A la veille de Noël, les JA expriment leur inquiétude, se référant aux comptes prévisionnels de l’agriculture pour 2008 (voir notre article) qui traduisent une baisse de 15 % du revenu en moyenne par actif. Pour les JA, « l’agriculture est donc touchée de plein fouet par la crise et l’année 2009 s’annonce encore plus difficile. Au-delà du constat, n’est-il pas temps de proposer des solutions économiques « intelligentes » pour stabiliser et sécuriser le revenu des agriculteurs ?
Eleveurs, céréaliers, viticulteurs, horticulteurs, producteurs de fruits et légumes…La hausse des charges de 10,9 % (pétrole et engrais) a pesé sur toutes les exploitations. La filière de l’élevage a notamment été pénalisée par le prix des aliments composés, qui a progressé de 15 % à cause des tensions sur le marché des céréales en 2007. Par la suite, le net repli des cours des céréales a fortement pesé sur les exploitations de grandes cultures. Les producteurs laitiers apparemment épargnés jusqu’en septembre 2008, sont maintenant aussi rentrés dans une spirale baissière des prix à la production.
Créer un partenariat économique réaliste et nouveau entre filières
Parce qu’un énième plan de financement de l’Etat ne suffira pas, Jeunes Agriculteurs est persuadé qu’une troisième voie est possible. Cette proposition se résume en un mot « contractualisation », établissant un partenariat économique réaliste et nouveau entre filières. Une alternative qui replace définitivement les agriculteurs au centre du système et qui permet à long terme de préserver le nombre d’exploitations en France.
Si rien n’est fait, le risque est grand en effet de créer une agriculture à deux vitesses en 2013. « L’aide unique à l’hectare proposée aujourd’hui va conduire à une course à l’agrandissement et une explosion des coûts de reprise avec en conséquence une baisse des installations et une crise des vocations», prévient William Villeneuve.
Loin d’être anecdotique, le contrat « gagnant-gagnant » mis en avant par les Jeunes Agriculteurs est le terreau de nouvelles formes d’organisations, avec pour les consommateurs la garantie de bénéficier d’une alimentation suffisante en quantité, diverse et de qualité, et pour les producteurs la garantie d’une plus grande maîtrise de leur revenu ».

