Grêle: le verger gravement endommagé

Réunion de crise cet après-midi à la mairie de Saint-Romans où André Vallini avait tenu à être présent, quittant en urgence dans la nuit l’Assemblée nationale où l’ordre du jour n’était pourtant pas anecdotique puisqu’il s’agissait de débattre du projet de loi constitutionnelle de modernisation des institutions de la Ve République. Mais pour le président du Conseil général de l’Isère, natif de Tullins, la noyeraie est un cas de force majeure. C’est du moins ce que l’on peut se permettre de supposer.

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Quoiqu’il en soit, cette réunion de crise a permis de faire un premier bilan, sans perdre de temps. Une trentaine de nuciculteurs étaient présents ainsi que plusieurs élus locaux et ont pu dialoguer avec Christian Nucci, vice-président du Conseil général chargé de l’Agriculture, Gérard Seigle-Vatte, président de la Chambre d’Agriculture, Yves Borel, secrétaire général de la FDSEA, président du Comité interprofessionnel de la noix de Grenoble (CING), Michel Villevieille, directeur-adjoint de la DDAF, Jean-Michel Revol, conseiller général (Saint-Marcellin), Bernard Perazio, conseiller général (Pont-en-Royans).

Bienqu’il soit encore trop tôt pour évaluer les dégâts causés aux cultures par ce violent orage de grêle de la nuit dernière, on peut dire que certains secteurs ont été plus touchés que d’autres et que quelques producteurs voient la quasi intégralité de leur récolte par terre. C’est le cas de Nicolas Idelon, jeune agriculteur, installé en 2003 à Saint-Romans. C’est un SOS qu’il lance à l’adresse des élus: “Pour moi, explique t-il, c’est 100% de pertes, sur toutes les cultures. La noyeraie comme les céréales. Que faire? Vendre un bout de terrain? Aujourd’hui, je compte sur vous. Il ne me reste plus que ça”.

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Nicolas Idelon, jeune agriculteur à Saint-Romans. Sa récolte est par terre.

Les effets de la violence des orages varient selon les secteurs. Du côté de Chatte, par exemple, de nombreux noyers ont été couchés et pas forcément les plus jeunes. Autour de Saint-Romans, les arbres sont restés debout, mais tous les fruits sont sur le sol. La récolte est foutue. Dans les deux cas, comme le remarque un agriculteur, lors de la visite du verger de Nicolas Idelon, “c’est le capital qui est par terre”.

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La vieille question de l’assurance obligatoire a, bien entendu alimenté le débat. Elle revient sur le tapis à chaque calamité. La grêle est un risque assurable, c’est vrai. Mais peu d’agriculteurs souscrivent une assurance. Le chiffre qui a été avancé par les agriculteurs eux-mêmes, au cours de cette réunion, est de 20% environ. “Faut-il une loi?”, hasarde André Vallini. “Ca nous arrangerait”, répond Gérard Seigle-Vatte qui plaide pour que “l’on aille rapidement vers une assurance grêle collective, sinon on ne s’en sortira pas”. (lire notre article du 2 février dernier sur un projet de loi relatif à l’assurance récolte- rubrique agriculture).

C’est bien le coût de l’assurance qui pose problème. Les assureurs disent que ça paraît toujours cher avant l’accident. Mais c’est rarement un choix délibéré que de se passer d’assurance. C’est souvent une question de moyens, surtout pour un jeune agriculteur comme Nicolas Idelon:”Avant de s’assurer, explique t-il, on pense surtout à nourrir une famille. Les premières années sont difficiles. Il faut bien comprendre que tout le monde n’a pas la possibilité de se protéger”.

Comme l’a rappelé Christian Nucci, le Conseil général accompagne depuis trois ans le développement des contrats assurance récolte à hauteur de 5% en complément des crédits d’Etat. Il pourra compléter l’intervention de l’Etat sur les seules pertes de fonds (arbres détruits), dans le cadre d’un arrêté interministériel “calamités agricoles”. Cette procédure – qui va prendre un ou deux mois – est indispensable pour permettre d’engager des crédits de l’Etat et des collectivités locales pour apporter un secours aux exploitations touchées.

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En attendant que le préfet lance une mission d’expertise, les exploitants dont les cultures (noix, céréales et autres) ont souffert de ces orages de grêle, ont été invités à remplir un dossier calamité à la mairie de leur commune. Une nouvelle réunion a été fixée vendredi prochain à 13h à la mairie de Saint-Romans.

Gilbert

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