Michel Barnier: “Un secteur qui a besoin de régulation”

 

Question d’actualité de Yannick Favennec, député UMP de la Mayenne, au ministre de l’agriculture, à propos de la crise laitière.

“Monsieur le ministre, la filière laitière doit faire face à une crise sans précédent. Le désaccord entre producteurs et industriels du lait se creuse. Les producteurs refusent les baisses de prix annoncées par les industriels car ils ne peuvent, financièrement, les supporter.

Les industriels estiment, en effet, que les prix doivent diminuer dans un écart compris entre 40 à 70 euros pour mille litres de lait, au quatrième trimestre, soit une réduction de 12 à 20 % des prix. Elle serait suivie d’une nouvelle baisse de 100 à 120 euros au premier trimestre 2009, soit une réduction de 28 à 33 % des prix.

Un tel scénario, inacceptable, correspond à un niveau de prix de quinze ans en arrière alors que les charges ont, elles, nettement augmenté depuis et, notamment, de près de 20 % cette année. Nombreux sont ceux qui n’y résistent pas.

La Mayenne, mon département, a déjà perdu 51 producteurs de lait cette année. Les producteurs doivent faire face à une situation de dérégulation de l’ensemble du secteur laitier qui risque de s’aggraver avec la suppression des quotas laitiers d’ici 2015.

C’est pourquoi, monsieur le ministre, avec l’interprofession, que comptez-vous faire pour parvenir à un système de régulation qui permette aux producteurs de leur garantir un prix juste et équitable ? Et, au-delà des négociations sur le prix du lait, pouvez-vous rassurer les producteurs quant au projet de la Commission européenne d’augmenter les quotas laitiers à partir de 2009 ?

Le secteur laitier est un secteur stratégique et porteur, tant en matière d’installations de jeunes que de créations d’emploi. C’est pourquoi je souhaiterais que vous informiez la représentation nationale des mesures que le gouvernement est déterminé à prendre pour que la filière laitière reste l’un des moteurs de notre économie agricole. Je vous remercie”.

Michel BARNIER, ministre de l’Agriculture et de la Pêche

“Mesdames et messieurs les députés, monsieur le député FAVENNEC. Oui, je pense que, le secteur laitier en particulier, mais l’économie, en général, a besoin de régulation.

Je pense que le secteur laitier, en particulier, a besoin, en plus de régulation, d’outils, de maîtrise de la production. C’est vrai pour les prix. Nous avons reconstruit, avec madame LAGARDE et monsieur CHATEL, un cadre de référence et j’ai confirmé le rôle central de l’interprofession.

C’est dans ce cadre, actuellement, que se déroulent des négociations difficiles pour la fixation du prix du lait pour le quatrième trimestre de cette année. Elles sont difficiles, pourquoi ? Parce que le marché des produits laitiers s’est retourné. C’est vrai pour la poudre de lait et c’est vrai pour le beurre.

Néanmoins, dans ce cadre, nous espérons que le juste prix sera trouvé entre producteurs et industriels, un prix qui tienne compte du marché mais un prix qui soit équitable et juste et rémunérateur, comme vous l’avez demandé, pour le travail des producteurs et des éleveurs. Régulation, c’est vrai aussi pour la production, mesdames et messieurs les députés. Voilà pourquoi on ne peut pas laisser la production augmenter inconsidérément, sinon les prix vont s’effondrer.

C’est la raison pour laquelle j’ai rappelé que les quotas individuels et les quotas départementaux devront être respectés. Enfin, puisque je parle de quotas, je veux parler de l’Europe. Nous ne sommes pas tout seuls,. Nous devons décider avec les autres.

Or, justement, les autres, une majorité d’entre eux veulent mettre fin aux quotas laitiers à partir de 2014-2015 et, même, si on en écoute certains, ils voudraient les faire sauter tout de suite. Ce que je veux vous dire,  c’est que la France n’acceptera pas le détricotage des quotas laitiers sans précautions et sans mesures d’accompagnement, notamment pour les zones fragiles et les zones de montagne.

Je ne serai pas le ministre qui acceptera, d’une manière ou d’une autre, le déménagement de l’économie laitière de notre pays.”

Gilbert

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