’une seule espèce


Photo: ©USDA/Scott Bauer.

Une Bactrocera dorsalis en train de déposer ses oeufs dans la peau d’une papaye

Quatre variétés de redoutables ravageurs ailés des cultures fruitières sont, en fait, une seule et même mouche des fruits, selon les résultats d’une recherche mondiale diffusés aujourd’hui. Cette découverte devrait réduire certaines restrictions au commerce international tout en facilitant les mesures de lutte contre la capacité de reproduction de ces insectes nuisibles, indiquent les experts.

La mouche aux diverses appellations – Orientale, Philippine, Invasive, Asiatique de la Papaye – appartient en fait à la même espèce biologique, à savoir Bactrocera dorsalis, responsable de préjudices incalculables à l’horticulture et à la sécurité alimentaire à travers l’Asie, l’Afrique, le Pacifique et certaines parties de l’Amérique du Sud.

Cette découverte est le fruit d’une collaboration internationale entamée en 2009 et coordonnée par la FAO et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avec la participation d’une cinquantaine de chercheurs de 20 pays. Elle a été précédée d’une approche intégrative axée sur un examen empirique ayant fait appel à diverses disciplines.

La capacité d’identification précise des nuisibles est un élément essentiel de la lutte contre les ravageurs, notamment en ce qui concerne les mesures quarantenaires ou les interdictions frappant parfois les échanges internationaux de produits agricoles tels que les fruits et légumes.

Maintenir les mouches des fruits exotiques à distance est une préoccupation majeure pour beaucoup de pays. Mais les résultats de l’étude coordonnée par la FAO et l’AIEA montrent que les restrictions commerciales relatives à la mouche Orientale des fruits ne sont plus de mise lorsque l’insecte est présent aussi bien dans le pays exportateur que dans le pays importateur, selon M. Jorge Hendrichs, expert auprès de la Division mixte FAO/AIEA des techniques nucléaires en alimentation et agriculture, dont le siège se trouve à Vienne.

« Ce résultat a des conséquences importantes pour la biosécurité des plantes au niveau mondial, en particulier dans les pays en développement d’Afrique et d’Asie », indique l’auteur principal de l’étude, M. Mark Schutze, expert australien  auprès du Centre de recherche coopérative sur la biosécurité des plantes (PBCRC) et chercheur à l’Université de technologie du Queensland (QUT).

« A titre d’exemple, les ravages provoqués par la mouche des fruits Invasive – aujourd’hui Orientale  – à la production de fruits africaine avec des pertes de plus de 80 pour cent ont entraîné des restrictions commerciales sur les expéditions sous forme de refus d’entrée en Asie, en Europe et au Japon, ce qui a eu un impact économique et social négatif considérable sur les communautés paysannes », précise M. Schutze.

La technique de l’insecte mâle stérile

Les résultats de l’étude ont, par ailleurs, rendu encore plus simple l’utilisation des méthodes qui recourent à la technique de l’insecte mâle stérile pour empêcher la multiplication des colonies de ravageurs.

La technique de l’insecte mâle stérile, forme de contrôle des naissances appliquée aux nuisibles, consiste à lâcher dans les zones infestées un nombre considérable de mâles qui auront été auparavant stérilisés en laboratoire par de faibles doses de radiations. Ces mâles vont s’accoupler dans la nature avec des femelles sauvages mais celles-ci n’auront pas de descendance.

Ainsi, cette technique, appliquée systématiquement sur une large zone géographique, permet d’éliminer les populations de nuisibles d’une manière respectueuse de l’environnement.

Les laboratoires FAO/AIEA d’agriculture et de biotechnologie ayant démontré que les quatre mouches des fruits se croisent librement entre elles, il n’est pas nécessaire de recourir à des mâles des soi-disant différentes espèces, il suffit de lâcher uniquement des mouches mâles Orientales stériles contre les différentes colonies.

« Au plan mondial, accepter le fait que ces quatre nuisibles ne forment en réalité qu’une seule et même espèce réduira les obstacles au commerce international, améliorera la lutte contre les ravageurs et facilitera la coopération transfrontière internationale. Cela aura également pour effet de rendre les mesures quarantenaires plus efficaces, d’élargir le champ d’application des traitements post-récolte, d’améliorer la recherche fondamentale et, ce qui est encore plus important, de renforcer la sécurité alimentaire dans certains des pays les plus pauvres du monde », affirme M. Schutze.

Les résultats de cette étude coordonnée par la FAO et l’AIEA ayant été publiés dans la revue scientifique Systematic Entomology, il ne fait plus de doute que les quatre mouches des fruits, auparavant considérées comme distinctes, seront désormais regroupées sous une appellation unique: Bactrocera dorsalis, mouche des fruits Orientale.

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Sécurité alimentaire et nutrition: enjeux majeurs


Le premier symposium international sur l’agro-écologie pour la sécurité alimentaire et la nutrition organisé par la FAO à l’initiative de la France a été l’occasion pour Stephane LE FOLL de rappeler l’engagement de la France pour permettre l’émergence de nouvelles pratiques agricoles combinant performance économique et écologique.

Ce symposium qui a rassemblé les 18 et 19 septembre à Rome plus de 350 participants (chercheurs, agriculteurs, ONG, décideurs publics…) venant de plus de 30 pays marque une prise de conscience à l’échelle de la planète autour des enjeux de l’agro-écologie : il est une occasion unique de favoriser un dialogue de haut niveau entre chercheurs, responsables politiques et professionnels agricoles.

« Nous devons raisonner à l’échelle du monde, à un moment où les ressources se raréfient et commandent des modes de production plus durables, mais aussi à un moment où nous devons faire
face à la perspective de nourrir 9 mds d’individus à échéance 2050 » a indiqué Stéphane LE FOLL.

Le ministre a rappelé la logique du projet Agro-écologique français (couronné par l’adoption définitive de la loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt le 11 septembre dernier), tout en soulignant le caractère primordial du partage d’expérience comme facteur clef de succès.

Ce symposium a permis de partager un programme de travail pluriannuel sur l’agro-écologie, que va conduire la FAO et qui sera un atout considérable pour l’avenir. Des ateliers régionaux se tiendront dès 2015 en Asie, Afrique, Amérique latine, et seront une traduction concrète de l’engagement des pays dans cette démarche.

Pour conclure, le ministre a rappelé que l’agro-écologie procédait d’une volonté politique et a proposé de mettre en place un groupe des pays amis de l’agro-écologie afin de stimuler de façon continue le développement de ces pratiques à l’échelle du monde.

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