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Le problème du loup : vers un changement de la donne?

Il y a quelques semaines, une manifestation contre le loup alliant de nombreux acteurs du Trièves faisait grand bruit. Se réunissant pour l’occasion, éleveurs, chasseurs et élus prenaient la peine d’arrêter les routiers, pour beaucoup sur le départ pour les vacances, pour leur expliquer toute l’ampleur de ce problème.

Yann Souriau, maire de Chichilianne, participait justement à l’évènement, nous l’avons rencontré pour avoir plus de détails sur les raisons et les suites de cette manifestation.

Il a été heureux de répondre à nos questions, car si la question du loup faisait polémique il y a encore peu de temps, il n’y a aujourd’hui plus lieu d’en débattre, nous explique-t-il.

Les conséquences sont devenues trop graves. De sa commune, un seul éleveur a échappé aux attaques, le compteur de bêtes tuées en Isère dépasse déjà la barre des 700 têtes.

Au delà de la réduction des troupeaux, il faut aussi tenir compte d’un effet de seuil des violences subies par les troupeaux qui les laissent en état de stress pour plusieurs années, amaigrissant et paniquant les bêtes.

Yann Souriau nous expliquait qu’on retrouve aujourd’hui des bêtes étouffées dans les filets suite à des crises de panique, ne portant aucune trace de morsure. C’est un fait, la situation des éleveurs ovins devient catastrophique, mais ils ne sont plus les seuls touchés par le loup.

Il est à noter qu’ils avaient fortement appuyé la manifestation ayant eu lieu début juillet, mais celle-ci n’était à l’origine pas de leur initiative. Ce sont les éleveurs de bovins qui ont en premier lancé le mouvement, car eux aussi sont désormais menacés.

M. le Maire nous rapporte qu’un veau de 110 kg aurait été traîné sur 5 mètres par toute une meute.

Beaucoup plus grave, un troupeau mis en panique se serait lancé hors de ses pâturages pour traverser la ville de Lans en Vercors, causant de gros dégâts matériels, mais heureusement aucun blessé. Il nous a également rapporté que des chiens de protection, rendus fous par le harcèlement des loups avaient attaqué une randonneuse de la commune de Chichilianne, le forçant à interdire l’accès aux sentiers de randonnées alors qu’on lui signalait deux cas similaires à Gap.

La situation actuelle pousse les éleveurs à abandonner les pâturages les plus éloignés, laissés en friche, et à devoir mettre en place des gardes éprouvantes pour surveiller constamment leur troupeaux faces aux attaques ayant lieu de jour comme de nuit.

Les loups, eux, commenceraient à s’installer en plaine, entres les communes et sont régulièrement vus sur les routes. Chichiliane a mis en place son propre « État d’urgence », rassemblant forestiers, éleveurs et chasseurs. Lorsqu’un loup est aperçu, chacun reçoit un sms d’alerte. Le système a été proposé aux communes environnante nous explique Yann Souriau.

Le problème rassemble les élus

Alors qu’une quinzaine de maires participaient à la manifestation du 18 Juillet, une réunion à la préfecture rassemblait le préfet, la direction départementale des territoires, la DREAL regionale, d’autres élus du Trièves, du plateau du Vercors et du Piemont, ainsi que le sénateur Michel Savin, la députée Marie-Noëlle Battistel, les vice-présidents départementaux et Jacques Adenot, président du parc du Vercors.

Le sujet majeur de cette réunion : la demande de la différenciation de la gestion de la question du loup pour le massif du Vercors. Autrement dit, l’autorisation de procéder à une régularisation de l’espèce pour en limiter la prolifération.

« Il faut complètement réviser les chiffres prévus sur l’évolution de cette affaire » nous explique le maire de Chichilianne « Aujourd’hui, malgré ce qu’on prévoyait et une certaine part de braconnage, la population de loup est en hausse de 20% par an ». Mais ce n’est pas le point qui permettrait aux éleveurs de définitivement faire valider leur point de vue aux yeux de tous. Yann Souriau nous révèle ensuite une information capitale.

Le loup n’est pas le loup qu’on croyait

Aujourd’hui parvienne les résultats provenant d’une trentaine d’analyses traitées par un grand laboratoire européen, et les résultats sont unanimes.

« On s’aperçoit qu’on a pas affaire au loup qu’on voulait réintroduire, mais à une race hybride à 60% chien ». L’information, qui doit encore attendre de nouvelles analyses pour être définitivement validée montrerait donc tout l’échec de la politique de la réintroduction du loup dans les Alpes, supplanté donc par des chiens-loups sauvages fortement dangereux pour l’activité humaine.

Pire encore, les rares traces de loups retrouvées montrent qu’on aurait plutôt affaire à des loups venus de plus loin en Europe qu’à l’espèce « réimplantée » dans notre région.

« Aujourd’hui, on a non seulement l’appui des populations locales et des élus, mais également des scientifiques qui confirment notre point de vue. Même les écologistes sont bien moins véhéments face à la réalité des problèmes engendrés par cette action » Conclu le maire.

Il précise que l’idée d’origine de réintroduire le loup n’a jamais été attaquée par les éleveurs, qui ont plutôt mis en cause la méthode. Et même aujourd’hui, l’extinction de l’espèce n’est pas souhaitée. Ils ne demandent que le droit de lancer une campagne de régulation pour que les pâturages et les troupeaux puissent revenir à la paix.

Paul Savary

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Vers de meilleures stratégies agricoles et alimentaires pour concilier durabilité et nutrition

Comment améliorer nos apports nutritionnels en optimisant nos pratiques agricoles ? Manger sain est-il bon pour notre planète ? Comment guider nos choix alimentaires pour concilier durabilité et nutrition ?

Depuis plus de 3 ans, des équipes coordonnées par l’Inra et impliquant la filière Bleu-Blanc-Coeur, Valorex, Terrena travaillent sur ces problématiques dans le cadre du projet Agralid. A l’occasion d’un séminaire à Paris le 8 novembre 2016, les chercheurs livrent leurs résultats finaux.

Ils confirment que le mode de production des produits animaux est un levier efficace d’amélioration des apports en acides gras dans la population française. De plus, leurs travaux débouchent sur un outil d’aide à la décision pour choisir les menus les plus durables selon différentes contraintes (disponibilité des aliments, coût, environnement…).

De nombreuses maladies contemporaines (obésité, diabète, maladies cardio-vasculaires…) sont liées à des déséquilibres dans les apports alimentaires qu’il s’agisse d’excès de sel, de sucres rapides, d’un mauvais équilibre entre énergie et protéines ou entre acides gras oméga-6 et oméga-3. Dans ce contexte, le projet Agralid a démarré en janvier 2013 avec pour objectif d’identifier des filières de productions agricoles durables capables de répondre au mieux aux recommandations nutritionnelles pour l’homme, en modifiant le moins possible les habitudes alimentaires et en proposant des menus accessibles au plus grand nombre.

Des algues et du lin pour nourrir les animaux d’élevage et améliorer nos apports en acides gras

La qualité nutritionnelle des produits animaux, l’impact environnemental, le coût de production peuvent être améliorés par le mode de production et particulièrement par les stratégies alimentaires mises en place dans les élevages. Ainsi, les pratiques déclinées au travers de la filière Bleu-Blanc-Coeur  répondent à des enjeux de santé publique en ce qui concerne les apports d’acides gras.

Dans le cadre du projet Agralid, les chercheurs ont utilisé de nouvelles matières premières alimentaires. Ils ont, entre autre, nourri les animaux d’élevage (porcs, poulets, poules pondeuses et vaches laitières) avec une source de microalgues riches en acide docosahéxaéonique (ou DHA), un acide gras jugé bon pour la santé humaine. Cet apport de DHA par les micro-algues s’est traduit par un fort dépôt dans la viande et les œufs. Les chercheurs ont également montré que les apports en acides gras oméga-3 sont améliorés lorsque les produits animaux sont issus d’un mode de production BBC filière lin (animaux nourris avec des graines de lin).

De plus, les scientifiques ont testé l’impact de nouvelles technologies industrielles (extrusion1 ou dépelliculage des graines de lin) sur la digestibilité des acides gras et leur efficacité alimentaire. Ils ont constaté que l’apport de graines de lin permet d’augmenter le dépôt d’acides gras oméga-3 par rapport à un régime standard (il est par exemple multiplié par cinq pour la côte de porc) et cet effet est amplifié avec les graines dépelliculées.
En termes d’impacts environnementaux, les scientifiques ont montré que la filière BBC réduit les impacts « changement climatique » et « demande cumulée en énergie » de la plupart des produits animaux.

Le point de vue des éleveurs et des consommateurs

Comment les éleveurs se situent face à des offres de démarches agricoles intégrant des critères de nutrition, de santé humaine et d’environnement ? Les chercheurs d’Agralid ont mené plusieurs enquêtes sociologiques intégrant une composante économique auprès des éleveurs. Leurs analyses ont permis de conclure que l’adhésion à une démarche nutrition-santé-environnement n’est pas contraignante sur le plan technique du point de vue de la conduite d’élevage.
Par ailleurs, une expérimentation a été menée auprès de 300 personnes dans deux restaurants d’entreprise à Nantes et à Rennes. Il s’agissait de présenter aux consommateurs différents types de menus (un menu « santé » nutritionnellement optimisé, un menu « végétarien » à faible impact carbone, un menu « filière » basé sur l’identification de l’origine et du mode de production des produits (dont BBC), un menu « global » combinant une partie des composantes des 3 menus précédents).

Résultat : le menu « végétarien » (mettant l’accent sur les seuls arguments environnementaux) est celui qui recueille le plus mauvais score en termes de choix. Cette étude confirme également la préférence marquée des Français pour les produits dont l’origine et le mode de production sont bien identifiés. Ils révèlent aussi que les consommateurs sont prêts à payer plus cher (jusqu’à un surcoût de 10%) en choisissant un menu BBC « filière » ou « global », ce qui s’explique par des raisons à la fois hédoniques, sanitaires et éthiques.


Un outil d’aide à la décision pour améliorer ses menus

Le projet Agralid s’est concentré sur l’élaboration d’un outil d’aide à la décision pour définir les meilleures stratégies alimentaires. Une base de données regroupant au total 140 ingrédients a été constituée en rassemblant les informations relatives aux dimensions nutritionnelles, environnementales et socio-économiques. Les scientifiques ont ensuite développé un outil interactif qui permet non seulement de représenter graphiquement et de manière synthétique les principaux résultats du projet Agralid.

Mais surtout, cet outil permet d’explorer les conséquences d’un changement de pratique alimentaire progressif en termes de composition nutritionnelle, d’habitude alimentaire, de coût économique et d’impact environnemental . Il permet également de constituer de nouveaux menus tenant compte de diverses contraintes telles que les catégories, la quantité ou la diversité des ingrédients, les apports nutritionnels, les prix…

Après 3 ans de travaux, le projet Agralid a rassemblé une quinzaine de chercheurs de disciplines diverses et complémentaires qui confirment que le mode de production des produits animaux est un levier efficace d’amélioration des apports en acides gras dans la population française. Reste à poursuivre les travaux de recherche dans le domaine de la production des microalgues riches en DHA pour réduire les coûts d’utilisation en élevage, dans la protection des acides gras oméga-3 d’une possible peroxydation des produits enrichis naturellement en ces acides gras.

Par ailleurs, les consommateurs choisissent un menu non seulement pour son goût mais parce que les produits qui le composent donnent toutes les garanties de santé du fait de leur origine et de leur mode de production. Et il serait souhaitable de mieux valoriser auprès des consommateurs « le bénéfice santé » de ces produits issus de filières spécialisées comme celle des animaux recevant une part de graines de lin dans leur alimentation.

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Impact sanitaire de la pollution atmosphérique à Lyon et Grenoble et lien avec la défaveur sociale

L’équipe d’Epidémiologie environnementale de l’IAB (l’IAB (Institut pour l’Avancée des Biosciences, Centre de recherche Inserm / CNRS /Université Grenoble Alpes) vient de publier une étude(1) quantifiant le risque associé à l’exposition aux particules fines en suspension dans l’atmosphère (PM2,5) à Grenoble et Lyon en s’appuyant sur une modélisation de la pollution de l’air à fine échelle ; l’étude a aussi caractérisé comment ce risque varie en fonction de la défaveur sociale.

L’étude montre que chaque année entre 3 à 7 % des décès survenant dans l’agglomération de Grenoble seraient dus aux effets de la pollution atmosphérique. Dans l’agglomération de Lyon, le risque serait entre 4 et 8 %. Cela correspondrait à environ 114 décès dans l’agglomération grenobloise (sur une population de 385 000 habitants) et de 491 habitants à Lyon sur une population de 1,2 million d’habitants.

A Grenoble, entre 3 et 10 % des nouveaux cas de cancer du poumon seraient dus à la pollution atmosphérique. Plusieurs dizaines de cas de petits poids de naissance chez les enfants nés à terme seraient aussi dus à la pollution chaque année. Le risque a tendance à être plus élevé dans les quartiers socialement défavorisés ou très défavorisés, par rapport aux quartiers socialement plus favorisés. Ainsi, c’est dans les quartiers les moins favorisés que les bénéfices d’une amélioration de la qualité de l’air se feraient le plus sentir.

L’étude s’est focalisée sur les particules fines (ou PM2,5), poussières en suspension dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres, qui constituent le polluant atmosphérique pour lequel le lien avec la santé est le plus précisément caractérisé. D’autres polluants, non pris en compte ici, ont un effet sur la santé, comme l’ozone.

L’étude, réalisée par Xavier Morelli, conjointement avec Air Rhône-Alpes, des équipes suédoises et allemandes et avec la participation du registre du Cancer de l’Isère, s’appuie sur la méthodologie des études d’impact sanitaire. L’approche consiste à combiner des données sur les niveaux de pollution à l’échelle de la population avec des relations dose-réponse connues, et à estimer le nombre de cas de pathologies susceptibles d’être attribuables à l’exposition aux particules fines, avec les niveaux de pollution observés en 2012, par rapport à une situation de référence.

Le niveau de référence choisi par les auteurs est la valeur annuelle limite recommandée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), de 10 microgrammes par mètre cube. En comparaison, les niveaux de pollution étaient environ de 18,1 µg/m3 à Grenoble et de 19,6 µg/m3 à Lyon. L’impact estimé serait plus élevé si on avait choisi un niveau de référence plus bas, car la relation entre pollution et santé est globalement linéaire, et s’observe probablement aussi en-dessous de la valeur recommandée par l’OMS, commentent les auteurs.

« Les niveaux de particules fines sont probablement le principal levier qui peut être actionné pour améliorer significativement la santé des populations de zones urbaines comme Grenoble ou Lyon, où la pollution est sensiblement supérieure aux valeurs recommandées par l’OMS, et ceci bien que nous sommes proches et souvent en-dessous des seuils réglementaires en vigueur en Europe », explique Rémy Slama, qui a coordonné l’étude.

D’autres facteurs ont un effet similaire ou plus important sur la santé, comme la consommation de tabac ou un régime alimentaire déséquilibré, mais en pratique il est très difficile de modifier ces comportements. L’exemple d’autres villes européennes ou du Japon montre qu’une action efficace sur les niveaux de particules fines est possible. Une diminution de 50% des concentrations de particules fines a par exemple été obtenue à Tokyo entre 2001 et 2010.

De telles mesures ont aussi un effet bénéfique sur l’économie, via une diminution des coûts sanitaires et des journées d’absentéisme, globalement nettement supérieur au coût des mesures prises pour améliorer la qualité de l’air.

La pollution atmosphérique par les particules fines a un effet connu sur la mortalité cardiovasculaire et respiratoire, le cancer du poumon, certaines pathologies respiratoires, et un effet probable sur la croissance du fœtus. Elle pourrait aussi avoir d’autres effets, pour lesquels le niveau de preuve est plus faible, par exemple sur les pathologies neurologiques, qui n’ont pas été prises en compte dans cette étude.

Pour approfondir ces questions, l’équipe d’épidémiologie environnementale de l’IAB est actuellement en train de conduire une vaste cohorte couples-enfants, la cohorte SEPAGES, pour essayer d’élucider les effets à court et long terme de l’exposition aux polluants atmosphériques durant la grossesse et les premières années de vie (http://sepages.inserm.fr).

(1) Morelli X, Rieux C, Cyrys J, Forsberg B, Slama R : Air pollution, health and social deprivation: A fine-scale risk assessment. Environmental Research, 2016, 147:59-70. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26852006

À propos de l’Institut for Advanced Biosciences

Regroupant 17 équipes, l’Institut for Advanced Biosciences (IAB, anciennement Institut Albert Bonniot) est un institut de renommée internationale dans la recherche biomédicale fondamentale et translationnelle, reconnu pour ses publications de très haut niveau (plus de 1 000 sur les 5 dernières années) et son impact sur le développement de start-ups dans le domaine des biotechnologies.

La stratégie scientifique repose sur trois axes : Ėpigénétique, Maladies chroniques et Cancer Le périmètre d’action de l’IAB couvre une gamme d’expertises scientifiques depuis le continuum biologique des molécules jusqu’aux populations.

En savoir plus : iab.univ-grenoble-alpes.fr

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4e édition des Journées Hydrogène dans les territoires à Grenoble

La candidature conjointe de Grenoble-Alpes Métropole et du Département de l’Isère a été retenue par le Conseil d’Administration de l’Association Française pour l’Hydrogène et les Piles à Combustible (AFHYPAC) pour l’organisation de la 4ème édition des Journées Hydrogène dans les Territoires.

La Métropole et le Département organiseront ce temps fort les 29 et 30 juin à Grenoble.

Cet évènement incontournable de la filière Hydrogène & Piles à combustible et des acteurs locaux bénéficie du soutien du Plan Stockage de l’Energie de la Nouvelle France Industrielle.

Il permet de faire le point sur les avancées et les nouveaux projets initiés par les territoires français. Autre objectif : identifier les leviers favorisant le développement massif de solutions hydrogène en France.

Ces journées constituent un lieu d’échange privilégié entre acteurs et territoires mobilisés autour du développement de cette nouvelle énergie : l’hydrogène sera une composante essentielle pour la transition énergétique, la mobilité et le développement de filières industrielles durables et innovantes.

Un contexte favorable

Depuis plusieurs années, l’ensemble des acteurs du territoire, Grenoble-Alpes Métropole, le Département de l’Isère, l’AEPI (l’agence de développement économique de l’Isère), le pôle de compétitivité Tenerrdis dédié aux énergies renouvelables, le Commissariat à l’Energie Atomique et aux énergies alternatives, l’Université Grenoble Alpes et les entreprises du secteur travaillent de concert à la structuration d’une filière hydrogène à l’échelle de Rhône- Alpes.
L’Isère s’illustre à la fois par un tissu très dense d’industriels (PME et grands groupes) et de centres de recherche dans le secteur de l’hydrogène  et par un nombre croissant de réalisations :
• Le déploiement par Air Liquide d’une flotte de chariots élévateurs à hydrogène chez IKEA à Saint-Quentin Fallavier
• Le projet Themis (Ademe TITEC 2013) porté par Atawey et donnant lieu à un démonstrateur de stockage d’énergie par l’hydrogène pour sites isolés chez Air Liquide à Sassenage
• Le projet Hyway piloté par Tenerrdis grâce auquel 50 véhicules circulent déjà entre Lyon et Grenoble, constituant la plus importante flotte captive de véhicules électriques hydrogène en Europe.

D’ici la fin de l’année 2015, deux stations de recharge d’hydrogène seront installées en Isère.

Devant une telle concentration de projets et de réalisations qui concordent avec la mission de l’AFHYPAC : l’accès au marché de l’énergie hydrogène, le choix de la candidature conjointe du Département de l’Isère et de Grenoble- Alpes Métropole s’est imposé de façon naturelle.

A l’instar des journées de Cherbourg de juin dernier, ce rendez-vous placera les territoires français comme véritables moteurs du développement de l’hydrogène.

« Le potentiel de développement de la filière hydrogène, notamment sur le territoire de la Métropole grenobloise où elle est fortement représentée, en fait un acteur majeur au service de la transition écologique et énergétique.
Ses applications technologiques en matière de fabrication et de stockage d’électricité ou de mobilité électrique sont très prometteuses, susceptibles de générer la création de plus de 10 000 emplois en France dans les 10 ans.
La Métropole est en capacité d’accueillir sur son territoire tous les maillons de la filière hydrogène, de la R&D (Recherche et Développement) aux entreprises, en passant par les start-up.

C’est donc tout naturellement que Grenoble-Alpes Métropole soutient l’organisation de la 4e édition des Journées Hydrogène dans les territoires, rendez-vous incontournable des acteurs de la filière hydrogène. » a précisé Christophe Ferrari, Président de Grenoble-Alpes Métropole.

Le Département de l’Isère se mobilise pour la réussite de cet événement et confie son organisation à l’AEPI, dont il est le principal financeur et qui travaille depuis de nombreuses années sur la structuration de la filière hydrogène.
Elle en assure une promotion active à l’international.

« Le Département de l’Isère contribue ainsi à ce qui fait la force du modèle de développement économique isérois : les 4 piliers que sont l’industrie, la recherche, l’université et les collectivités publiques se sont organisés et constitués en véritable communauté professionnelle mettant l’innovation au coeur de ses préoccupations.
L’objectif est de couvrir 3 enjeux sociétaux majeurs : la société de l’information, la santé et les technologies du vivant et la transition énergétique et les énergies renouvelables.
En effet, l’importance du soutien politique, l’engagement et l’implication des collectivités locales ainsi que l’impulsion donnée par les financements publics permettent à la filière hydrogène de développer des projets économiquement viables (ex : véhicules, production d’hydrogène à partir d’ENR…) « 
complète Jean-Pierre Barbier, Président du Département de l’Isère.

Capitale des Alpes, située entre les Massifs du Vercors, de la Chartreuse, de Belledonne et de l’Oisans, aux confluences du Drac et de la Romanche et du Drac et de l’Isère, le territoire de Grenoble-Alpes Métropole s’étend sur 49 communes et compte près de 440 000 habitants.
Caractérisée par un écosystème industriel et de recherche qui a fait sa renommée au-delà des frontières, la Métropole grenobloise est largement ouverte sur le monde, avec lequel ses entreprises, ses universités, ses laboratoires de recherche échangent quotidiennement.

Deuxième pôle universitaire français après le pôle parisien, l’agglomération accueille des centres de recherches et laboratoires prestigieux (CEA, INRIA, CNRS, ESRF, Minatec), qui attirent des chercheurs du monde entier.

Grenoble-Alpes Métropole participe au démarrage et à la valorisation de projets structurants porteurs de création d’activité et d’emplois. Elle contribue également à la mise en réseau et à la promotion des acteurs de l’innovation, notamment à travers le développement des partenariats recherche-industrie-formation dans différents secteurs économiques dont la filière énergie.

Ce fut le cas récemment avec son engagement dans le projet Hyway, soutenu par l’ADEME, la Région Rhône-Alpes et l’Europe via les fonds Feder, et qui consiste en la mise en place de la plus grande flotte de véhicules hydrogène en Europe, à Grenoble et Lyon.

Les journées Hydrogène dans les territoires 2016 sont organisées par l’AFHYPAC, le Département de l’Isère et Grenoble-Alpes Métropole en partenariat avec le CEA et le Pôle de compétitivité Tenerrdis.

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Journées Portes Ouvertes à l’Inra Auvergne-Rhône-Alpes

« Montrer ce que nous faisons, pourquoi et comment, c’est dans cet esprit que le Centre Auvergne‐Rhône‐Alpes (ARA) de l’ Institut national de la recherche agronomique, organisme français de recherche en agronomie (Inra) organise 4 journées de portes ouvertes sur son site de Theix pour ses différents publics les 28, 29, 30 et 31 mai prochain » explique Jean-Baptiste Coulon, Président du Centre INRA ARA.

Au programme, des animations articulées autour de 4 thèmes :

  • l’élevage de montagne
  • la nutrition préventive
  • l’épidémiologie animale
  • la qualité des produits animaux

Attention, certaines animations au sein des parcours seront proposées le week‐end uniquement.

Pour que les visiteurs puissent se rendre compte de la diversité des métiers que requiert le monde de la recherche, un panorama des métiers sera également proposé par le biais de portraits courts et au fil des animations. Le public pourra ainsi découvrir quelles professions s’appliquent aux différents domaines de recherche et les fonctions d’appui qui les accompagnent.

De plus, 7 éclairages thématiques de 20 minutes sur les sujets d’intérêt pour le grand public auront lieu tout au long du week‐end sous forme de mini‐conférences :

Samedi 30 mai

  • 14 h – Comment notre cerveau réagit‐il aux aliments ?
  • 15 h – Le bio peut‐il nourrir le monde ?
  • 16 h – Les bactéries intestinales : amis ou ennemis ?

Dimanche 31 mai

  • 13 h 30 – L’élevage est‐il responsable du changement climatique ?
  • 14 h 30 – Prévenir la fonte musculaire par la nutrition pour préserver la mobilité
  • 15 h 30 – Tiques, bactéries et animaux : quel rôle dans la maladie de Lyme et autres infections ?
  • 16 h 30 – L’évolution du travail en élevage

Enfin, l’objectif est de faire de ces journées portes ouvertes un éco‐évènement. Cela a été fixé comme « grand principe » dès le début de l’organisation ce qui a permis de fédérer l’ensemble des participants autour de cette valeur.

Pour plus d’informations :
Adresse :
INRA Site de Theix
63122 SAINT-GENES-CHAMPANELLE
Téléphone : 04 73 62 40 00

Leur site internet

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Le génome du colza séquencé

Inflorescence de colza. © CAIN Anne-Hélène

Un consortium international d’une trentaine d’instituts de recherche, piloté par l’Inra et le CEA (Genoscope) et associant le CNRS et l’université d’Evry, vient de rendre publique la séquence de référence du génome complet du colza.

Cette première mondiale ouvre la voie à la compréhension fondamentale des génomes complexes polyploïdes (associant plusieurs sous-génomes), ainsi qu’à l’amélioration variétale du colza, une grande culture récente1 en pleine expansion et à fort potentiel d’amélioration.

Une première mondiale

Dans le cadre du projet Seq-Poly-Nap, financé principalement par l’Agence nationale de la recherche (ANR), des chercheurs de l’Inra, du CEA (Genoscope), du CNRS, de l’Université d’Evry, en collaboration avec leurs collègues étrangers, ont produit la séquence de référence du génome du colza ainsi que celle d’une collection de variétés représentant la diversité de cette espèce.

Une séquence de référence constitue la séquence assemblée et ordonnée de tous les gènes. La principale difficulté dans le cas du colza a été de séquencer les deux sous-génomes et de les distinguer. Ceci a été rendu possible par la mise au point d’une stratégie originale de séquençage, le développement d’outils bioinformatiques et d’analyse de l’expression des gènes dupliqués et de leur régulation.

C’est la première fois qu’un génome polyploïde récent est séquencé dans son intégralité et comparé à ceux de ses espèces parentales, le chou et la navette (dont l’Inra a également contribué aux déchiffrages récents).

Le colza: champion des duplications récurrentes des génomes par polyploïdie

Les chercheurs montrent qu’au-delà de l’hybridation post-néolithique ayant conduit à sa formation, le colza aurait accumulé au cours de son évolution 72 génomes ancestraux, résultat de nombreux cycles de polyploïdisation, faisant de son génome un des plus hautement dupliqués chez les plantes à fleurs (angiospermes).

Ce phénomène récurrent, suivi par des restructurations du génome, a conduit à l’accumulation d’un grand nombre de gènes, soit plus de 101 000. Un nombre plus de quatre fois plus important que les 20 000-25 000 gènes de l’Homme par exemple.

Une cohabitation et un « dialogue » subtils entre les sous-génomes et gènes dupliqués

Les chercheurs ont observé que la grande majorité des gènes du colza sont dupliqués, existant donc en deux copies à séquences proches ou quasi-identiques. La quasi-totalité de ces gènes dupliqués sont exprimés ; pour un même gène, les deux copies participent conjointement à leur fonction.

Les chercheurs suggèrent que ces gènes dupliqués confèrent un réservoir important de diversification, d’adaptation et d’amélioration; la fonction principale étant régie par une copie des gènes dupliqués, la deuxième copie peut se restructurer et muter pour l’émergence de nouvelle fonction.

Le dialogue se traduit également par des échanges de gènes et d’ADN entre les deux sous-génomes du colza. Ainsi, pour un gène dupliqué, normalement présent sur les deux sous-génomes, une copie peut être remplacée par la séquence de la deuxième copie du second sous-génome. Le mécanisme d’échange à l’œuvre ainsi que son avantage sélectif restent encore à déterminer, bien qu’il ait déjà été montré que ce phénomène conduit à une diversification.

Une ressource unique pour l’amélioration variétale du colza

Le colza est une espèce cultivée à grande échelle depuis peu, à laquelle il reste un fort potentiel d’amélioration génétique. Ainsi le séquençage de son génome constitue une ressource unique au monde car il ouvre de nouvelles potentialités pour l’identification des gènes d’intérêt agronomique et leur utilisation rapide dans les programmes de sélection variétale.

Il serait par exemple possible d’améliorer la teneur et la composition en huile, la résistance à des pathogènes, la tolérance au froid, le rendement, ou encore l’efficacité d’utilisation des nitrates dans le sol.

De nombreux projets exploitant cette ressource pour une agriculture durable sont en cours, notamment à l’Inra.

1 L’apparition du colza est considérée comme « récente », c’est-à-dire qu’elle remonte à l’ère post-néolithique, soit environ 5 500 ans avant notre ère

Référence
Chalhoub et al. Early allopolyploid evolution in the post-Neolithic Brassica napus oilseed genome. Science, 22 août 2014. DOI: 10.1126/science.1253435

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Recherche: quelles réponses à la question environnementale ?

Le forum s’adresse à tous les citoyens curieux de mieux appréhender le rôle de la recherche pour résoudre la question envrionnementale.

A l’aube de ce siècle, la question environnementale pose à l’humanité des problèmes d’une complexité sans précédent, dont la résolution ne peut se faire sans un effort de recherche important et la contribution coordonnée de scientifiques de toutes disciplines.

Nourrir 9 milliards d’êtres humains en 2050, faire face au changement climatique, garantir à tous l’accès à l’eau, lutter contre les pollutions, anticiper les risques d’origine humaine ou naturelle, préserver la biodiversité, gérer l’expansion urbaine et intégrer les nécessités environnementales dans les politiques d’aménagement des territoires, orienter l’ économie vers le développement durable, changer nos habitudes et nos comportements, modifier  nos mentalités, voire adapter nos systèmes politiques, … Depuis une dizaine d’années,  les gouvernements se mobilisent sur ces questions, les media s’en font l’écho, tout un chacun est mieux informé.

L’ambition de ce forum  est donc de montrer la recherche à l’œuvre, au service des citoyens, de leurs élus, de leurs entreprises, sur la question environnementale en mettant face à face des élus, des entrepreneurs, des membres de la société civile des « intellectuels » et des scientifiques.

Mais ce que l’on connaît moins, c’est la façon dont les chercheurs de toutes disciplines, sciences exactes et sciences humaines désormais réunies, se mobilisent pour observer les phénomènes, les analyser, rendre des expertises, chercher et proposer des solutions.

Il vise aussi à ouvrir le débat, à apporter une pierre à une réflexion qui ne fait que commencer à se structurer et qui nécessite les éclairages et les efforts de toutes les parties prenantes.

Programme

La journée est animée par Laurent Romejko.

Les ateliers seront animés par des journalistes : Valéry Dubois, Fabrice Papillon, Anne Pezet, Laurent Romejko, Jacques-Olivier Baruch.

Les interventions des scientifiques dans les ateliers sont toutes confirmées.

9h00 : Ouverture

9H30 : Accueil et présentation du livre sur le Cemagref

Pascal Griset, historien des techniques, professeur Université Paris IV Sorbonne.

9h45 : Conférence introductive

Bernard Maris, économiste et chroniqueur à France Inter.

L’émergence de la question environnementale change la donne de nos sociétés au niveau planétaire et y impose des changements de paradigmes : quelle contribution de la recherche ?

10h30 : Table ronde

Les attentes vis-à-vis de la recherche sur la question environnementale. Quelle co-construction entre les chercheurs, la société civile, les industriels ?

Table ronde présidée par André Flajolet, député du Pas-de-Calais, président du Comité national de l’eau.

Geneviève Fioraso, député de l’Isère, PDG de Minatech,
Antoine Herth
, député du Bas-Rhin,
Damien Lepoutre
, président fondateur Géosys,
Jean-Claude Bevillard
, secrétaire national de France Nature Environnement

11h30 : Cinq ateliers en parallèle, animés chacun par des journalistes

  • Environnement et démocratie :

Corine Pelluchon, philosophe, maître de conférence à l’université de Poitiers, membre du Centre de Recherche Sens, Ethique et Société du CNRS,
Gabrielle Bouleau
, sociologue, chercheur au Cemagref,
Denis Salles
, sociologue, directeur de recherche au Cemagref,
Antoine Doré
, sociologue, chercheur au Cemagref,
Jean-Claude Bevillard, secrétaire national de France Nature Environnement.

  • Changement global et aménagement durable des territoires :

Yves Le Bars, président du Gret, association des professionnels du développement solidaire,
Emmanuelle George-Marcelpoil,
économiste territoriale, chercheur au Cemagref,
Gérard Hégron
, modélisation urbaine, directeur scientifique délégué de l’Ifsttar.

  • Vulnérabilité de nos sociétés face aux risques :

Catherine Larrère, professeur de philosophie à l’université de Paris I Sorbonne.
Marc Lucotte
, bio-géo-chimiste de l’environnement, professeur à l’université du Québec à Montréal,
Hormoz Modaressi
,  directeur département Risques au BRGM,
Frédéric Grelot
, économiste, ingénieur-chercheur au Cemagref.
Anne-Marie Levrault
, chef de service à la direction générale de la Prévention des risques, MEDDTL.

  • La question des ressources en eau :

André Flajolet, député du Pas-de-Calais, président du Comité national de l’eau,
Véronique Gouy
, hydro-chimiste, chercheur au Cemagref,
Patrice Garin
, agronome et géographe, directeur de l’UMR Gestion de l’eau,
Patrick Lavarde
, directeur général de l’Onema.

  • Écotechnologies et croissance verte :

Robert Ayres, économiste, professeur émérite à l’INSEAD,
Anne Trémier
, génie des procédés, chercheur au Cemagref,
Paul Colonna
, directeur de recherche à l’Inra,
Bruno Allenet
, directeur délégué Grand Lyon GDF Suez, trésorier pôle de compétitivité Axelera.

13h00 : Pause déjeuner et visite de l’exposition

14h30 : Table ronde avec les grands témoins des ateliers

Robert Ayres, André Flajolet, Yves Le Bars, Catherine Larrère, Corine Pelluchon,

Débat autour  de Dominique Wolton, sociologue, directeur de l’Institut des sciences de la communication du CNRS.

L’interdisciplinarité, clef de voûte de la recherche environnementale est-elle une utopie ?

15h25 : Allocution

Edgar Morin, Philosophe (en vidéo),
Président du conseil scientifique de l’institut des sciences de la communication au CNRS

15h30 : Table ronde conclusive

La recherche environnementale est-elle gréée pour répondre aux enjeux environnementaux ? Quelles améliorations possibles ?

Marion Guillou, présidente de l’Inra,
François Jacq, président de Météo France,
Gérard Matheron, président du CIRAD,
Jean-François Stephan, Directeur INSU-CNRS,
Michel Lussault, président du PRES Université de Lyon,
Jan Marco Müller , assistant directeur général du centre commun de recherche (JRC) de la commission européenne.

16h30 : Conclusion

Ronan Stephan, DGRI au MESR

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Agriculture, sécurité alimentaire et changement climatique: lancement d’une action pilote

L’Initiative de programmation conjointe « Agriculture, sécurité alimentaire et changement climatique », conjointement dirigée par la France (INRA) et le Royaume-Uni (BBSRC), lance sa première action pilote. 17 pays européens vont coordonner leurs efforts pour mieux évaluer les impacts du changement climatique sur l’agriculture et l’alimentation.

La population mondiale atteindra 9 milliards d’individus d’ici 2050. Les besoins en produits issus de l’agriculture (nourriture, fibres, biocarburants) augmenteront, et l’agriculture sera soumise à des risques liés au changement climatique et à la nécessité de préserver l’environnement et la biodiversité.

Dans ce contexte, l’Initiative de programmation conjointe « Agriculture, sécurité alimentaire et changement climatique » (FACCE-JPI), qui a été approuvée en octobre 2010 par le Conseil Européen et qui implique 20 pays européens, vise à relever le défi de fournir une alimentation de qualité et en quantité suffisante grâce à une agriculture durable.

La programmation conjointe offre une nouvelle dimension à la recherche européenne grâce au rapprochement des programmes nationaux autour des grands défis sociétaux.

Les Etats membres et associés travailleront ensemble autour d’une même vision et d’un même plan stratégique de recherche, et apporteront une contribution significative à la recherche en évitant les doublons, en comblant les manques et en créant une masse critique.

Aujourd’hui, la FACCE-JPI lance une action pilote intitulée « Etude détaillée des risques liés au changement climatique pour l’agriculture et la sécurité alimentaire en Europe », en collaboration avec des projets internationaux.
Cette première action portera sur la modélisation des impacts du changement climatique et la réduction des incertitudes face aux divers scénarios de changement climatique.
Elle sera menée par le biais d’un réseau d’excellence1 qui rassemblera des groupes de recherche européens provenant de 17 pays, privilégiant les interactions et la synergie entre des modélisateurs européens des cultures, des élevages et des échanges économiques afin d’analyser comment le changement climatique modifiera l’agriculture et la sécurité alimentaire mondiale.
La durée du réseau d’excellence sera de trois ans dans la première phase, suivie par une évaluation avec la perspective d’une prolongation de deux ans, après examen favorable et financements suffisants.
Dans une première étape, les groupes de recherche intéressés enverront une lettre d’intention en anglais, exprimant leur volonté d’intégrer le réseau d’excellence.
Les lettres d’intention doivent être envoyées avant le 7 septembre 2011 (01 :00 pm CET) à travers le serveur de soumission en ligne.
Texte de l’appel à propositions disponible
Site web du FACCE-JPI : http://www.faccejpi.com
Pour plus d’information :
Site web de la Commission Européenne
http://ec.europa.eu/research/era/areas/programming/joint_programming_fr.htm

1 Le « FACCE Knowledge Hub » a été mis en place par la FACCE-JPI pour favoriser les coopérations transnationales, la collaboration et la communication entre les communautés de recherche dans les domaines de FACCE et contribue à optimiser les résultats de recherche en facilitant la mise en réseau et le partage d’information entre les différents acteurs. Un Knowledge Hub est un réseau constitué de groupes de recherche sélectionnés parmi les pays membres du JPI dans un domaine de recherche défini.

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La mérule démasquée

 Mérule pleureuse

Des équipes de l’INRA et du CNRS ont caractérisé le mécanisme de dégradation du bois d’un des champignons les plus dévastateurs, Serpula lacrymans, communément appelé la mérule pleureuse. Cette découverte ouvre la voie à l’élaboration de nouvelles techniques de lutte contre ce parasite et pourrait fortement intéresser le secteur de la bioénergie. Ces résultats sont publiés dans la revue Science du 14 juillet 2011.


La mérule est un champignon lignivore très répandu mais discret en forêt où il détruit les souches de feuillus comme de conifères. C’est cependant un redoutable colonisateur du bois œuvré. Il touche préférentiellement les charpentes, les escaliers et le bois d’œuvre de manière générale. Lorsque le champignon est visible cela signifie en général qu’il est trop tard. En effet, son développement se fait dans des conditions d’obscurité et de faible ventilation, ce qui rend souvent sa détection précoce difficile.
La pourriture apparaît dans l’ultime phase de dégradation et les dégâts sont alors considérables, voire irréversibles.

Dans le cadre d’un vaste projet de séquençage d’une cinquantaine de génomes de champignons forestiers, mené par le Joint Genome Institute, des chercheurs de l’unité Inra/Université de Nancy « Interactions Arbres/Microorganismes»associés à des équipes de l’unité CNRS/Universités Aix-Marseille 1&2 « Architecture et Fonctions des Macromolécules » et des Universités de Swansea et Oxford, ont analysé la séquence génomique de S. lacrymans.


En comparant le répertoire de gènes de plusieurs champignons dégradant le bois, les scientifiques ont pu caractériser le mécanisme de dépolymérisation de la lignine chez la mérule.
La plupart des champignons utilisent des enzymes pour dégrader le bois. Par contre, les pourritures brunes, dont fait partie la mérule, produisent dans les premières étapes de la destruction du bois de grandes quantités de radicaux libres hydroxyles.
Ces derniers provoquent une réaction très puissante qui permet de casser la couche de lignine et d’atteindre la cellulose, dont se nourrit le champignon.

Ces résultats apportent également une meilleure compréhension de l’évolution des champignons forestiers et de leur l’écologie. La connaissance du mécanisme d’action en jeu dans la dégradation du bois par la mérule favorisera la mise au point de moyens de lutte contre ce champignon, véritable fléau du bâtiment.

Ces résultats ont aussi un intérêt pour le secteur des bioénergies, la dégradation des polymères du bois étant un processus important dans la fabrication de biocarburant.

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L’Inra recrute 53 chercheurs

Premier organisme français de recherche labellisé « HR Excellence in Research » par l’Europe pour la qualité de sa politique de ressources humaines, l’Inra propose cette année 53 postes de chargé(e)s de recherche dans de nombreuses thématiques scientifiques : la biochimie, la biologie, la génétique, l’écologie, la génomique, les mathématiques, la physiologie, la microbiologie, l’économie, les sciences forestières, les sciences de l’environnement, la sociologie, les sciences des productions animales, l’informatique, la chimie, les neurosciences, l’entomologie, les statistiques, la virologie…

L’Inra produit des connaissances fondamentales, et construit grâce à elles des innovations et des savoir-faire pour la société. Et au-delà des recherches d’excellence menées dans les multiples disciplines, l’Institut s’engage désormais dans le déploiement progressif de métaprogrammes, ensembles coordonnés de projets et d’actions, mobilisant des équipes multidisciplinaires autour d’un objectif majeur, nourrir la planète en 2050.

L’Inra vient ainsi d’adopter son document d’orientation, Une science pour l’impact, fixant sa feuille de route pour les 10 années à venir, visant à atteindre cet objectif en fixant 4 chantiers prioritaires et en privilégiant l’émergence de 2 nouvelle disciplines.
(http://www.inra.fr/l_institut/document_d_orientation_2010_2020)

Le recrutement se fait par voie de concours sur dossier puis audition des candidats admissibles.
La date limite de dépôt des dossiers de candidature est fixée au 24 février 2011.

Pour plus d’informations :
http://www.inra.fr

Rubrique : « Les hommes et les femmes ».
http://www.inra.fr/les_hommes_et_les_femmes/
rejoignez_nous/devenir_chercheur_a_l_inra/concours_cr1_et_cr2

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