La méthanisation à la ferme: c’est pour demain

La nouvelle loi de finance du 24 décembre 2007  reconnaît comme revenu agricole, le revenu des agriculteurs qui valorisent la biomasse issue majoritairement de l’exploitation agricole : ex vente de bois, vente d’électricité ou de chaleur à partir du bois, de la méthanisation. Ces ventes rentrent désormais dans le champ du bénéfice agricole (comme tout autre atelier de l’exploitation).

Pour des « petits »projets de méthanisation à la ferme, il n’est plus utile de créer une société dédiée. Toutefois, concernant les redevances liées au traitement par méthanisation de matières organiques extérieures à la ferme, celles-ci rentrent dans le cadre des recettes accessoires (total maxi 100 000 € et 50% des recettes agricoles).

La méthanisation est encore peu développée en France dans le monde agricole mais suscite un regain d’intérêt du fait des bénéfices environnementaux qu’elle induit, de la hausse du prix des énergies et de la revalorisation des tarifs d’achat de l’électricité produite.
Aussi, en France, le modèle de développement de la digestion anaérobie en milieu rural reste à construire en considérant, d’une part, l’existant national et international et d’autre part, les principales avancées à venir.

En Isère, Pierre Gimel, conseiller général de Clelles, qui soutient le projet de faire de la lutte contre les gaz à effet de serre et la consommation exagérée d’énergie un véritable outil d’investissement (il soutiendra ce projet le 16 décembre au ministère de l’Agriculture et de la Pêche) a évoqué vendredi au Conseil général la réalisation d’un test de méthanisation dans le Nord-Isère.

Au niveau agricole, la digestion anaérobie des effluents d’élevage permet une réduction des émissions de gaz à effet de serre liées à leur gestion. Plus globalement, cette technique permet de produire de l’énergie sous forme de méthane à partir de déchets organiques.
Associée à d’autres procédés de traitement tel qu’un procédé biologique d’élimination de l’azote, la méthanisation peut également s’adapter à différents contextes et offrir une filière performante et optimale. La co-digestion qui consiste à combiner déchets agricoles, déchets des collectivités ou des industries permet d’optimiser le procédé grâce à la complémentarité des substrats mais implique en amont une coopération territoriale.

La France, avec 300 millions de t/an de déjections animales issues des élevages, détient l’un des plus gros potentiels de production de biogaz agricole en Europe.
À titre d’exemple, la digestion d’un m3 de lisier de porc produit de l’ordre de 25kWh sous forme d’électricité et autant sous forme de chaleur. Depuis juillet 2006, chaque kWh est racheté jusqu’à 14 centimes d’euros, au lieu des 5 centimes initiaux. Les gains sont aussi importants pour l’environnement puisque la méthanisation permet de diminuer les émissions de gaz à effet de serre d’un élevage. Enfin, les odeurs sont aussi atténuées au cours de la gestion des déjections.

Gilbert

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