Archive | recherche scientifique

Recherche: quelles réponses à la question environnementale ?

Le forum s’adresse à tous les citoyens curieux de mieux appréhender le rôle de la recherche pour résoudre la question envrionnementale.

A l’aube de ce siècle, la question environnementale pose à l’humanité des problèmes d’une complexité sans précédent, dont la résolution ne peut se faire sans un effort de recherche important et la contribution coordonnée de scientifiques de toutes disciplines.

Nourrir 9 milliards d’êtres humains en 2050, faire face au changement climatique, garantir à tous l’accès à l’eau, lutter contre les pollutions, anticiper les risques d’origine humaine ou naturelle, préserver la biodiversité, gérer l’expansion urbaine et intégrer les nécessités environnementales dans les politiques d’aménagement des territoires, orienter l’ économie vers le développement durable, changer nos habitudes et nos comportements, modifier  nos mentalités, voire adapter nos systèmes politiques, … Depuis une dizaine d’années,  les gouvernements se mobilisent sur ces questions, les media s’en font l’écho, tout un chacun est mieux informé.

L’ambition de ce forum  est donc de montrer la recherche à l’œuvre, au service des citoyens, de leurs élus, de leurs entreprises, sur la question environnementale en mettant face à face des élus, des entrepreneurs, des membres de la société civile des « intellectuels » et des scientifiques.

Mais ce que l’on connaît moins, c’est la façon dont les chercheurs de toutes disciplines, sciences exactes et sciences humaines désormais réunies, se mobilisent pour observer les phénomènes, les analyser, rendre des expertises, chercher et proposer des solutions.

Il vise aussi à ouvrir le débat, à apporter une pierre à une réflexion qui ne fait que commencer à se structurer et qui nécessite les éclairages et les efforts de toutes les parties prenantes.

Programme

La journée est animée par Laurent Romejko.

Les ateliers seront animés par des journalistes : Valéry Dubois, Fabrice Papillon, Anne Pezet, Laurent Romejko, Jacques-Olivier Baruch.

Les interventions des scientifiques dans les ateliers sont toutes confirmées.

9h00 : Ouverture

9H30 : Accueil et présentation du livre sur le Cemagref

Pascal Griset, historien des techniques, professeur Université Paris IV Sorbonne.

9h45 : Conférence introductive

Bernard Maris, économiste et chroniqueur à France Inter.

L’émergence de la question environnementale change la donne de nos sociétés au niveau planétaire et y impose des changements de paradigmes : quelle contribution de la recherche ?

10h30 : Table ronde

Les attentes vis-à-vis de la recherche sur la question environnementale. Quelle co-construction entre les chercheurs, la société civile, les industriels ?

Table ronde présidée par André Flajolet, député du Pas-de-Calais, président du Comité national de l’eau.

Geneviève Fioraso, député de l’Isère, PDG de Minatech,
Antoine Herth
, député du Bas-Rhin,
Damien Lepoutre
, président fondateur Géosys,
Jean-Claude Bevillard
, secrétaire national de France Nature Environnement

11h30 : Cinq ateliers en parallèle, animés chacun par des journalistes

  • Environnement et démocratie :

Corine Pelluchon, philosophe, maître de conférence à l’université de Poitiers, membre du Centre de Recherche Sens, Ethique et Société du CNRS,
Gabrielle Bouleau
, sociologue, chercheur au Cemagref,
Denis Salles
, sociologue, directeur de recherche au Cemagref,
Antoine Doré
, sociologue, chercheur au Cemagref,
Jean-Claude Bevillard, secrétaire national de France Nature Environnement.

  • Changement global et aménagement durable des territoires :

Yves Le Bars, président du Gret, association des professionnels du développement solidaire,
Emmanuelle George-Marcelpoil,
économiste territoriale, chercheur au Cemagref,
Gérard Hégron
, modélisation urbaine, directeur scientifique délégué de l’Ifsttar.

  • Vulnérabilité de nos sociétés face aux risques :

Catherine Larrère, professeur de philosophie à l’université de Paris I Sorbonne.
Marc Lucotte
, bio-géo-chimiste de l’environnement, professeur à l’université du Québec à Montréal,
Hormoz Modaressi
,  directeur département Risques au BRGM,
Frédéric Grelot
, économiste, ingénieur-chercheur au Cemagref.
Anne-Marie Levrault
, chef de service à la direction générale de la Prévention des risques, MEDDTL.

  • La question des ressources en eau :

André Flajolet, député du Pas-de-Calais, président du Comité national de l’eau,
Véronique Gouy
, hydro-chimiste, chercheur au Cemagref,
Patrice Garin
, agronome et géographe, directeur de l’UMR Gestion de l’eau,
Patrick Lavarde
, directeur général de l’Onema.

  • Écotechnologies et croissance verte :

Robert Ayres, économiste, professeur émérite à l’INSEAD,
Anne Trémier
, génie des procédés, chercheur au Cemagref,
Paul Colonna
, directeur de recherche à l’Inra,
Bruno Allenet
, directeur délégué Grand Lyon GDF Suez, trésorier pôle de compétitivité Axelera.

13h00 : Pause déjeuner et visite de l’exposition

14h30 : Table ronde avec les grands témoins des ateliers

Robert Ayres, André Flajolet, Yves Le Bars, Catherine Larrère, Corine Pelluchon,

Débat autour  de Dominique Wolton, sociologue, directeur de l’Institut des sciences de la communication du CNRS.

L’interdisciplinarité, clef de voûte de la recherche environnementale est-elle une utopie ?

15h25 : Allocution

Edgar Morin, Philosophe (en vidéo),
Président du conseil scientifique de l’institut des sciences de la communication au CNRS

15h30 : Table ronde conclusive

La recherche environnementale est-elle gréée pour répondre aux enjeux environnementaux ? Quelles améliorations possibles ?

Marion Guillou, présidente de l’Inra,
François Jacq, président de Météo France,
Gérard Matheron, président du CIRAD,
Jean-François Stephan, Directeur INSU-CNRS,
Michel Lussault, président du PRES Université de Lyon,
Jan Marco Müller , assistant directeur général du centre commun de recherche (JRC) de la commission européenne.

16h30 : Conclusion

Ronan Stephan, DGRI au MESR

cliquer ici :Inscription:

Catégorie environnement, recherche scientifiqueCommentaire (0)

Agriculture, sécurité alimentaire et changement climatique: lancement d’une action pilote

L’Initiative de programmation conjointe « Agriculture, sécurité alimentaire et changement climatique », conjointement dirigée par la France (INRA) et le Royaume-Uni (BBSRC), lance sa première action pilote. 17 pays européens vont coordonner leurs efforts pour mieux évaluer les impacts du changement climatique sur l’agriculture et l’alimentation.

La population mondiale atteindra 9 milliards d’individus d’ici 2050. Les besoins en produits issus de l’agriculture (nourriture, fibres, biocarburants) augmenteront, et l’agriculture sera soumise à des risques liés au changement climatique et à la nécessité de préserver l’environnement et la biodiversité.

Dans ce contexte, l’Initiative de programmation conjointe « Agriculture, sécurité alimentaire et changement climatique » (FACCE-JPI), qui a été approuvée en octobre 2010 par le Conseil Européen et qui implique 20 pays européens, vise à relever le défi de fournir une alimentation de qualité et en quantité suffisante grâce à une agriculture durable.

La programmation conjointe offre une nouvelle dimension à la recherche européenne grâce au rapprochement des programmes nationaux autour des grands défis sociétaux.

Les Etats membres et associés travailleront ensemble autour d’une même vision et d’un même plan stratégique de recherche, et apporteront une contribution significative à la recherche en évitant les doublons, en comblant les manques et en créant une masse critique.

Aujourd’hui, la FACCE-JPI lance une action pilote intitulée « Etude détaillée des risques liés au changement climatique pour l’agriculture et la sécurité alimentaire en Europe », en collaboration avec des projets internationaux.
Cette première action portera sur la modélisation des impacts du changement climatique et la réduction des incertitudes face aux divers scénarios de changement climatique.
Elle sera menée par le biais d’un réseau d’excellence1 qui rassemblera des groupes de recherche européens provenant de 17 pays, privilégiant les interactions et la synergie entre des modélisateurs européens des cultures, des élevages et des échanges économiques afin d’analyser comment le changement climatique modifiera l’agriculture et la sécurité alimentaire mondiale.
La durée du réseau d’excellence sera de trois ans dans la première phase, suivie par une évaluation avec la perspective d’une prolongation de deux ans, après examen favorable et financements suffisants.
Dans une première étape, les groupes de recherche intéressés enverront une lettre d’intention en anglais, exprimant leur volonté d’intégrer le réseau d’excellence.
Les lettres d’intention doivent être envoyées avant le 7 septembre 2011 (01 :00 pm CET) à travers le serveur de soumission en ligne.
Texte de l’appel à propositions disponible
Site web du FACCE-JPI : http://www.faccejpi.com
Pour plus d’information :
Site web de la Commission Européenne
http://ec.europa.eu/research/era/areas/programming/joint_programming_fr.htm

1 Le « FACCE Knowledge Hub » a été mis en place par la FACCE-JPI pour favoriser les coopérations transnationales, la collaboration et la communication entre les communautés de recherche dans les domaines de FACCE et contribue à optimiser les résultats de recherche en facilitant la mise en réseau et le partage d’information entre les différents acteurs. Un Knowledge Hub est un réseau constitué de groupes de recherche sélectionnés parmi les pays membres du JPI dans un domaine de recherche défini.

Catégorie agriculture, environnement, recherche scientifiqueCommentaire (0)

La mérule démasquée

 Mérule pleureuse

Des équipes de l’INRA et du CNRS ont caractérisé le mécanisme de dégradation du bois d’un des champignons les plus dévastateurs, Serpula lacrymans, communément appelé la mérule pleureuse. Cette découverte ouvre la voie à l’élaboration de nouvelles techniques de lutte contre ce parasite et pourrait fortement intéresser le secteur de la bioénergie. Ces résultats sont publiés dans la revue Science du 14 juillet 2011.


La mérule est un champignon lignivore très répandu mais discret en forêt où il détruit les souches de feuillus comme de conifères. C’est cependant un redoutable colonisateur du bois œuvré. Il touche préférentiellement les charpentes, les escaliers et le bois d’œuvre de manière générale. Lorsque le champignon est visible cela signifie en général qu’il est trop tard. En effet, son développement se fait dans des conditions d’obscurité et de faible ventilation, ce qui rend souvent sa détection précoce difficile.
La pourriture apparaît dans l’ultime phase de dégradation et les dégâts sont alors considérables, voire irréversibles.

Dans le cadre d’un vaste projet de séquençage d’une cinquantaine de génomes de champignons forestiers, mené par le Joint Genome Institute, des chercheurs de l’unité Inra/Université de Nancy « Interactions Arbres/Microorganismes»associés à des équipes de l’unité CNRS/Universités Aix-Marseille 1&2 « Architecture et Fonctions des Macromolécules » et des Universités de Swansea et Oxford, ont analysé la séquence génomique de S. lacrymans.


En comparant le répertoire de gènes de plusieurs champignons dégradant le bois, les scientifiques ont pu caractériser le mécanisme de dépolymérisation de la lignine chez la mérule.
La plupart des champignons utilisent des enzymes pour dégrader le bois. Par contre, les pourritures brunes, dont fait partie la mérule, produisent dans les premières étapes de la destruction du bois de grandes quantités de radicaux libres hydroxyles.
Ces derniers provoquent une réaction très puissante qui permet de casser la couche de lignine et d’atteindre la cellulose, dont se nourrit le champignon.

Ces résultats apportent également une meilleure compréhension de l’évolution des champignons forestiers et de leur l’écologie. La connaissance du mécanisme d’action en jeu dans la dégradation du bois par la mérule favorisera la mise au point de moyens de lutte contre ce champignon, véritable fléau du bâtiment.

Ces résultats ont aussi un intérêt pour le secteur des bioénergies, la dégradation des polymères du bois étant un processus important dans la fabrication de biocarburant.

Catégorie - filière bois, recherche scientifiqueCommentaire (0)

L’Inra recrute 53 chercheurs

Premier organisme français de recherche labellisé « HR Excellence in Research » par l’Europe pour la qualité de sa politique de ressources humaines, l’Inra propose cette année 53 postes de chargé(e)s de recherche dans de nombreuses thématiques scientifiques : la biochimie, la biologie, la génétique, l’écologie, la génomique, les mathématiques, la physiologie, la microbiologie, l’économie, les sciences forestières, les sciences de l’environnement, la sociologie, les sciences des productions animales, l’informatique, la chimie, les neurosciences, l’entomologie, les statistiques, la virologie…

L’Inra produit des connaissances fondamentales, et construit grâce à elles des innovations et des savoir-faire pour la société. Et au-delà des recherches d’excellence menées dans les multiples disciplines, l’Institut s’engage désormais dans le déploiement progressif de métaprogrammes, ensembles coordonnés de projets et d’actions, mobilisant des équipes multidisciplinaires autour d’un objectif majeur, nourrir la planète en 2050.

L’Inra vient ainsi d’adopter son document d’orientation, Une science pour l’impact, fixant sa feuille de route pour les 10 années à venir, visant à atteindre cet objectif en fixant 4 chantiers prioritaires et en privilégiant l’émergence de 2 nouvelle disciplines.
(http://www.inra.fr/l_institut/document_d_orientation_2010_2020)

Le recrutement se fait par voie de concours sur dossier puis audition des candidats admissibles.
La date limite de dépôt des dossiers de candidature est fixée au 24 février 2011.

Pour plus d’informations :
http://www.inra.fr

Rubrique : « Les hommes et les femmes ».
http://www.inra.fr/les_hommes_et_les_femmes/
rejoignez_nous/devenir_chercheur_a_l_inra/concours_cr1_et_cr2

Catégorie economie/emploi, recherche scientifiqueCommentaire (0)

Une plante et une mouche éclairent la fonction d’un gène associé au cancer


Drosophile et fleur d’Arabidopsis thaliana. Le gène TCTP, commun à ces deux organismes, est important pour la division cellulaire au cours de leur développement  © Florian Brioudes

Le gène TCTP est présent chez tous les animaux et les végétaux. Des travaux associant l’INRA, le CNRS, l’Université de Lyon 1 et l’ENS Lyon viennent de révéler que ce gène a exactement la même fonction chez deux organismes très éloignés, une plante, Arabidopsis, et une mouche, la drosophile : il participe à la régulation de la multiplication cellulaire. Ce gène est ainsi impliqué aussi bien dans la formation des organes chez l’embryon que dans la prolifération des tumeurs, cancéreuses ou non. Ces résultats, qui pourraient ouvrir des voies nouvelles de lutte contre le cancer, sont publiés dans la revue PNAS.


Le rôle du gène TCTP dans la croissance cellulaire

Les recherches sur le cancer chez l’homme ont permis d’identifier le gène TCTP (il permet la production de « Translationally Controlled Tumor Protein », la protéine TCTP). Elles ont montré que ce gène est fortement surexprimé dans de nombreuses cellules cancéreuses. Il représente donc une cible potentielle dans les traitements contre le cancer car il serait impliqué dans les mécanismes de développement des cellules et de prolifération cellulaire.
Une réversion tumorale, c’est-à-dire une diminution du développement des tumeurs (massif cellulaire à multiplication non contrôlée), a d’ailleurs été observée lorsque l’expression de TCTP est inhibée.

TCTP est un gène présent chez les animaux et chez les végétaux, qui cependant ne développent pas de cancer à proprement parler. Chez les animaux tout comme chez les végétaux, lorsque ce gène est supprimé ou désactivé, les organismes ne croissent pas et meurent au stade de l’embryon, preuve que TCTP est un gène essentiel pour le développement de l’embryon et de l’organisme.

Des fonctions communes aux animaux et aux végétaux

Les équipes de Mohammed Bendahmane, chercheur à l’INRA, et de Bertrand Mollereau, professeur à l’ENS Lyon, ont utilisé en parallèle la plante Arabidopsis thaliana et la mouche du vinaigre Drosophila melanogaster (la drosophile) pour préciser le rôle exact de TCTP lors du développement animal et végétal.

Afin d’obtenir des plantes adultes mutées pour le gène TCTP (c’est-à-dire avec ce gène désactivé), l’équipe a dû procéder à des « sauvetages » d’embryons de plantes en récupérant des graines par dissection microscopique puis en leur fournissant des nutriments indispensables à leur croissance. L’équipe a ainsi pu produire le premier organisme adulte mutant pour TCTP.

L’utilisation de ces plantes mutantes a permis de montrer que TCTP est impliqué dans la régulation du cycle cellulaire, et donc dans la division cellulaire. Il intervient ainsi dans la formation des organes.

De plus, des travaux de complémentation inter-espèces entre drosophile et Arabidopsis (il s’agit de faire produire la protéine TCTP de plante par une drosophile mutante ne produisant pas TCTP ou faire produire la protéine TCTP de drosophile par une Arabidopsis mutante ne produisant pas TCTP) montrent que ces fonctions sont communes aux animaux et aux végétaux.

En effet, le gène TCTP de plante est capable de restaurer presque complètement les défauts de développement des cellules induits par l’inhibition de TCTP chez la mouche du vinaigre. D’une manière similaire, le gène TCTP de la drosophile est capable de restaurer presque complètement les défauts de développement induits par la mutation de TCTP chez Arabidopsis thaliana.

Cette avancée dans la compréhension des fonctions de TCTP au sein des plantes devrait apporter de nouvelles pistes permettant de mieux comprendre comment les organes se développent depuis l’embryon et aussi de faire progresser la recherche contre le cancer.

________________

Référence:
Translationally controlled tumor protein is a conserved mitotic growth integrator in animals and plants.- Florian Brioudesa, Anne-Marie Thierrya, Pierre Chambriera, Bertrand Mollereaub, and Mohammed Bendahmanea, Proc. Natl. Acad. Sci. USA, (2010) 14 septembre, vol. 107, no. 37, pp. 16384-16389.

a. Laboratoire « Reproduction et Développement des Plantes » (Institut National de la Recherche Agronomique, Centre National de la Recherche Scientifique, Ecole Normale Supérieure de Lyon, Université de Lyon).

b.Laboratoire de Biologie Moléculaire et Cellulaire (Centre National de la Recherche Scientifique, Ecole Normale Supérieure de Lyon, Université de Lyon).

Catégorie recherche scientifiqueCommentaire (0)

Sécurité sanitaire: naissance de l’ANSES

L’Agence nationale chargée de la sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail devient juridiquement opérationnelle au 1er juillet 2010, suite à la parution du décret d’application de l’ordonnance du 8 janvier 2010 instituant sa création.

Le nouvel établissement de santé, qui sera désigné par l’acronyme Anses (prononcer « An’sès »), reprend les missions, les moyens et le personnel de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) et de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset). Il en reprend également les acquis et les valeurs – compétence scientifique, indépendance dans l’évaluation des risques, ouverture de l’expertise – pour les mettre au service d’une lecture plus globale et transversale des questions sanitaires.

La fusion de l’Afssa et de l’Afsset est née d’un long travail de concertation. L’Anses travaille aujourd’hui activement à la mise en place des instances nécessaires à son mode innovant de gouvernance, et à la consolidation de son programme de travail. Il s’agit à la fois d’assurer la continuité des travaux engagés sous l’égide de l’Afssa et de l’Afsset et de tirer tout le bénéfice des synergies nouvelles.

Catégorie consommation, environnement, recherche scientifiqueCommentaire (0)

Le sanglier ne ménage pas les alpages

Sus crofa (c’est son nom latin) ne se contente pas de labourer les cultures de plaine. Il s’aventure également dans les étages supérieurs pour retourner les pelouses d’alpages, à 1500m et au-delà. Cet intrus constitue une contrainte supplémentaire à la fois pour les agriculteurs de montagne et les gestionnaires de ces espaces.

Une étude réalisée par un étudiant du Cemagref Grenoble,Jean-François Gatel, sous la direction de Grégory Loucougaray et François Véron, au sein de l’unité de recherche Ecosystèmes montagnards (UR EMGR) analyse précisément l’impact des dégâts  (que l’on appelle des boutis) de ces mammifères sur la végétation en alpage (festuçaie et nardaie, principalement) et leurs conséquences.

Ce minutieux travail scientifique, qui a démarré en 2006 s’est étalé sur quatre ans pour s’achever en avril dernier. Les deux premières années ont été financées par le programme LIFE Nature et Territoire en région Rhône-Alpes (Programme n°000079), piloté par l’Office National des Forêts. Initialement basée sur un seul site d’étude  (alpage de la Molière, massif du Vercors), l’étude a ensuite été étendue à deux autres alpages (Charmant Som et col du Coq, massif de la Chartreuse) afin de compléter  l’échantillonnage et pour valider les résultats obtenus à la Molière (1).

Les deux dernières  années ont été financées par le Conseil Général de l’Isère (Pôle Départemental de Recherche  sur la Biodiversité), dans le cadre d’un appel à projet 2008 (contrat DAT/SENV 2008-0040).

L’étude  comporte quatre axes pour l’évaluation de l’impact des dégâts de sanglier :

- L’estimation des surfaces retournées ;

- L’étude de la résilience de la végétation ;

- L’étude de l’impact des boutis sur différentes caractéristiques de la végétation ;

- L’analyse potentielle de l’impact des boutis sur certaines populations d’animaux sauvages.

cemagref2

(photos Jean-François Gatel)

La dégradation des écosystèmes prairiaux naturels ou semi-naturels résultant des activités des mammifères et micro-mammifères sauvages (sangliers, campagnols terrestres, taupes, marmottes…) ne constitue pas un phénomène nouveau. Les sangliers, notamment, peuvent impacter de façon conséquente prairies et cultures par leurs activités de fouissage liées à la recherche de nourriture. L’importance des surfaces touchées a ainsi justifié des études parfois à de grandes échelles pour estimer les options de gestion des populations et leurs implications.

Préserver les espaces pastoraux

Les alpages- et sillon38 qui y consacre une part importante s‘efforce de le démontrer- ont un rôle socio-économique essentiel, à la fois comme espace de travail  (agriculture, pastoralisme, hébergement touristique) et comme espace patrimonial et de loisir. Les enjeux agro-pastoraux et environnementaux (paysage, biodiversité, stockage CO2) qui se jouent à ces étages sont suffisamment forts pour que leur préservation soit un objectif partagé.

Or la fréquence des perturbations dues aux sangliers augmente dans les alpages du fait de  l’expansion démographique et territoriale de l’espèce. L’impact de ces perturbations  appelées  boutis  sur les communautés végétales n’a pas été étudié dans ce contexte particulier d’alpage. Ce rapport fournit  des éléments de réponse aux questions posées sur l’impact des dégâts de sanglier pour la gestion conservatoire des alpages et leur utilisation agro-pastorale.

Les résultats montrent, notamment, que la gestion pastorale et agricole de ces alpages est directement impactée, soit par une diminution de la quantité de fourrage disponible, soit parce que la création de zones de terre nue peut faciliter le développement d’espèces envahissantes.

Jean-François Gatel note que :

- la présence de boutis entraîne une perte moyenne de 30% de la biomasse disponible

-l’amélioration de la qualité nutritionnelle de la végétation ne compense pas la perte quantitative

- le rôle facilitant des boutis de sanglier pour le développement du cirse laineux est localement avéré.

Des dégâts en forte augmentation depuis 15 ans

Depuis quelques années, l’emprise des dégâts due aux activités de fouissage des sangliers a connu une recrudescence importante sur l’ensemble du territoire français. Un phénomène préjudiciable à ceux qui cultivent la terre, une calamité  qui attise les conflits, notamment entre agriculteurs et chasseurs (voir nos précédents articles sur ce sujet).

Une des conséquences de cette augmentation rapide des effectifs nationaux a été l’installation de populations sur des milieux d’altitude, populations qui se sont rapidement acclimatées du fait de capacités d’adaptation remarquables et d’un potentiel reproducteur élevé chez cette espèce.

Cela s’est traduit par une très forte augmentation des dégâts dus aux sangliers sur les prairies d’alpage au cours des 15 dernières années, pouvant conduire à de fortes modifications aussi bien sur la faune que sur la flore.

Ce rapport scientifique du Cemagref Grenoble  permet une interprétation globale et synthétique de l’effet des dégâts de sangliers sur la végétation d’alpage par une analyse synchronique s’appuyant sur un protocole permettant la comparaison de boutis d’âges différents sur un gradient de recolonisation. Les travaux de Jean-François Gatel devraient permettre d’anticiper les effets probables d’impacts de sangliers sur d’autres sites ou communautés végétales prairiales d’altitude en intégrant à la fois la variabilité spatiale et temporelle de réponse de la végétation ainsi que les pratiques pastorales.

—–   Trois questions à Jean-François Gatel    —–

L’impact de ces boutis sur la biomasse fourragère est-il préoccupant ?

« De façon générale la végétation d’alpage présente une résilience rapide (NDLR : la résilience est la capacité pour un écosystème de retrouver un état et un fonctionnement écologique similaire à celui précédant la perturbation)  aux perturbations dues aux sangliers (3 ans) et, sur des alpages à l’utilisation plutôt extensive, n’entraîne pas encore de limitation significative de la ressource fourragère. Cependant l’étude montre que cet impact peut être localement important, aussi bien du point de vue de la gestion conservatoire en favorisant la disparition progressive d’un milieu d’intérêt patrimonial (la nardaie), que de la gestion pastorale en limitant de façon importante sur certaines zones la biomasse fourragère disponible et en favorisant des espèces peu appétentes ».

Comment sortir de cette situation qui empoisonne la vie des agriculteurs de montagne ?

« La restauration des surfaces dégradées est une solution parfois envisagée mais très coûteuse et finalement peu judicieuse au vu de la résilience rapide du couvert et des fortes probabilités de retour des sangliers sur les mêmes zones. Tout au plus elle favorisera l’acceptation du problème. Il convient plutôt de chercher à limiter l’intensité des dégâts. La présence de boutis est une contrainte pour le milieu agricole et pour les gestionnaires (destruction d’espèces protégées ou d’habitats remarquables) et s’en affranchir passe par un effort partagé de concertation entre les acteurs afin de réduire la pression des sangliers sur ces milieux ».

Des moyens de prévention peuvent-ils être envisagés compte tenu des résultats de votre étude ?

« Cette étude ne répond  pas à la question, car ce n’est pas la compétence des auteurs. Les moyens de prévention à mettre en place (augmentation de la pression de chasse, remboursement des dégâts notamment) sont du ressort des gestionnaires de ces espaces (ONF, CG 38), et sont déjà largement mis en place en fonction du cadre législatif en vigueur.. Cette étude est donc élément pour les aider à prendre leurs décisions afin de mieux gérer les éventuels conflits entre les acteurs ».

Au musée de la faune et des minéraux de Bourg-d'Oisans

Au musée de la faune et des minéraux de Bourg-d'Oisans

…………………………………….

(1) A noter que les informations collectées auprès de Vincent Charrière, berger sur l’alpage de la Molière depuis 1982, ont été d’une aide précieuse pour le chercheur. Cet alpage  a été l’ un des derniers gros alpages ovins transhumants du Nord-Vercors.

Catégorie A la une, alpages, recherche scientifiqueCommentaire (0)

Pesticides : risque élevé pour les agriculteurs

orateurDans sa question écrite publiée dans le JO sénat du 04/03/2010, Mme Marie-Thérèse Hermange (Paris-UMP) attire l’attention de M. le ministre de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche sur les risques pour la santé des agriculteurs exposés aux pesticides.

Selon les résultats de l’étude Agrican, il existe un lien entre l’exposition des agriculteurs aux pesticides et des anomalies du génome pouvant faire se développer un cancer.

Des chercheurs du centre d’immunologie de Marseille-Luminy ont ainsi présenté des travaux montrant un risque plus élevé de cancers lymphatiques chez les agriculteurs. Leur idée était de trouver des biomarqueurs prédictifs, car tous les individus exposés aux pesticides ne développent pas un lymphome.

Ils ont détecté dans les prélèvements sanguins de plusieurs dizaines de participants des cellules qui en sont normalement absentes et qui représentent les précurseurs des cellules tumorales constituant un lymphome de type folliculaire. Ils ont ainsi mis en évidence des biomarqueurs qui témoignent d’un lien moléculaire entre l’exposition des agriculteurs aux pesticides, l’anomalie génétique et la prolifération de ces cellules qui sont des précurseurs de cancer. Cet effet serait fonction de la dose et du temps d’exposition, même s’il existe d’autres anomalies comme une instabilité générale du génome.

Au regard de ces travaux inquiétants pour les ouvriers agricoles qui sont quotidiennement au contact de pesticides, elle souhaiterait savoir si des mesures sont prises afin de protéger leur santé.

Réponse du ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture publiée dans le JO sénat du 03/06/2010

Les conséquences potentielles pour l’homme et l’environnement de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques utilisés en agriculture ainsi qu’en zones non agricoles représentent aujourd’hui un enjeu important de société.

Le Gouvernement a engagé un plan massif de réduction de 50 % de l’usage des pesticides, si possible, dans un délai de dix ans au travers du plan Ecophyto 2018.

Ce plan prévoit le renforcement de la qualification des professionnels utilisant des produits phytopharmaceutiques, mais aussi des distributeurs et des organismes de conseil, dans le but de sécuriser l’usage de ces produits, notamment pour protéger la santé des applicateurs.

Ce dispositif, appelé Certiphyto, est en cours de mise en place dès cette année, en liaison étroite avec les établissements en charge de la formation professionnelle agricole et les services de prévention de la mutualité sociale agricole.

Catégorie agriculture, recherche scientifiqueCommentaire (0)

La truffe noire du Périgord n’a plus de secret

Un consortium franco-italien, coordonné par une équipe du Centre INRA de Nancy et impliquant le Genoscope, le CNRS, et les Universités de Lorraine et de Méditerranée publie aujourd’hui un article sur le séquençage et le décryptage du génome de la très réputée truffe noire du Périgord (Tuber melanosporum).

Cette avancée permet de mieux comprendre la biologie de cette espèce, la formation de ce précieux champignon et l’évolution de la symbiose entre arbres et champignons. La truffe noire du Périgord a été choisie du fait de son importance agronomique et culturelle. Le détail de ces résultats est publié dans l’édition avancée en ligne de Nature du 28 mars 2010.

Fruit de 5 années de travail, le premier décryptage du génome d’un champignon comestible, la truffe, est achevé. Conduit par un consortium franco-italien de 50 scientifiques, coordonné par l’INRA, le séquençage du génome de T. melanosporum a été réalisé en 2007 au Genoscope à partir d’une lignée issue d’une truffe récoltée en Provence.

Les étapes complémentaires de mise en forme du séquençage brut initial se sont poursuivies pendant deux ans par une analyse fine et détaillée du génome de ce champignon par des laboratoires français de l’INRA, du CNRS, du CEA, des universités de Lorraine et de la Méditerranée et leurs collègues italiens de Turin, Parme, Pérouge, Urbino, Rome et l’Aquila. Ces travaux sont complétés par l’étude des gènes exprimés lors de la formation de la truffe et de la symbiose mycorhizienne2 au niveau des racines de l’arbre.

La truffe est le fruit du mariage entre des filaments souterrains de T. melanosporum et des ramifications de la racine de certains arbres, comme les chênes. De cette relation naissent des mycorhizes, organes symbiotiques mi-champignon, mi-racine. Le génome de la truffe, le plus grand connu chez les champignons, comprend 125 millions de paires de bases. Cette taille remarquable s’explique par la présence de séquences répétées (58%) dont l’impact sur la diversité de l’espèce est en cours d’étude. Le génome contient 7 500 gènes codant pour des protéines dont environ 6 000 sont similaires aux gènes d’autres champignons.

Toutefois, plusieurs centaines de gènes sont uniques à la truffe et jouent un rôle fondamental dans la mise en place de la formation du champignon et de la symbiose avec la plante-hôte. Leur étude nous renseignera sur les mécanismes conduisant à la formation de cette étrange fructification souterraine

Catégorie recherche scientifique, trufficultureCommentaire (0)

Biocore: transformer la biomasse en biocarburants

INRA au SIAGuy Riba, vice-président de l’INRA, Michael O’Donohue, directeur de recherche à l’INRA et coordinateur du projet BIOCORE, Bruno Schmitz et Philippe Schild, de la direction générale de la Recherche (Commission européenne) et Andreas Redl, directeur de la société Syral ont annoncé aujourd’hui au Salon de l’agriculture le lancement du projet européen BIOCORE qui vise à transformer la biomasse en biocarburants de deuxième génération et en divers produits industriels.

Aujourd’hui, les menaces du changement climatique et de la dépendance excessive à l’égard du pétrole obligent l’Europe à diversifier ses ressources énergétiques et en carbone renouvelable.

A ce titre, la biomasse est unique, car c’est la seule ressource naturelle qui peut répondre à la fois aux deux besoins, en fournissant la matière nécessaire à la production de biocarburants de 2ème génération (1) et aussi de molécules de synthèse, de polymères et de matériaux.

Le projet européen BIOCORE (BIOCOmmodity REfinery), coordonné par l’INRA, vise à concevoir et à analyser la faisabilité industrielle d’une bioraffinerie permettant de convertir les résidus agricoles et forestiers en biocarburants de 2ème génération, en molécules chimiques et en polymères plastiques biodégradables. BIOCORE couvrira ainsi une palette de polymères qui représentent plus de 70% du marché mondial de ces produits utilisés dans l’industrie textile, l’emballage, la construction, les peintures, etc.

BIOCORE rassemblera pendant 4 ans 23 partenaires européens et 1 partenaire indien : dix entreprises dont cinq PME, une ONG et 13 universités ou organismes de recherche publics spécialisés. Le projet, dont le budget total s’élève à 20,3 millions d’euros, recevra un financement de l’Union Européenne de 13,9 millions d’euros dans le cadre du 7ème Programme-cadre de Recherche et développement (PCRD).
……………………………………………………………………………………….

(1) Pour la fabrication de biocarburants de la deuxième génération, on utilise des sous-produits et déchets agricoles ou encore des plantes qui ne servent pas à l’alimentation humaine.

Catégorie SIA 2010, recherche scientifique, énergiesCommentaire (0)

Catégories

Archives

Agenda

février 2012
L Ma Me J V S D
« jan    
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
272829  

A propos

Sillon38.com est un journal qui se veut interactif, agricole et rural. C’est le premier du genre. Sur le fond, il reprend à son compte le principe, déjà utilisé par des confrères parisiens, du journal à trois voix: des journalistes, des experts (ou, si l’on péfère des hommes et femmes de l’art), des internautes.
Nous contacter
 

La météo par Sillon38 et Météo Alpes!

  • Ciel clair
  • Température: -4°C
  • Humidité: 41.9%
  • Vent: N mit 33 km/h
  • Visibilité: 10km
  • Baromêtre: 1029 hPa
  • Nuages: Ciel clair
  • Temp. du vent: -12°C

Découvrez toutes les prévisions sur Météo Alpes.

PHVsPjwvdWw+