Le bison rejoint la faune de l’Oisans

Didier Girard est éleveur de bisons à Rochetaillée, porte de l’Oisans, au pied des réserves d’or blanc et dans l’ombre des montagnes qui les abritent. « Un lieu que les anciens ont baptisé la petite Sibérie », remarque t-il. « On ne voit pas le soleil pendant au moins trois mois, ici ».

Ce jeune agriculteur  fait partie de la trentaine d’éleveurs français qui ont choisi le bison d’Amérique. Au sein de l’exploitation familiale (qui comprend un gîte-auberge, un camping, un centre équestre), il veille sur un cheptel de 16 bêtes , au pré en permanence, contenues dans un parc plus hermétique qu’un parc pour ruminants ordinaires. Ces bêtes-là sont sauvages, faut-il le préciser, pèsent entre 600kg et une tonne, et mieux vaut qu’elles ne s’échappent pas trop souvent de l’enclos.
Comme on s’en doute, surtout en les voyant de près, la manipulation de ces espèces non domestiques  volumineuses (principalement pour le déparasitage et la prophylaxie) est toujours une opération délicate. Mais, en dehors de ça, le bison est un animal qui reste au pâturage toute sa vie. Une bonne chose pour l’éleveur quand on sait que le poids d’un mâle approche de la tonne.

Questionné sur ce qui l’a motivé à opter pour cet élevage, Didier Girard, raconte son cheminement : « J’ai d’abord eu une activité équestre, à côté de l’auberge que tient mon père.  J’ai également des moutons, que je vais d’ailleurs monter à l’ estive prochainement, au Soreiller (commune de Saint-Christophe-en-Oisans). Elles y passeront quatre mois. Mais, pour être autonome, je cherchais une activité de diversification. J’ai pensé au daim et je suis allé visiter l’élevage de Mont-Saint-Martin (lire notre article sur ce sujet). Mais en repartant, l’image de bambi a été la plus forte. Je me suis alors intéressé au bison et suis allé visiter six ou sept élevages français –il y en a peu en zone de montagne- puis j’ai enchaîné avec un petit voyage au Québec ».

C’est ainsi que le jeune agriculteur a pris sa décision en connaissance de cause. Cet animal rustique, authentique, lui plaît. Un animal peu exigeant, et tout bien pesé, un ruminant assez raisonnable: il ne mange que la quantité de céréales dont il a besoin (de 4 à 6kg/jours) . Ce qui autorise l’éleveur à laisser un nourrisseur en libre service sans risques d’indigestion. Le cheptel s’est bien adapté à son environnement et son effectif  va prendre de l’importance dans un futur proche  (2 ans, en principe) car 9 bisonnes ont vu le jour récemment.

C’est à l’initiative du CDRA Sud-Isère (1) que la visite de l’élevage était organisée jeudi, avant la réunion du comité de pilotage à Bourg d’Oisans. Le CDRA  a aidé l’éleveur à acquérir différents instruments et équipements intervenant dans la partie commercialisation de la viande, laquelle se fait entièrement en direct, sur l’exploitation. Gilles Strappazzon, conseiller général et chef de projet du CDRA Sud-Isère était sur place avec une douzaine de personnes.

En quittant l’exploitation de Didier Girard (2), on ne peut s’empêcher de penser qu’à la fin du XIXe siècle, le bison d’Amérique était pratiquement en voie d’extinction, exterminé par les colons qui y voyaient le meilleur moyen de tarir la principale ressource du peuple indien.

Sans la volonté de quelques éleveurs de sauver cette espèce, cet animal n’aurait jamais eu la chance de goûter aux pâturages de  l’Oisans et de découvrir le pays de Gaspard.

Il en ferait une tête, le père Gaspard, en voyant ces bêtes à Rochetaillée ! On l’imagine en train de se gratter la barbe !

Fiche signalétique du bison

Maturité sexuelle : environ 26 à 30 mois pour les femelles et 2 ans pour les mâles  Durée de gestation : 275 à 290 jours
Premier vêlage : à partir de 2 ans
Poids à la naissance : 18 à 25 Kg
Sevrage : 8 mois
Poids au sevrage : 150 à 220 Kg
Pourcentage des vêlages : 85 à 95%
Maturité physique : mâles: 6 à 9 ans- femelles : 5 à 6 ans
Poids adulte : mâles 800 à 1000 Kg
Femelles : 500 à 700 Kg
Age d’abattage : entre 18 mois et 6 ans

Poids carcasse : 200 à 450 Kg

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(1) Rappelons que le programme agricole et forêt du CDRA Alpes Sud Isère permet au territoire de bénéficier d’un soutien de l’ordre de 2 millions d’euros de la Région Rhône-Alpes et du Conseil Général de l’Isère, pour le développement rural et l’agriculture des 108 communes du territoire Alpes Sud Isère.
(2) Didier Girard est toujours prêt à faire visiter son élevage aux groupes que cela intéresse. Il faut lui passer un coup de fil pour convenir d’un rendez-vous. L’adresse est : gîte-auberge La libellule, chemin du Bouthéon, Rochetaillée- 38250 Bourg d’Oisans.Tel : 04.76.79.15.57

Gilbert

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