Les vendanges supervisées par des satellites

Notre partenaire meteo-alpes.fr nous signale un article publié sur le figaro.fr. Il traite de l’utilisation du satellite. Celui-ci est capable de fournir des informations précises concernant l’état végétatif du vignoble. Nous reproduisons ci après cet article.

  • Du haut de son orbite terrestre, le satellite fournit une image précise et instantanée de l'état végétatif du vignoble, ce qui permet de procéder à des vendanges séparées en fonction de la maturité des vignes.
    Du haut de son orbite terrestre, le satellite fournit une image précise et instantanée de l’état végétatif du vignoble, ce qui permet de procéder à des vendanges séparées en fonction de la maturité des vignes. Crédit photo : Le Figaro

    Les images obtenues permettent d’identifier précisément les différences de qualité du raisin à l’intérieur d’une parcelle ou à l’échelle d’un terroir.

    C’est bien connu : pour faire du bon vin, il faut du beau raisin. Pour le moment, c’est le vigneron, fort de sa connaissance du terroir et de ses parcelles, qui effectue cette sélection indispensable à la qualité de ce qui fait un bon (ou un mauvais) millésime. Mais à l’avenir, les satellites d’observation optique, comme Spot 5, pourraient l’aider grandement dans sa tâche, comme le prouve le service Oenoview testé depuis deux ans en situation réelle par Infoterra, une filiale d’Astrium.

    «Le satellite permet d’accéder rapidement à une information qu’il faudrait, normalement, mettre vingt ou trente ans à acquérir de façon empirique», explique Stephen Carrier, qui vient de reprendre la gestion du domaine du château de Fieuzal, dans le vignoble de Pessac-Léognan (Bordeaux) et qui teste Oenoview pour la première fois cette année.

    Du haut de son orbite terrestre, le satellite fournit une image précise et instantanée de l’état végétatif du vignoble à l’échelle d’une parcelle ou d’un terroir de plusieurs milliers d’hectares. «On compare ce que l’on voit du haut du ciel à un modèle de croissance idéal de la plante fondé sur divers paramètres biophysiques, comme la quantité de feuilles au mètre carré ou la fraction de couvert végétal par unité de surface», explique Henri Douche, responsable du développement d’Oenoview chez Infoterra.

    Avec cette information, le viticulteur ou le gérant de cave coopérative peut visualiser les différences de qualité du raisin entre plusieurs parcelles, voire à l’intérieur d’une même parcelle, et procéder ainsi à des vendanges séparées. «Cet outil formidable va nous permettre de récolter le raisin à un stade de maturité optimal selon les différents cépages et de sélectionner les grappes qui correspondent exactement à la qualité du vin que l’on cherche à obtenir. On fait du jardinage de précision, en quelque sorte», poursuit Stephen Carrier.

    Pour Jacques Rousseau, responsable du département vignes et vins à l’Institut coopératif du vin (ICV), «la connaissance précise du potentiel de chaque parcelle est essentielle si l’on veut obtenir un vin de qualité, surtout vu l’évolution du marché mondial, de plus en plus compétitif.»

    Un vin de meilleure qualité

    L’an dernier, grâce à Oenoview, la cave coopérative des vignerons du Mont Tauch (Aude), a pu classer l’ensemble des parcelles de ses adhérents selon deux niveaux d’homogénéité. Alors qu’auparavant toutes les récoltes étaient mélangées, cette fois-ci, les vendanges ont été réceptionnées et vinifiées dans des cuves séparées en suivant le même protocole. Le résultat a été spectaculaire : la différence entre le vin issu des «bonnes» vignes et l’autre était perceptible même pour un non-spécialiste. Du coup, la coopérative a renouvelé l’expérience cette année, sauf que le raisin de classe 1 sera vinifié selon un protocole différent pour tirer le maximum de son potentiel.

    «Nous allons proposer ce type de services à nos coopératives adhérentes ainsi qu’aux négociants qui achètent le raisin, poursuit Jacques Rousseau. Car outre la qualité du vin, Oenoview permet aussi de mieux gérer les intrants (fertilisation, traitements phytosanitaires), de faire des tailles différenciées et, au final, de faire baisser les coûts de production.»

    L’objectif est d’offrir le service à un tarif maximal de 30 euros par hectare. «Nous voulons démocratiser l’usage de l’imagerie et ne pas la réserver à une élite», ajoute M. Rousseau.

    Pour Gil Denis, responsable du programme Copernicus  chez Astrium/Infoterra, Oenoview est «une bonne illustration de l’espace utile pour le citoyen comme pour le décideur politique». Depuis cinq ans, sa société propose un outil de gestion identique, Farmstar, destiné cette fois aux grandes cultures (337 000 hectares en 2008) et adopté par près de 8 000 agriculteurs. En leur permettant d’apporter les engrais au moment optimal pour la plante, ces derniers ont pu accroître leurs rendements tout en réduisant les risques de pollution par les nitrates.

     

     

Gilbert

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