Les éleveurs toujours victimes de la crise

M. Philippe Darniche (Vendée-NI), dans sa question écrite publiée dans le JO Sénat du 2/04/2009, attire l’attention de M. le ministre de l’agriculture et de la pêche sur la crise de la filière porcine. Depuis deux ans, les producteurs de porcs vivent une crise économique sans précédent liée à la simultanéité de la hausse des charges constatées sur les exploitations et la baisse du prix payé au producteur.

L’augmentation très importante du prix des matières premières végétales a engendré une très forte croissance du prix des aliments. Le coût alimentaire représente désormais 66 % du coût de production contre 57 % en 2006. En parallèle, le prix du porc payé aux producteurs ne cesse de baisser. Concrètement, pour un élevage moyen naisseur-engraisseur de 200 truies, la perte cumulée sur 2007 et 208 s’élève à 130 000 euros, ce qui met en péril la trésorerie des exploitations porcines.

À cela s’ajoute l’annonce de nouvelles mesures prises par l’État comme l’écotaxe d’un euro par porc dans chaque élevage qui alourdit encore les charges. Ce contexte provoque dans le meilleur des cas une baisse des investissements et donc un vieillissement des outils de production mais accentue surtout le nombre de dépôts de bilan. Face à cette crise, il lui demande quelles mesures peuvent être envisagées pour améliorer au plus vite les trésoreries des exploitations porcines, leur compétitivité ainsi que les flux économiques au sein de la filière.

Réponse du Ministère de l’agriculture et de la pêchepubliée dans le JO Sénat du 14/05/2009
Les éleveurs de porcs rencontrent actuellement des difficultés en raison, notamment, de la baisse importante des prix lors du dernier trimestre 2008, alors que les exploitants n’ont pu reconstituer leur trésorerie, fragilisée par la récente crise en 2007. À plusieurs reprises, le ministre de l’agriculture et de la pêche a demandé à la Commission européenne de mettre en oeuvre les mécanismes de gestion prévus par l’Organisation commune de marché (OCM) pour dégager le marché communautaire de la viande porcine, à l’instar de ce que les autorités françaises avaient obtenu en 2007.

La Commission depuis le début de l’année 2009 refuse la mise en oeuvre de telles mesures de gestion du marché, arguant de la baisse importante de la production porcine dans l’Union en 2008 et de celle prévue pour 2009, ainsi que de la diminution régulière du prix de l’aliment et du transport.

Néanmoins, le ministre de l’agriculture et de la pêche poursuivra ses efforts dans les semaines qui viennent pour obtenir une décision favorable de la Commission. Sans attendre cette décision et face à la poursuite de la dégradation des trésoreries, le ministre de l’agriculture et de la pêche a décidé, le 6 avril 2009, un plan de soutien proposant plusieurs mesures répondant aux différentes situations :

– 1 M€ sera consacré à l’allégement de l’annuité 2009 des intérêts des emprunts des éleveurs à court, moyen et long terme ;

– 3 M€ permettront en concertation avec les banques de mobiliser à un taux bonifié,

– 30 millions de prêts de consolidations et de trésorerie ;

– 2 M€ seront disponibles auprès de FranceAgriMer pour apporter un soutien aux entreprises présentant des pertes de chiffres d’affaires. La situation de marché devrait s’améliorer prochainement, au regard de la baisse significative de la production communautaire et de l’amélioration traditionnelle de la consommation en période printanière.

Gilbert

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